RDC/Grands Lacs : Le Chef de l’État Félix Tshisekedi prend la présidence de la CIRGL

Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC) a accueilli, ce samedi au Palais du peuple, le 9ème Sommet ordinaire des Chefs d’État et des gouvernements de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Ce grand événement, qui intervient cinq ans après le dernier sommet tenu par visioconférence en novembre 2020, à pour thème : “Consolider la paix et la sécurité pour le développement durable dans la région des Grands Lacs”. La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs allocutions notamment celle de Monsieur Huang Xia, Représentant personnel du Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres. « Les hostilités dans l’Est de la RDC doivent cesser immédiatement et l’accès humanitaire doit être garanti pour apporter l’aide nécessaire aux populations touchées », a déclaré l’émissaire du SG des Nations Unies, d’un ton clair. « C’est avec humilité et détermination que j’accepte, au nom de la République Démocratique du Congo, la Présidence tournante de la CIRGL pour les deux prochaines années ».C’est par cette phrase toute simple mais empreinte d’une grande symbolique que le Président de la République a pris officiellement la tête de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). De manière succincte, le Président entrant de la CIRGL a présenté les priorités de son mandat dit des résultats, à savoir : « la réforme institutionnelle de la CIRGL ; le rétablissement et la consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionale; le renforcement de la coopération judiciaire; le renforcement de la lutte contre l’exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles au travers d’un Programme effectif de traçabilité des minerais; l’intégration économique régionale ». Poursuivant la présentation du fonctionnement de la CIRGL sous sa présidence, le Président Félix Tshisekedi a annoncé : « notre Présidence sera intransigeante sur les principes souveraineté, intégrité territoriale, non-agression, refus de tout appui aux groupes armés et résolument ouverte au dialogue en vue des solutions politiques durables, inclusives des femmes, des jeunes, des autorités locales et des communautés ». Avant d’ouvrir de manière solennelle les travaux de ce 9ème sommet des Chefs d’État et de gouvernement de la CIRGL, le Président Tshisekedi a dévoilé sa recette pour le développement de la région des Grands Lacs.« Il n’y aura pas de paix sans justice, pas de stabilité sans sécurité partagée, pas de développement sans intégration réelle », a-t-il conclu. Au terme de cette cérémonie solennelle, les Chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs se sont retirés pour une séance de travail à huis clos dans la salle de banquets du Palais du peuple. Pour rappel, cinq (5) Chefs d’État ont assisté à cette cérémonie d’ouverture notamment le Président Joâo Lourenço de l’Angola, Faustin Archange Touadera de la RCA, Denis Sassou Nguesso du Congo, Évariste Ndayishimiye du Burundi et Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo de la RDC.
RDC/Rwanda. La stratégie américaine dans les Grands Lacs se dessine…

A CHAUD. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio vient de présider une réunion au cours de laquelle la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe, ont signé une « déclaration de principe » censée poser les bases d’un cessez-le-feu durable dans la région des Grands Lacs. Que peut-on retenir de cette première réunion ? En écoutant attentivement le secrétaire d’État américain, on peut avoir une idée de ce qui se profile. En termes simples, Marc Rubio dit ceci : il faut que le conflit opposant la RDC au Rwanda prenne fin afin de favoriser le développement économique de la région des Grands Lacs. Pour cela, les États-Unis vont travailler en étroite collaboration avec l’Union africaine et les pays de la région (EAC et SADC) déjà impliqués dans la recherche de solution. Plus important, les États-Unis s’engagent à travailler à une paix durable qui profite aussi bien à ses multinationales qu’à la RDC et au Rwanda. Autrement dit, il faudra penser à une formule qui arrange tout le monde, y compris le petit Rwanda. Même s’il est encore trop tôt pour prédire ou anticiper quoi que ce soit, une chose semble en tout cas certaine : les Américains sont dans une logique transactionnelle qui n’a rien à voir avec le partenariat sur les minerais critiques que propose Félix Tshisekedi. Voilà pourquoi ils en ont également discuté avec les Rwandais. Le Congo est-il prêt à partager ses richesses avec le Rwanda au nom de la Pax Americana ? Attendons voir la suite… Par Patrick Mbeko
L’algèbre militaire ou la règle de trois dans les Grands lacs…

TRIBUNE. L’arrivée de Kaguta Museveni vendredi après-midi à Kigali rend plus complexe l’équation politique et sécuritaire dans la région des grands lacs. Pendant que les officiels congolais comptaient sous peu isoler et affaiblir Kagame en s’attachant les services ougandais, plusieurs signaux nous font voir que les relations entre le Rwanda et l’Ouganda se sont visiblement réchauffées. L’intervention des troupes ougandaises à Banagana pour venir en soutien aux troupes rwandaises, l’exigence de Museveni de voir la Force Neutre de l’EAC être COLLECTIVE, à savoir impliquant en son sein les troupes rwandaises et, cerise sur gâteau, la visite du leader ougandais à Kigali cet après-midi sont autant de signes illustratifs du renforcement de l’axe rwando-ougandais dans un contexte particulier des opérations militaires en RDC. Commentant cette visite de Museveni à son pair rwandais, le général Muhoozi a tweeté une vérité à prendre en compte : « You can try to fight Bachwezi but you’ll always lose. Inkotayani cyane! Abanyarwanda murakoze cyane! ». Bachwezi de qui s’agit-il ? Il s’agit justement d’une lignée héroïque des banyarwanda à laquelle sont prêtées de nombreuses conquêtes militaires. Lignée de laquelle prétendent descendre les deux présidents qui promettent des défaites cuisantes à tout peuple qui osera leur livrer bataille. Ceci dit, plus besoin de trop de réflexion pour comprendre la direction qu’est en train de prendre le cours des événements militaires et politiques dans la région interlacustre. Dans la mise en pratique de la règle de trois, notamment de deux contre un, c’est bel et bien la RDC qui est mise en minorité. Mieux vaut le savoir clairement pour ne pas se laisser duper par des fausses promesses et par des alliances colorées de tentatives croisées de déstabiliser le Congo de Lumumba. Par Germain Nzinga
Le Kivu, au coeur des tensions dans la région des Grands Lacs

Goma (RD Congo), 5 oct 2018 (AFP) – La région du Kivu, en République démocratique du Congo, où le gynécologue Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix 2018, lutte contre les violences sexuelles employées comme « armes de guerre », est le théâtre depuis des années de sanglants conflits. Les civils en sont les principales victimes: prises d’otages, meurtres, pillages et incendies de villages. Parmi eux, les femmes et les enfants subissent viols et mutilations, soignés par Denis Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes », dans sa clinique de Bukavu-Panzi (Sud-Kivu). Vendredi, les jurés du Nobel ont ainsi récompensé une des voix les plus sévères contre le régime du président congolais Joseph Kabila, à deux mois et demi de l’élection présidentielle. Le conflit et l’action de Denis Mukwege ont inspiré une bande dessinée intitulée « Kivu », du scénariste Jean Van Hamme et du dessinateur Christophe Simon parue en septembre. Frontalier du Rwanda, du Burundi, de l’Ouganda et de la Tanzanie, le Kivu, situé dans l’Est de la République du Congo, s’est trouvé au coeur des tragédies de la région des Grands Lacs. La RDC a été ravagée par deux guerres régionales (1996-1997 et 1998-2003), entamées dans le Kivu par des rébellions qui se sont élargies, allant jusqu’à impliquer sept pays africains sur le sol congolais, dont le Rwanda. Kigali, dominé par la minorité tutsi, a justifié ses opérations dans l’est de la RDC par des impératifs de sécurité, alors que plus d’un million de Rwandais hutu s’y étaient réfugiés en 1994 après le génocide et la contre-offensive victorieuse de la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR) venue d’Ouganda. Nouvel homme fort du Rwanda, le Tutsi Paul Kagame a soutenu la rébellion congolaise de Laurent-Désiré Kabila pour renverser le maréchal Mobutu en mai 1997. Pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), nombre de groupes d’autodéfense congolais – les rebelles « Maï Maï » – ont été armés par le pouvoir pour combattre les envahisseurs ougandais ou rwandais. Certains n’ont jamais désarmé. Les deux guerres du Congo ont fait des millions de morts. Le Kivu, composé des provinces du Nord et du Sud, est riche en ressources naturelles, principalement minières comme l’or ou le coltan. Ce minerai indispensable pour les téléphones portables alimente depuis 25 ans les trafics des milices dans la région, au point que de nombreux rapports l’ont qualifié de « minerai de sang ». Le Kivu connaît des violences quasi-quotidiennes. Le Groupe d’études sur le Congo de l’université de New York a recensé 134 groupes armés actifs dans le Nord et le Sud Kivu, au nez et à la barbe des forces régulières et des Casques bleus de la Monusco, mission de l’ONU présente depuis 1999. AFP