Les enjeux de la gestion énergétique en République du Congo (lecture en 5 minutes )

Les enjeux de la gestion énergétique en République du Congo (lecture en 5 minutes )

PARLONS-EN. Faite d’une histoire complexe depuis la fin de la guerre de 1997, la problématique de l’électricité, malgré la libéralisation du secteur amorcée, des efforts consentis et des réactions aux révélations des journalistes, fait face à des défis persistent, notamment la gestion opaque de la société E2C. Dans ces conditions, il est impossible de faire l’économie la nécessité d’améliorer le cadre légal et la gouvernance pour assurer la sécurité énergétique du pays. La gestion énergétique au Congo est marquée par des défis structurels et des incohérences dans les politiques sur l’énergie. Pour la petite histoire, à la fin de la guerre de 1997, le vainqueur Denis Sassou sur Pascal Lissouba avait nommé, Jean-Marie Tassoua au poste de Ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique en octobre 1997. Dans la foulée, celui-ci avait contacté EDF pour réhabiliter le réseau électrique et des ouvrages de production. EDF avait chiffré ses services à 300 milliards de francs cfa. La situation financière d’antan ne permettant pas d’accéder à cette requête, M. Sassou avait instruit M. Tassoua de se débrouiller avec les cadres de la SNE, les nouveaux recrus proposés par le front 400 d’Okombi et le duo (Marcel Ntsourou, gouverneur civil et militaire de Pointe Noire et cogestionnaire des fonds avec Pacifique Issoïbeka) pour relancer la machine électrique. Ce duo avait donné, dix milliards de FCFA, des véhicules de marque Discovery et Toyota Hilux à Jean Marie Tassoua pour le job. Avant le 15 décembre, les agents de la SNE et les ex-combattants du front 400 ont réalisé l’exploit d’achever le rétablissement de l’électricité à Brazzaville, Dolisie et les autres zones faisant partie du réseau national sud dans un délai de 45 jours (15 décembre). Le nord du pays fut alimenté par des groupes électrogènes avec des coûts de fioul très élevés. M. Sassou, lucide à l’époque, avait ordonné, en janvier 1998, à M. Tassoua de finaliser les études du barrage d’Imboulou, de boucler les négociations du financement (chinois) et celles avec le FMI pour un accompagnement postconflit du pays. Puis vint la libération du système énergétique. Libéralisation du secteur énergétique La libéralisation du secteur énergétique par un cadre juridique évolué et l’incitation à des financements privés ont conduit à des missions, en République tchèque en 1999 soldée par la construction de la centrale à gaz de Côte Mateve aujourd’hui concédée au sulfureux Turc Aska et Cie avec la complicité de Maxime Gandzion qui s’est sucré sérieusement, en Chine (septembre 1999), aux États-Unis (août 2000), en Allemagne et en France (2001), en Afrique du Sud et auprès des grandes sociétés comme Escom qui était la première société d’électricité en Afrique en taille et en ressources. Elle était le réseau nᵒ 1 en 400 V de transport transnational de la RDC, du Zimbabwe, de la Namibie, et de la République sud-africaine… Sous la supervision du D.G., le colonel Iwanga, les premiers échanges d’expérience avec Escom avaient abouti sur le projet de compteurs électroniques au Congo qui devrait permettre à la SNE d’optimiser ses recouvrements et d’améliorer la qualité de son réseau électrique domestique. Pour mailler le territoire national, le gouvernement se pencha du côté de la Banque mondiale, partenaire technique et historique (1998-2000 et 2023-2025) et de la société Escom. Avec l’ensemble des projets des barrages identifiés, Escom entendait investir dans la production énergétique, l’interconnexion et la distribution et le transport du courant jusqu’en République sud-africaine(RSA), qui a des besoins énormes en énergie. La Banque mondiale avait marqué son accord de principe pour accompagner ce projet très ambitieux et fédérateur. Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Rodolphe Adada, et l’ambassadeur du Congo en RSA, Jean-Pierre Ossey, et Cyrille Ramaphosa, ministre d’État chargé des questions énergétiques de l’époque, peuvent encore témoigner du manque d’engagement concret du Congo malgré la mise officieuse dans les tuyaux du lieutenant Jean Aimé Ignoumba (actuel Degascom), qui maîtrisait les problèmes énergétiques et le barrage de Sounda. En 2000, Albert Pela, frère ainé de Guy Pela, conclut un contrat d’assistance technique avec M. Marcel Zadi Kessi, fondateur de SODECI. 5 ans après la guerre Le gouvernement a pris un texte de loi nᵒ 14-2003 du 10 avril 2003 portant Code de l’électricité qui fixe le cadre d’une libéralisation progressive du service public de l’électricité. L’État peut désormais conclure des partenariats avec les opérateurs tant publics que privés. Au vu de ces textes, les ministres Ondongo, Bouya, Zonabia et Itoua ont eu la malice de se partager le pan électrique. Fort de ce texte, Collinet Makosso, avec l’appui du FMI et de la Banque mondiale, a lancé des réformes du secteur mais sous forme d’un business, à l’image des oligarques russes qui découpent des pans entiers du secteur économique sans aviser les cadres, collaborateurs et partenaires sociaux de l’ancienne SNE, devenue un matin, par décret, E2C, société de patrimoine, sans doute pour répondre à une exigence du FMI. Sauf que l’exploitant SNE n’a pas été préparé à ces nouvelles missions. Une gestion opaque E2C n’a pas un contrat de performance avec l’État, ni une convention de cession de gestion d’infrastructures avec l’État. L’État veut céder ses infrastructures dans un modèle économique de versement d’une partie de la redevance perçue par la société de patrimoine, E2C, au titre des infrastructures concédées (barrage, réseau de distribution), mais sans investissements par les concessionnaires. Rien que pour l’exploitation, ce dernier devrait percevoir des frais de gestion allant par exemple à 4 milliards de FCFA /mois pour la Senelec, soit 48 milliards l’an, sur 10 ans sans avoir investi 1 fcfa. Tout cela juste pour avoir répondu à un appel d’offres d’une valeur du dossier d’achat 5.000.000 fcfa, non versés au Trésor public. Les producteurs concessionnaires devraient percevoir une partie du prix d’achat de vente sur l’énergie produite, soit 15 fcfa, pour une production hydro. Les conséquences d’une telle décision, non aboutie, impliquent des conséquences énormes sur la garantie de l’emploi au sein d’E2C, la garantie sur l’ouvrage concédé et, naturellement, la sécurité nationale énergétique du Congo, tenue par des commerçants détenteurs de boutiques. Le 8 mai

Centrafrique : des crises liées d’électricité et d’eau à Bangui

Centrafrique : des crises liées d’électricité et d’eau à Bangui

Le ministre de l’Énergie a effectué une visite, le 17 mars, sur le site de pompage d’eau et celui de production d’électricité. Sa descente intervient au moment où la pénurie d’eau et les fréquentes coupures d’électricité frappent plusieurs quartiers de Bangui et ses environs depuis plusieurs jours. Accompagné de son équipe, le ministre Bertrand Arthur Piri a effectué cette descente sur le terrain afin de comprendre les causes de cette crise d’eau potable. La station de pompage, qui dépend en grande partie des pompes électriques pour alimenter les réservoirs d’eau de la ville, rencontre des difficultés majeures. Selon les premiers constats, les coupures régulières d’électricité perturbent l’approvisionnement en eau. Lorsque l’électricité est coupée, les pompes ne fonctionnent pas correctement, ce qui entraîne une réduction du débit d’eau, voire des pénuries dans plusieurs quartiers. « Notre principal problème réside dans la capacité à pomper l’eau de la rivière vers la station de pompage, en raison des coupures électriques. Tant que nous n’aurons pas trouvé une solution à ce problème, il nous sera difficile d’assurer un approvisionnement régulier pour les ménages », a déclaré Montassar Chebili, coordonnateur du Programme sectoriel eau et assainissement (PSEPA). Les pompes d’eau étant totalement dépendantes de l’électricité, les coupures fréquentes perturbent la distribution d’eau. De son côté, l’Energie centrafricaine (Enerca) indique que ses services techniques sont à pied d’œuvre pour apporter des solutions. « Bien que nous ayons réparé la panne à la station de Gobongo, il y a encore deux unités à l’arrêt pour des travaux de maintenance au niveau de la production à Boali. Nous allons remettre en service le groupe électrogène de Boali 2 cette semaine pour pallier le problème », a indiqué Thierry Patient Bendima, directeur général de l’Enerca. La crise de l’eau à Bangui est donc intimement liée aux coupures récurrentes d’électricité. En attendant qu’une solution durable soit trouvée, la population continue de souffrir, et la pression sur les autorités publiques ne cesse de croître. Radio Ndeke Lula

Mission 300 : le Sommet africain de l’énergie concrétise les efforts visant à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030

Mission 300 : le Sommet africain de l’énergie concrétise les efforts visant à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030

Dans une initiative audacieuse pour répondre à la crise énergétique persistante de l’Afrique, le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement organiseront un Sommet africain de l’énergie les 27 et 28 janvier pour faire avancer un plan ambitieux visant à fournir de l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030. Ce sommet, qui se tiendra à Dar es Salaam, en Tanzanie, réunira 13 chefs d’État africains, des partenaires internationaux, des organismes philanthropiques et des dirigeants du secteur privé pour faire avancer la Mission 300 — une initiative novatrice visant à élargir l’accès à l’énergie et à accélérer la transition vers une énergie propre sur le continent. « L’heure est venue d’agir », a déclaré Franz Drees-Gross, directeur régional pour l’infrastructure, Afrique de l’Ouest et centrale, à la Banque mondiale. « Mission 300 ne représente pas seulement un objectif ambitieux, c’est un mouvement… nous créons un impact durable qui alimentera la croissance de l’Afrique et permettra à des millions de personnes d’accéder aux services essentiels fournis par l’électricité », a indiqué jeudi M. Drees-Gross aux journalistes lors d’une conférence de presse. Le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement ont lancé cette initiative en avril 2024 dans le cadre d’une collaboration sans précédent, aux côtés d’autres partenaires mondiaux, afin de combler le déficit persistant d’accès à l’énergie en Afrique, en tirant parti de technologies et de financements innovants. Près de 600 millions d’Africains, n’ont pas accès à l’électricité, représentant 83 % de la population mondiale privée d’électricité. « Le sommet à venir dévoilera de nouvelles initiatives visant à stimuler la mobilisation des ressources nationales et à encourager le commerce transfrontalier afin de répartir les risques et d’accroître le financement de l’accès à l’énergie », s’est félicité Wale Shonibare, directeur de la Banque africaine de développement chargé des solutions financières, de la politique et de la régulation de l’énergie, dans son allocution d’ouverture. L’Alliance mondiale pour l’énergie au service des populations et de la planète (GEAPP) et la Fondation Rockefeller ont d’ores et déjà engagé 10 millions de dollars pour créer un mécanisme d’assistance technique destiné à soutenir des projets dans le domaine de l’électricité dans 11 pays africains. « Ce qui différencie cette initiative de ce que les institutions ont fait par le passé, c’est l’approche « tout le monde met la main à la pâte » avec de nombreuses institutions travaillant main dans la main pour mettre en œuvre ce programme ambitieux », a expliqué Sarvesh Suri, directeur régional de la Société financière internationale chargé de l’industrie pour les infrastructures et les ressources naturelles en Afrique. Principaux résultats attendus du Sommet africain de l’énergie Le sommet s’achèvera sur la signature de la Déclaration de Dar es Salaam sur l’énergie, dans laquelle les gouvernements africains s’engagent à accélérer l’accès à l’énergie, à promouvoir l’adoption des énergies renouvelables et à attirer les investissements privés. Treize pays pilotes, dont le Nigéria, la République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire, s’engageront à mener des réformes dans cinq domaines clés : la production d’électricité à faible coût, l’intégration énergétique régionale, l’amélioration de l’accès à l’énergie, la promotion des investissements privés et le renforcement des services publics. Les institutions financières, telles que la Société financière internationale, devraient présenter de nouveaux véhicules d’investissement et des initiatives de financement pour soutenir le rôle du secteur privé dans la promotion des solutions d’énergie renouvelable distribuée. La réunion de deux jours mettra également en lumière les succès du secteur de l’énergie dans certains pays, établira une alliance des acteurs du secteur pour accélérer les investissements dans les infrastructures énergétiques et renforcera la planification régionale de l’énergie, les échanges commerciaux et les cadres politiques pour soutenir la mise en œuvre du Plan directeur continental et du Marché unique africain de l’électricité. La stratégie de Mission 300 englobe à la fois le développement du réseau traditionnel et des solutions innovantes hors réseau pour atteindre les communautés reculées. Le programme donnera la priorité aux modèles de financement durables et relèvera des défis cruciaux tels que les asymétries de devises dans le financement des projets. Daniel Schroth, directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à la Banque africaine de développement, a souligné l’urgence de la mise en œuvre. « Il y a urgence, car 2030 est dans cinq ans à peine, et nous devons fournir, non pas des raccordements prévus, mais des raccordements réels à 300 millions de personnes d’ici 2030. » Le sommet devrait attirer plus de 1 000 participants de toute l’Afrique et du monde entier, marquant une étape cruciale dans le parcours du continent vers l’accès universel à l’énergie.

Électricité : La Rdc signe un protocole d’accord avec le Géant Chinois CMOC pour accroître sa puissance énergétique

Électricité : La Rdc signe un protocole d’accord avec le Géant Chinois CMOC pour accroître sa puissance énergétique

Ce mercredi dans les locaux de l’ambassade de la République Démocratique du Congo (RDC) à Beijing, en Chine, le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité Teddy Lwamba Muba a signé un MoU (Mémorandum d’entente) avec le groupe chinois CMOC (China Molybdenum Company Limited), leader international dans le secteur des ressources naturelles, engagé en faveur de la transition vers l’énergie verte. Ce protocole d’accord vient répondre à la volonté du Chef de l’État d’accroître la puissance énergétique de la RDC et il permettra la construction des centrales photovoltaïques ainsi que l’implémentation des parcs solaires dans les 24 prochains mois, avec une première phase dans la province du Lualaba, afin de fournir de manière plus constante de l’électricité aux populations et aux entreprises minières. Cet événement est une des retombées de la première édition du Forum économique Chine-RDC sur les opportunités d’investissement, qui s’est tenu du 2 au 3 septembre 2024 à Beijing, en marge du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC 2024).

Congo Brazzaville. Privatiser la vente d’électricité et d’eau, peut être une solution aux pénuries

Congo Brazzaville. Privatiser la vente d’électricité et d’eau, peut être une solution aux pénuries

TRIBUNE. Les Congolais qui ont vécu les lendemains de la Révolution des 13 -14 – et 15 août 1963 et les périodes qui s’en suivies, jusqu’aux années 80-85, se souviendront de ces entreprises d’Etat qui ont disparu. Au compte de celles ci, l’OFNACOM, l’ONIVEG, l’OCB, l’ONACI, SOCOTRA, l’ONAF, l’OCC, l’OCT, l’ONCPA, HUILKA. J’en passe. Elles étaient, si nombreuses, avec un logo distinctif pour chaque entreprise qui caractérisait son essence. . Pour mauvaise gestion, des questions de dysfonctionnement administratif, ainsi que des conflits d’influence et d’intérêt, ces sociétés publiques ont toutes fait faillite. L’une après l’autre, au fil du temps, en dépit des efforts de redressement consentis à leur endroit par la République et un renflouement des caisses, à coup de millions de frs CFA, par le Trésor Public, elles se sont évanouies, liquidées par des syndics nommés, à cet effet, par des Ministres de la Justice, Garde des Sceaux qui se sont succédé. Je suis de ceux là, sous le mandat du Président Pascal Lissouba. Certainement, pour des raisons de souveraineté économique, deux établissements publics, approvisionnant en électricité et en eau, la Société Nationale d’Energie (SNE) et la Société Nationale de Distribution d’Eau (SNDE) n’ont pas été touchés pas les liquidations. La E2C et la LCDE, venues en remplacement de la Société Nationale d’Electricité (SNE) et de la Société Nationale de Distribution d’Eau(SNDE), pour des motifs non éloignés de ceux qui ont conduit à l’extinction des entreprises citées plus haut, peinent à se stabiliser et à donner entière satisfaction. Les Congolais, particulièrement ceux des centres urbains, n’en finissent pas de vivre les interminables pénuries d’électricité et d’eau. Sinistres sont des avenues de Brazzaville, les nuits, certains jours, lorsque l’électricité fausse compagnie. Quant à l’absence de l’eau, également, en certains quartiers, elle fait perdre la tête. Tout laisse croire que le changement de raison sociale des anciennes SNE et SNDE n’a rien apporté de positif, en terme de meilleur approvisionnement du produit et de contentement de la clientèle. Peut être qu’il est venu le moment pour l’Etat congolais de transférer la distribution de l’électricité et de l’eau au secteur privé, quitte à ce qu’il demeure propriétaire des entités productives de ces deux matières. Ce qui permettrait à l’Etat de se fixer raisonnablement sur deux objectifs. Moderniser et agrandir, de fond en comble, les stations de production d’eau et d’électricité existantes. Et, parallèlement, d’en construire de nouvelles, en diversifiant les partenaires, au lieu de se figer sur les actuels. L’ouverture du secteur privé à la distribution de l’électricité et de l’eau serait également une opportunité pour l’Etat congolais de recueillir les fonds dont il a besoin, pour mieux développer le secteur, favoriser l’efficacité sur les plans économiques et administratifs et favoriser la concurrence dans le champ concerné. Ce à quoi s’ajouterait l’amélioration de la rentabilité et la qualité des services. Qui ne risque rien n’a rien. L’audace de mieux construire, surtout, au profit des populations, n’est pas toujours une aventure. Elle porte, en elle, les valeurs de générosité et de l’altérité. A tout prendre, une Commission d’Etudes ayant trait à cette problématique de la privatisation de la distribution de l’électricité et de l’eau pourrait être créée par le Gouvernement. Une campagne d’explication sur les conclusions de l’étude suivant, la République tranchera, dans l’intérêt supérieur de la Nation. Brazzaville 19 juin 2024 Ouabari Mariotti

Congo-Brazzaville: cinq jours sans électricité dans la capitale

De longues coupures d’électricité pendant des jours entiers, notamment dans les quartiers nord de Brazzaville où les citoyens ne peuvent pas regarder la télévision, charger leurs téléphones ou mener leurs activités liées à la fourniture d’électricité… voilà une situation qui rend le quotidien des habitants très difficile. Juste après le Centre national de radio et de télévision (CNRTV), tous les quartiers de la capitale du Congo-Brazzaville sont devenus des zones fantômes à la nuit tombée. On n’y voit aucune étincelle comme dans cette boulangerie, pourtant très  fréquentée, où fabriquer du pain n’est plus chose facile. Darel est un des gérants de cette entreprise : « Pendant cinq jours d’affilée nous n’avons pas eu le courant et cela a été difficile pour nous. Hier, nous n’avons pas pu travailler par manque d’électricité. Et, le groupe électrogène consomme trop de gasoil par rapport à nos bénéfices, ça n’a pas marché », a-t-il déploré… Lire la suite sur RFI

Un nouveau partenariat vise à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030

Un nouveau partenariat vise à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030

Le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement s’associent dans le cadre d’un effort ambitieux visant à fournir un accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique d’ici 2030. Le Groupe de la Banque mondiale s’emploiera à raccorder 250 millions de personnes à l’électricité par le biais de systèmes d’énergie renouvelable décentralisés ou de réseaux de distribution. Le Groupe de la Banque africaine de développement soutiendra 50 millions de personnes supplémentaires. L’accès à l’électricité est un droit humain fondamental qui sous-tend tout effort de développement réussi. Actuellement 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité, ce qui crée des obstacles de taille en matière de soins de santé, d’éducation, de productivité, d’inclusion numérique ainsi que de création d’emplois. « L’accès à l’électricité est le fondement de tout développement. Il s’agit d’un ingrédient essentiel à la croissance économique et à la création d’emplois à grande échelle. Notre aspiration ne se réalisera qu’avec un partenariat et de l’ambition. Nous aurons besoin de l’action politique des gouvernements, de financements de banques multilatérales de développement et d’investissements du secteur privé », a déclaré Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale. Ce partenariat témoigne de la détermination du Groupe de la Banque mondiale et du Groupe de la Banque africaine de développement à faire preuve de plus d’audace pour mieux relever l’un des défis les plus pressants de l’Afrique. Cette initiative est la manifestation la plus récente de l’engagement du Groupe de la Banque mondiale à s’orienter davantage vers l’impact et aussi le résultat d’un plan de travail concerté visant à mettre en place une meilleure banque. Elle est soutenue par une constellation de programmes énergétiques régionaux qui seront désormais alignés sur cet objectif commun. Pour que le Groupe de la Banque mondiale puisse connecter 250 millions de personnes, 30 milliards de dollars d’investissements publics seront nécessaires, notamment par l’intermédiaire de l’Association internationale de développement (IDA), l’institution en charge des dons et des prêts concessionnels aux pays à faible revenu, qui jouera un rôle essentiel. En outre, les gouvernements devront mettre en place des politiques pour attirer l’investissement privé et réformer les services publics afin qu’ils soient financièrement sains et efficaces grâce à des mécanismes tarifaires protégeant les pauvres.  Le raccordement de 250 millions de personnes à l’électricité présenterait des opportunités d’investissement pour le secteur privé dans les énergies renouvelables réparties, d’un montant de 9 milliards de dollars pour ce seul secteur. Par ailleurs, cette initiative offrirait des opportunités considérables d’investissements privés dans les énergies renouvelables connectées au réseau, indispensables pour alimenter la croissance des économies.

La réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications à Djibouti pourrait stimuler la croissance et créer des emplois, selon un rapport de la Banque mondiale

La réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications à Djibouti pourrait stimuler la croissance et créer des emplois, selon un rapport de la Banque mondiale

Au cours des vingt dernières années, Djibouti a connu une croissance économique impressionnante, grâce à des investissements stratégiques dans les infrastructures, à sa position géographique avantageuse et à la stabilité politique dans une région instable. Entre 2000 et 2021, le PIB du pays a augmenté en moyenne de 4.4 % par an, ce qui a permis de doubler le revenu réel par habitant, atteignant plus de 3200 USD en 2021. Malgré ces avancées significatives dans la réduction de la pauvreté, passant de 22,3 % en 2013 à 17 % en 2019, le nouveau rapport de la Banque mondiale publié aujourd’hui souligne qu’il reste encore beaucoup à faire pour assurer une répartition équitable des avantages dans l’ensemble de la société. Intitulé « Djibouti au-delà des ports et des bases : une voie vers la prospérité pour tous », le rapport met en lumière le potentiel économique du pays. Cependant, pour exploiter pleinement ce potentiel, Djibouti doit relever plusieurs défis économiques, notamment un marché intérieur limité, des coûts élevés dans le secteur de l’électricité et des télécommunications, une diversification économique restreinte et le défi croissant du changement climatique. Le rapport met en avant l’approche proactive du gouvernement, notamment à travers la « Vision Djibouti 2035 » et le Plan national de développement (PND) pour 2020‑2024. Le gouvernement, conscient du potentiel de croissance future, a ajusté sa stratégie de développement pour aborder les défis structurels liés à l’inclusion sociale, au développement durable, aux infrastructures et à la gouvernance. « Djibouti occupe une position unique, avec des atouts qui peuvent être exploités pour élargir son marché et attirer des investisseurs privés internationaux », a déclaré Stéphane Guimbert, directeur pays de la Banque mondiale pour Djibouti, l’Égypte et le Yémen. « Alors que Djibouti entre dans une nouvelle phase de développement, il est essentiel que le secteur privé soit le moteur de la croissance et que les bénéfices de la croissance soient partagés de manière inclusive, en particulier en faveur des femmes et des jeunes », a-t-il ajouté. Le rapport propose des recommandations politiques visant à accroître les opportunités d’emploi et à réduire la pauvreté. Notamment, la réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications pourrait augmenter le PIB réel de 39,1 % d’ici 2030, générer 23 000 emplois et considérablement augmenter les revenus des ménages, tout en réduisant la pauvreté. Il suggère également des investissements ciblés dans le capital humain, notamment en élargissant l’accès à une éducation de qualité, en promouvant la santé et l’alphabétisation des adultes, ainsi qu’en développant des compétences utiles à l’emploi, en particulier dans des secteurs où la main‑d’œuvre prédomine, tels que le tourisme et l’industrie manufacturière. Ces initiatives renforceront les performances sur le marché du travail à Djibouti et favoriseront l’émergence d’un nouveau modèle de croissance bénéficiant à l’ensemble de la population djiboutienne. L’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance des entreprises publiques est une étape cruciale pour créer un environnement favorable aux affaires. Le rapport souligne la nécessité d’améliorer les réglementations et les pratiques en matière de concurrence pour attirer davantage d’investissements étrangers et de stimuler le développement des entreprises locales. Le renforcement de la surveillance financière contribuera également à atténuer les risques budgétaires associés aux entreprises publiques. La Banque mondiale à Djibouti Le portefeuille de la Banque mondiale à Djibouti comprend 22 projets, pour un montant total de 458 millions de dollars, financés par les différents guichets l’IDA et des fonds fiduciaires. Ce portefeuille couvre divers secteurs tels que l’éducation, la santé, les filets sociaux, l’énergie, le développement rural et urbain, la modernisation de l’administration publique, le développement numérique, le renforcement de la gouvernance et des infrastructures régionales ainsi que sur le développement du secteur privé. Une attention particulière est accordée aux femmes et aux jeunes.