Congo/Culture : L’UMC revendique au BCDA le paiement des droits d’auteur

L’Union des musiciens congolais (UMC) que dirige Godefroy Magloire Bonguili alias Pape God, revendique par le biais d’une communication publiée le 27 janvier 2023 à Brazzaville, le paiement des droits d’auteur et menace d’ester en justice le Bureau congolais du droit d’auteur (BCDA) en cas de non-exécution de son cahier de charges. Cette menace de cette structure a porté sur la situation financière, administrative et du personnel au sein du BCDA à travers une fiche aux autorités administratives et politiques à tous les niveaux. Ce cri de cœur est destiné au président de la République, grand protecteur des arts et des lettres, au Premier ministre, aux présidents des deux chambres du Parlement et au ministre de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs, pour les informer du détournement de deniers publics dont fait l’objet le BCDA. Le président Bonguili a indiqué que la loi disposait, dans son premier article n°24/82 du 7 juillet 1982 que les œuvres littéraires, artistiques et scientifiques des ressortissants congolais, publié en République du Congo ou à l’étranger, ainsi que les œuvres des ressortissants étrangers publiées pour la première fois au Congo, jouissent de la protection instituée par la présente loi. Le BCDA, a-t-il dit en substance, accuse de graves contreperformances allant à l’encontre des prescriptions de la loi n°24/82 du 7 juillet 1982 portant sur les droits d’auteur et droits voisins au Congo y compris les dispositions du décret 86/813 du 11 juin 1986 portant organisation et fonctionnement du BCDA. Il a déploré le fait que le BCDA verse des salaires de 500 000 à 700 000 FCFA par mois à certains agents sans obéir à quelques conventions collectives ou dispositions financières et comptables dûment établies, alors qu’au moment de la promulgation de la loi sur les droits d’auteur et droits voisins au Congo, l’État avait décidé d’allouer un budget de transfert au profit du BCDA pour éviter de faire peser sur lui toutes les charges inhérentes à son fonctionnement. Le président Bonguili a profité de ce moment pour lancer un appel au ministre de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs, au président du Comité de direction et à l’endroit de toutes les autorités, qu’aucune répartition de droits d’auteurs, ni aucune opération de recouvrement de redevance de droits d’auteur auprès des usagers ne soit pratiquée sur toute l’étendue du territoire national avant que toutes ces questions ne trouvent de solutions définitives. Il a rappelé la clé de répartition au BCDA qui est de 35% pour le fonctionnement du BCDA toutes charges comprises sans oublier les salaires et 65% pour les artistes. Il estime que le BCDA ne devrait pas payer des salaires mais des primes, parce que les salaires des agents sont supportés par le budget de transfert. Selon lui, la triste réalité de la pyramide renversée est qu’actuellement, 95% des redevances recouvrées par le BCDA sont dépensées pour ses charges et ne reverse aux artistes que 5%. Florent Sogni Zaou
RCA/Culture: la fête de la musique célébrée sous fond de revendication de l’application de la loi portant droits d’auteur

Lundi 21 juin, est célébrée la fête de la musique dans le monde. Cette journée a pour vocation de promouvoir la musique à travers des concerts gratuits, la prestation des amateurs et aussi des professionnels. Elle permet à un public large d’accéder à des musiques de toutes sortes et de toutes origines. Dans quel état d’esprit, cette journée est-elle célébrée en Centrafrique ? Au bar Dancing 1+1 à Cattin, l’orchestre Centrafrican-Jazz déballe sa galerie de musique Tango-Yabawendo, devant une foule réunie pour l’occasion. Le célèbre titre « Valère » ne déprécie pas, 52 ans après son enregistrement. Une chanson composée par Docteurr Wesh. De son vrai nom Michel Darma, c’est depuis le début des années 60 que Docteur Wesh électrise le public avec sa voix grave et ses chansons poétiques. La musique, selon cette icône, est un art. « J’ai commencé à chanter au collège, dans les années soixante à Yaoundé avant de devenir professionnel. La musique c’est toute ma vie. A chaque fois que je compose une chanson, je fais de mon mieux de lui donner une valeur poétique afin qu’elle soit capable de traverser le temps », révèle-t-il. Malgré le poids de l’âge, cette légende vivante de la musique centrafricaine et certains artistes de sa génération continuent de tracer le chemin à la jeune génération. Il compte à son actif plusieurs tournées en Afrique et en Europe. Malgré tout, Docteur Wesh fait partie des rares musiciens qui vivent de leurs œuvres. « La musique c’est ce qui me fait vivre. Il y a des hauts et des bas, mais néanmoins je tire profit de mon modeste métier », témoigne Dr Wesh. La nouvelle génération est aussi à l’honneur, tout comme la musique mondaine et le gospel. Alain Samba, dit Alino Moskito, a représenté le drapeau centrafricain lors des festivals en France, en Chine ou en Corée du Sud. Le chef du groupe traditionnel Abakelin de Bangassou, maîtrise mieux les difficultés des artistes centrafricains. « Contrairement à ce que j’ai vu sous d’autres cieux, le train de vie des artistes centrafricains est nul. C’est des gens qui ne vivent pas de leurs œuvres. Malgré nos efforts, on nous appelle toujours des parents pauvres », regrette l’artiste. De son côté, Didace Sabone, artiste musicien et promoteur culturel, propose quelques solutions pour l’émergence de ce secteur. « Nous voulons la création d’une industrie de musique en Centrafrique. Depuis un an, nous avons les yeux tournés vers les autorités pour que la loi portant droit d’auteur votée par les députés le 7 juillet 2020 soit appliquée. L’application de cette loi et la construction des salles de spectacles dans le pays, pourront changer la vie des artistes centrafricains en général et, des musiciens en particulier », suggère Didace Sabone. Aujourd’hui selon certains artistes musiciens, il reste beaucoup à faire pour sauver la musique centrafricaine même s’il y a une loi encadrant le secteur de la culture en Centrafrique.