Le Burkina Faso et le Niger se retirent du G5 Sahel

Le Burkina Faso et le Niger se retirent du G5 Sahel

Le Burkina Faso et le Niger ont, dans un communiqué conjoint signé le 29 novembre dernier, décidé de se retirer de toutes les  instances et organes du G5 Sahel. Le G5 Sahel a été créé en décembre 2014 avec pour mission de mutualiser les capacités et les moyens  du Niger, du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie et du Tchad afin de faire du ‘’Sahel, un espace de sécurité et de développement’’ rappelle le communiqué conjoint des deux pays qui relève, cependant, qu’après 9 ans d’existence, l’organisation peine à atteindre ses objectifs’’. Pire, explique le communiqué, ‘’les ambitions légitimes de nos Etats, à faire de l’espace du G5 Sahel une zone de sécurité et de développement sont contrariées par des lourdeurs institutionnelles, des pesanteurs d’un autre âge qui achèvent de nous convaincre que la voie de l’indépendance  et de la dignité  sur laquelle nous sommes aujourd’hui engagés, est contraire à la participation au G5 Sahel dans sa forme actuelle’’. Pour le Burkina Faso et le Niger, poursuit la même source, ‘’le G5 Sahel ne saurait servir les intérêts étrangers au détriment de ceux des peuples du Sahel, encore moins accepter le diktat de quelque puissance que ce soit au nom d’un partenariat dévoyé et infantilisant, qui nie le droit à la souveraineté de nos peuples et de nos Etats’’. ‘’C’est donc en toute lucidité que le Burkina Faso et le Niger ont pris la responsabilité historique de se retirer de cette organisation’’ précise le communiqué conjoint du Burkina Faso et du Niger qui se disent ‘’profondément attachés à la réalisation d’une paix durable dans l’espace sahélien, et convaincus de la nécessité d’un engagement solidaire  de nos Etats dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière ainsi que pour le développement’’. Les deux pays assurent, par ailleurs, ‘’maintenir leur dynamique de coopération notamment au sein de l’Alliance des Etats du Sahel pour faire de notre espace sahélien, un espace de souveraineté assumée pour la reconquête de nos territoires et la restauration de la paix et de la sécurité, gage d’un développement partagé pour les peuples du Sahel’’. Rappelons qu’en mai 2022, le Mali, membre de l’actuelle Alliance des pays du Sahel (AES), annonçait déjà son retrait du G5 Sahel estimant que l’organisation était ‘’instrumentalisée par l’extérieur’’. ANP

G5 Sahel : la BAD approuve un projet d’assistance technique de cinq millions de dollars américains dans le cadre de l’initiative « Desert to Power »

G5 Sahel : la BAD approuve un projet d’assistance technique de cinq millions de dollars américains dans le cadre de l’initiative « Desert to Power »

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement a approuvé, mercredi 16 décembre dernier à Abidjan, un projet d’assistance technique dans le cadre de l’initiative « Desert to Power » (D2P) destiné à déployer des moyens de production d’énergie solaire dans les pays du G5 Sahel, où 60 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité. Cette assistance technique, sous forme d’une subvention de cinq millions de dollars américains du Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA), comprend trois volets principaux : la réalisation d’études techniques en vue de l’intégration des énergies renouvelables variables (principalement solaires) dans les réseaux nationaux ; les études de faisabilité pour l’hybridation des systèmes de production d’énergie solaire des réseaux isolés existants ; le renforcement des capacités pour aider le Tchad à intégrer le premier projet de production d’énergie solaire (centrale PV IPP de Djermaya) dans son réseau national. « Ce projet d’assistance technique répond directement aux besoins définis dans les feuilles de route nationales des pays du G5 Sahel relatives à l’initiative Desert to Power . Il s’attaquera spécifiquement aux principaux blocages limitant le déploiement à grande échelle de projets de production d’énergie solaire et permettra la préparation de projets bancables pour des investissements ultérieurs », a déclaré Daniel Schroth, directeur par intérim, chargé des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à la Banque africaine de développement. Cette approbation fait suite à la quatrième Rencontre sur le marché de l’énergie en Afrique (AEMP) organisée du 8 au 10 décembre derniers par la Banque. Cette rencontre axée sur les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) a mobilisé plusieurs partenaires techniques et financiers pour soutenir le programme. L’initiative « Desert to Power » a pour objectif de transformer la région du Sahel en un géant des énergies renouvelables en exploitant son potentiel en énergie solaire, afin de créer la plus grande zone de production d’énergie solaire de la planète. D2P vise à produire dix gigawatts d’énergie solaire grâce à des projets en réseaux et hors réseaux afin de fournir l’électricité à 250 millions de personnes vivant dans onze pays du Sahel. Ces opérations devraient permettre d’éliminer différents obstacles entravant le développement du secteur de l’énergie dans les pays du G5 Sahel, notamment l’absence d’une capacité de production installée suffisante, une forte dépendance en combustibles fossiles importés et une incapacité des réseaux nationaux à absorber de plus grandes quantités d’énergies renouvelables variables. Le SEFA, géré par la Banque africaine de développement, est un fonds spécial qui propose des prêts à effet catalyseur en faveur des énergies renouvelables afin de stimuler l’accès universel à des services énergétiques bon marché, fiables, durables et modernes en Afrique, conformément au New Deal pour l’énergie en Afrique de la Banque et à la cible n°7 des Objectifs de développement durable des Nations unies. Le Fonds, créé en 2011 en partenariat avec le Danemark, compte parmi ses donateurs l’Allemagne, les États-Unis, l’Espagne, le Fonds de développement nordique, l’Italie, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède.