La Chine, l’Europe et l’Afrique collaborent dans le domaine des énergies vertes pour promouvoir le développement durable et la croissance économique

Le 19 octobre, le 2e forum Chine-Europe-Afrique sur le développement des énergies vertes s’est tenu à Wenzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, sur le thème « Collaborer sur les énergies vertes et se donner la main pour lutter contre le changement climatique mondial ». Ce forum vise à promouvoir la coopération entre la Chine, l’Europe et l’Afrique dans le domaine du développement des énergies vertes et à aider les participants à découvrir de nouveaux potentiels dans ce secteur. Cinq questions relatives à l’énergie verte ont été abordées, notamment les réalisations et les perspectives, les moteurs potentiels, les possibilités de coopération, les partenariats financiers verts et la chaîne industrielle. « Le renforcement de la coopération entre la Chine, l’Europe et l’Afrique dans le domaine des énergies vertes est non seulement bénéfique pour lutter contre le changement climatique mondial et parvenir à un développement durable, mais aussi pour maintenir la stabilité mondiale », a déclaré Liu Qibao, vice-président du 13e comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois et président de l’Association Chine-UE. « Cette coopération peut être le meilleur exemple du XXIe siècle », a déclaré Jose Luis Rodriguez Zapatero, ancien premier ministre d’Espagne. « L’énergie verte peut stimuler l’économie mondiale, éliminer la pauvreté, réduire les inégalités sociales et même créer un modèle économique plus coopératif. La Chine, l’Europe et l’Afrique disposent d’avantages uniques pour développer les énergies vertes dans de nombreux secteurs, telles que l’énergie solaire, l’énergie hydrogène et l’énergie éolienne. “Dans le domaine de l’énergie photovoltaïque, nous pouvons combiner notre technologie sophistiquée et notre chaîne industrielle avec les abondantes ressources d’énergie solaire en Afrique et la riche expérience de la politique d’énergie verte, de l’innovation technologique et des mécanismes de marché en Europe”, a déclaré Nan Cunhui, vice-président de l’Association Chine-UE et président du CHINT. “La Chine a signé plusieurs projets clés avec nous, car elle occupe une position de premier plan dans le domaine des nouvelles énergies, s’appuyant sur une technologie avancée et une vaste expérience en matière d’énergie éolienne et solaire”, a déclaré Salaheddine Mezouar, ancien ministre marocain des Affaires étrangères, “elle joue un rôle important dans le développement futur des énergies vertes pour le Maroc”. Les experts et les universitaires ont également proposé que la finance verte et les chaînes industrielles soient d’une grande importance pour le développement durable de l’énergie verte. Les participants du monde entier ont convenu que la coopération entre la Chine, l’Europe et l’Afrique dans le domaine de l’énergie verte ouvrira des perspectives de développement sans précédent. Ce forum a été organisé conjointement par le CPAFFC, l’Association Chine-UE, le Conseil chinois de l’électricité et le groupe CHINT. APO
Les technologies propres feront grimper la demande des métaux

La transition vers les énergies propres ne sera pas sans conséquence sur le marché des minéraux et des métaux, a dernièrement révélé la Banque mondiale dans un rapport qui traite des possibles conséquences que l’essor des technologies énergétiques faibles en carbone pourrait avoir sur le secteur minier. La progression de trois technologies de production d’énergies «vertes» que sont l’éolien, le solaire et le stockage d’énergie par batteries fera augmenter la demande de certains minéraux et métaux, a prévenu l’institution de Bretton Woods qui se base sur un rapport rendu public récemment « The Growing Role of Minerals and Metals for a Low-Carbon Future ». La Banque cite en l’occurrence l’acier, l’aluminium, l’argent, le cuivre, le plomb, le lithium, le manganèse, le nickel et le zinc. Selon ce document, cette augmentation concernera aussi certains minéraux rares, tels que l’indium, le molybdène et le néodyme. « Cette hausse pourrait être particulièrement marquée sur le segment des accumulateurs électriques, où l’augmentation de la demande de métaux (aluminium, cobalt, fer, plomb, lithium, manganèse et nickel) pourrait être multipliée par plus de 1.000% si les pays prennent les mesures nécessaires pour maintenir les températures à ou en deçà de 2° C », a expliqué la BM. Cette situation devrait faire le bonheur des pays riches en minéraux, si l’on en croit le rapport qui montre, en effet, que le passage à un avenir sobre en carbone leur offrirait de nouvelles opportunités. A signaler que cette hausse de la demande ne profitera à ces pays qu’à condition qu’ils « adoptent des stratégies de long terme leur permettant de prendre des décisions d’investissement judicieuses », a averti la BM. Par ailleurs, le rapport a estimé que ces pays devront instaurer des mécanismes appropriés pour préserver les populations locales et l’environnement afin d’anticiper cette croissance de la demande. Directeur principal du pôle mondial d’expertise en énergie et industries extractives à la Banque mondiale, Riccardo Puliti a assuré qu’avec une meilleure planification, les pays riches en ressources naturelles peuvent bénéficier de la hausse de la demande pour leur croissance et leur développement. « S’ils développent leur secteur minier de façon durable, les pays qui disposent des capacités et des infrastructures pour fournir les minéraux et les métaux nécessaires aux technologies propres auront une occasion unique de dynamiser leur économie », a-t-il soutenu. Au regard des tendances actuelles, des pays comme « le Chili, le Pérou et (peut-être) la Bolivie joueront un rôle essentiel dans l’offre de cuivre et de lithium, de même que le Brésil pour la bauxite et le minerai de fer, ainsi que l’Afrique australe et la Guinée pour le platine, le manganèse, la bauxite et le chrome », a indiqué la Banque mondiale dans un communiqué. Dans ce document, il est indiqué que la Chine restera un acteur de premier plan, tant sur le plan de la production qu’au niveau des réserves, pour quasiment tous les métaux essentiels dans les différents scénarios de réduction des émissions de carbone. La même source ajoute que l’Inde occupe une place dominante pour le fer, l’acier et le titane, tandis que l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines sont bien placées pour la bauxite et le nickel. Comme l’a souligné la BM, la demande future de certains métaux n’est pas uniquement tributaire du degré d’engagement des différents pays à l’égard d’un avenir faible en carbone. Elle est également motivée par des choix entre diverses technologies. « Ce sont surtout les technologies peu émettrices de carbone qui s’avèrent les plus faciles à mettre en œuvre et les plus utiles qui détermineront en grande partie le marché des matières premières sur les 50 prochaines années », a estimé l’institution. Pour bien comprendre, la Banque mondiale cite par exemple les trois principales catégories de véhicules alternatifs, à savoir électriques, hybrides et à hydrogène. Ils ont des conséquences différentes sur la demande de métaux : les véhicules électriques ont besoin de lithium, les véhicules hybrides de plomb et les véhicules à hydrogène de platine, a-t-elle expliqué. Pour l’institution de Bretton Woods, il est évident que la demande pour les différents métaux et minéraux dépendra des composants nécessaires aux technologies à faibles émissions de carbone, à mesure que des changements économiques et des évolutions techniques se produiront. Dans ce cas, si les pays riches en ressources naturelles veulent être bien positionnés sur le marché, ils « devront disposer de données économiques fiables et d’une parfaite connaissance du marché, mais aussi être capables d’utiliser ces informations pour élaborer des plans, définir des investissements et concevoir des activités durables ». Au-delà de tout cela, l’on craint que « l’intensification des activités d’extraction et de production aura certainement aussi des conséquences locales non négligeables sur les systèmes d’approvisionnement en eau, les écosystèmes et les populations », conclut le document.