Inclusion financière comme instrument de lutte contre la pauvreté : L’expérience du Bénin retient l’attention du Gouvernement congolais

Inclusion financière comme instrument de lutte contre la pauvreté : L’expérience du Bénin retient l’attention du Gouvernement congolais

Dans le cadre des Assises Nationales de l’Economie Informelle au Congo organisées du 8 au 10 Février 2023 à Brazzaville, Madame Véronique TOGNIFODE, Ministre béninoise chargée des Affaires Sociales et de la Microfinance a été invitée par le Gouvernement Congolais pour partager avec les participants l’expérience du financement des femmes du secteur informel par le Microcrédit Alafia. Devant un parterre de personnalités réunies à Radisson Blu de Brazzaville le 8 Février 2023, la Ministre Véronique TOGNIFODE a fait une brillante présentation sur la mise en œuvre, les avantages et les perspectives du financement des AGR par le microcrédit Alafia au Bénin. Cela fait deux fois en un an que le Congo Brazzaville demande à mieux s’informer sur L’expérience du Bénin en matière microcrédit aux personnes du secteur informel. En effet, le secteur informel est un secteur important et stratégique pour nos pays. Il cristallise le plus grand nombre d’emplois et représente une bonne partie de la richesse nationale. C’est un secteur fragile qui continue de poser de nombreux défis pour nos politiques nationales de développement. Au Bénin, le gouvernement sous le leadership du Président Patrice TALON a opté pour une stratégie d’accompagnement et de mutation progressive vers le formel. Plusieurs mesures sont prises dont des programmes de microcrédit plus adapté. « Au Bénin, l’économie informelle occupe 95 % de la main d’œuvre et représente environ 60 % du PIB. Et les femmes y sont majoritaires ». C’est en ces termes que la Ministre a planté le décor devant les Brazzavillois avant d’expliquer ce secteur informel contribue à l’économie béninoise aussi bien en termes de création de la richesse nationale ; de création d’emplois et distribution des revenus. L’intérêt accordé aux femmes s’explique, selon la Ministre TOGNIFODE par le fait qu’elles représentent 63,6% des emplois dans le secteur informel et sont dominantes dans l’activité commerciale où elles représentent 76% des emplois.  Pour cela, des actions publiques dont le Microcrédit Alafia, ont été développées pour favoriser l’élimination qui excluent les plus démunies, notamment les femmes du système financier classique. La Ministre a évoqué devant l’assistance les réformes opérées pour dépolitiser le secteur, faciliter l’accès et les transactions aux femmes ainsi que les facilités accordées par le Gouvernement du Président Patrice TALON afin de les soulager, d’atteindre un grand nombre de bénéficiaires et de pérenniser le programme. A la date du 31 Décembre 2022, soit deux ans après ses réformes, c’est la somme de 21,493 milliards de FCFA qui a été déjà décaissée aux Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) partenaires. Près de 500 mille personnes dont 86% de femmes ont été touchées avec un taux de remboursement de 94%. Une situation qui favorise les SFD, remet les femmes au travail et plus particulièrement les groupements féminins.  Cette présentation de la Ministre Véronique TOGNIFODE devant les participants aux Assises nationales de l’économie informelle du Congo a rehaussé l’image du Bénin et le positionne comme un exemple au-delà de la sous-région Ouest-africaine, au regard de la réussite de son modèle et au vu des nombreuses appréciations. En marge des Assises, la Ministre Véronique TOGNIFODE a été reçue en audience par Monsieur Anatole Collinet MAKOSSO, Premier Ministre du Congo, Chef du Gouvernement, parrain desdites Assises. Des échanges ont également eu lieu avec la Ministre congolaise des Affaires sociales à propos du traité entre le Congo et le Bénin sur la mobilité transfrontalière des enfants, sujet déjà confié aux services respectifs pour actualiser les textes en la matière et poursuivre rapidement les démarches idoines.Cette invitation de la Ministre TOGNIFODE fait suite à la visite de travail en novembre 2021 de Madame Ines Nefer Bertille INGANI, Ministre congolaise de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, ayant appris les performances du Microcrédit Alafia en matière de lutte contre la pauvreté au Bénin, pour s’informer davantage de son mécanisme. Les Assises Nationales de l’Économie Informelle au Congo ont été organisées par le Ministère en charge de l’Économie informelle avec l’appui de la Banque Mondiale et du PNUD. Elles ont pour objectif d’offrir un espace de dialogue aux travailleurs de l’économie informelle et de dégager les axes prioritaires pour l’élaboration de la politique nationale de l’économie informelle assortie d’un plan d’action.   Les Assises ont permis de réunir autour d’une même table les décideurs publics, les acteurs du secteur informel, les organisations faitières de l’économie informelle, les économistes et tout autre sachant disposant de connaissances dans le domaine de l’économie informelle.

Niger : le Fonds africain de développement accorde un financement de 16 millions de dollars pour appuyer l’approfondissement du secteur financier et l’inclusion financière

Niger : le Fonds africain de développement accorde un financement de 16 millions de dollars pour appuyer l’approfondissement du secteur financier et l’inclusion financière

Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement, le guichet de prêts concessionnels du Groupe de la Banque africaine de développement, a approuvé, le 24 novembre 2022 à Abidjan, un financement de 16 millions de dollars américains sous forme de prêt et de don au Niger pour mettre en œuvre le Projet d’approfondissement du secteur financier et d’inclusion financière. Le projet va permettre d’assurer une meilleure mobilisation des ressources longues pour les prestataires de services financiers et d’améliorer l’inclusion financière des populations vulnérables notamment les femmes, les jeunes, les populations vivant en milieu rural et les micros, petites et moyennes entreprises. De façon spécifique, le projet va contribuer à mettre en place un mécanisme de financement propice et adapté aux besoins des micros, petites et moyennes entreprises à travers la capitalisation du Fonds de développement de l’inclusion financière et le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des prestataires de services financiers, notamment les systèmes financiers décentralisés. Cela leur permettra de développer des produits et services financiers adaptés aux besoins des populations. Tout ceci, dans une perspective d’une plus grande résilience du secteur financier et de la réduction de la pauvreté au Niger.  Ahmed Attout, chef de la Division du développement des marchés de capitaux à la Banque africaine de développement a déclaré à propos de ce financement : « Nous nous réjouissons de cette collaboration entre le Groupe de la Banque africaine de développement et le Niger. En renforçant les capacités du Fonds de développement de l’inclusion financière et des prestataires de services financiers, ce projet va contribuer à diversifier les sources de financement des petites et moyennes entreprises nigériennes et augmenter l’inclusion financière au Niger ».  Le ministre nigérien des Finances, Ahmat Jidoud a salué « cet appui de la Banque africaine de développement qui va renforcer les capacités techniques et financières à plus long terme des prestataires des services financiers au Niger, en particulier les systèmes financiers décentralisés, ce qui permettra d’élargir l’accès aux services financiers au plus grand nombre de nos populations, notamment celles vivant en milieu rural ».

Togo/AFIS 2022 : le chef de l’Etat plaide pour un partenariat public-privé renforcé

Togo/AFIS 2022 : le chef de l’Etat plaide pour un partenariat public-privé renforcé

Dans un contexte de crise économique mondiale, l’engagement des leaders africains pour l’émergence d’un marché continental des services financiers innovants, durables et soutenables est plus qu’indispensable. Le premier sommet en présentiel sur l’Industrie financière africaine (AFIS) ouvert par le chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé, ce 28 novembre 2022, s’inscrit déjà cette dynamique. Dans son adresse aux acteurs du monde économique et financier public et privé, le Président de la République a proposé des mécanismes pour répondre aux enjeux des systèmes financiers africains. Pour le chef de l’Etat togolais, la transformation structurelle de l’industrie financière africaine passe par un partenariat renforcé entre les acteurs étatiques et du secteur privé, dans lequel le rôle de l’Etat doit être déterminant en matière d’amélioration du climat des affaires. « L‘avenir de l’Afrique se construira sur la collaboration étroite entre les gouvernements et le secteur bancaire.  Tout d’abord, l’Etat doit promouvoir un environnement des affaires attractif. Qu’il s’agisse de la fiscalité, de stabilité juridique ou de contraintes administratives, les progrès sont considérables ». Pour y arriver, le Président de la République invite les gouvernements africains à favoriser l’information sur le climat des affaires et les affaires elles-mêmes, en vue de permettre au secteur privé international d’avoir une juste perception des opportunités d’investissements. Ce mécanisme porte déjà ses fruits au Togo avec la mise en œuvre de la Feuille de route gouvernementale Togo 2025. « Nous travaillons sans relâche pour permettre une juste perception des occasions d’investissements. C’est ainsi que le Togo a développé sa Feuille de Route 2025, offrant une banque de projets cohérente et bancable. Issus d’un travail de longue haleine et d’une connaissance minutieuse du terrain, nous avons pensé ces projets comme le chaînon manquant dans le financement de l’économie par le secteur privé ». En plus de la question d’information, le chef de l’Etat a insisté sur le rôle d’arbitre que l’Etat doit jouer dans ce partenariat public-privé en vue de rendre les investissements durables et responsables. L’innovation aussi reste fondamentale dans cet élan de promotion de l’industrie financière africaine. Les partenaires de la plateforme AFIS ont remercié le chef de l’Etat pour son engagement dans la transformation de l’industrie financière à l’échelle du continent.  Le Vice-président pour l’Afrique de la Société financière internationale (SFI), Sergio Piment et le Président Directeur général du Groupe Jeune Afrique Média, Amir Ben Yahmed, ont tous relevé le rôle de Lomé comme hub financier dans la sous-région ouest africaine. Les travaux de ce sommet se déclinent en tables-rondes et panels de discussions portant notamment sur le baromètre de l’industrie financière africaine, la refondation du financement agricole pour lutter contre l’insécurité alimentaire, le mobile money, la consolidation des partenariats, le financement des PME, la stratégie des banques face à l’inflation, le développement de l’assurance des consommateurs via les plateformes numériques et la finance inclusive.

Abidjan : Inwi reçoit le prix de l’inclusion financière lors du « Next Fintech Forum »

Abidjan : Inwi reçoit le prix de l’inclusion financière lors du « Next Fintech Forum »

L’opérateur global inwi a reçu le prix de « l’inclusion financière » lors de la 5è édition du « Next Fintech Forum », tenue les 22 et 23 novembre à Abidjan, en Côte d’Ivoire.Cette nouvelle consécration vient récompenser les efforts menés par l’opérateur global pour l’inclusion financière au Maroc, indique Inwi dans un communiqué. Inwi était le premier opérateur à lancer son offre de mobile money au Maroc, souligne la même source, mettant en avant la participation de l’opérateur global à la diversification des moyens de paiement au Maroc, à l’accélération de l’inclusion financière du plus grand nombre de marocains et à la dématérialisation des transactions en cash. Tenu, dans sa 5è édition sous le thème « La prochaine évolution dans la Fintech Africaine », le « Next Fintech Forum » (anciennement appelé Africa Fintech Forum) est une plateforme de débat dédiée à la Fintech africaine qui vise à enrichir la réflexion sur le futur des technologies financières en Afrique, anticiper les changements majeurs du secteur et participer à la définition des programmes locaux et régionaux de l’industrie, ajoute la même source. Le Next Fintech Forum a accueilli, cette année, les principaux acteurs publics et privés dans le domaine des technologies financières en Afrique, ainsi que plusieurs pionniers et leaders mondiaux de la Fintech. Ces éminents panélistes ont débattu des enjeux et des perspectives de développement de la finance numérique en Afrique.

Congo. Des produits monétaires innovants pour donner un coup d’accélérateur à l’inclusion financière en zone cemac

Congo. Des produits monétaires innovants  pour donner un coup d’accélérateur à l’inclusion financière en zone cemac

Le groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale(Gimac), bras séculier de la Beac en matière de transactions monétaires, innove avec des services monétiques défiant toute concurrence. La 6ème édition du salon international des technologies et de l’information- Osiane 22- a permis au directeur général du Gimac, Valentin Mbozo’o, de vendre les services qu’offre son institution dans les 6 États membres de la Cemac(Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, RCA et Tchad). À partir du compte mobil money d’un opérateur de téléphonie mobile de la sous-région, l’on peut envoyer de l’argent dans le compte momo du même espace zonal. En d’autres termes, l’abonné Mtn Congo ou Airtel peut transférer instantanément de l’argent à un abonné Orange ou Mtn Cameroun, ou Aitel Gabon, et vice versa.Mieux, un abonné mobil money de l’un des 2 opérateurs mobiles du Congo peut envoyer de l’argent à un correspondant Gabonais, camerounais…., via gab d’une banque de l’écosystème gimacpay pour un montant n’excédant pas 5 millions de FCFA. C’est ce que le directeur général du Gimac désigne sous le langage technique d’  » interopérabilité intégrale, synonyme d’inclusion financière ». Une innovation de taille à laquelle s’ajoute la « remittence », c’est-à-dire la possibilité pour un usager de recevoir directement dans son compte mobile money ou bancaire du réseau Gimacpay, de l’argent en provenance du monde entier. Ainsi donc, un congolais de la diaspora peut aisément et instantenement envoyer 20, 50 ou 100 euros à son parent ou ami resté à Brazzaville, … Ce que l’on retient de cette révolution en matière de transactions monétaires est que depuis n’importe quel terminal mobile, un code de retrait envoyé par l’émetteur du payement, permet des retraits du cash sur les Gab du réseau des banques Gimac. « Les prix sont plus souples que chez la concurrence », confie, la main sur le cœur, Valentin Mbozo’o. Une expérience vécue permet de constater que 900 mille FCFA envoyés au Cameroun, via money Gram, western union ou Express Union, coûtent, en terme de frais et taxes, un peu plus de 20.000 FCFA, tandis que la même opération coûte légèrement moins du double en utilisant les services du Gimac où le principe d’instantanété est de mise. Au regard des innovations apportées par le Gimac dans les opérations de transactions monétaires, reste l’epineuse question de sécurisation informatique pour se mettre à l’abri de la cyber criminalité. « Le risque zéro n’existe pas, puisque même les grands groupes et pays nantis n’en sont pas épargnés », reconnaît le directeur général du Gimac. »Nous prenons toutefois des précautions au maximum « , rassure t-il. Le véritable problème reste cependant l’avenir des établissements de micro finances, grands employeurs, comme la camerounaise Express Union, appelée à résister face aux innovations du Gimac, à défaut de mourir. Faut-il noter que 2 banque s congolaises, la nigériane UBA Congo et la gabonaise Bgfi Bank Congo, sont les acteurs de l’écosystème gimacpay. Par Alphonse Ndongo Journaliste économique et financier.

Le Maroc et la Banque africaine de développement signent deux accords de prêt de 138 millions d’euros pour renforcer l’inclusion financière, sécuriser l’accès à l’eau potable et soutenir la relance

Le Maroc et la Banque africaine de développement signent deux accords de prêt de 138 millions d’euros pour renforcer l’inclusion financière, sécuriser l’accès à l’eau potable et soutenir la relance

La Banque africaine de développement et le gouvernement marocain ont signé, mardi à Rabat, deux accords de prêt d’un montant total de 138 millions d’euros pour renforcer l’inclusion financière et sécuriser l’accès à l’eau potable. La cérémonie de signature de l’accord a réuni la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, le responsable-pays de la Banque africaine de développement pour le Maroc, Achraf Hassan Tarsim et le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable, Abderrahim El Hafidi. Les financements de la Banque sont destinés à mettre en œuvre le Programme d’appui à l’inclusion financière, à l’entreprenariat et aux très petites et moyennes entreprises ainsi que le Projet de pérennisation et de sécurisation de l’accès à l’eau. « Je voudrais souligner le rôle important de la Banque africaine de développement en tant que partenaire de référence dans l’accompagnement des réformes entreprises par le Royaume du Maroc dans différents secteurs prioritaires, en particulier le secteur financier, les transports, l’énergie, l’eau potable, l’éducation et la santé, a déclaré la ministre. Nous invitons la Banque à renforcer davantage son appui aux efforts du gouvernement visant à mettre en œuvre, sous les hautes orientations de Sa Majesté le Roi, ses différents chantiers et réformes stratégiques, la poursuite de la gestion de la crise sanitaire et de la relance économique ainsi que l’opérationnalisation du nouveau modèle de développement. » « Ces deux opérations destinées à deux secteurs distincts partagent les mêmes mots d’ordre : l’inclusion et la relance, a affirmé le représentant de la Banque, Achraf Tarsim. La relance, nous la soutenons à travers l’appui à l’inclusion financière, à l’entreprenariat et aux très petites et moyennes entreprises mais également en sécurisant l’accès à l’eau potable pour des millions d’habitants dans les provinces de Guercif, Zagora, Al Hoceima, Tanger et Beni Mellal. » Pour le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable, Abderrahim El Hafidi, « le partenariat avec la Banque africaine de développement est historique et exemplaire avec un important niveau d’engagement. Ce financement additionnel vient renforcer les systèmes d’accès à l’eau potable dans plusieurs régions du Royaume ». D’un montant de 120 millions d’euros, le premier accord de prêt vise à aider les entreprises en difficulté à redémarrer leur activité et à préserver les emplois. Il appuiera les réformes en matière d’inclusion financière afin de faciliter l’accès au financement pour les ménages et les très petites et moyennes entreprises. Il contribuera également à diversifier leurs sources de financement en renforçant le caractère inclusif du marché des capitaux. Le programme soutiendra aussi l’écosystème d’appui à l’entrepreneuriat et contribuera à améliorer le climat des affaires à travers la simplification des procédures administratives. Le second accord, d’un montant de 18 millions d’euros, constitue un financement additionnel qui s’ajoute aux 112 millions d’euros mobilisés en 2018 pour financer le Projet de pérennisation et de sécurisation de l’accès à l’eau. Son objectif est de contribuer à sécuriser l’accès à l’eau potable dans les provinces de Guercif, Zagora, Al Hoceima, Tanger et Beni Mellal. La Banque africaine de développement intervient au Maroc depuis plus de cinquante ans. Les financements couvrent la santé, l’agriculture, l’énergie, l’eau, les transports, le développement humain et le secteur financier.

Maroc. L’accès aux services financiers formels demeure limité et inégal

Maroc. L’accès aux services financiers formels demeure limité et inégal

Considérée comme une composante importante des modèles de développement des pays, l’inclusion financière ne cesse de gagner en importance et de susciter l’intérêt des autorités publiques et des organismes internationaux soucieux de lutter contre la pauvreté et de favoriser le bien-être social et économique des populations. « Au Maroc, plusieurs initiatives ont été entreprises par différents établissements au cours de la dernière décennie afin d’élargir l’accès aux services financiers au profit des différents segments de la population, particuliers et entreprises », soulignent Bank Al-Maghrib et le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration dans un premier rapport sur la Stratégie nationale d’inclusion financière (SNIF). Comme le relève cet important document, qui porte sur les principales étapes franchies dans le processus de la SNIF depuis son lancement en 2016 jusqu’à 2019, année au cours de laquelle les travaux de mise en œuvre ont été initiés, le Royaume a connu une forte croissance du marché financier aussi bien en volume qu’en valeur. Une évolution marquée par une hausse importante du nombre de comptes bancaires (+26%) et d’épargne (+19%), de cartes bancaires (+32%) et de crédits aux particuliers (+15%). Selon la Banque centrale et le ministère de l’Economie et des Finances, la progression a également été importante en « valeur », avec une forte évolution depuis 2010 sur les dépôts des particuliers (+41%), des échanges scripturaux en termes de nombre (+82%) et de montant (+12%) ainsi que les encours des crédits aux particuliers (+51%). En ce qui concerne l’assurance, BAM et le ministère ajoutent que les primes non vie ont crû de 37% sur cette même période. Mais en dépit des progrès réalisés au cours de la dernière décennie, l’accès aux services financiers formels aux différents segments de la population, particuliers et entreprises, demeure limité et inégal au Maroc. En effet, l’analyse des données du côté de la demande sur la pénétration des services financiers auprès des particuliers et des entreprises révèle une performance mitigée du Maroc. Par ailleurs, concernant les particuliers, il ressort des résultats de la dernière enquête Findex que « seulement 29% des adultes marocains possèdent un compte dans le circuit bancaire formel soit un niveau en deçà de celui de la région MENA (44%) ». Rappelons que cette enquête, conduite par la Banque mondiale en 2017, met en évidence « des disparités significatives entre certaines catégories de la population en comparaison avec des pays du même niveau de PIB par habitant ». Le principal obstacle à l’inclusion financière des Marocains serait le manque de fonds, à en croire l’enquête. Les frais de tenue de compte, la distance, l’absence de justificatifs ou le manque de confiance sont également évoqués, ainsi que la faible couverture de certaines zones par les points d’accès des institutions financières. Quoi qu’il en soit, et quand bien même de nombreuses actions mises en œuvre par les différents acteurs ont permis une progression en volume et en valeur, « un véritable choc d’inclusion financière s’avère nécessaire pour combler les écarts les plus significatifs en termes de pénétration des services financiers entre femmes et hommes, ruraux et urbains, jeunes et adultes », estime le rapport. Selon Bank Al-Maghrib et le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, « ce choc d’inclusion ne pourrait être réalisé qu’en dépassant les paradigmes des modèles classiques et en investiguant des modèles alternatifs qui ont favorisé des sauts considérables en termes de pénétration et d’utilisation des services financiers à l’échelle internationale ». Dans cet important document, qui « rappelle les conclusions des travaux de diagnostic et le bien-fondé de ladite stratégie d’une part, et met en lumière les réalisations majeures dans le cadre de la phase de formulation, d’autre part », il est aussi indiqué que la Stratégie nationale d’inclusion financière est venue combler les écarts dévoilés par le diagnostic et ainsi mettre en place des solutions idoines pour explorer le gisement de progrès qui demeure important. Le rapport fait remarquer que «la stratégie a fixé un cap à l’ensemble de l’écosystème et a mis en place un cadre de coordination et de collaboration national autour des axes clairement définis suivant une approche participative ». Il est à noter que vu l’état des lieux de l’inclusion financière au Maroc, comparé aux pays du même niveau de PIB par habitant, la stratégie nationale ambitionne d’atteindre, puis dépasser le niveau de pénétration «pertinent» pour le Maroc réduire les écarts d’inclusion les plus significatifs ainsi que de tirer profit de l’inclusion financière comme levier d’inclusion économique et sociale. Selon BAM et le ministère,« dans un premier temps, les efforts entrepris dans le cadre de la stratégie devront permettre d’atteindre le « niveau moyen » de pénétration des services financiers observé dans des pays comparables au Maroc, puis de tendre progressivement vers les meilleures pratiques de pays comparables ». La deuxième ambition consiste à réduire au maximum les disparités dévoilées par le diagnostic notamment à travers des solutions abordables et simples d’usage, une capillarité et une proximité plus fortes et un effort massif de sensibilisation et de renforcement des capacités des populations sous-desservies ou exclues, poursuivent-ils. Quant à la troisième ambition, elle est étroitement liée à l’alignement des orientations stratégiques à l’échelle nationale afin d’optimiser l’additionnalité des leviers de l’inclusion financière par rapport aux politiques sectorielles notamment en termes de diffusion et de ciblage des aides et des prestations sociales. Précisons que la stratégie a été identifiée en tant que l’un des axes du programme développé sous le pilotage de Bank Al-Maghrib en réponse aux Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi ayant rappelé le rôle que les banques devraient jouer dans l’inclusion et la réduction des inégalités. Quant au rapport, il est en outre indiqué qu’il présente le bilan des principaux chantiers de la feuille de route qui servira de référence pour les prochaines éditions. Alain Bouithy

Les gouverneurs des banques centrales arabes plaident pour l’inclusion financière

Les gouverneurs des banques centrales arabes plaident pour l’inclusion financière

Le Conseil des gouverneurs des banques centrales et des institutions monétaires arabes a appelé les pays membres à soutenir l’accès de tous les segments de la société, en particulier les jeunes, les femmes, les entrepreneurs ainsi que les micro, petites et moyennes entreprises aux services financiers. Le Conseil a ainsi insisté sur la nécessité d’« améliorer leur accès à des services et produits financiers adaptés à leurs besoins, dans des conditions raisonnables, tout en protégeant leurs droits, en renforçant leurs connaissances et en les sensibilisant aux questions financières afin de leur permettre de prendre les bonnes décisions en matière d’investissement ».  S’exprimant à l’occasion de la Journée arabe de l’inclusion financière, célébrée le 27 avril de chaque année depuis 2016, le Conseil a également appelé à promouvoir l’usage des nouvelles technologies financières pour le renforcement de l’inclusion financière et à diffuser la culture de la finance responsable dans le secteur bancaire.  A cet effet, il a insisté sur l’importance croissante des technologies modernes dans le secteur financier et bancaire et l’expansion rapide de l’industrie de ces technologies et des services connexes dans le monde entier.  Saisissant cette occasion, le Conseil a en outre rappelé « les grandes opportunités qu’elles offrent pour améliorer l’efficacité des opérations financières et bancaires, en particulier l’accès au financement et aux services financiers et la promotion de l’entrepreneuriat », peut-on lire dans un communiqué conjoint avec le Fonds monétaire arabe et Bank Al-Maghrib.  Dans ce contexte, il a félicité le Fonds monétaire arabe pour la mise en place du groupe de travail régional sur les technologies financières modernes. Lequel est chargé d’examiner les questions liées aux technologies financières modernes, de consulter et d’échanger les expériences et l’expertise en la matière et de développer des visions destinées à activer et organiser le fonctionnement de ces technologies dans les pays arabes.  Dans son appel, le Conseil a, par ailleurs, appelé les pays membres à mettre en œuvre des activités visant à promouvoir et à mettre en exergue la vision de l’inclusion financière et ses objectifs.  Conscient des potentialités importantes qu’offre l’inclusion financière pour soutenir un développement économique durable et inclusif et pour relever les défis du chômage et de la justice sociale, il a insisté sur la nécessité de sensibiliser davantage toutes les parties prenantes dans les pays arabes sur l’importance de l’inclusion financière et de ses axes.  Dans ce communiqué, le Conseil a affirmé mettre l’accent sur l’importance de toutes les questions relatives à cette question dans les pays arabes.  Dans ce sens, « il a encouragé les diverses activités et initiatives prises en collaboration avec les institutions régionales et internationales concernées, et qui ont abouti au lancement par le Fonds monétaire arabe, en concertation avec un certain nombre d’institutions régionales et internationales et sous les auspices du Conseil, de l’Initiative régionale pour le renforcement de l’inclusion financière dans les pays arabes (FIARI) », indique-t-on de  même source.  Selon le Conseil, « cette initiative vise à renforcer les capacités et les moyens permettant de surmonter les obstacles qui entravent l’amélioration des indicateurs d’inclusion financière dans les pays arabes ».  Saluant le travail réalisé dans le cadre de cette initiative, à savoir l’élaboration d’un modèle exhaustif des enquêtes statistiques en vue de définir les paramètres des demandes de services financiers, il a encouragé les pays arabes à adopter ce modèle.  Il a soutenu que cela contribuera à améliorer les indicateurs d’inclusion financière et à élaborer des politiques et des stratégies appropriées.  A noter que la journée arabe de l’inclusion financière avait cette année pour  thème : « L’inclusion financière pour un développement durable » et qu’à cette occasion, le Conseil a exprimé son soutien aux efforts déployés par la communauté internationale, notamment le G20, qui a fait de l’inclusion financière l’un des principaux axes du programme de développement économique et financier. Alain Bouithy