Maroc: l’économie nationale fait preuve d’un fort rebond au troisième trimestre 2024

Maroc: l’économie nationale fait preuve d’un fort rebond au troisième trimestre 2024

ECONOMIE. Après une première moitié d’année au ralenti, l’économie nationale a enregistré une performance économique solide au troisième trimestre 2024, portée par une vive et concomitante progression de la demande intérieure et extérieure, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). Cette relance traduit le dynamisme de l’activité hors agriculture qui s’est accélérée à un rythme plus soutenu qu’attendu, s’établissant à +5,1%, au lieu de +3,2% en moyenne au premier semestre. Elle a été confirmée par les dernières enquêtes de conjoncture, avec une hausse des taux d’utilisation des capacités productives et une amélioration quasi-générale de l’activité des branches secondaires et tertiaires marchandes, indique l’institution publique. Dans le détail, les exportations nationales ont été stimulées par le regain de la demande européenne et asiatique. En volume, elles se sont ainsi accrues de 9,8% au troisième trimestre 2024, au lieu +7,8% au trimestre précèdent. D’après le HCP, « ce sont particulièrement les industries locales extractives et celles des branches de la chimie, de l’électronique, de l’automobile et du textile qui en ont le plus profité, avec des hausses respectives de leurs valeurs ajoutées de 15,9%, 18,2%, 16,1%, 16% et 5,3%, au troisième trimestre 2024, en variations annuelles. Les services ont, également, connu un sensible mouvement d’accélération, affichant une progression de 3,8%, grâce notamment à l’affermissement de la demande intérieure. La consommation des ménages s’est affermie, affichant une hausse de 3,9% au troisième trimestre 2024 et la croissance de l’investissement s’est accélérée, pour atteindre 13,5%, traduisant un effort soutenu d’équipement des entreprises privées pour le remplac ement et la modernisation de leur appareil productif, ainsi qu’un renforcement des projets d’infrastructure. Dans l’ensemble, le produit intérieur brut a crû de 4,3% au troisième trimestre 2024, en variation annuelle, au lieu de +2,4% en moyenne au premier semestre. Cette dynamique a soutenu une légère amélioration du taux d’emploi, qui s’est situé à 37,6% au cours de la même période, mais sans pour autant permettre une décrue du taux de chômage, s’établissant pour le cinquième trimestre consécutif au-dessus de 13%. La relance de l’activité s’est, également, accompagnée par une augmentation sensible des besoins de financement de l’économie vis-à-vis du reste du monde, s’établissant à +3,8% du PIB trimestriel. Malgré une amélioration de l’épargne privée, l’expansion des investissements a été plus vigoureuse, entrainant une hausse de l’endettement du trésor et des entreprises. Martin Kam Avec CP

Maroc. Dégradation du niveau de vie palpable pour la majorité des ménages

Maroc. Dégradation du niveau de vie palpable pour la majorité des ménages

L’Indice de confiance a toutefois connu une légère amélioration au quatrième trimestre de 2024, selon le HCP Au quatrième trimestre de 2024, l’Indice de confiance des ménages (ICM) a enregistré une légère amélioration aussi bien en glissement annuel qu’en glissement mensuel, a annoncé le Haut-commissariat au plan (HCP). D’après les résultats de l’enquête permanente de conjoncture auprès des ménages menée par l’institution publique au titre du dernier trimestre de 2024, l’ICM s’est établi à 46,5 points, au lieu de 46,2 points enregistrés le trimestre précédent et 44,3 points le même trimestre de l’année précédente. Selon les données recueillies par le Haut-commissariat, au cours de cette période,  81% des ménages ont déclaré observer une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 14,2% un maintien au même niveau et 4,8% une amélioration. Ainsi, « le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 76,2 points, contre moins 75,8 points au trimestre précédent et moins 83,2 points au même trimestre de l’année passée », a fait remarquer l’institution. Cette situation ne devrait pas s’améliorer d’aussitôt, craignent les ménages sondés. En effet, plus de la moitié  d’entre eux (53,8%) s’attendent à une dégradation du niveau de vie au cours des 12 prochains mois, 38,5% à un maintien au même niveau et 7,7% à une amélioration. En conséquence, le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’établit à moins 46,1 points. A titre de rappel, il s’est établi à moins 49,3 points au trimestre précédent et à moins 49,0 points au même trimestre de l’année écoulée. Les anticipations des ménages sur l’évolution du chômage sont tout aussi pessimistes, comme le révèlent également  les résultats de l’enquête permanente de conjoncture. En effet, 82,7% contre 5,5% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois, le solde d’opinion étant resté ainsi négatif, à moins 77,2 points, contre moins 76,3 points enregistrés un trimestre auparavant et moins 80,3 points au même trimestre de l’année passée. Selon les perceptions des ménages, la conjoncture est peu favorable à l’achat des biens durables. Le HCP rapporte que  80% contre 8,1% des ménages en sont convaincus expliquant qu’ils  considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables. L’institution note en conséquence que « le solde d’opinion de cet indicateur s’est établi à moL’Indice de confiance a toutefois connu une légère amélioration au quatrième trimestins 71,9 points, contre moins 69,7 points le trimestre précédent et moins 70,4 points au même trimestre de l’année 2023 ». Au quatrième trimestre de 2024, la perception des ménages est également négative en ce qui concerne leur situation financière, le solde d’opinion relatif à cet indicateur étant resté négatif à moins 38,9 points, contre moins 39,3 points le trimestre précédent et moins 40,3 points l’année précédente. En effet, si plus de la moitié (56,5%) estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses,  41,2% déclarent en revanche s’endetter ou puiser dans leur épargne et seuls 2,3% affirment épargner une partie de leur revenu. Il est important de noter que 52,7% contre 5% des ménages considèrent que leur situation financière s’est dégradée au cours des 12 derniers mois. Dans ce cas, « le solde d’opinion relatif à cet indicateur est resté négatif à moins 47,7 points, contre moins 48,4 points au trimestre précédent et à moins 56,1 points au même trimestre de l’année précédente », a fait savoir le HCP. En revanche, 15,2% contre 31,5% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière au cours des 12 prochains mois. Ainsi, le solde d’opinion de cet indicateur s’est ainsi établi à moins 16,3 points, contre moins 18,1 points un trimestre auparavant et moins 10,6 points un an auparavant. Pour rappel, les composantes de l’ICM portent sur la perception par les ménages de l’évolution du niveau de vie, du chômage, de l’opportunité à effectuer des achats de biens durables et de leur situation financière. Alain Bouithy

Maroc/Commerce extérieur : Baisse de l’indice des valeurs unitaires à l’importation de 1,6% au troisième trimestre 2024 

Maroc/Commerce extérieur : Baisse de l’indice des valeurs unitaires à l’importation de 1,6% au troisième trimestre 2024 

L’indice des valeurs unitaires à l’importation a enregistré une baisse de 1,6% au titre du troisième trimestre 2024 par rapport au même trimestre de 2023, a annoncé récemment le Haut-commissariat au plan (HCP). « Cette évolution résulte principalement de la baisse des valeurs unitaires de l’«énergie et lubrifiants» de 13,1%, des «produits finis d’équipement industriel» de 4,0%, de l’«alimentation, boissons et tabacs» de 4,5% et des «produits bruts d’origine animale et végétale» de 7,3% », a indiqué l’institution publique dans une note d’information relative aux indices du commerce extérieur du troisième trimestre 2024. En revanche, souligne le Haut-commissariat, les indices des valeurs moyennes des «demi-produits», des «produits finis de consommation», des «produits bruts d’origine minérale» et des «produits finis d’équipement agricole» ont augmenté au cours de la même période respectivement de 7,4%, 3,3%, 0,8% et 2,3% atténuant ainsi la baisse de l’indice global des importations. S’agissant de l’indice des valeurs unitaires à l’exportation, le HCP annnonce qu’il a connu une hausse de 0,5% au cours du troisième trimestre de 2024 par rapport au trimestre correspondant de l’année précédente. Selon les explications de l’institution, cette augmentation s’explique essentiellement par la hausse des valeurs unitaires des «demi-produits» de 7,2% et de l’«énergie et lubrifiants» de 3,3%. En outre, il ressort des données que cet indice a baissé dans l’«alimentation, boissons et tabacs» de 4,8%, les «produits bruts d’origine minérale» de 12,5%, les «produits finis d’équipement industriel» de 2,2%, les «produits finis de consommation» de 0,5%, les «produits bruts d’origine animale et végétale» de 11,2% et les «produits finis d’équipement agricole» de 11,0%, peut-on lire. Martin Kam  

Maroc. Reprise attendue de la croissance au premier trimestre 2025

Maroc. Reprise attendue de la croissance au premier trimestre 2025

Après une progression modérée de 3% à la fin de 2024  L’économie marocaine devrait retrouver plus de dynamisme au début de 2025, a annoncé le Haut-Commissariat au plan (HCP) soulignant une modération de sa croissance à la fin de 2024. Selon les projections de l’institution publique, en rythme annuel, la croissance du PIB devrait s’accélérer à +3,5%, au terme du premier trimestre 2025. Les données recueillies suggèrent qu’elle aurait atteint 3% au quatrième trimestre 2024. Dans son récent point de conjoncture, le Haut-Commissariat précise toutefois que cette évolution ne sera possible que dans l’hypothèse où « les conditions climatiques s’orientent vers un régime plus pluvieux pendant la saison hivernale, avec des niveaux pluviométriques proches des normales saisonnières ». L’économie nationale devrait progresser de 3,5% au début de l’année, selon le HCP D’après le HCP, hors agriculture, la croissance de l’activité continuerait de dépasser les rythmes tendanciels post-Covid, mais se réajusterait progressivement, pour atteindre 3,7% au quatrième trimestre 2024 et 3,5% au premier trimestre 2025. Selon les projections des experts de l’institution dirigée par Chakib Benmoussa, la demande intérieure resterait le principal moteur de l’activité, avec une hausse de 5,4% au quatrième trimestre ; tandis que les dépenses de consommation maintiendraient leur dynamique, mais la croissance de l’investissement brut se modérerait, après la relance enregistrée au troisième trimestre. Induite par les gains liés aux mesures socio-fiscales appliquées aux employés des secteurs public et privé et à la décélération de l’inflation, « l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages soutiendrait une augmentation des dépenses de consommation de 3,2% au quatrième trimestre 2024 et de 3,4% au premier trimestre 2025, en variations annuelles », prévoit le Haut-Commissariat dans son point de conjoncture. La même source indique que la hausse combinée des dépenses de biens et services et de fonctionnement impulserait la consommation des administrations publiques. Alors que les perspectives de modération de la demande étrangère, associées à la hausse anticipée des coûts salariaux, inciteraient les entreprises privées à limiter progressivement leurs projets d’équipement, le HCP s’attend en revanche à ce que les investissements des entreprises publiques dans les infrastructures liées à l’organisation des événements sportifs d’envergure et aux projets de dessalement de l’eau de mer conservent leur dynamique. Ce qui, explique-t-il, devrait favoriser une hausse de  l’investissement brut de 9,8% au quatrième trimestre 2024 et de 8,8% au premier trimestre 2025, en variations annuelles. En ce qui concerne les échanges extérieurs, leur contribution à l’activité resterait négative au cours de cette période, mais pèserait moins lourdement sur l’activité au début de 2025. Des projections du HCP, il ressort qu’en volume, les exportations connaîtraient une légère accélération, affichant un accroissement de 7,1% au premier trimestre 2025, après +6,2% au trimestre précédent ; tandis que « la croissance des importations serait moins soutenue qu’à la mi-2024, sur fond de la modération de la demande intérieure ». Quant aux tensions inflationnistes, elles resteraient contenues, avec une augmentation des prix à la consommation de 0,7% au quatrième trimestre 2024, après +1,3% au trimestre précédent. Selon les explications de l’institution publique, « cette évolution, attribuable, en partie, à un effet de base élevé, aurait résulté d’une hausse de 0,7% au lieu de +1,4% des prix des produits non-alimentaires et de 0,7% au lieu de +1% des prix des produits alimentaires ». A l’inverse, le Haut-Commissariat estime que l’inflation sous-jacente aurait évolué à un rythme légèrement supérieur à celui réalisé un trimestre auparavant, soit +2,5% au lieu de +2,3%, se situant pour le quatrième trimestre consécutif au-dessus de l’inflation globale. Cette évolution serait justifiée par « la hausse des prix des produits alimentaires non frais, mais également par l’augmentation de 1,4% et 0,6% de ceux des services et des produits manufacturés », a-t-il conclu. Alain Bouithy

Maroc. La croissance économique nationale s’établit à 4,3% au troisième trimestre 2024

Maroc. La croissance économique nationale s’établit à 4,3% au troisième trimestre 2024

La croissance économique nationale a enregistré une amélioration au titre du troisième trimestre 2024. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), elle s’est établie à 4,3% au lieu de 3% durant la même période de l’année 2023. Réalisée dans un contexte de maîtrise de l’inflation et d’aggravation du besoin de financement de l’économie nationale, cette croissance a été tirée par la demande intérieure, a souligné l’institution publique dans une note d’information sur la situation économique nationale au troisième trimestre 2024. La même source indique que les activités non agricoles ont affiché une hausse en volume de 5,1% au cours de cette période, tandis que celles du secteur agricole ont enregistré une baisse de 5,2%. Dans le détail, les données recueillies montrent que « la valeur ajoutée du secteur secondaire en volume, corrigée des variations saisonnières (cvs), a réalisé une augmentation de 7,6% au troisième trimestre 2024 au lieu de 1,1% durant la même période en 2023 », a fait remarquer le HCP. Les experts du Haut-Commissariat attribuent cette évolution à la hausse des valeurs ajoutées de l’industrie d’extraction de 15,9% au lieu d’une baisse de 3,3%, des industries manufacturières de 7,5% au lieu de 1,8%, du bâtiment et travaux publics de 6,9% au lieu de 0,9% ainsi que de l’électricité, gaz, eau, assainissement et déchets  de 3,4% au lieu de 1,5%. Toujours selon l’institution dirigée par Chakib Benmoussa, la valeur ajoutée du secteur tertiaire a, de son côté, affiché une hausse de son taux d’accroissement atteignant 3,8% contre 3,6% le même trimestre de l’année écoulée. L’institution précise, en outre, qu’elle a été marquée par l’amélioration des activités du transport et entreposage de 4% au lieu de 3,1%,            des services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale de 3,7% au lieu de 1,5% ainsi que du commerce et réparation  de véhicules de 3,2% au lieu de 1,9%. Selon le HCP, elle a aussi été marquée par le ralentissement des activités de l’hébergement et restauration à 11,2% au lieu de 12,5%, de la recherche et développement et services rendus aux entreprises à 4,8% au lieu de 5,4%, des services financiers et assurances à 3,1% au lieu de 4,1%, des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale à 2,5% au lieu de 3,2%,       des services immobiliers à 1,8% au lieu de 3% ainsi que de l’information et communication à 0,3% au lieu de 2,5%. En conséquence, « la valeur ajoutée du secteur non agricole a connu une augmentation de 5,1%  durant le troisième trimestre 2024 au lieu de 3,1% une année auparavant », a-t-elle estimé. Il ressort, en revanche, des données recueillies que la valeur ajoutée du secteur primaire a enregistré une baisse de 4,1% au lieu d’une hausse de 3,8% le même trimestre de l’année précédente, en raison de la baisse de l’activité de l’agriculture de 5,2% au lieu d’une hausse de 0,9% et de la hausse de celle de la pêche de 12% au lieu de 71,6%. Dans ce cadre, et compte tenu de l’accroissement du volume des impôts sur les produits nets des subventions de 8% au lieu de 4,2%, le Haut-Commissariat estime que « le Produit Intérieur Brut a affiché une croissance de 4,3% au lieu de 3% durant le troisième trimestre de l’année 2023 ». A noter qu’aux prix courants, « le PIB a connu une hausse de 6% au lieu de 10,2% au troisième trimestre 2023 dégageant ainsi un ralentissement du niveau général des prix à 1,7% au lieu de 7,2% le même trimestre de l’année précédente », selon la même source. Alain Bouithy

La transition démographique s’accélère. Inversion de la pyramide des âges et taux de chômage nettement plus élevé en 2024 

La transition démographique s’accélère. Inversion de la pyramide des âges et taux de chômage nettement plus élevé en 2024 

Présentation détaillée des données du RGPH 2024 La transition démographique s’accélère au Maroc et les résultats détaillés du dernier recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2024) le confirment. Croissance démographique en baisse, urbanisation accrue, taille réduite des ménages, transition continue de la fécondité et accélération du vieillissement de la population… tels sont quelques-uns des principaux enseignements de cette vaste opération réalisée en septembre dernier sous les Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi et conformément aux recommandations des Nations unies. Les données recueillies, qui établissent la population légale du Maroc à 36,828 millions d’habitants, constituent une précieuse ressource pour les décideurs, chercheurs, institutions et acteurs économiques, en leur offrant des bases solides pour identifier des solutions ou des pistes d’action, selon le nouveau haut-commissaire au plan, Chakib Benmoussa. Ce dernier a insisté sur l’importance des données démographiques comme outil de compréhension et de décision lors de la présentation des résultats, mardi 17 au siège du HCP à Rabat. S’exprimant dans un style et un format différents de son prédécesseur, Ahmed Lahlimi Alami, qu’il a chaleureusement remercié pour son engagement dans le suivi du RGPH, Chakib Benmoussa a saisi l’occasion pour rappeler le rôle de son institution. A savoir : fournir une image conforme à la réalité. Bien que la population marocaine ait augmenté de 2,98 millions de personnes depuis 2014, le rythme de sa croissance a ralenti, le taux d’accroissement annuel moyen s’établissant à 0,85% nettement inférieur au taux de 1,25% enregistré entre 2004 et 2014. Il est important de noter que « cet accroissement démographique est porté principalement par la population urbaine, qui est passée de 20,43 millions en 2014 à 23,11 millions en 2024, enregistrant un taux annuel moyen de 1,24% », soulignent les experts du Haut-commissariat. Selon ces derniers, la population rurale a parallèlement, connu une progression modérée, passant de 13,41 millions de personnes en 2014 à 13,71 millions en 2024, avec un taux d’accroissement annuel moyen de 0,22%. A rappeler que près de 71,2% de la population du Maroc se concentre dans cinq régions : Casablanca-Settat (7,689 millions), Rabat-Salé-Kénitra (5,133 millions), Marrakech-Safi (4,892 millions), Fès-Meknès (4,468 millions) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (4,030 millions). La taille des ménages en baisse On retiendra aussi la diminution progressive de la taille des ménages. D’après l’institution publique, le nombre de ménages s’élève à 9,275 millions contre 7,313 millions en 2014, avec un taux d’accroissement annuel moyen de 2,4% contre 2,6% durant la période 2004-2014. Cet accroissement des ménages s’est produit à un rythme bien plus rapide que celui de la population (2,4% contre 0,85%), souligne-t-elle indiquant en conséquence que « la taille moyenne des ménages a baissé de 4,6 personnes en 2014 à 3,9 en 2024, tant en milieu urbain (de 4,2 à 3,7) qu’en milieu rural (de 5,3 à 4,4) ». L’autre enseignement clé du RGPH 2024 : la poursuite de la baisse de la fécondité. Selon les explications du HCP, la baisse du rythme de la croissance démographique au Maroc s’explique principalement par le recul continu de la fécondité. Il ressort des données que l’Indice synthétique de fécondité s’élève à 1,97 enfant par femme en 2024, contre 2,2 en 2014 et 2,5 en 2004. L’organisme précise que cette baisse concerne aussi bien les femmes urbaines (1,77 enfant en 2024 contre 2,01 en 2014) que rurales (2,37 contre 2,55). La pyramide des âges illustre un vieillissement accéléré A signaler également le vieillissement accéléré de la structure démographique marocaine, consécutif aux changements démographiques. Ainsi, « la part des jeunes de moins de 15 ans diminue (de 28,2% en 2014 à 26,5% en 2024), tout comme celle de la population en âge d’activité (de 62,4% à 59,7%) ». Il apparaît en revanche que la proportion des personnes âgées de 60 ans et plus augmente, passant de 9,4% en 2014 à 13,8% en 2024. Evoluant avec un taux d’accoisement annuel de 4,6%, bien supérieur à celui de l’ensemble de la population (0,85%), la population âgée de 60 ans et plus compte désormais 5 millions de personnes contre 3,2 millions en 2014. Le recensement a également apporté des éclairages sur le capital humain soulignant une progression continue de la scolarisation des enfants, des améliorations de la durée moyenne d’études et du niveau d’étude de la population âgée de 25 ans et plus et un léger recul du taux de prévalence du handicap, entre autres. En ce qui concerne l’équipement de la population en moyens numériques, l’opération révèle que les personnes qualifiées sont plus équipées en moyens numériques et que les jeunes et les personnes instruites sont les plus utilisateurs d’Internet. Il est important d’indiquer que la réalisation du recensement a bénéficié des nouveautés technologiques et méthodologiques visant à optimiser le coût budgétaire et à améliorer la qualité des données collectées. Le recours aux technologies modernes a par ailleurs « permis d’améliorer la qualité des données collectées, ce qui a contribué, de manière significative, à réduire le temps alloué à leur traitement et à déterminer le nombre de la population légale selon les différentes divisions administratives du Royaume », a déclaré Chakib Benmoussa faisant remarquer que ce processus a nécessité environ six mois pour le recensement de 2014 contre quelques semaines en 2024. Le taux de chômage à 21,3% en 2024 Sur les défis socio-économiques, le recensement fait état de la baisse du taux d’activité de la population âgée de 15 ans et plus de 47,6% en 2014 à 41,6% en 2024 et de l’augmentation du taux de chômage de 16,2% en 2014 à 21,3% en 2024. Le haut-commissaire a toutefois tenu à préciser que ce chiffre repose sur des déclarations et le ressenti des habitants, ce qui expliquerait l’écart avec les données publiées par les institutions respectant des méthodologies spécifiques. Rappelons enfin que les résultats du RGPH ont été publiés le 7 novembre 2024 et que le reste des indicateurs démographiques et socio-économiques sont désormais disponibles sur une plateforme électronique interactive. Alain Bouithy

36,82 millions d’habitants recensés au Maroc

36,82 millions d’habitants recensés au Maroc

L’accroissement démographique entre 1960 et 2024 en baisse continue Le Maroc compte désormais 36.828.330 habitants dont 36.680.178 Marocains et 148.152 étrangers. Tels sont les nouveaux chiffres issus du septième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) mené par le Haut-commissariat au plan (HCP) au 1er septembre 2024. D’après les résultats globaux du RGPH 2024, validés par le Conseil de gouvernement du jeudi 7, comparé au recensement de 2014, « l’effectif de la population a enregistré un accroissement absolu de 2.980.088 habitants, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 0,85% au cours de cette période, contre 1,25 % entre 2004 et 2014 », a indiqué l’institution dans une note rendant publique une première analyse de l’évolution de la population et des ménages. 148.152 étrangers vivent au Maroc Selon la même source, « le nombre d’étrangers résidant dans le Royaume a augmenté de 61.946 entre 2014 et 2024, soit une augmentation annuelle de 5,6 % ». Les données montrent en outre que la population a atteint 23.110.108 habitants en milieu urbain, avec une augmentation de 2.677.669 entre 2014 et 2024, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 1,24%. Le taux d’accroissement annuel moyen en milieu rural est en revanche de 0,22%, la population ayant atteint 13.718.222 habitants, soit une augmentation de 302.419 par rapport au recensement de 2014. D’après les experts de l’institution, la population du Maroc a plus que triplé depuis 1960 et «s’est renforcée ainsi, de plus de 25 millions d’habitants en 2024, bien que l’accroissement démographique observé le long de cette période est en diminution continue». Le taux d’accroissement moyen est passé ainsi  de 2,6% entre 1960 et 1982 à 1,25% entre 2004 et 2014 et a atteint 0,85% entre 2014 et 2024. Comme l’explique le HCP dans sa note, cette dynamique démographique est portée principalement par le milieu urbain. En effet, «la population urbaine qui s’élevait à environ 3,4 millions en 1960 est passée à 23,1 millions d’habitants en 2024, soit 19,7 millions de plus qu’en 1960 et un accroissement au rythme de 3,04 % par an ». L’organisme fait également remarquer que la population est passée de 8,2 millions à 13,7 millions en milieu rural, avec un taux d’accroissement annuel moyen de 0,8% au cours de la même période. Cinq régions concentrent 70% de la population nationale Toujours selon l’organisme public, cinq régions abritent 71,2% de la population nationale. « La région de Casablanca-Settat vient en tête avec 7 millions et 689 mille habitants et un poids de 20,9%, suivie de la région de Rabat-Salé-Kénitra avec 5 millions et 133 mille habitants, puis la région de Marrakech-Safi avec 4 millions et 892 mille habitants, la région de Fès-Meknès avec 4 millions et 468 mille habitants, et la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 4 millions et 30 mille habitants », a-t-il souligné. Le HCP précise que « la dynamique démographique observée entre 2014 et 2024 est portée principalement par les régions de l’axe Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, d’une part, et par les régions de Marrakech-Safi et Souss-Massa, d’autre part ». Il note en outre que la contribution de ces régions au croît global de l’effectif de la population entre 2014 et 2024 est de 86,2%, avec des taux d’accroissement démographique variant entre 0,79% dans la région de Marrakech-Safi et 1,26% dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Sept grandes villes accueillent près de 40 % de la population urbaine L’analyse des données recueillies montrent par ailleurs que sept grandes villes accueillent près de 40% de la population urbaine. En effet, l’institution indique dans sa note que sept grandes villes concentrent 37,8% de la population urbaine du Royaume,  avec respectivement 3 millions et 236 mille habitants à Casablanca, suivie par Tanger avec un million et 275 mille, Fès avec un million et 183 mille, Marrakech avec un million et 15 mille, Salé avec 945 mille, Meknès avec 562 mille et Rabat avec 516 mille. Ces chiffres font état en outre d’une augmentation du nombre de ménages  au Maroc qui s’élève désormais à 9.275.038, répartis entre 6.173.930 ménages en milieu urbain et 3.101.108 en milieu rural. Le HCP précise que ce chiffre a augmenté de 1.961.232 depuis 2014, soit un taux annuel moyen de 2,4%. En milieu urbain, l’augmentation est de 1.366.187 ménages (2,5 % par an) et en milieu rural, de 595.045 (2,2 % par an). Réduction de la taille moyenne des ménages Les données suggèrent en revanche une réduction de la taille moyenne des ménages qui est passée de 4,6 à 3,9 personnes entre 2014 et 2024 à l’échelle nationale, de 4,2 à 3,7 personnes en milieu urbain, et de 5,3 à 4,4 en milieu rural. Les résultats du nouveau recensement font également état d’une urbanisation continue et de disparités régionales marquées. En effet, les chiffres montrent que le taux d’urbanisation a atteint 62,8% en 2024 contre 60,4% en 2014. Dans le détail, « ce taux est plus important dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra (92,4%), Dakhla-Oued Ed-Dahab (80,4%), Casablanca-Settat (73,3%) et Rabat-Salé-Kénitra (70,7%) », a fait savoir le HCP indiquant que les plus faibles taux sont enregistrés dans les régions de Marrakech-Safi (46,0%) et Drâa-Tafilalet (36,7%). Alain Bouithy

Maroc. Entre autres couacs du gouvernement, le chômage continue de gagner du terrain

Maroc. Entre autres couacs du gouvernement, le chômage continue de gagner du terrain

Le chômage continue de gagner du terrain au Maroc, malgré les politiques mises en place ces dernières années pour améliorer le marché du travail. C’est du moins ce que montrent les données publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP) au titre du troisième trimestre de 2024. Selon l’institution publique, désormais dirigée par Chakib Benmoussa, « le nombre de chômeurs a augmenté de 58.000 personnes entre le troisième trimestre de l’année 2023 et celui de 2024, passant de 1.625.000 à 1.683.000 chômeurs, ce qui correspond à une augmentation de 4% ». Dans sa récente note d’information relative à la situation du marché du travail au troisième trimestre, le Haut-commissariat justifie cette hausse par « une augmentation de 42.000 chômeurs en milieu urbain et de 16.000 en milieu rural ». Ainsi, ajoute-t-il, « le taux de chômage s’est légèrement accru au cours de cette période, passant de 13,5% à 13,6%, enregistrant une hausse de 0,4 point en milieu rural (de 7% à 7,4%) et une stagnation à 17% en milieu urbain ». Cette évolution n’est pas pour plaire au gouvernement qui a indiqué récemment disposer d’une stratégie intégrée en matière d’emploi soulignant que celle-ci constitue l’une de ses principales priorités pour le reste de son mandat. Présentant le projet de budget sectoriel de son ministère devant la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri,  a déclaré que le gouvernement a alloué un budget de 14 milliards de dirhams (MMDH) pour la feuille de route visant à promouvoir l’emploi, dont 12 MMDH pour encourager les investissements à forte valeur ajoutée, 1 MMDH pour améliorer l’efficacité des programmes d’emploi en cours et 1 MMDH pour préserver les opportunités d’emploi, particulièrement en milieu rural, comme l’a rapporté la MAP. Rappelons, par ailleurs, que des groupes parlementaires avaient appelé à placer l’emploi et l’investissement en tête des priorités du gouvernement lors d’une réunion tenue, mercredi 30 octobre,  constatant sans doute que cela était insuffisant. Entre-temps, on notera qu’il s’agit de la troisième hausse trimestrielle consécutive du taux de chômage, après les hausses enregistrées au premier et deuxième trimestre de l’année en cours. Rappelons à ce propos qu’au deuxième trimestre de 2024, le taux de chômage était passé de 12,4% à 13,1% au niveau national (+0,7 point), de 16,3% à 16,7% en milieu urbain (+0,4 point) et de 5,7% à 6,7% en milieu rural (+1 point). Un trimestre plus tôt, il était passé de 12,9% à 13,7% au niveau national (+0,8 point), de 17,1 % à 17,6% en milieu urbain (+0,5 point) et de 5,7% à 6,8% en milieu rural (+1,1 point). La situation sur le marché du travail reste donc préoccupante d’autant plus que les hausses du taux de chômage continuent d’être enregistrées « parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (+ 1,3 point), passant de 38,2% à 39,5%, parmi les personnes âgées de 45 ans et plus (+0,4 point), de 3,7% à 4,1% et parmi les femmes (+1 point), de 19,8% à 20,8% ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation ne semble pas améliorée comparativement aux chiffres enregistrés au cours des deux précédents trimestres. En effet, au terme du deuxième trimestre de 2024, les jeunes étaient déjà lourdement touchés par ce phénomène que les pouvoirs publics ont du mal à enrayer. Les données d’alors montrent que le taux de chômage était déjà « plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (36,1%), les diplômés (19,4%) et les femmes (17,7%) ». Un constat également observé au premier trimestre avec un taux de chômage de l’ordre de 35,9% enregistré chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, tandis qu’il touchait 20,3% des diplômés et 20,1% des femmes. Il est important de noter qu’au troisième trimestre dernier, selon le type de diplôme, à l’exception des titulaires de diplômes de techniciens et de cadres moyens, ayant connu une hausse du taux de chômage de 2,3 points, et de l’enseignement secondaire qualifiant (+0,5 point), les autres catégories des diplômés ont toutefois vu leur taux de chômage baisser. D’après les experts du HCP, la baisse la plus importante a été observée parmi les diplômés de l’enseignement supérieur (-1,6 point). Le taux de chômage est ainsi passé de 26,5% à 24,9%. Alain Bouithy