FMI–Comores : M. Ruud Vermeulen salue des progrès économiques malgré des défis budgétaires

Cinquième revue du programme économique des Comores appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (FEC) Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Ruud Vermeulen, s’est rendue à Moroni entre le 27 octobre et le 7 novembre 2025. Les échanges avec les autorités ont abouti à un accord au niveau des services, ouvrant la voie à un nouveau décaissement de 3,56 millions de DTS, sous réserve de l’approbation des instances du FMI. Au terme de cette mission, R. Vermeulen a déclaré que « l’activité économique a continué de se raffermir au cours des trois premiers trimestres de 2025, soutenue par une croissance robuste du crédit intérieur et un relâchement des pressions inflationnistes », soulignant que l’inflation globale, qui avait culminé à 7,3 % (en glissement annuel) en mars, est tombée à 1,9 % en octobre. Dans le même temps, malgré de bons résultats en matière de recettes fiscales au premier semestre 2025, les transferts sociaux non budgétisés et l’exécution plus rapide des dépenses d’investissement financées sur ressources intérieures ont creusé le déficit primaire intérieur de 0,2 point de pourcentage du PIB par rapport à l’objectif fixé pour fin juin 2025, a-t-il constaté. Par ailleurs, la position extérieure reste saine, grâce à la résilience des envois de fonds des travailleurs expatriés et à un niveau adéquat de réserves internationales. S’agissant du programme, le chef de mission du FMI fait un constat: les résultats au titre du programme appuyé par la FEC se sont améliorés : trois des cinq critères quantitatifs à fin juin 2025 ont été atteints et les réformes structurelles ont été mieux mises en œuvre. Cependant, bien que l’objectif de recettes fiscales à fin juin ait été atteint, la sous-performance des recettes non fiscales et les dépassements sur les dépenses ont donné lieu à un dérapage modéré par rapport à l’objectif relatif au solde primaire, a fait remarquer Vermeulen. Il a, en outre, noté que les difficultés persistantes en matière de gestion des liquidités et de la trésorerie ont entraîné l’accumulation de nouveaux arriérés extérieurs, bien que minimes et temporaires. En parallèle, la mise en œuvre des réformes structurelles a progressé de manière régulière : les autorités ont atteint treize repères structurels sur quinze entre fin juin et fin décembre 2025. Enfin, d’après lui, les autorités sont en train de mettre en œuvre des mesures correctives pour les objectifs non atteints afin de préserver l’ajustement budgétaire envisagé sous le programme. Des mesures budgétaires de haute qualité et le recouvrement des arriérés d’impôts stimuleront les recettes et permettront de relancer l’assainissement budgétaire en 2026. En outre, les arriérés au titre du service de la dette extérieure accumulés depuis septembre ont été apurés.
Centrafrique : le FMI appelle à des réformes afin de faire face à l’inflation

En plus de la situation humanitaire, la situation économique reste aussi préoccupante en République centrafricaine selon le Fonds monétaire international (FMI). Cette institution financière encourage le gouvernement à faire des réformes et à poursuivre les discussions avec les partenaires financiers internationaux. Affectée comme les autres pays par les conséquences de la guerre en Ukraine, la République centrafricaine présente un tableau inquiétant, contrairement aux Etats de la sous-région d’Afrique centrale (CEMAC). Une inquiétude qui se matérialise par une crise alimentaire, le faible pouvoir d’achat du Centrafricain et la pauvreté de plus en plus galopante et endémique. Plusieurs axes soutiennent cette inquiétude. C’est d’abord la hausse des prix des denrées alimentaires et produits de première nécessité, une inflation à deux chiffres, contrairement à la croissance qui, selon la projection du gouvernement, sera de 1% cette année. Ensuite, la faible mobilisation des recettes publiques et l’absence des perspectives dans la coopération entre Bangui et les partenaires financiers internationaux. Sur ce, le Fonds monétaire international appelle le gouvernement à approfondir le dialogue avec la communauté internationale sur le financement concessionnel en 2023. Cependant, l’appel du FMI est resté muet sur la facilité élargie de crédit sur laquelle le gouvernement compte pour faire face aux problèmes. « La relance économique a été perturbée » « L’activité économique en RCA a connu en 2022 une performance en demi-teinte. La reprise économique qui s’était enclenchée au sortir de la crise du Covid-19 a été fortement perturbée par la pénurie du carburant et la hausse des prix des denrées alimentaires suite à la guerre en Ukraine. Une inflation record à deux chiffres, la plus élevée dans la zone CEMAC, a été enregistrée en 2022, aggravant davantage l’insécurité alimentaire », a indiqué Albert Touna Mama, chef de la récente mission du FMI en RCA. Des réformes nécessaires Le gouvernement n’a pas attendu l’alerte du FMI pour lancer ses réformes. C’est notamment le cas du retrait de sa subvention des prix des hydrocarbures à la pompe. Ce qui a perturbé la structuration de l’économie et qui n’a pas été une bonne nouvelle pour les ménages. Par ailleurs, le gouvernement a inclus dans la loi des finances 2023, une mesure prélevant 7% sur le coût de service de téléphonie mobile. Mais la réforme doit aussi aller loin en renforçant la gestion et la transparence des finances publiques ainsi que l’amélioration de la gouvernance. De ce pas, la mission du FMI a promis de mettre à la disposition de la République centrafricaine son expertise technique afin de faire face aux conséquences de la hausse des prix. Le FMI invite, en même temps, l’Etat centrafricain à harmoniser la loi régissant les cryptomonnaies avec les dispositions en vigueur dans l’espace CEMAC. Privé de l’aide budgétaire du FMI et de la Banque mondiale, le gouvernement centrafricain, qui a recours aux emprunts obligataires, doit pouvoir convaincre ses partenaires techniques et financiers dans un contexte de récession économique.