Démarrage de la première unité de production de Mylan Maroc

D’ordinaire très discrète sur ses activités, la société pharmaceutique Mylan Maroc – filiale du Groupe américain Mylan Inc, a fait exception lundi 17 juin en accueillant la presse nationale pour la présentation de sa première unité de production pharmaceutique au Maroc : Mylan Pharmaceuticals Maroc (MPM). Une unité industrielle mise en service en mai dernier et dont le démarrage aura visiblement motivé cette initiative bien accueillie par la centaine de journalistes qui ont fait le déplacement. « Nous sommes très heureux et honorés de vous accueillir dans notre première unité de production de Mylan (au Maroc) qui est aussi la première unité de production dans le monde arabe », a d’emblée lancé sur un ton empreint de fierté, le président de Mylan Pharmaceuticals Maroc, Souhail Tebib. « C’est un événement très important pour nous. Car il acte et scelle définitivement notre engagement et notre implication aux côtés des autorités sanitaires nationales pour répondre au mieux aux problématiques de santé de notre pays », a poursuivi celui qui est aussi le directeur régional du Groupe Mylan Inc. Soulignant l’intérêt de cette unité industrielle pour le Maroc, Souhail Tebib a indiqué qu’elle « a pour vocation de fabriquer des génériques de dernière génération permettant ainsi au système de santé national, qu’il soit public ou privé, de préparer l’efficacité des soins intégrés dans les meilleures conditions». A noter que la production de Mylan Pharmaceuticals Maroc, estimée à 60 flacons par minute, équivalant à près de 7 millions de boîtes de médicaments, est destinée à couvrir le marché marocain. Selon la société pharmaceutique, les produits issus de MPM seront également commercialisés en Afrique du Nord (du Maroc à l’Egypte) et dans d’autres marchés émergents. Soulignant la particularité de la société, Souhail Tebib a fait savoir : « Chez Mylan Maroc, nous avons la particularité d’offrir aux patients des produits de dernière génération destinés aux pathologies lourdes et dont les coûts peuvent être un frein à l’accès aux médicaments». En ce qui concerne la qualité des médicaments, il a rappelé que Mylan Maroc bénéficie de l’expertise et du savoir-faire du Groupe américain considéré comme l’un des leaders en matière de génériques et de médicaments biosimilaires (similaires à un médicament biologique de référence déjà autorisé). Ce qui représente l’avantage de « produire des médicaments de dernière génération à coût compétitif », a insisté la société pharmaceutique marocaine. Mieux, ce transfert d’expertise permet surtout « au plus grand nombre d’accéder à des traitements à l’efficacité éprouvée dont notamment un médicament générique innovant dans le traitement de l’hépatite C ou encore le premier traitement biosimilaire en oncologie», a-t-elle soutenu. Par ailleurs, il « permettra de produire certains médicaments pour la première fois au Maroc. A l’instar de Myhep All, premier médicament à associer en une seule dose des antiviraux couvrant l’ensemble des génotypes dans le traitement de l’hépatite C », a souligné la société. A propos de Myhep All, précisons qu’il est encore en phase de transition. Avant l’obtention de toutes les autorisations requises pour la production locale, ce produit est importé de l’une des usines Mylan implantée en Inde et sous licence du géant pharmaceutique mondial Gilead afin de permettre aux patients marocains atteints d’hépatite C, de disposer rapidement d’un traitement unique à l’efficacité prouvée, à un prix très compétitif. A noter que la mise en service de cette nouvelle unité pharmaceutique marocaine dont les travaux ont démarré en 2016, après l’obtention de l’autorisation définitive d’établissement pharmaceutique industriel octroyée par le secrétariat général du gouvernement, a mobilisé une enveloppe d’investissement de 120 millions de DH sur la période 2013-2023. Selon ses responsables, la moitié du budget consacré à la réalisation de cette unité industrielle, d’une superficie de 1500 m2, est engagée à fin 2019. A noter également que l’extension future de Mylan Pharmaceuticals Maroc est envisagée, puisque la nouvelle unité est déjà configurée avec 900m2 supplémentaires, ont relevé ses responsables assurant que de nouvelles compétences seront recrutées tout au long de la durée du projet. Pour la petite histoire, c’est en 2001 que la société Mylan Maroc fut créée au Royaume. Initialement, elle s’appelait Merk génériques, filiale du Groupe Merk installé en Allemagne. En 2006, elle obtient la première autorisation de mise sur le marché pour 12 molécules génériques utilisées essentiellement en oncologie et dont la mise sur le marché local a permis une réduction substantielle du coût des soins avec une baisse des prix de vente de l’ordre de 40 à 50 % par rapport aux médicaments princeps. En 2008, le laboratoire américain rachète la division « génériques » de Merk Allemagne, d’où l’actuelle appellation. Cinq ans plus tard, en 2013, Mylan Maroc dépose un dossier au Secrétariat général du gouvernement, en vue de créer une unité de production pharmaceutique. L’obtention de l’autorisation définitive en février 2016 a permis d’accélérer le processus de développement de Mylan au Maroc, avec notamment le démarrage de la fabrication locale de médicaments en mai 2019. Alain Bouithy
De nouvelles données de l’OMS indiquent une accélération des efforts pour éliminer l’hépatite

«Il est encourageant de voir que les pays matérialisent leur engagement en action pour combattre l’hépatite», s’est félicité le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimant que la définition d’interventions ayant un fort impact est une étape essentielle vers l’élimination de cette maladie dévastatrice. « De nombreux pays ont réussi à étendre la vaccination contre l’hépatite B. Nous devons désormais en faire plus pour étendre l’accès au diagnostic et au traitement », a-t-il lancé. Selon les nouvelles données de l’organisation onusienne, plus de 86% des pays examinés (28 pays, dnr) ont fixé des cibles pour l’élimination de l’hépatite et plus de 70% ont commencé à élaborer des plans nationaux pour permettre l’accès à une prévention efficace, au diagnostic, au traitement et aux services de soins. Autre bonne nouvelle, « près de la moitié des pays couverts par l’enquête visent l’élimination en donnant l’accès universel au traitement de l’hépatite », a noté l’OMS qui reste préoccupée par le fait que les progrès doivent encore s’accélérer. Directeur à l’OMS du Département VIH/sida et du Programme mondial de lutte contre l’hépatite, le Dr Gottfried Hirnschall a en effet constaté que la dynamique de l’action nationale contre l’hépatite se renforce. Il déplore toutefois le fait que « pas plus d’une personne sur 10 porteuses du virus sait qu’elle est infectée et peut accéder au traitement. C’est inacceptable ». Ainsi, a-t-il estimé, «pour faire de l’élimination de l’hépatite une réalité, les pays doivent accélérer leurs efforts et augmenter leurs investissements dans les soins indispensables. Il n’y a tout simplement aucune raison pour que des millions et des millions de personnes n’aient pas été encore dépistées et ne puissent pas avoir accès à un traitement dont elles ont absolument besoin.» Selon l’OMS, quelque 325 millions de personnes étaient affectées par l’hépatite en 2015, dont 257 millions par l’hépatite B et 71 millions par l’hépatite C, les deux principaux facteurs de mortalité parmi les cinq types d’hépatite. « L’hépatite virale a provoqué 1,34 million de décès en 2015, un chiffre proche du nombre de morts par tuberculose et dépassant celui des décès liés au VIH », a rappelé l’organisation.
OMS : Les prix élevés du nouveau traitement contre l’hépatite C demeurent un obstacle majeur à l’accès aux médicaments

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que les prix des nouveaux médicaments pour traiter l’hépatite C, une maladie pouvant être transmise par le sang via des équipements contaminés, restent trop chers. Selon l’OMS, plus d’un million de personnes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont été soignées au moyen d’un nouveau traitement révolutionnaire de l’hépatite introduit il y a 2 ans tout. Bien qu’il soit efficace, les prix élevés de ce traitement demeurent un obstacle majeur à l’accès aux médicaments. Alors qu’avec ces nouveaux médicaments appelés antiviraux à action directe (AAD), le taux de guérison dépasse les 95%, les effets secondaires sont plus rares qu’avec les traitements disponibles auparavant et la guérison complète peut être obtenue en 3 mois. Le Dr Suzanne Hill, la directrice du département sur les médicaments essentiels et produits de santé à l’OMS, salue malgré tout «les accords de licence et la production locale dans certains pays » qui ont beaucoup fait pour rendre ces traitements plus abordables. C’est notamment le cas de l’Egypte où le prix d’un traitement de trois mois a été ramené de 900 dollars en 2014 à moins de 200 dollars en 2016. Elle observe, par ailleurs, que « d’énormes différences subsistent au niveau des prix payés par les pays: ces prix restent encore très élevés pour certains pays à revenu intermédiaire, supportant la plus grosse charge de l’hépatite C ». Afin d’étendre l’accès à tous les médicaments essentiels dans tous les pays, Dr Suzanne Hill a indiqué que l’OMS travaillait « sur des modèles de tarification pour ces médicaments ainsi que d’autres très onéreux ». Pour rappel, l’hépatite C tue près de 700.000 personnes par an et pèse lourdement sur les capacités et les ressources des systèmes de santé.