Diplomatie : la RDC n’a pas à approuver ni à désapprouver la démarche diplomatique d’un pays tiers comme le Congo

Diplomatie : la RDC n’a pas à approuver ni à désapprouver la démarche diplomatique d’un pays tiers comme le Congo

TRIBUNE. La visite d’Etat que le président Denis Sassou-N’Guesso a effectué au Rwanda, du 21 au 23 juillet 2023, lui a valu une volée de bois vert sur les médias de la RDC et à travers les réseaux sociaux. Certains fils de la RDC, pays voisin, ont poussé leur audace trop loin en insultant, sur les antennes des médias, le Chef de l’Etat congolais, qu’ils accusent de comploter avec le Rwanda contre la RDC. Curieuse et inexplicable attitude d’un voisin qui se trompe d’ennemi. Ce texte qui tend à expliquer à ceux qui ne l’ont pas compris que la visite d’Etat du président Denis Sassou-N’Guesso au Rwanda en 2023, comme celle de son homologue rwandais Paul Kagamé au Congo en 2022 n’ont rien à avoir avec les déboires de l’armée de la RDC, fasse à celles que l’on désigne, là-bas par les forces du mal. La bassesse et la légèreté des interventions sur cette affaire à travers les médias de la RDC et sur les réseaux sociaux ne méritent pas un reflet dans ce texte. Car, l’insulte est souvent l’argument final de celui qui ne trouve plus rien à dire. Coopération vieille de quatre décennies La visite d’Etat de Denis Sassou-N’Guesso au Rwanda courant juillet 2023 s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations entre le Congo et le Rwanda. Les relations de coopération bilatérale entre le Rwanda et le Congo ne datent pas de 2023. Bien au contraire, elles commencent en 1976, année de la signature d’un accord général de coopération. Interrompue à la suite du génocide rwandais en 1994 et des conflits qui ont perturbé la paix dans la région courant la dernière décennie, la coopération entre les deux pays a été relancée depuis 2010, à travers des visites officielles de haut niveau et des réunions bilatérales. La coopération entre les deux pays n’est donc pas circonstancielle. En effet, le président rwandais a effectué une visite d’État au Congo en novembre 2010, alors qu’une année plus tard, son homologue congolais, Denis Sassou-N’Guesso répondait à son invitation pour une visite d’Etat au Rwanda en novembre 2011. C’est en 2016 que les deux pays ont ouvert des représentations diplomatiques à Kigali pour la République du Congo et à Brazzaville, pour le Rwanda. Ainsi, le réchauffement de l’axe Brazzaville-Kigali est la preuve que les deux chefs d’Etat ont une analyse approfondie de l’état de coopération entre leurs deux pays. Ils estiment d’ailleurs, que le niveau de leurs relations économiques ne reflétait pas l’étendue et la profondeur des engagements qu’ils avaient pris et renouvelés à l’occasion des deux visites d’Etat de 2010 et 2011. Au Rwanda, Denis Sassou N’Guesso intercède en faveur de la RDC Pays souverain, le Congo entretient des relations de coopération avec tous les pays du monde sur la base des conventions et traités internationaux régissant les relations internationales. Depuis la nuit des temps, le République du Congo a toujours promu les relations de bon voisinage. Il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit. La preuve, s’il en faut, est que la République du Congo n’a pas de conflit avec un seul de ses voisins. Pourtant, les citoyens de la RDC le savent, en dépit de leur dénégation de la réalité, Denis Sassou N’Guesso œuvre pour la paix dans la région Afrique centrale, en général et en RDC en particulier. Il s’implique dans la recherche du retour de la paix en RDC et partout ailleurs en Afrique centrale, notamment. D’ailleurs, lors de sa dernière visite d’Etat au Rwanda, Denis Sassou N’Guesso a très clairement plaidé devant le président Paul Kagame, pour le bon voisinage. Il a mis l’accent sur le maintien et le développement de bonnes relations politiques entre voisins, mais aussi et surtout, sur le renforcement des alliances de coopération. Dès lors que son pays, la République du Congo n’est en conflit ni avec le Rwanda, ni avec aucun autre voisin, la lecture attentive de ce plaidoyer fait comprendre, de toute évidence, qu’il s’agit d’un appel lancé à Paul Kagame, en faveur de l’apaisement entre le Rwanda et la RDC. Denis Sassou N’Guesso intercède ainsi pour la paix en RDC. Les citoyens de la RDC qui refusent de comprendre les choses dans ces conditions commettent une grossière erreur de lecture de la crise qui secoue leur pays depuis bientôt trente ans. Et, cette mauvaise lecture de la situation les pousse à l’accusation facile. La recherche d’un bouc-émissaire devient un objectif, qu’ils croient atteindre en ciblant Denis Sassou N’Guesso. Paul Kagamé et Félix Tshisekedi à Goma, le 26 juin 2021 Les réactions à l’emporte-pièce de certains citoyens de la RDC, à la suite de la visite d’Etat du président Denis Sassou N’Guesso au Rwanda laissent plus d’un observateur dubitatif. Personne ne comprend, en effet, que les congolais de la RDC s’en prennent au chef d’Etat de la République du Congo parce qu’il a rencontré le président rwandais, alors que le leur a déroulé le tapis rouge au même Paul Kagame, le 26 juin 2021, d’abord à après Gisenyi, ensuite à Goma (Nord-Kivu), au cours de laquelle un certain nombre d’accords de coopération seront signés. En juin 2021 effet, le président de la RDC, Félix Tshisekedi recevait son homologue rwandais, Paul Kagame à Goma. Les deux chefs d’Etat affichèrent une nouvelle alliance. Les deux dirigeants avaient alors tourné la page et résolu d’entrer dans une nouvelle ère. Le chef de l’Etat rwandais avait estimé que l’état de siège instauré à cette époque par son homologue pourrait résoudre les problèmes d’insécurité et d’instabilité qui perdurent dans l’Est de la RDC. Il avait rassuré, par ailleurs, que le Rwanda était prêt à apporter à la RDC une assistance de n’importe quelle nature dans la limite de ses moyens. Le président Félix Tshisekedi salua alors le rapprochement, regrettant au passage les considérations négatives du passé. Il qualifia plusieurs fois Paul Kagamé de « frère ». Aujourd’hui, la collaboration existe avec le Rwanda dans tous les domaines, selon lui, avant d’appeler à unir les efforts pour éradiquer les obstacles et à penser désormais