Congo. Claudine Munari bat les nouvelles cartes !

OPINION. Quatre années de traversée de désert, de retranchement et d’isolement stérile, Claudine Munari fait son petit bilan. Les leçons qu’elle en tire ne devraient lui laisser que très peu de marge de manœuvre dans sa position adoptée depuis 2016. Pas étonnant donc que ses amis du FROCAD s’en rendent rapidement compte. He, oui! Munari a basculé! Si elle n’a pas encore les mots pour expliquer sa nouvelle position politique, ses lieutenants eux s’en défendent bien. Ils sont convaincus que Claudine Munari a tout gagné sans l’aide des autres opposants. Elle est donc capable de repartir à la conquête de ses privilèges sans également l’aide des autres. Une telle arrogance pour expliquer pourquoi la reine de Mouyondzi est défenestrée la semaine dernière du FROCAD. Clément Mierassa, sévère, qui la taclait depuis un moment, et non content de la nouvelle ligne prônée par Munari, n’a pas hésité de s’installer dans le fauteuil, au cours d’une réunion non règlementaire, car non convoquée par la présidente Munari. L’Assemblée générale du FROCAD convoquée également dans les termes non règlementaires, devrait régler le problème. Mais cela ne changera rien, Munari a choisi de partir avec quelques amis. Sa participation à la concertation politique de Madingou et sa démonstration de force à Mouyondzi sont des indices politiques qui renseignent sur tout. Et à chaque fois, on ne le dit pas souvent, elle a reçu le coup de pousse du pouvoir. Le quota des membres de sa délégation à Madingou qui passe de 2 personnes à 6, puis le soutien logistique pour un bon convoi sur route à Mouyondzi. Et qui sait, peut-être un peu d’argent? Son parti le MUST, pas vraiment représentatif dans tout le Congo, avec zéro député, zéro sénateur, zéro conseiller, a pourtant été reconnu par l’Administration. Mierassa ne se trompe pas dans son analyse des faits, mais Munari est déjà partie, son cœur ne bat plus pour le FROCAD. Pendant quatre ans, elle défendu la ligne rouge, pure et dure des opposants. Aujourd’hui, ce n’est plus évident. Si Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa sortaient de prison, tant mieux! Mais ce serait certainement sans Munari. En 2016, quand elle décide de ne pas participer aux élections législatives à Mouyondzi, elle n’était pas perdante. D’ailleurs Michel Mboussi Ngouari (MNLC) qui siège à l’Assemblée Nationale au compte de Mouyondzi n’y est que par défaut. On peut penser qu’elle regrette sa décision, en solidarité avec le Pool et les prisonniers politiques. C’est sûr, Munari veut revenir! Et les premiers signaux de son come back ont été donnés à Mouyondzi où elle a été dépoussiérer son siège, et s’est, dans un premier temps, mise l’assurance de le récupérer sans coup férir. Lydia Jacqueline Mikolo et bien d’autres qui nourrissent les appétits de s’y lancer doivent maintenant bien calculer. Le pouvoir ne souffrirait pas de voir Munari revenir à Mouyondzi. Pour 2021, Claudine Munari ne devrait pas être partante. Si elle essayait une candidature à la présidentielle, ce serait un vrai flop. Elle le sait, car elle doit se refaire une côte politique en souffrance pendant quatre ans, notamment dans les zones peu favorables tel que le grand nord du pays. Ce n’est pas en trois mois que la population se fera une réelle opinion d’elle. C’est raté pour cette fois. Comme pour tous les opposants d’ailleurs ( j’y reviendrai sous peu). Pour 2022, elle a encore toutes ses cartes en main pour Mouyondzi et même pour d’autres circonscriptions dans le Niboland, à Pointe-Noire (Tié- Tié) et à Brazzaville (Mfilou). Elle peut aussi glaner quelques sièges de conseillers dans les assemblées locales. Et la cerise? Certainement une place dans le gouvernement. Claudine Munari ne dira pas non! Elle dispose de nouvelles cartes qu’elle peut battre à tout vent. Arsène SEVERIN –Journaliste (Fb)
Claudine Munari Mabonzo : on s’enracine dans les maux du passé

« Je n’ai rien contre tout ce qui a été fait dans mon pays, municipalisation accélérée, les travaux d’infrastructures… Il n’y a rien contre tout ça », a affirmé l’ancienne ministre du Commerce et des Approvisionnements, Claudine Munari Mabonzo. En revanche, la présidente de la plateforme d’opposition Frocad a estimé que « les priorités n’étaient pas bien cernées » et que le gouvernement n’a pas suivi « le bon timing ». Dans un entretien avec Babylas Boton de la chaîne Africa 24, Claudine Munari a relevé qu’en 2017, « vivre à 90% des importations pour nourrir une population d’à peine 4 millions d’habitants, en être encore à importer pour nourrir un peuple aussi modeste, ça pose problème. » Et de noter que « nous avons privilégié la finance, les placements de l’argent dans les paradis fiscaux ». Ajoutons qu’au cours de cet entretien, la présidente du MUST est revenue sur la situation socioéconomique du Congo, estimant le Congo « va de plus en plus mal ».
Oko Ngakala: la justice va procéder à l’audition de Charles Bowao pour la gravité de ses propros sur RFI (vidéo)

Le procureur de la République, André Oko Ngakala, a annoncé au JT de Télécongo, que la justice procédera très prochainement à l’audition de Charles Zacharie Bowao, Président de la coordination des plateformes IDC/ Frocad, suite aux propos que ce dernier a tenus sur la chaîne RFI. Oko Ngakala accuse l’opposant congolais d’avoir laisser entendre que les attaques survenues dans les quartiers sud de Brazzaville était le fait du gouvernement. Il a toutefois promis que la légalité de la procédure sera respectée. « Les propos tenus ce matin (8 avril, ndlr) sur les antennes de la Radio France internationale, RFI, par l’ancien ministre de la Défense nationale du Président Denis Sassou N’guesso et ancien membre du Bureau politique du Parti congolais du travail, monsieur Charles Bowao, devenu coordinateur des plateformes de l’opposition IDC Frocad, selon lesquels les événements tragiques qui ont endeuillé plusieurs familles et détruit plusieurs habitations des quartiers sud de Brazzaville seraient le fait du pouvoir en place qui les aurait préparés et organisés pour des fait inavoués, bref une manipulation », a rappelé le procureur. Et de souligner que « la gravité de tels propos qui troublent manifestement l’ordre public va conduire la justice à procéder à l’audition du susnommé dans l’intérêt de la manifestation de la vérité. Tous les Congolais sont égaux devant la loi conformément aux dispositions de la Constitution, en l’espèce. La légalité de la procédure sera respectée, notamment les principes de la présomption d’innocence et de légalité des citoyens devant la loi ».
Charles Zacharie Bowao: Les éléments donnés par la CNEI sont contraires à la réalité

« Nous ne tenons pas compte des résultats de la Commission électorale car nous la récusons. Tout comme l’Union européenne qui ne lui accorde non plus aucune crédibilité », a déclaré le président de la coordination IDC/Frocad, Charles Zacharie Bowao, dans un entretien accordé à Paris Match Dans cet entretien, réalisé par téléphone satellite, l’universitaire et ex ministre de la Défense assure que « les éléments donnés par le Président de cette commission sont pour nous contraires à la réalité. Ce qui nous importe aujourd’hui c’est de faire savoir au peuple congolais et à la communauté internationale que l’opposition a gagné ces élections ». Et d’indiquer: « quoi qu’il en soit, nous comptons célébrer notre victoire. »
Manifestation monstre à Brazzaville contre le projet de réforme constitutionnelle de Sassou Nguesso (+vidéo)

Le Frocad et l’IDC ont mobilisé plusieurs milliers de manifestants L’opposition congolaise a organisé, dimanche 27, un méga meeting sur le boulevard Alfred Raoul qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes pour dire non à la convocation d’un référendum sur une révision de la Constitution qu’ils considèrent anticonstitutionnel. « Jamais autant de monde n‘était descendu dans les rues depuis le retour au pourvoir du président Deni Sassou N’guesso en 1997 », ont en substance commenté plusieurs médias étrangers, constatant que plusieurs milliers personnes avaient répondu à l’appel de l’opposition congolaise. Venus des quatre coins de la capitale congolaise, à pied, en voiture, en bus et à vélo, les partisans du respect de la Constitution de 2002 ont effectivement répondu massivement à l’invitation des dirigeants du Frocad (Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique) et de l’IDC (Initiative pour la démocratie au Congo) pour dire non seulement non au projet cher au président Sassou n’guesso, mais aussi s’opposer à toute éventuelle candidature de ce dernier. Notons que ce meeting s’est déroulé au même moment que se tenaient, à Brazzaville même, deux méga concerts gratuits et des inscriptions dans tous les arrondissements pour bénéficier d’une formation en conduite automobile, organisés par la Fondation Perspectives d’avenir que préside Denis Christel Sassou N’Guesso.