RDC : On est loin de sortir du tunnel noir…

RDC : On est loin de sortir du tunnel noir…

TRIBUNE. À propos de l’embargo sur les armes, lorsque le ministre congolais des Affaires Étrangères déclare : « Le matériel militaire a été acheté et venait vers ici, mais en cours de route, le transporteur a dit non, ça ne peut pas arriver en RDC », cela sous-entend en réalité cinq vérités politiques : 1) En déclarant tout récemment devant la presse congolaise lors de son passage à Kinshasa : « La RDC n’est pas concernée par l’embargo sur les armes », Michel-Xavier Biang, le chef de la délégation du Conseil de Sécurité de l’ONU a menti à l’opinion congolaise. Car dans la résolution 2641 adoptée en juin 2022, le Conseil de sécurité a reconduit jusqu’au 1er juillet 2023 son régime d’embargo sur les armes et de sanctions relatives à la République démocratique du Congo, mais en les modifiant, afin d’alléger le dispositif d’embargo sur les armes et d’étendre les motifs d’impositions de sanctions. Le régime de notification imposé à la RDC a été supprimé juste pour l’achat des armes non létales à usage humanitaire. Comment voulez-vous, dans de telles conditions, défendre un pays agressé face à un ennemi surarmé par les mêmes puissances qui interdisent à la RDC de se donner des moyens de se défendre ? C’est donc avec raison que le Gabon qui faisait partie du conseil de sécurité au moment du vote a refusé de voter pour cette résolution au motif qu’elle freine la capacité de la RDC à contrer de manière rapide et efficace les activités des groupes armés lourdement équipés. 2) Quand le ministre congolais des affaires étrangères déclare qu’il a été interdit aux transporteurs de faire parvenir les armes en RDC, il ne nous dit pas de qui vient l’ordre de cette interdiction. Il utilise sciemment le passif neutre, se réservant de nommer l’agent qui donne l’ordre d’interdiction. Mais le rappel de cette résolution 2641 du Conseil de sécurité de l’ONU nous permet d’identifier le véritable visage de l’ennemi du Congo. 3) Ceci expliquant cela, à rebours de tout ce que nous crient nos dirigeants depuis 1997, en réalité la RDC n’exerce plus du tout sa pleine souveraineté. Avez-vous déjà vu un pays agressé de l’extérieur être frappé de l’interdiction de s’approvisionner en armes et munitions en vue de défendre l’intégrité de son territoire? Un tel pays est tout sauf un pays qui s’auto-détermine son propre destin. Au nom de quoi un état ou un groupe d’états peut-il s’arroger le droit d’interdire à un état tiers de se défendre ? Qu’est-ce qui au final pousse tous nos dirigeants à se plier aux ordres INIQUES et SUICIDAIRES pour le futur de tout un peuple ? 4) Ce que les congolais refusent de croire et que les déclarations de Christophe Lutundula viennent de prouver, c’est que la RDC Congo est devenue un État failli dirigé par le Conseil de Sécurité de l’ONU et administré par des organisations sous-régionales africaines. Au lieu de défier ses ennemis internationaux et régionaux en renversant carrément les alliances asservissantes contre le Congo, ses dirigeants et son peuple se complaisent dans cette posture de jérémiades. Ses ministres se mettent piteusement à se plaindre au lieu d’exercer leurs droits souverains. 5) Dans cette logique d’idées, si le gouvernement congolais laisse faire de l’interdiction de transport des armes, cela peut signifier soit l’aveu de sa sempiternelle soumission aveugle soit la préparation psychologique du peuple congolais à accepter l’inacceptable sur la nouvelle tournure ( vers un dialogue) qu’est en train de prendre la campagne militaire qui a pourtant commencé avec fracas à l’Est du Congo et qui risque bien de se réduire en un simple pétard mouillé. D’ici le 16 novembre 2022, (date imposée par ces institutions internationales et régionales pour reprendre le dialogue à Nairobi), nous saurons la teneur de non-dits du discours de Christophe Lutundula. Mais en revanche ceux qui ont annoncé pour le 4 décembre 2022 prochain la marche de protestation contre l’agression de notre pays et contre le projet machiavélique de balkanisation du Congo savent désormais devant quels ministères et quelles ambassades doit être lu leur mémorandum. Il faut impérativement inquiéter les représentants des commanditaires internes et extérieurs de ce blocage si l’on tient à voir le bout du tunnel. Par Germain Nzinga

RDC : Où va notre pays???

RDC : Où va notre pays???

OPINION. Selon de nombreux témoignages des habitants sur place, notre armée a été attaquée simultanément sur trois fronts : au poste frontalier Kitagoma par l’UPDF ougandais et par le M23/RDF rwandais sur le front Bunagana-Rutshuru tout comme sur le front Kalengera-Kako-Rumangabo. Après la prise de Rutsuru, Kiwanja et l’abandon du camp militaire de Rumangabo par les FARDC, l’ennemi semble mettre le cap sur la ville stratégique de Goma pour forcer le gouvernement congolais d’aller en position de faiblesse à la table de négociation et à accorder encore et encore des concessions nuisibles aux intérêts vitaux du grand Zaïre. Si nous tenons encore à ne pas tomber dans ce piège ennemi, il faut qu’on sache que la trop tardive mesure de l’expulsion du tout-puissant ambassadeur rwandais Vincent Karega s’avère largement INEFFICACE. Ce monsieur a beau être expulsé de Kinshasa mais rien ne changera sur le théâtre des opérations militaires aussi longtemps que : – la présidence de la République ne réussira pas à DISSOUDRE le cabinet parallèle formé des collaborateurs ( rwandais et congolais) connus de tous et qui rendent quotidiennement rapport à leur chef de Kigali – La présidence congolaise ne réussira pas à nettoyer la chaîne de commandement militaire de FARDC massivement infiltrée par des officiers rwandais de haut rang qui transmettent des informations top secret à l’ennemi – la présidence congolaise ne prendra pas le courage d’ANNULER le protocole d’accord de coopération pour l’exploitation de l’or produit par Sakima, signé en juin 2021 avec Kigali et également de l’exploitation des ressources minières, gazières et du coltan – la présidence ne se contentera plus de SUSPENDRE mais plutôt d’ANNULER ipso facto tous les Accords militaires permettant à l’Ouganda et au Rwanda d’opérer librement sur le territoire congolais et ainsi d’équiper ces rebelles là mêmes qui mettent le pays à feu et à sang – les dirigeants congolais n’arrêteront point leur naïveté insupportable d’accorder un moindre crédit aux pays membres de l’EAC qui visiblement interviennent plus en pyromanes qu’en pompiers dans le projet sous-régional d’éradiquer des groupes rebelles à l’Est congolais. Tant que ces cinq conditions draconiennes énumérées ci-haut ne seront pas prises en compte, il faut considérer l’expulsion de l’ambassadeur rwandais comme de la simple poudre jetée aux yeux des congolais, comme un simple sparadrap bandé sur la plaie béante et gangrenée de l’insécurité en RDC ou encore comme cette sempiternelle astuce destinée à couvrir l’ennemi qui reste pourtant bien installé dans la maison Congo avec la complicité de ses propres dirigeants. Par Germain Nzinga