Bénin : 150 millions de dollars pour renforcer le potentiel de croissance forte et inclusive

La Banque mondiale a approuvé mercredi 21 septembre un financement de 150 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) pour aider le gouvernement du Bénin à renforcer l’autonomisation des femmes et des filles, élargir l’accès à une énergie fiable et durable et améliorer la gestion fiscale et de la dette. Il s’agit de la seconde opération d’appui des politiques de développement destinée à financer des réformes pour améliorer le potentiel de croissance forte et inclusive du Bénin, à travers notamment la participation active des femmes à la vie sociale et économique. Ces réformes vont aider, entre autres, les jeunes filles à achever leurs études secondaires, grâce à l’enseignement des compétences de vie, et l’Etat à supprimer les obstacles à l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive ainsi que renforcer les mécanismes de prévention des violences liées au genre. Le programme soutiendra aussi le renforcement de la résilience du réseau de distribution d’électricité, la promotion d’une politique incitative de frais de connexion ainsi que de nouveaux textes en matière d’efficacité énergétique. Il permettra aussi au Bénin de parachever la réforme de sa politique fiscale et d’assurer une gestion efficace de la dette. « Le Bénin a accompli des progrès importants en matière d’autonomisation des femmes et des filles grâce à des réformes courageuses entreprises par le gouvernement. Ces réformes permettent sans aucun doute de libérer les énergies des millions de femmes et de filles qui ne pouvaient participer activement à la vie sociale et économique », souligne Atou Seck, responsable des opérations de la Banque pour le Bénin. « Ce financement permettra au pays de mettre à échelle les réformes nécessaires pour la transformation structurelle de l’économie et le bien-être des populations ». Le Bénin a adopté en 2021 des lois et des décrets visant à promouvoir l’accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs, à renforcer la pénalisation des violences basées sur le genre ainsi que l’entité nationale chargée du plaidoyer, du suivi et du soutien des réformes liées au genre. Les crimes sexistes dirigés vers le système judiciaire (en pourcentage du total reçu) sont passés de 12,1 % en 2020 à 13,7 % en 2021. Dans le secteur de l’énergie, les réformes ont porté sur la mise en place d’un cadre institutionnel et réglementaire adéquat pour l’augmentation de la participation privée dans le secteur de l’énergie, notamment les énergies renouvelables et l’adoption de la Politique Nationale de Maitrise de l’Energie. « Les réformes structurelles dans le secteur de l’énergie permettront d’augmenter significativement l’accès à l’électricité de la population notamment dans les zones rurales, en rendant la distribution d’électricité moins onéreuse et plus résiliente aux chocs climatiques. Ces réformes sont nécessaires pour améliorer le potentiel d’une croissance plus élevée et plus inclusive d’autant qu’elles créent les conditions d’investissements privés structurants », soutient Romuald Wadagni, ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances. « Cette opération aidera à renforcer la progression du Bénin vers une économie à revenu intermédiaire supérieur ». Le nouveau financement a été conçu en alignement avec le Plan d’action du gouvernement béninois 2021-2026, et surtout le plan national de développement (2020-2025) dont l’un des piliers essentiels est la réduction de la fécondité pour tirer parti du dividende démographique. Il s’inscrit également dans le cadre de partenariat de la Banque avec le Bénin dont les axes d’interventions sont : la transformation structurelle de l’économie pour la compétitivité et la productivité, le renforcement du capital humain et le soutien pour la résilience et la réduction de la vulnérabilité face au changement climatique.
Togo : la croissance durable et inclusive dépendra de la productivité agricole et du commerce

Le Togo a réalisé d’indéniables progrès dans certains domaines, mais n’a pas encore tiré pleinement parti de son potentiel pour parvenir à une croissance durable et inclusive, constate le récent Mémorandum économique du Togo publié par la Banque mondiale. Selon l’étude intitulée, ‘’À la recherche d’une croissance durable et inclusive’’ le Togo pourrait augmenter la productivité agricole et la compétitivité des échanges ainsi que sa participation aux chaînes de valeur mondiales et exploiter les possibilités économiques des villes pour atteindre une croissance durable. Le rapport souligne la faible productivité agricole, le potentiel économique inexploité des villes et les faibles niveaux de compétitivité commerciale et de participation aux chaînes de valeur mondiales, comme principaux facteurs contributifs. « Comme les efforts dans le secteur agricole ces dernières années ont produit des résultats en deçà des attentes du gouvernement et des marchés, le Togo devra adopter de nouvelles approches pour assurer des rendements agricoles plus solides et accélérer son processus de transformation structurelle », souligne Urbain Thierry Yogo, économiste principal à la Banque mondiale et auteur principal du rapport. Alors que l’agriculture fournit directement ou indirectement les deux tiers des emplois du pays, la productivité du travail demeure faible dans la plupart des exploitations. Depuis de nombreuses années, l’augmentation de la production agricole dépend en grande partie du défrichement systématique de terres additionnelles et non de l’amélioration significative des rendements. « Il faut inverser cette tendance dans le secteur agricole en améliorant et renforçant l’investissement dans la recherche, l’usage des nouvelles technologies pour la maîtrise de l’eau et la gestion des ressources agricoles clés, et la promotion de l’agro business » ajoute Thierry Yogo. L’étude mentionne, par ailleurs, que le potentiel de croissance des villes du Togo reste peu exploité. La population togolaise vivant en zone urbaine a beaucoup augmenté au cours des dernières décennies mais les revenus par habitant ont peu évolué. De plus, le secteur manufacturier ne s’est pas développé parallèlement à l’urbanisation. Le rapport souligne aussi qu’en tant que petite économie avec une base industrielle et un secteur privé assez limités, le Togo doit accroître ses échanges de manière à pouvoir réduire la pauvreté. Bien que les produits togolais soient relativement diversifiés, la plupart des articles exportés sont des produits primaires non transformés. « Le développement d’industries locales contribuera à la transformation des matières premières et la promotion des chaînes de valeur. Ce qui permettra la création d’emplois de qualité pour une croissance économique forte et partagée », souligne Hawa Wagué, représentante résidente de la Banque mondiale pour le Togo.