Maroc/Exposition. Hommage posthume à Abdelkader Bentajer et Ali Didouh à la galerie La Kasbah d’Essaouira

Les cimaises de la galerie La Kasbah d’Essaouira abritent actuellement les œuvres remarquables de deux artistes pionniers dans le domaine de l’art au Maroc: Abdelkader Bentajer (1949-2023) et Ali Didouh (1932-2002). Cette exposition remémorative s’inscrit dans le cadre du cycle «Les Immortels d’Essaouira », qui se veut un hommage posthume à ces deux peintres. C’est une manière aussi de célébrer leur héritage, mais également de mettre en avant leurs créations caractérisées par une forte dimension onirique et une grande éloquence. Abdelkader Bentajar, natif de la région de Marrakech, a été séduit par la cité d’Essaouira, cette ville de lumière suspendue entre ciel et terre, au point que, dans ses œuvres, il épouse les couleurs traditionnelles de la ville : le bleu et le blanc, chers aux cœurs des habitants et amoureux de la cité bleue. Pour lui, la couleur bleue est la plus belle, car le ciel bleu est le seul ami et le compagnon fidèle des êtres du commencement jusqu’à la fin. « Les compositions élaborées regorgent d’éléments semblables oucontrastants, disposés en une symétrie presque ésotérique, révélant une pureté visuelle. Les couleurs et les figures, exécutées avec une rigueur technique, incarnent une vivacité qui surpasse la simple esthétique. Le réalisme des références guide notre regard, tandis que le symbolisme des thèmes et des concepts éveille en nous des résonances admirables. Enfin, le trait, empreint d’une imagination fertile, nous ouvre les portes d’une fascination où l’inconnu devient palpable. Ici, l’attente logique est doublée par une révélation inattendue : les éléments réalistes, loin d’être figés dans leur matérialité, sont sublimés par ce que l’on pourrait nommer le « rêve mogadorien», souligne l’écrivain et critique d’artM’barekHousni. Quant au deuxième artiste impliqué dans cette belle aventure, cette exposition à la Galerie La Kasbah d’Essaouira, à savoir Ali Didouh, il adopte dans ses créations artistiques une approche minimaliste qui lui permet de saisir la nature même de ses sujets et de transmettre une profondeur émotionnelle à travers sa peinture. Se concentrant sur l’essentiel, il crée des œuvres qui trouvent une résonance particulière chez le spectateur. Pour l’écrivain et critique d’art M’barekHousni., l’œuvre d’Ali Didouh ne s’éparpille pas en mille détails. «Elle se concentre sur l’essentiel: peindre des êtres, hommes (et animaux, plantes), dont les regards, qu’ils soient de face ou de profil, captivent et envoûtent. Les yeux, omniprésents et magnifiés par leur taille, exercent une véritable emprise sur le spectateur. Ils sont lourds de sens et de présence, conservant, malgré la simplicité du traitement artistique, leur courbe naturelle et leur essence même. Les visages, les corps, les pattes : chaque trait est un hommage à la forme, un ancrage dans le réel qui, paradoxalement, nous entraîne loin dans les méandres de la contemplation intérieure», indique-t-il. C’est précisément cette simplicité et cette intensité émotionnelle qui caractérisent le travail d’Ali Didouh et en font une figure marquante dans le paysage artistique marocain. Ses œuvres, selon M’BarekHousni, sont «des baies ouvertes sur des mondes poétiques, où l’imagination, d’une inventivité foisonnante, règne en maître. L’homme-bébé, la plante dont les racines jaillissent d’une coquille, l’âne aux sabots rouges sont autant de figures allégoriques, chacune porteuse d’une vision qui transcende le quotidien pour toucher à l’universel. C’est une poétique de l’étrange, où chaque créature devient le miroir d’une humanité profonde et d’une nature réinventée». Soulignons enfin que cette exposition/hommage est l’occasion pour les passionnés d’art de voyager librement, direction: les deux univers picturaux foisonnants d’Abdelkader Bentajer (1949-2023) et d’Ali Didouh. «Nous reconnaissons par l’appellation « Les immortels, artistes plasticiens de Mogador », les créateurs dont les traces artistiques, malgré leur décès, sont toujours parmi nous et assurent l’éternité des messages de leur création. Ils les ont laissées pour nous, pour toute l’humanité. Pour lecture et analyse, nous avons soumis ce projet à M’barekHousni, écrivain et critique d’art et Ahmed Harrouz, artiste chercheur. Tous deux également passionnés par cette initiative.Ainsi nous célébrons l’acquis de ce trésor artistique et rendons hommage à la mémoire de ces immortels artistes de Mogador en coordination avec Dr. Abdellah Cheikh, critique d’art et professeur chercheur», affirme Kabir Attar, fondateur et directeur de la Galerie la Kasbah.
Exposition remémorative à la Galerie la Kasbah : Un vibrant hommage à Benhila Regraguira et à Fatna Gbouri à Essaouira

ARTS. Les cimaises de la galerie la Kasbah sont ornementées actuellement par les œuvres de deux plasticiennes, pionnières de l’art au Maroc, BenhilaRegraguia (1940-2009) et FatnaGbouri (1924- 2012). Cette exposition remémorative sinscrit dans le cadre du cycle « Les immortels d’Essaouira». Il s’agit d’un vibrant hommage posthume à ces deux artistes-peintres, symboles d’une scène artistique souirie authentique, et une manière de célébrer et revaloriser leurs répertoires d’un onirisme et d’une éloquence prononcés. BenhilaRegraguia, un grand nom de l’art au Maroc, a laissé un héritage durable de 1940 à 2009. Et FatnaGbouri, active de 1924 à 2012, est une figure de proue de la scène des arts plastiques au Maroc.Rendre hommage aux deux plasticiennes c’est aussi célébrer leurs parcours créatifs extraordinaires. D’où l’idée d’organiser cette exposition remémorative dédiée aux deux artistes-peintres à la Galerie La Kasbah d’Essaouira dans le cadre du cycle « Les Immortels d’Essaouira». Selon Kabir Attar, le directeur et président fondateur de cette galerie, il s’agit de deux figures emblématiques de l’art plastique tant au Maroc qu’à l’international, qui ont exprimé une fidélité indéfectible envers la ville d’Essaouira et ont significativement contribué à l’ouverture culturelle de cette destination aux diverses influences civilisatrices. BenhilaRegraguia est renommée pour sa générosité dans l’expression plastique personnalisée et son esprit d’équipe, tandis que FatnaGbouri se distingue par sa présence constante et son engagement sur la scène culturelle dynamique d’Essaouira en compagnie de ses deux fils, le regretté plasticien Ahmed Majidaoui et le plasticien contemporain Abdelhamid Majidaoui. Cette exposition commémorative se veut un hommage vivant et vibrant à leur mémoire, tout en œuvrant à la revalorisation de leurs œuvres plastiques inoubliables. D’abord, RegraguiaBenhila, née à Essaouira en 1940, est une artiste qui a su déjouer les desseins du destin en troquant ses peaux de mouton contre des pinceaux, en se hissant d’une condition plus que modeste à celle plus prestigieuse d’une artiste qui maîtrise l’univers de la création. «La peinture de Benhila est d’une générosité exubérante. D’une grande fraîcheur. La fraîcheur du ciel et de la mer. Elle peint l’aube à la fois étrange et belle lorsque les brouillards de la nuit font danser la lumière du jour. C’est le monde qui renaît au bout du rêve. Elle peint le ciel de la fertilité quand le jour enfante la nuit», souligne l’écrivain, journaliste et ethnomusicologue Abdelkader Mana. Ensuite, FatnaGbouri, née en 1924 à TnineGharbia (province de Safi) et commence à peindre en 1982 à l’âge de 58 ans. Au même titre que ChaibiaTalal, cette plasticienne est une des pionnières féminines de la peinture marocaine. Selon le critique d’art Olivier Rachet: «Son trait est spontané, proche en cela de l’art brut, et semble avoir pour vocation de partager l’émerveillement de tous les sens». L’univers de cette artiste-peintre célèbre les scènes rurales de mariages, de naissances, de célébrations et bien plus encore, qu’elle a pu observer et vivre dans son quotidien. L’artiste prend soin de surprendre par un choix de couleurs éclectiques et vives sans pour autant dénaturer la beauté des moments immortalisés. «Les couleurs chantent sur la toile, et la prédilection pour les tonalités primaires posées en aplat compose une partition graphique dont on perçoit aussi les échos.», poursuit le critique d’art français. Soulignons enfin que cette exposition remémorative des BenhilaRegraguia et FatnaGbouri est l’occasion de découvrir ou redécouvrir le génie des deux plasticiennes légendaires, pionnières de la scène des arts plastiques au Maroc. Un vrai régal pour les visiteurs de la Galerie la Kasbah d’Essaouira avec un bouquet rétrospectif savoureux et planant.