Congo/Dialogue social : Des recommandations pour la prise en charge des problèmes des travailleurs.

Les membres du Comité national du dialogue social (CNDS) ont évalué, le 7 janvier 2023 à Brazzaville, la mise en œuvre des recommandations issues des sessions précédentes et en ont formulé d’autres. Cela dans le but d’apporter des solutions aux problèmes des travailleurs. Le but visé était de mettre en place un comité d’experts associant les partenaires sociaux, chargé de produire des réflexions sur les recommandations en lien avec le nouveau statut général de la fonction publique (salaire plancher, grille indiciaire des salaires, recrutement des finalistes des écoles professionnelles) et de faire des propositions pertinentes qui seront examinées lors de la prochaine session du Comité national du dialogue social. Ce comité d’experts devra également, aussi prendre en charge la question de la nouvelle grille indiciaire des salaires applicable à la fonction publique territoriale Il a également été souligné la conduite, au niveau du gouvernement, d’une réflexion en vue de remettre la gestion de la Société des pavés du Congo et de la Société de transport public urbain respectivement aux mairies de Brazzaville et de Pointe-Noire. Le Conseil a également recommandé d’assurer, sur la base d’une réflexion concertée, le paiement régulier des salaires et le reversement des cotisations sociales des travailleurs des collectivités locales, des hôpitaux et des établissements à budget de transfert à partir de 2023. Le gouvernement devrait évaluer, de concert avec les partenaires sociaux, l’ensemble du stock des arriérés de salaires des travailleurs des collectivités locales, des hôpitaux et des établissements à budget de transfert, en vue d’envisager leur paiement ultérieur. Les participants ont aussi recommandé la poursuite, au niveau du gouvernement, des efforts pour éponger les droits sociaux des ex-travailleurs des entreprises liquidées ou en cours de liquidation ; la relance des activités des sociétés de transport aérien ECAIR et Nouvel Air Congo. Il a également recommandé la poursuite de l’effort de formation continue des enseignants et autres personnels de l’enseignement ; la réalisation d’une réflexion pour voir comment et dans quelle mesure régler définitivement la question des rappels de solde d’activité dus aux enseignants. Les pouvoirs publics devraient garantir le recouvrement par les collectivités locales des ressources financières devant leur permettre de fonctionner de manière optimale ; soumettre le projet du nouveau code du travail aux partenaires sociaux et en diligenter le processus d’adoption. Cette session présidée par le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a aussi évalué vingt-quatre recommandations et s’est rendue compte que certaines ont été mises en œuvre complètement Le conseil a en outre recommandé le partage, avec les partenaires sociaux, de la réflexion tendant à revoir la loi n°22-2010 du 30 décembre 2010 fixant l’âge d’admission à la retraite des travailleurs relevant du code de travail, à l’effet d’en harmoniser les dispositions à celles de la loi n°68-2022 du 16 août 2022 relatives à l’âge d’admission à la retraite. Les deux parties ont reçu mission de poursuivre et partager la réflexion sur l’opportunité de revaloriser les frais de mission à l’étranger et les indemnités de fonction des agents de l’Etat ; finaliser le processus d’enrôlement biométrique des agents de l’Etat ainsi que des enseignants volontaires et communautaires du ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, à l’effet de définir, après recensement, les nouvelles modalités de recrutement desdits enseignants volontaires et communautaires. Ils ont par ailleurs recommandé la poursuite des efforts visant la résolution des problèmes des travailleurs des établissements publics, notamment la Sopéco, l’Agence congolaise de la faune et des aires protégées et le CFCO ; la mise en œuvre d’une communication effective avec les partenaires sociaux, au plan national et des entreprises, sur la conduite efficace du processus de concession des barrages de Moukoukoulou et d’Imboulou. Ceci dans le strict respect des dispositions de l’article 45 du code de travail. Florent Sogni Zaou
Appel à un travail fondé sur des considérations d’humanité, de justice sociale et de paix

Le dialogue social est un atout pour façonner l’avenir du travail que nous voulons, a soutenu l’OIT «L’avenir du travail doit se fonder sur des considérations d’humanité, de justice sociale et de paix. Sinon, nous nous dirigerons vers un avenir sombre, un avenir dangereux», a déclaré Guy Ryder, le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT). Le patron de l’agence onusienne s’est exprimé ainsi à l’issue d’un colloque de deux jours sur l’avenir du travail tenu récemment au siège de l’OIT à Genève (Suisse). «Nous devons maintenant traduire nos réflexions en résultats concrets», a-t-il lancé à l’auditoire lors de cette manifestation à laquelle ont participé plus de 700 personnes dont d’éminents économistes et universitaires, des représentants des gouvernements et des partenaires sociaux (organisations d’employeurs et de travailleurs). Dans son mot, le DG de l’OIT a aussi attiré l’attention des participants sur le fait que «nous devons répondre aux préoccupations de ces jeunes qui se demandent s’il existe un avenir du travail pour eux». A propos des jeunes, notons que dans le cadre de ce colloque, une session spéciale a été consacrée à la manière de façonner l’avenir du travail pour ceux-ci, à travers le thème : «Comment les jeunes d’aujourd’hui perçoivent le travail de demain et comment ils participeront à l’édification de l’avenir que nous voulons». Au cours de cette table ronde, les participants se sont ainsi intéressés particulièrement à la transition vers la vie active, à l’organisation du monde du travail et à sa réglementation. Considérés comme le moteur de l’économie et de la société, «les jeunes d’aujourd’hui représentent la prochaine génération qui assurera l’intendance de notre planète», a soutenu l’OIT. Dans une note publiée avant la tenue cette rencontre, l’organisation rappelait aussi que ces derniers «représentent les futurs dirigeants de nos gouvernements et des organisations d’employeurs et de travailleurs». Par conséquent, ils ont un rôle important à jouer dans la discussion sur la façon dont l’avenir qui doit être le nôtre en tant que société doit être modelé», pouvait-on lire sur le site officiel de l’agence. Si l’avenir du travail est un enjeu mondial qui mérite une réponse mondiale, Guy Ryder a rappelé à l’auditoire que cela supposait aussi de «prendre en considération la diversité des situations» des 187 Etats membres de l’organisation, rappelant à l’occasion la nécessité de tous de partager leurs expériences respectives. Au cours de son intervention, le directeur général de l’OIT a souligné, par ailleurs, la nécessité de promouvoir l’innovation et le développement tout en préservant les objectifs sociaux de l’Organisation. A noter que de milliers d’internautes ont participé via Internet et les réseaux sociaux à ce colloque organisés sur le thème «Le dialogue global: l’avenir du travail que nous voulons». Pour rappel, l’OIT est instance tripartite qui rassemble les gouvernements, les syndicats et le patronat.