Gabon : le FMI approuve un décaissement immédiat de 101,1 millions de dollars

Le Fonds monétaire international a approuvé un décaissement immédiat de 101,1 millions de dollars au profit de la République du Gabon. Cet appui financier du Fonds intervient à l’issue de la première revue du programme économique du Gabon appuyé par l’accord triennal conclu au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC). Il porte le total des montants décaissés jusqu’à présent dans le cadre de l’accord à environ 202,3 millions de dollars. Le FMI a, en outre, a approuvé la demande des autorités gabonaises en faveur d’une dérogation pour non-observation du critère de réalisation continu relatif au plafond pour l’accumulation de nouveaux arriérés extérieurs de paiement par l’administration centrale. Si la situation économique du Gabon demeure délicate, le Fonds monétaire a constaté que certains signes laissent entrevoir un retournement de la tendance descendante. En effet, « bien que situation économique demeure délicate, les résultats obtenus par le Gabon dans le cadre du programme ont été globalement satisfaisants », a déclaré Tao Zhang, Directeur général adjoint et Président par intérim à l’issue des délibérations du Conseil d’administration. Et de souligner que certains signes laissent entrevoir un retournement de la tendance descendante. Selon Tao Zhang, en 2017, la production pétrolière sera vraisemblablement inférieure aux prévisions, d’où une légère révision à la baisse du taux de croissance, de 1 % à 0,8 %. Il a toutefois fait observer que l’activité dans les autres secteurs de l’économie se stabilise. Ainsi, « la croissance devrait connaître un rebond en 2018 grâce au redressement des cours du pétrole, à la vigueur des autres matières premières et au renforcement de la confiance du secteur privé », a-t-il soutenu. Si l’assainissement budgétaire appuie l’ajustement extérieur et contribue à maîtriser l’endettement public, Tao Zhang a assuré qu’il est nécessaire de réduire davantage le déficit pour placer la dette sur une trajectoire résolument descendante et pour commencer à épargner une partie des recettes pétrolières du pays afin de renforcer la résilience face aux chocs. « Des marges de manœuvre plus amples permettraient en outre d’atténuer les considérables risques qui pèsent à court terme sur le plan de redressement économique du Gabon, dont ceux liés à la volatilité des recettes pétrolières », a-t-il ajouté. Dans tous les cas, le FMI a estimé que les autorités gabonaises devraient s’employer à mobiliser les recettes non pétrolières, qui ont chuté à des niveaux historiquement bas, accélérer les réformes pour réduire le recours excessif aux exonérations fiscales ad hoc, et corriger les faiblesses de l’administration fiscalo-douanière. Selon le Fonds, elles devraient également viser à renforcer la gestion des finances publiques, notamment renforcer la gestion de trésorerie à court terme et la prévision des liquidités, en particulier pour éviter toute nouvelle accumulation d’arriérés qui risqueraient d’ébranler la confiance dans la reprise économique. « Il convient en outre de mener des réformes pour améliorer le suivi des dépenses liées aux programmes sociaux essentiels, afin de veiller à ce que le poids du rééquilibrage budgétaire ne repose pas de manière disproportionnée sur les couches de population les plus vulnérables », a-t-il indiqué. En ce qui concrene la diversification de l’économie que le FMI appelle à poursuivre, Tao Zhang a indiqué qu’il faudra un secteur financier capable d’accompagner ce processus. Ainsi, il a soutenu que « des mesures énergiques doivent être prises pour mener à terme la résolution des trois banques publiques en difficulté, tout en réduisant dans toute la mesure du possible les coûts budgétaires. Les autorités devraient par ailleurs communiquer clairement leur intention d’apurer de manière graduelle les arriérés intérieurs, ce qui contribuera à inverser la progression des créances improductives et favorisera la croissance du crédit au secteur privé ». Enfin, afin de doper la croissance à moyen terme, le FMI a fait savoir que les mesures prises devraient se centrer sur le climat des affaires et la qualité et diffusion des statistiques économiques. Il est à rapeller que l’accord triennal élargi en faveur du Gabon, d’un montant d’environ 642 millions de dollars au moment de l’approbation ou l’équivalent de 215 % de la quote-part du Gabon a été approuvé par le Conseil d’administration en juin dernier. Rappelons également que le programme de réformes appuyé par le FMI vise à assurer la stabilité macroéconomique et à jeter les bases d’une croissance durable. Il a également pour objectif de veiller à la viabilité de la dette au niveau national et de contribuer à rétablir et préserver la stabilité extérieure de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
République centrafricaine : le FMI approuve un décaissement de 40,2 millions de dollars

Au titre de la facilité élargie de crédit (FEC), le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un décaissement de 40,2 millions de dollars en faveur de la République centrafricaine. Sur décision de son Conseil d’administration, l’institution de Bretton Woods a annoncé qu’il a également approuvé une demande de relèvement du niveau d’accès aux ressources prévu par l’accord FEC d’un montant d’environ 55,1 millions de dollars. « Cette augmentation couvrira les considérables besoins de balance des paiements dans le cadre de la stratégie nationale de relèvement et de consolidation de la paix et appuiera la cohésion sociale et la croissance économique », a expliqué l’institution dans un communiqué. Comme l’a souligné Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint et président par intérim, « les résultats enregistrés dans le cadre du programme appuyé par la FEC ont été satisfaisants en dépit d’un climat sécuritaire délicat et des conditions humanitaires difficiles ». Selon lui, les autorités centrafricaines « ont mis en œuvre leur programme de réformes en s’efforçant par ailleurs de rétablir progressivement la sécurité dans d’autres centres urbains afin de créer des espaces de stabilité, de reconstruction et de croissance ». S’exprimant à l’issue des délibérations du Conseil, il a constaté que la politique budgétaire suit globalement les objectifs fixés et que le budget de 2018 reste ancré sur l’objectif de solde primaire tout en prévoyant une augmentation des dépenses sociales et des investissements. Toutefois, afin de pouvoir contribuer à cette augmentation, Mitsuhiro Furusawa a déclaré qu’il sera essentiel de redoubler d’efforts dans la mobilisation de recettes intérieures, qui restent faibles. Par ailleurs, étant donné que le pays connaît un risque élevé de surendettement, il a ajouté qu’il est primordial de continuer à faire appel aux dons et de limiter les emprunts, même à des conditions fortement concessionnelles.
Togo : Le FMI approuve un décaissement de 35,6 millions de dollars américains

Le Fonds monétaire international (FMI) a achevé la première revue de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) avec le Togo, a annoncé le Fonds. L’achèvement de la revue permet le décaissement d’environ 35,61 millions de dollars américains, ce qui porte le total des décaissements au titre de l’accord à près de 71,22 millions de dollars américains, a-t-il indiqué. « L’accord au titre de la FEC d’un montant de 176,16 millions de DTS (120 % de la quote-part du Togo au FMI) visant à appuyer les réformes économiques et financières du pays a été approuvé le 5 mai 2017 », a précisé le FMI dans une note rendue publique dernièrement. Dans ce document, l’institution de Bretton Woods a noté que les performances dans la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC ont été bonnes et que tous les critères de réalisation quantitatifs, les mesures préalables ainsi que quatre des cinq repères structurels ont été observés. Le FMI a, par ailleurs, relevé que l’assainissement budgétaire envisagé dans le programme appuyé par la FEC a été entamé. En outre, « le déficit primaire s’est amélioré, passant d’une moyenne annuelle d’environ 6 % du PIB entre 2013 et 2016 à un excédent de 1,4 % du PIB au cours du premier semestre de 2017, principalement en raison de la maitrise des dépenses et de l’arrêt des financements peu orthodoxes de projets d’investissement public », a-observé le Fonds. Selon les dernières estimations, la dette publique devrait diminuer de son point culminant de 81,5 % du PIB à fin 2016 à 77,3 % du PIB d’ici fin 2017. L’analyse des données actuelles font même état d’une activité économique qui aurait progressé de 4,8 % en 2017, accompagnée d’une faible inflation. Si le déficit des transactions courantes reste important, le Fonds a assuré qu’il devrait progressivement diminuer. Et de noter que les projections de croissance à moyen terme ont été légèrement revues à la baisse et la balance des risques est plutôt défavorable. Enfin, selon le FMI, « la récente amélioration des infrastructures et les financements concessionnels extérieurs devraient soutenir la productivité et stimuler l’investissement privé, ce qui devrait compenser les effets adverses sur la croissance engendrés par le programme d’assainissement des finances publiques. »