Kemi Séba dans La Grande Interview (RT France): le globalisme néolibéral est en train de dépouiller les terres africaines

« Les multinationales occidentales, en concubinage incestueux sur le terrain idéologique avec l’oligarchie africaine, sont dans une dynamique de tout faire pour vider une partie de notre population », a dénoncé l’activiste Kemi Séba en réaction à une question sur les migrants africains. Invité de Lilaafa Amouzou dans La Grande Interview diffusée sur la chaîne russe d’information internationale RT France, l’écrivain, éditorialiste et président de l’ONG Urgences Panafricanistes a en outre affirmé que « le globalisme néolibéral est entrain de dépouiller nos terres ». Ce qui, a-t-il poursuivi, n’arrange ni le prolétariat africain, ni le prolétariat occidental et du monde de manière générale. S’agissant des migrants fuyant les pays en guerre et de l’accueil qui leur est offert en Europe, le Franco-béninois a d’abord fustigé les médias qui donnent une caricature de l’Afrique rappelant que ce n’est pas tous les pays africains qui sont en guerre. Puis, il a estimé que « le problème n’est pas toujours de penser que dès qu’il y a un problème en Afrique, il faut qu’on aille voir le Messie occident. Moi, je refuse ça. Parce que cela arrange les bonnes consciences qui veulent croire que l’Afrique ne peut pas s’en sortir par elle-même ». « C’est un discours d’autodétermination que je donne et il dérange profondément ceux qui veulent se donner bonne conscience en se présentant comme des sauveurs de l’Afrique ». Kemi Séba a également assuré que « les Africains peuvent se débrouiller eux-mêmes, par eux-mêmes et pour eux-mêmes pour leur destinée ». Mais à son avis, « la meilleur réponse au globalisme néolibéralisme, c’est que chaque peuple se prenne en charge et arrête d’être dans une démarche de mendicité vis-à-vis de l’extérieur ». Et d’ajouter, persuadé, « qu’on est autant soutenu, aimé par la jeunesse africaine » pour « notre discours ». Adrien Thyg
Kemi Seba à Lionel Zinsou: Pourquoi la France ne se désengage pas du Franc Cfa, si cette monnaie ne sert pas un minimum ses intérêts!

Si le Franc CFA n’était pas une monnaie à laquelle les autorités françaises tenaient, on ne l’entendrait pas plus de 60 ans après les Indépendances. C’est en substance ce qu’a déclaré Kemi Seba lors d’un débat avec Lionel Zinsou, défenseur du Franc CFA et conseiller du Président français Emmanuel Macron. «Pourquoi la France ne se désengage pas du Franc Cfa, si cette monnaie ne sert pas un minimum ses intérêts », s’est interrogé le leader du front anti CFA et président de l’ONG Urgences Panafricanistes. S’adressant à une assistance composée essentiellement de jeunes, l’activiste qui jure n’avoir aucune ambition politique a estimé que « nous devons être capables de nous faire entendre par rapport au mépris de certaines institutions qui nous disent vos questions de souveraineté monétaire ne sont que des questions émotives ». Ancien Premier ministre béninois et actuel président de Terra Nova, Lionel Zinsou a de son côté affirmé que les pays de la zone cfa ont le pouvoir monétaire et que le Franc CFA, en plus d’être une monnaie commune, est un facteur d’intégration considérable. « Il est notre mécanisme le plus puissant d’intégration. On peut le rebaptiser, on peut le détacher de ses origines historiques, mais faire très attention à conserver le caractère de monnaie commune qui permet de faciliter les échanges dans notre ensemble », a-t-il lancé. De son point de vue, « le Franc CFA ne pose aucun problème de souveraineté. Et pour cause, « les chefs d’Etat décident des taux d’intérêt, de l’utilisation pour le financement de l’économie du village de la masse monétaire, de la politique vis-à-vis des banques et du financement de l’économie, des taux d’intérêt ainsi que de la nomination des dirigeants », a soutenu Lionel Zinsou. A l’entendre, si les chefs d’Etats de la zone exercent 100% de leur souveraineté monétaire, il se trouve qu’il reste des éléments de folklore qui n’ont aucune importance économique mais qui sont en train de prendre une importance politique. Une allusion à « la gestion microscopique, parce que ça concerne les sommes très faibles d’une partie des réserves de change dans un compte à la Banque de France ». Selon lui, ce compte d’opération avec le Trésor français ne servirait à rien. « En 70 ans de régime de Franc cfa, il a servi de fournir des devises à la zone franc qui était en crise de liquidité pendant 14 mois ». Ainsi, a-t-il soutenu, ce compte d’opération serait inactif et que « la gestion d’une fraction des réserves à la Banque de France, c’est quelque chose à quoi on peut mettre fin du jour au lendemain, il ne se passera rien » Il a toutefois reconnu qu’en revanche, « ça blesse beaucoup l’idée qu’on ne saurait pas capables de gérer nos réserves de change. C’est une réforme d’une simplicité biblique qui ne pose aucun problème à la banque centrale européenne ou à la France » Des arguments qui n’ont visiblement pas convaincu l’activiste Kemi Seba qui, en guise de de réponse, s’est interrogé en ces termes : « avez-vous déjà vu un gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale ou de l’Ouest avoir un droit de veto à l’intérieur de la Banque de France ? Est-ce que le directeur de la Banque du Tchad a le droit de pouvoir mettre son droit de veto à la Banque de France?» La réponse du public: « Non! » « Quand il n’y aura plus de représentants de ces banques là dans nos régions, on pourra déjà parler un petit peu plus de souveraineté ». Aussi, si le compte d’opérations est anecdotique « ça n’aurait pas pendant 70 ans été un compte qui existe jusqu’à preuve du contraire, a-t-il conclu. Extrait du débat, ci-dessous:
KEMI SEBA sur son expulsion : Le Sénégal a agi sur conseil de la Côte d’Ivoire et sur ordre de la France

POLEMIQUE. Interrogé sur les raisons de son expulsion du Sénégal vers la France, Kemi Seba a affirmé que « le gouvernement sénégalais a agi ainsi, sans doute, sur conseil du gouvernement ivoirien et sur l’ordre du gouvernement français ». Sur la vidéo que nous publions ci-dessous, les premières déclarations de l’activiste franco-béninois recueillies à son arrivée à l’aéroport d’Orly à Paris par le « Cercle des volontaires », un collectif de citoyens engagés « pour une information libre et indépendante, pour l’unité des citoyens et pour le débat démocratique sur les alternatives possibles au système actuel et à ses nombreuses dérives », peut-on lire sur son site web.