LIVRE : Franck Cana et Obambe Gakosso sonnent l’alerte en publiant « Manifeste pour une Afrique du bon sens »

Les auteurs de ce nouvel opus, Franck Cana et Obambe Gakosso, attirent l’attention de quiconque sur la situation actuelle du continent africain. Ils estiment qu’une société qui s’arrête de penser est vouée à mourir ; alors ses ennemis peuvent ranger leurs armes de guerre, car elles n’ont plus aucune utilité. Parce que l’Afrique souffre 666 maux, ils soumettent quelques pistes de réflexion aux lecteurs sensibles à son devenir. Cet ouvrage est le fruit du discernement de deux Africains nés sur le continent, qui sont allés observer ailleurs comment les choses se conçoivent. Mais, dira-t-on, l’Afrique ce ne sont pas seulement les guerres, il y a d’indéniables succès et réussites. Certes. Certaines plaies, cependant, méritent d’être étudiées comme il se doit afin que puisse être proposé le traitement adéquat. C’est ce qu’ils ont tenté de faire dans ce livre que l’on peut lire en sirotant un bon molengé (vin de palme) d’Ollombo, dans un train en Occident, à l’ombre d’un baobab dans le Sahel, debout dans le métro, sous un arbre à Sibiti ou encore sur le chemin de son champ de coton. « Manifeste pour une Afrique du bon sens », de Franck Cana et Obambe Gakosso, essai, éditions Cana, 112 pages, 10 euros.
Franck Cana, directeur des Editions Cana : Nous avons la latitude de publier tous les genres littéraires

En seulement un an d’existence, les Editions Cana peuvent se targuer d’un bilan positif au regard du nombre de titres mis sur le marché et de la qualité des ouvrages publiés. « Nous avons publié 26 ouvrages dont 13 émanent des auteurs originaires du Congo Brazzaville, 6 le sont de la part des Français, 2 du Congo démocratique, 1 d’une auteure Camerounaise, 1 d’un Gabonais, 1 d’un Togolais, 1 d’une Belge et enfin, 1 d’une Ivoirienne », précise le journaliste, écrivain et directeur de cet établissement immatriculé au Congo, Franck Cana. Parmi les auteurs qui ont signé chez cet éditeur, on peut citer : Maxime N’Debeka avec « Spectre des temps présents », Annabelle Roussel avec « Victoria », Eveline Mankou avec « Dix précieux conseils pour réussir votre vie » ou Maha Lee Cassy dans « Le voyage itératif : plaidoirie pour mon pays natal ». Pour l’avenir, la Maison d’édition assure que sa première quête est de mettre toutes ses parutions disponibles en France et à l’étranger par le relais des sites de vente en ligne comme Amazon, Fnac, Dilicom, ainsi qu’en commande dans toutes les librairies de France, de Navarre et Suisse ou encore sur son site Internet. Dans un entretien aux Dépêches de Brazzaville, Franck Cana affirme que « nous travaillons actuellement sur la distribution de nos livres pour bientôt au Congo Brazzaville. En ligne de mire se profile 2017 où nous ambitionnons de développer nos activités en signant un partenariat avec les éditions Amaya du Gabon, dirigées par Solange Andagui Bongo Ayouma ». Ce n’est pas tout, puisque les éditions Cana comptent aussi analyser une sollicitation venue de la Guinée Conakry pour l’ouverture dans ce pays d’un bureau de notre entreprise, indique le directeur.
Opération Restore Hope ou un Roman de Cour

Ce roman aurait pu s’appeler Opération Renard du désert, Raisin de la Colère, Flèche de David, Épervier ou Serval… comme tout ne se fait plus que par opération ! De la division à la multiplication, en passant par la soustraction et l’addition : on multiplie la colère des uns contre l’humanité des autres, pour mieux les diviser ; on soustrait aux peuples leurs richesses de droit, pour ajouter des avoirs aux plus forts injustes. Dans du vite fait toujours ; vu et connu ; au su et au vu de tous ; manu militari bien de fois. Et, face à ce spectacle digne d’une fiction américaine du Far-West, l’habile plume de l’écrivain CANA propose juste une Opération Restore Hope, une leçon sur comment restaurer l’espoir et l’espérance au sein des peuples meurtris étranglés par la dure loi d’airain capitaliste ou du règne du profit exacerbé. Face à l’égoïsme, l’indifférence ou la raison d’Etat, elle propose le partage, l’union, la solidarité réelle et l’amour ; choses qui ne s’obtiennent guère par simple décret ou fusion mathématique, sinon que par le changement des mentalités et des manières de faire société. Le verbe haut, l’allure courte, pour un récit magistral, l’Opération Restore Hope de Franck CANA est digne d’une leçon philosophique d’un conseiller vertueux à un Prince. Il dévoile la manière de gérer humainement la Cité, en prémunissant le prince des situations malencontreuses dans lesquelles la vertu se fait harakiri pour célébrer la fortune. Ici, c’est le bon conseiller, fait de vertu essentiellement mais aussi d’humour et de réalisme critique, qui se met en quatre pour servir, comme sur un plateau d’argent, des décisions sang bleu au prince, contre la fin qui justifie les moyens… « Le soir venu, alors que mon épouse était déjà endormie à mes côtés, une brise de terre qui giflait de temps à autre les volets de notre chambre me fouettait l’esprit et me donnait l’insomnie. Tout ce que j’avais appris de ce premier voyage camerounais s’entre- choquait dans ma tête. Les gens ne pouvaient guère être informés de l’ampleur de ce qui avait été perpétré là-bas. Ni par les officiels qui y séjournaient et encore moins la Pravda et sa nébuleuse médiatique, véritables caisses de résonance de la voix royale, à l’image du Daily mirror… », narre le Conseiller du Prince, personnage principal du roman. Au plus près de la réalité, ce roman paru au mois d’avril 2013 (aux éditions LA BRUYÈRE) est un vrai voyage, un pont d’unification entre le peuple et le Prince, sur fond d’Histoire du monde et de tout ce qui se vit sous le soleil. Qui a dit que les sphères du pouvoir devraient échapper au champ littéraire, qui plus est à la prose ? En tout cas, ce n’est pas l’illustre Sony Labou Tansi, cité par Franck CANA, qui, du roman, dit judicieusement : « Le roman est, paraît-il, une œuvre d’imagination. Il faut pourtant que cette imagination trouve sa place dans quelque réalité… ». A considérer l’imagination intrigante de cette œuvre romanesque qui sort des sentiers battues, on est tenté de dire sans ambages que les Festivités des 60 ans de la littérature congolaise (1953-2013) prévues d’octobre à décembre 2013 au Congo s’annoncent vraiment prometteuses. Car, 2013, qui est un grand cru littéraire et culturel pour les Congolais, marque l’an 1 de la seconde vie de la littérature congolaise. Que vive notre littérature !