Kinshasa : Jacky Ndala condamné à deux ans de prison ferme

Kinshasa : Jacky Ndala condamné à deux ans de prison ferme

Le tribunal de paix de Kinkole a condamné mardi 20 juillet, tard dans la soirée, Jacky Ndala à 24 mois de prison ferme et au paiement de la somme de 500.000 francs congolais (250 USD) d’amende, avec arrestation immédiate, pour incitation à la désobéissance civile. Le coordonnateur national de la jeunesse d’Ensemble pour la République était jugé en fragrance. Le ministère public avait requis 30 mois de servitude pénale.  Ses avocats ont promis de faire appel de cette décision. Arrêté dimanche 18 juillet à son domicile, Jacky Ndala a été transféré de l’Agence nationale des renseignements (ANR) au parquet lundi 19 du même mois.  Dans un communiqué publié le même dimanche à Kinshasa, le parti Ensemble pour la République avait qualifié cette prise d’enlèvement et d’arrestation arbitraire.  Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général qui a signé ce communiqué, demandait la libération sans conditions du coordonnateur national de la Jeunesse de son parti, tout en soulignant que le mieux en cas de reproche à Jacky Ndala, serait de le déférer devant la justice et non l’enlever.  L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) avait, pour sa part, dénoncé la  »violation » de l’article 17 de la Constitution concernant sa détention à l’ANR avant d’exiger son transfert au parquet ou sa libération. 

Un régime algérien, en rase-mottes, proche de l’effondrement

Un régime algérien, en rase-mottes, proche de l’effondrement

TRIBUNE. La désobéissance civile était au rendez-vous lors de ce 26ème vendredi de manifestations anti-régime, où le rejet du dialogue avec le gang du Général Ahmed Gaïd Salah a été réaffirmé avec force par des millions de manifestants à travers l’Algérie résolus à instaurer un État civil et rejetant un Etat militaire. Les manifestants, poussés par cette foi inflexible d’aller de l’avant, ont compris qu’ils ne devaient laisser passer l’unique chance de mettre à la porte le système de prédation et de mensonge qui gangrène l’Algérie et son peuple. C’est pourquoi, on a pu assister, le 16 août 2019, au retour en force d’un slogan face à la procrastination du régime vert-kaki des militaires algériens qui tablaient en vain sur l’essoufflement des manifestations pour se maintenir au pouvoir. Ce slogan, scandé par des millions de manifestants algériens à travers toute l’Algérie est celui-ci :« La désobéissance civile arrive ! ». Il est devenu le fer de lance du combat pour déloger le régime vert-kaki, à sa tête le Chef d’Etat-Major de l’armée algérienne Ahmed Gaïd Salah. Par ailleurs, de nombreux slogans anti élections ont fusé à l’unisson lors de ces manifestations marquant le refus de la rue des « semblants d’élections » qu’on veut organiser dans la précipitation sous la coupe de Nourreddine Bedoui. Parmi ces slogans, on n’en citera qu’un seul : « On ne veut pas d’élections organisées par ce gouvernement. Ils trouveront le moyen de frauder. Ce sont des experts de la triche. Qu’ils partent avant les élections ». Des appels à la désobéissance civile qui dénotent ainsi une radicalisation du bras de fer entre la rue et les Chefs de l’armée. Une raison qui a poussé l’ex-Ambassadeur américain à Alger, Robert Ford, à agiter l’épouvantail d’un remake des scénarios libyen et syrien en Algérie. Une expectative que le peuple algérien a, jusqu’ici, réussi à éviter remarquablement en préservant le caractère pacifique de ses manifestations. La désobéissance civile, une forme de pression pacifique, va-t-elle finalement faire plier ce régime viscéralement militaire ? L’unique certitude est que l’instauration d’un État civil en Algérie s’avère incontournable. Il y va de l’avenir de toute l’Algérie, qui ne peut rester éternellement à la botte de généraux férocement prédateurs et liberticides. Il est certain que le pouvoir est aux abois comme le montre son bricolage au jour le jour pour gérer la situation. Il n’a pas de stratégie, si ce n’est d’essayer de se maintenir. Le slogan de la désobéissance civile fait peur à beaucoup qui se demandent jusqu’où cela irait. Mais l’idée de faire un jour de grève générale par semaine, ou bien trois jours d’affilée pour tester le pouvoir, est aussi une option. Une situation politique, déjà chaotique plus que jamais, est également aggravée par les cours de l’or noir qui ont clôturé, le 18 août 2019, à moins de 60 dollars le Brent alors que l’Algérie a un besoin vital d’un baril à plus de 100 dollars pour assurer son équilibre budgétaire. Même la croissance économique algérienne n’est guère reluisante et le matelas financier de près de 73 milliards de dollars devraient s’épuiser en 2022 car les recettes hors hydrocarbures n’arrivent même pas à atteindre les 03 milliards de dollars. Une misère ! Mieux, les nouvelles ne sont guère rassurantes pour l’Algérie puisque le prix du baril de Brent pourrait fleurter avec les 30 dollars dans un très proche avenir. Une véritable catastrophe en perspective pour l’Algérie et surtout les algériens qui devront se déplacer avec une brouette pleine de dinars algériens pour acheter une baguette de pain pourri comme du temps des deux Guerres Mondiales. Farid Mnebhi.

Contre la désobéissance civile (Algérie)

Contre la désobéissance civile (Algérie)

TRIBUNE. Ceux qui appellent à la désobéissance civile ne disent pas en quoi consisteraient les actions de la désobéissance civile. Grève à la poste? Les victimes seront les retraités qui retirent leurs maigres pensions du CCP. Grève des factures d’électricité? La sonelgaz est une entreprise nationale et aggraver son déficit est anti-économique car le déficit sera comblé par une subvention de l’Etat, ce qui fera diminuer le pouvoir d’achat des consommateurs. Grève des transport.s? Qu’en est-il de ceux qui n’ont pas de voiture? Je ne vois aucun domaine où l’action de désobéissance civile serait organisée sans faire mal aux usagers, c’est-à-dire au public. Par ailleurs, déclencher des actions de désobéissance civile pourrait rendre impopulaire le hirak et donner aux généraux l’occasion de se poser en défenseurs de l’intérêt national et de l’ordre public. Ils n’attendent que cela. Que s’est-il passé en janvier et février 1992? Le DRS a poussé les éléments les plus extrémistes du FIS vers la violence, malgré l’opposition de Hachani, en leur donnant des armes et en les encourageant à prendre le maquis. Résultat? 200 000 morts et le régime est encore là. Aujourd’hui, le néo-DRS ne manquera pas d’exploiter la situation pour pousser vers la violence et adieu le projet de changement de régime. Pour argumenter, les tenants de la désobéissance civile citent les noms de Gandhi, de Mandela et de Martin Luther King. Gandhi avait appelé au boycott des entreprises britanniques pour faire mal aux intérêts économiques de la puissance coloniale. Je rappelle que le FLN avait fait a même chose en interdisant de fumer des cigarettes pour porter atteinte à l’économie coloniale. Or aussi inique et autoritaire qu’il soit, le régime algérien n’est pas un régime colonial. Perturber l’économie nationale ne porte pas atteinte aux intérêts des dirigeants. Quant à Mandela et Luther King, ils ont combattu un apartheid qui n’utilisait les noirs que comme force de travail. La désobéissance civile était une stratégie opportune pour porter atteinte aux intérêts du système de l’apartheid. . Pour l’Algérie, et comparaison n’est pas raison, je pense que le hirak pacifique est la forme la plus appropriée pour venir à bout de ce régime. Les Algériens ont décidé de faire une révolution sans perturber l’économie et sans faire couler une goutte de sang, civil ou militaire, parce que c’est une stratégie du long terme. Ils sacrifient leur jour de repos hebdomadaire pour manifester contre ce régime illégitime. Cela dure six mois, et après? Cela pourra durer un an ou deux ans. Les travailleurs, les employés, les fonctionnaires… seront à leurs postes de travail pendant la semaine, et le vendredi ils manifestent. C’est ce que devraient faire les étudiants à partir de septembre. Suivre les cours, aller à la bibliothèque, se former et consacrer le mardi matin à la manifestation, et le mardi après-midi à débattre de la situation politique du pays. Les cours seront suspendus uniquement le mardi. Avec cette stratégie au long cours, l’EM finira par se rendre à l’évidence pour rendre l’Etat au peuple à travers une transition totale, sérieuse et sans coups bas dans l’intérêt du pays et des générations futures. Lahouari Addi