Violences après Jaraaf-USM Alger : la CAF ouvre une enquête

Au lendemain des violents incidents survenus lors du match nul (0-0) entre le Jaraaf Dakar et l’USM Alger en Coupe de la Confédération CAF, la Confédération africaine de football (CAF) a réagi par un communiqué officiel publié ce lundi. L’instance dirigeante du football africain a indiqué avoir « pris connaissance d’un incident survenu lors de la rencontre de la Coupe de la Confédération CAF TotalEnergies opposant l’ASC Jaraaf à l’USM Alger, disputée au Sénégal le dimanche 8 décembre 2024. » Elle précise que « l’affaire a été transmise aux instances compétentes de la CAF pour un examen approfondi et des investigations complémentaires. » Retour sur les incidents D’après Sport News Africa, les tensions ont éclaté après l’usage de fumigènes par les supporters de l’USM Alger, une pratique strictement interdite par la CAF. Les ultras algériens ont allumé des engins pyrotechniques derrière un des buts, déclenchant l’intervention immédiate des forces de sécurité, qui ont tenté de faire éteindre les fumigènes. La situation a dégénéré lorsque de nouveaux fumigènes ont été allumés. Une intervention plus musclée des forces de l’ordre a alors été nécessaire. Un incident particulier a exacerbé les tensions : un supporter aurait tenté de franchir un plexiglas pour accéder à une autre zone du stade, provoquant un regain de nervosité. Des insultes ont fusé entre supporters des deux camps. À la fin du match, les hostilités ont atteint leur paroxysme. Les supporters du Jaraaf ont brisé le cordon de sécurité pour affronter les fans algériens. En supériorité numérique, ils ont contraint ces derniers à se replier. La situation s’est encore envenimée lorsque des joueurs de l’USM Alger sont intervenus pour porter secours à leurs supporters malmenés en tribunes. Une escalade inquiétante Les affrontements ont laissé des traces importantes. Sur le plan matériel, de nombreux sièges ont été arrachés et utilisés comme projectiles. Selon des photos diffusées sur les réseaux sociaux, des vestiaires et des équipements, dont un téléviseur, auraient également été vandalisés. Le bilan humain est tout aussi préoccupant : au moins 15 blessés ont été recensés dans les rangs de l’USM Alger, parmi lesquels un joueur. Une vidéo relayée par le journaliste Chebli Ishaq montre un joueur de l’USMA portant l’un de ses coéquipiers blessé jusqu’aux vestiaires pour le mettre en sécurité. Les responsabilités en question Les deux clubs se rejettent mutuellement la responsabilité des événements. Un rapport rédigé par les délégués de la CAF mentionne l’utilisation de fumigènes et de projectiles par les supporters algériens, ainsi que le franchissement du cordon de sécurité par les fans sénégalais. Jusqu’à présent, l’USM Alger a publié un communiqué condamnant les violences, tandis que le Jaraaf n’a pas encore réagi officiellement. La CAF devra désormais trancher sur cette affaire, qui ternit une nouvelle fois l’image du football africain. Ya Willy.
RD Congo : Enquêter sur les décès et les violences sexuelles dans une prison

Les autorités de la République démocratique du Congo devraient enquêter sans tarder et de manière impartiale sur l’incident mortel survenu le 2 septembre 2024 à la prison centrale de Makala dans la capitale, Kinshasa, et fournir un compte-rendu transparent et crédible, a déclaré Human Rights Watch (vendredi 6 septembre). Le ministre congolais de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a annoncé le 2 septembre que lors d’une tentative d’évasion, 129 détenus étaient morts, dont 24 tués par balles alors qu’ils tentaient de s’évader, et 59 autres avaient été blessés. Plusieurs femmes détenues ont été violées. Le ministre a également indiqué qu’une commission mixte serait créée afin d’établir les circonstances de l’incident, sans donner de détails sur sa composition. « La décision du gouvernement d’ouvrir une enquête est un pas dans la bonne direction afin d’assurer qu’une telle tragédie ne se reproduise pas », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Mais les autorités devraient aussi prendre des mesures décisives et immédiates pour améliorer les conditions de vie en prison, conformément aux obligations nationales et internationales de la RD Congo. » Human Rights Watch a mené des entretiens téléphoniques avec trois prisonniers qui ont déclaré que des membres présumés de gangs de jeunes, appelés kulunas, avaient tenté une évasion collective aux premières heures de la matinée du 2 septembre. Plusieurs bâtiments de la prison ont été incendiés lors de cette tentative d’évasion. La prison de Makala, comme beaucoup d’autres prisons en RD Congo, est massivement surpeuplée, dispose d’infrastructures en mauvais état et de peu de ressources. Si les détails concernant la tentative d’évasion demeurent peu clairs, les autorités affirment que les gardes ont effectué des « tirs de sommation » avant de tirer sur les prisonniers qui s’évadaient. Les autorités ont affirmé que la plupart des décès sont dus à des bousculades. Les bâtiments administratifs de la prison ont été détruits, y compris ses archives, ce qui crée d’importantes difficultés pour déterminer le nombre exact ainsi que l’identité des personnes qui y étaient détenues. Les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois stipulent que ces derniers ne devraient utiliser des armes à feu que lorsqu’il existe « une menace imminente de mort ou de blessure grave » et « seulement lorsque des mesures moins extrêmes sont insuffisantes » pour empêcher de tels dommages. Les responsables de l’application des lois « ne recourront intentionnellement à l’usage meurtrier d’armes à feu que si cela est absolument inévitable pour protéger des vies humaines ». Lorsqu’un avertissement de l’intention d’utiliser des armes à feu peut être donné, il convient de laisser un « délai suffisant pour que l’avertissement puisse être suivi d’effet ». La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques obligent les gouvernements à enquêter et à punir de manière appropriée les responsables d’abus commis contre des personnes en détention et à indemniser les victimes. Les autorités devraient fournir des informations publiquement sur les progrès de l’enquête et en communiquer les résultats de manière transparente – y compris au sujet des détenus tués et blessés, a déclaré Human Rights Watch. Elles devraient également agir d’urgence pour fournir aux survivants et aux familles des victimes des soins médicaux, un soutien psychologique et une indemnisation appropriée. « J’ai vu des femmes en train d’être violées par plusieurs hommes, y compris une femme plus âgée qui a été violée », a déclaré une détenue à Human Rights Watch le 4 septembre. « Aucune de ces femmes n’a encore reçu de soins médicaux appropriés. » Les violences sexuelles sont un problème persistant dans les prisons de la RD Congo. En septembre 2020, lors d’un soulèvement à la prison centrale de Kasapa à Lubumbashi, un incendie dans le quartier des femmes a forcé les détenues à se réfugier pendant trois jours dans la cour principale de la prison, sans que la prison ne leur offre aucune protection. Durant ces trois jours, des prisonniers hommes ont violé à maintes reprises plusieurs dizaines de détenues, dont une adolescente. Le gouvernement devrait adopter d’urgence des mesures afin de préserver la sécurité des détenu-e-s et faire en sorte que tout-e-s, en particulier les femmes et les filles, soient à l’abri des violences sexuelles, a affirmé Human Rights Watch. La malnutrition et les maladies qui en découlent sont depuis longtemps la cause de décès dans les centres de détention de la RD Congo. Dans le meilleur des cas, les détenus ne reçoivent qu’un repas par jour, ce qui est dû en partie au fait que le budget des portions de nourriture est défini en fonction de la capacité des prisons, plutôt que de leurs populations réelles. En 2020, les médias avaient affirmé qu’au moins 17 personnes étaient mortes de faim à la prison de Makala. Human Rights Watch a précédemment documenté le sévère surpeuplement, la malnutrition, l’insalubrité des conditions de détention et l’absence de soins médicaux dans les prisons congolaises, notamment à Makala. La sécurité à Makala est aussi un sérieux problème. Un détenu a déclaré le 4 septembre à Human Rights Watch que « ce n’est pas l’armée ou la police, mais les détenus eux-mêmes qui assurent la sécurité dans chaque quartier de la prison. » La plupart des personnes incarcérées dans les prisons de la RD Congo, y compris à Makala, n’ont pas été condamnées pour un crime quelconque et sont dans l’attente d’un procès, tandis que d’autres ont été arrêtées pour des infractions non violentes ou mineures. La prison de Makala, construite en 1957 vers la fin de la période coloniale belge, a été conçue pour contenir 1 500 personnes mais elle en compte actuellement entre 12 000 et 14 000. Conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le gouvernement devrait immédiatement s’occuper la dangereuse surpopulation des prisons en remettant en liberté toutes les personnes actuellement en détention préventive pour des crimes non violents, moyennant des garanties qu’elles comparaîtront à leur procès, a déclaré Human Rights Watch. Selon le droit international, les autorités gouvernementales ont le devoir de prendre soin des personnes incarcérées, notamment en protégeant leurs droits à la vie, à
La CAF demande à sa Commission d’Audit et de Gouvernance l’ouverture d’une enquête à la suite d’allégations de violation de ses règlements internes au sein du Secrétariat de la CAF

La Confédération Africaine de Football (« CAF ») a demandé à sa Commission d’Audit et de Gouvernance d’ouvrir une enquête sur des allégations de violation de ses règlements internes au sein du Secrétariat de la CAF. La Commission d’Audit et de Gouvernance désignera un des cabinets internationaux d’avocats les plus respectés ou un cabinet d’audit de renommée internationale pour enquêter sur les allégations de violation des règlements internes d’audit et de gouvernance de la CAF et soumettre ensuite un rapport au Comité Exécutif de la CAF (« EXCO »). Le Président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, a déclaré : « A la CAF, il y a une tolérance zéro pour la corruption ou la violation des règles de gouvernance interne, des règles d’ audit et de transparence ou pour la violation des statuts et règlements de la CAF et de la FIFA. Nous avons pris l’engagement de faire adhérer la CAF aux meilleures pratiques mondiales de gouvernance d’audit, de transparence et d’éthique et nous avons instauré en 2021, un Département de Gouvernance Interne et de Conformité au sein de la CAF. Ce Département de Gouvernance Interne et de Conformité a porté à notre attention des allégations de violation de règlements internes d’Audit et de Gouvernance. La culture actuelle de la CAF de mettre en œuvre et d’adhérer aux meilleures pratiques mondiales de gouvernance d’audit, de transparence et d’éthiques a permis à la CAF d’être respectée par ses sponsors, ses partenaires, les gouvernements africains et d’autres parties prenantes africaines et internationales. Nous sommes engagés et déterminés à conserver ce respect durement gagné. Le Comité Exécutif de la CAF discutera le rapport attendu et les recommandations de la Commission d’Audit et de Gouvernance le moment venu et des mesures appropriées seront immédiatement prises si une conduite ou un comportement inapproprié est identifié par la Commission d’Audit et de Gouvernance ». La Commission d’Audit et de Gouvernance de la CAF est composée du Président de la Commission de Gouvernance de la CAF, M. Justice Petrus Damaseb, et du Vice-président M. Happi Dieudonné, ainsi que du Président de la Commission d’Audit et de Conformité de la CAF, M. Mohammed Zaazi et du Vice-président, M. Mouhamed Nour-Dine Assindoh. La Commission d’Audit et de Gouvernance de la CAF est présidée par le juge Petrus Damaseb.
Algérie/Enquête. Le HAC en guerre à cause du transfert de Riyad Mahrez à Manchester City en 2018

Six ans après son transfert du Havre à Manchester City, Riyad Mahrez, actuellement joueur d’Al-Ahli en Arabie Saoudite depuis juillet 2023, se retrouve au cœur d’une enquête judiciaire. Le parquet du Havre a confirmé à L’Équipe qu’une « information judiciaire a été ouverte » sur cette affaire. En été 2014, lorsque Mahrez rejoint Leicester depuis Le Havre, le HAC négocie un pourcentage à la revente de 15%. Quatre ans plus tard, en juillet 2018, Mahrez, alors champion d’Angleterre en 2016, signe à Manchester City pour 67,8 millions d’euros. Le HAC devait donc toucher plus de 10 millions d’euros. Cependant, dès août 2018, Guy Tolmarsh, agent de joueurs et patron d’USMI Limited, réclame une commission de plus d’un million d’euros. Bien que Tolmarsh n’ait jamais été l’agent de Mahrez, il produit en justice une convention prétendument signée par Jean-Pierre Louvel, ancien président du HAC, en janvier 2014. Cette convention lui accorde 10% de la part revenant au club en cas de revente de Mahrez, soit le montant qu’il réclame aujourd’hui. Tolmarsh a présenté des échanges avec Louvel pour justifier cette rétribution. Ces écrits indiquent que l’ancien dirigeant du HAC aurait décidé de le payer pour avoir “optimisé l’indemnité ainsi que l’ensemble des bonus et obtenu l’intéressement de 15% sur une revente éventuelle du joueur”. Dix ans après, ce transfert fait l’objet d’une enquête pénale. Le parquet du Havre a ouvert une information judiciaire pour escroquerie et usage de faux, suite à une plainte du HAC qui conteste le paiement de la commission. Le HAC ne reconnait pas cette convention, affirmant qu’elle n’a pas été versée au dossier de Mahrez ni transmise aux autorités sportives compétentes, la rendant ainsi invalide.Tolmarsh a saisi le tribunal de commerce après que le HAC a déposé une plainte pour escroquerie et usage de faux, qui a été classée sans suite. Le club s’est ensuite constitué partie civile et a déposé une nouvelle plainte en mars 2023, ce que le parquet a confirmé. Le HAC a obtenu un sursis à statuer auprès du tribunal de commerce, en attendant la fin de l’enquête pénale, ce qui peut prendre du temps, selon L’Équipe. Tolmarsh considère cela comme une manœuvre dilatoire pour éviter de payer. Il souligne que l’ancien président du HAC a confirmé l’authenticité et le contenu de la convention de 2014 lors de la procédure au tribunal de commerce. Une audience d’appel est prévue en septembre prochain, où Tolmarsh espère obtenir la fin du sursis à statuer. Contactées par L’Équipe, aucune des parties n’a souhaité s’exprimer. Riyad Mahrez reste au cœur de cette affaire complexe. Ya Willy.
Le budget des Marocains s’accroît de 18,2% durant le mois de Ramadan

Le budget de consommation des Marocains est plus élevé pendant le Ramadan en comparaison avec les autres mois de l’année. Il augmente en moyenne de 18,2% durant le mois sacré, révèle la dernière enquête sur le niveau de vie des ménages du Haut-commissariat au plan (HCP). D’après les données de cette étude, menée en 2022/2023 et portant sur une période d’un an, « ce pourcentage est de 15,4% en milieu urbain et de 4,8% en milieu rural. Près de 92% de cette augmentation provient de la dépense des ménages citadins ». Dans sa publication « Les Brefs du Plan » (N° 27 du 29 mars 2024), l’institution publique note aussi une amélioration de la consommation pour toutes les catégories sociales durant le mois de Ramadan. En effet, pendant ce mois sacré, la dépense des ménages s’accroît de 8,4% pour les 20% les moins aisés, de 9,7% pour la catégorie des intermédiaires et de 8,9% pour les 20% les plus aisés. Toujours selon l’enquête du Haut-commissariat que dirige Ahmed Lahlimi Alami, par type de dépense, le budget alloué à l’alimentation est de 17,8% plus élevé pendant le Ramadan en comparaison avec les autres mois. Cette hausse est de 19% en milieu urbain, de 4,5% en milieu rural, de 3,3% pour les ménages les moins aisés, de 11,9% pour les intermédiaires et de 12,5% pour les plus aisés, apprend-on. Les données montrent en outre que les produits riches en calories connaissent un déclin pendant le mois de Ramadan au profit des produits riches en protéines et en vitamines, traduisant ainsi un changement qualitatif dans les habitudes alimentaires. A noter que les produits alimentaires dont les quantités consommées augmentent significativement pendant le mois de Ramadan sont le lait et produits laitiers, avec une moyenne de 35,8 litres par ménage pendant le Ramadan, contre 23,7 litres en moyenne mensuelle les autres mois, les œufs (respectivement 52,2 unités contre 39,4 unités), les viandes (respectivement 15,1 kg contre 11,3 kg), les poissons (respectivement 6,8 kg contre 5,2 kg), les fruits (respectivement 54,3 kg contre 22,9 kg) et les légumes frais (respectivement 55,1 kg contre 48,3 kg). Les produits dont les quantités consommées augmentent peu pendant le mois de Ramadan sont les «céréales et produits à base de céréales» (77,4 kg par mois et par ménage pendant le Ramadan, contre 72,7 kg pendant le reste de l’année), les «sucres et produits sucrés » (respectivement 11kg contre 10kg), le «beurre, huiles et autres corps gras (respectivement 10,4 kg contre 9,6 kg) et le «café, thé et plantes aromatiques» (respectivement 2,8 kg contre 2,3 kg). Selon l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, en termes de dépense, les produits alimentaires qui connaissent une augmentation sont les «poissons» (57,7%), les «fruits» (43,3%), les «oeufs» (35,7%), les «produits laitiers» (34,8%), les «sucres et produits sucrés» (30,3%) et les «viandes» (26%); tandis que les dépenses allouées aux «repas, aliments et boissons pris à l’extérieur» diminuent de 30,6%. En ce qui concerne les dépenses non-alimentaires, elles s’améliorent de 18,5% pendant le mois de Ramadan essentiellement en milieu urbain (13,4%) et dans un degré moindre en milieu rural (5,1%). « Par catégorie sociale, cette hausse est de 13,2% pour les 20% des ménages les moins aisés, de 8,1% pour les ménages intermédiaires et de 7,2% pour les 20% les plus aisés », note le HCP indiquant que cette hausse s’explique essentiellement par l’accroissement des dépenses relatives au «transport» (61,9%), aux «soins médicaux» (28%), aux «Loisirs et enseignement» (25,7%), à la «communication» (25%) et à l’«habitation et énergie» (12,7%). Inversement, les dépenses «d’habillement» se réduisent de 11,5%. Alain Bouithy
Centrafrique : le gouvernement conteste la conclusion de l’enquête de la Minusca sur le massacre de Boyo

Après plusieurs mois d’enquête sur le massacre de Boyo dans la Ouaka, la Minusca publie enfin son rapport. Un document qui accable une fois de plus les Forces armées centrafricaines (Faca) et leurs alliés russes. De son côté, le gouvernement conteste l’intégralité du rapport tout en estimant que l’enquête ne répond pas aux exigences et à la rigueur de preuves judiciaires. Le drame de Boyo (préfecture de la Ouaka) s’est produit entre les 06 et 13 décembre 2021. Selon le rapport de la mission onusienne en République centrafricaine, « des éléments armés, composés majoritairement d’anciens combattants de la milice Anti-balaka, mais aussi des dizaines de jeunes recrutés par les Forces armées centrafricaines (Faca) et leurs alliés, sont les auteurs de ce massacre de Boyo ». Le document indique que des miliciens associés aux anciens Anti-balaka ont reçu une formation de la part des Forces armées centrafricaines et de leurs alliés russes, à Bambari dans la Ouaka avant de commettre ce forfait. Au moins une vingtaine de morts L’attaque, selon les enquêteurs, a entraîné la mort d’au moins 20 personnes, y compris 3 garçons ainsi qu’une fillette de 12 ans. Au moins 12 autres civils ont été blessés à l’arme blanche. « Au cours de ces violences armées, près de 550 maisons d’habitation ont été pillées, des biens ainsi que des stocks de nourriture ont été incendiés. Par ailleurs, plus d’un millier de personnes ont dû trouver refuge dans la base temporaire de la Force de la Minusca », précise le rapport. Le contre-pied du gouvernement La réaction du gouvernement centrafricain a été immédiate. Le ministre d’Etat à la justice, Arnaud Djoubaye Abazène, dans une note adressée à la Minusca le 27 avril dernier, a aussitôt rétorqué. De prime abord, les autorités de Bangui ont estimé que l’enquête ne répond pas aux exigences et à la rigueur de preuves judiciaires. A en croire le ministre d’Etat, « Il s’agit d’un incident impliquant les milices Anti-balaka et les rebelles de l’UPC, basés dans la région. Les Faca et leurs alliés ne sont pas directement impliqués dans ce forfait ». La note mentionne que le responsable de ce groupe armé est identifié. Il s’agit du prénommé Edmond. Selon le membre du gouvernement, une enquête est déjà ouverte par le parquet de Bambari afin de faire la lumière sur ce massacre. Toutefois, conclut la note, le gouvernement centrafricain « sollicite la collaboration de l’unité de police judiciaire de la Minusca pour faciliter les investigations judiciaires », qu’il a déjà entamées.
Centrafrique : le groupe Castel visé par une enquête pour complicité de crimes guerre

Après avoir été accusé de complicité de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre en République centrafricaine, la justice française ouvre une enquête sur des accusations visant le groupe Castel, géant français des boissons. Cette procédure fait suite à un rapport publié en août 2021 par l’ONG américaine The Sentry. Il s’agit d’une enquête préliminaire ouverte, mercredi 29 juin 2022, à Paris en France. En août 2021, The l’ONG The Sentry avait publié un rapport affirmant que la Société sucrière de Centrafrique (Sucaf), filiale de la Société d’organisation, de management et de développement des industries alimentaires et agricoles (Somdiaa), elle-même contrôlée à 87% par le groupe Castel, avait « négocié un arrangement sécuritaire » avec, notamment l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), un groupe armé opérant sur le sol centrafricain, accusé d’exactions. Selon l’ONG américaine, cet « arrangement » visait à « sécuriser » son « usine et les champs de canne à sucre » et « tenter de protéger le monopole de la société. » En échange de la sécurisation du site, la Sucaf a mis en place un « système sophistiqué et informel pour financer les milices armées, par des paiements directs et indirects en espèces ainsi que par un soutien en nature sous forme d’entretien des véhicules et de fourniture de carburant » Selon l’Agence France Presse, « le groupe Castel prend acte de l’ouverture de cette enquête », et assure qu’elle serait dans une « attitude de coopération pleine et entière avec la justice ». Pour sa part, Bangui n’a pas encore réagi à ce rebondissement dans la dénonciation faite l’an dernier par l’ONG The Sentry.
Enquête: Qui sont les acteurs de la guerre de la France contre le Centrafrique?

TRIBUNE. Comment et pourquoi la France mène la guerre aux autorités et au peuple centrafricains. L’enquête de Nathalie Yamb à Bangui.