Cameroun/Paul Biya côté off. Le culte du secret à la chinoise

ZOOM. Quels sont les secrets et anecdotes inédits du deuxième président du Cameroun, qui totalise 40 ans de règne? Confidences inédites. Hommes clés Le président camerounais s’ennuie profondément chaque fois qu’il assiste à un sommet au cours duquel il doit écouter des discours bien longs. Homme sans ami au sens noble du mot, il tend tout de même une oreille attentive, sur le plan local, au contre- amiral Joseph Fouda, son conseiller spécial, aide de camp et ami. Tandis qu’à l’international, il peut tutoyer le secrétaire général des Nations Unies António Guterres, son ami Blanc. Lequel a pu, jusqu’ici, avec l’aide de la France, éviter l’internationalisation de la crise dite anglophone. Titus Edzoa, son ami, son ancien médecin et camarade classe, et maître occultiste, qu’il avait élevé au poste de secrétaire général de la présidence de la République, l’a appris à ses dépens en écopant de 15 ans d’emprisonnement ferme pour « détournement de deniers publics ». Une curieuse coïncidence avec l’intention de ce dernier de vouloir se mesurer à Biya à la présidentielle de 1997. Le cahier secret C’est un secret que très peu de gens connaissent : Paul Biya possède un cahier secret dans lequel il prend le soin de noter certaines confidences et des noms des personnes qui entrent dans son flop. Ce cahier est régulièrement consulté avant toute nomination d’un cadre à de hautes fonctions. Biya regarde régulièrement les chaînes de télévision camerounaises(Crtv, Équinoxe, Canal 2, Stv et Vision 4) pour suivre des débats dominicaux enflammés et virulents qui cristallisent l’attention des téléspectateurs camerounais. Il sait noter dans son cahier les noms de certaines personnes jugées, selon lui, « extrémistes »et « haineuses » à son égard. Relais d’information Contrairement aux idées véhiculées, Biya n’est pas l’otage de son épouse Chantal- les apparences sont trompeuses- encore plus de certaines égéries du rdpc au pouvoir. Autrement dit, confie un exégète du landerneau politique national, l’ancien ministre de la santé Olangana Awana, réputé très proche de la première dame camerounaise, ainsi que d’autres hommes de main de cette dernière, ne seraient pas en séjour à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, pour « détournement de deniers publics ». Popol, pour les intimes, sait lâcher ses amis et parents comme un citron pressé. Tout un gouvernement, le premier ministre et des membres de son gouvernement sont en prison… Des gens insoupçonnées renseignent Biya sur les faits et gestes de ses ministres et autres grands cadres de la République. Il n’est pas rare de voir le président camerounais demander à ceux qui le rencontrent : » comment se porte ta deuxième femme qui vit dans tel quartier »? Une anecdote, le président camerounais sait pertinemment que le premier fils de son épouse, son secrétaire général, Ferdinand Ngoh Ngoh, et son ministre de la santé Manaouda sont trempés dans les scandales Can au Cameroun et fonds covid-19. Pas impossible qu’il ferme les yeux, le moment venu, en laissant le champ libre à la justice pour agir. L’homme du 5 novembre n’a pas d’amis ni parents. La sous-région Cemac Depuis le décès d’Idriss Deby, Sassou Nguesso reste le président de la sous-région pour lequel Biya éprouve de la sympathie. En off, confie une bonne source, il reconnaît que Sassou a pu stabiliser le Congo… ». Un pays qui était réputé instable, à cause des assassinats politiques, coups d’état et guerres civiles. Santé de Biya Dans la famille biologique du président camerounais des centenaires résistent aux pathologies de la vieillesse, comme les rhumatismes et autres pathologies connexes. Est-ce pourquoi l’idée d’un retour au village, avancée devant Emmanuel Macron pendant son séjour à Yaoundé, n’est qu’une chimère politique ? « Biya mourra au pouvoir », spécule un de ses proches. L’horloge de Paul Biya Adepte du coup d’œil sur sa montre, surtout lorsqu’il est en public, Biya a son heure à lui pour agir et faire appliquer des sanctions à ses collaborateurs présumés coupables de prévérication. Succession En off, jamais Biya n’évoque la question successorale. Certains amuseurs publics jettent pêle-mêle des noms des prétendants, comme son fils éponyme Franck, son tout puissant secrétaire général, Ferdinand Ngoh Ngoh, réputé très proche de Chantal. Ngoh Ngoh était récemment à la porte d’entrée de la prison, avant que le Chef, maître du jeu politique national, fasse suspendre la procédure judiciaire. Juste pour Biya de rappeler à son Sg qu’il garde encore les rênes du pouvoir. Ce dernier aurait confié à l’ambassadeur d’une grande chancellerie à Yaoundé qui lui avait tendu un piège en lui disant de se préparer à succéder à Biya. Personne au Cameroun ne connaît les réelles attentions de Paul Biya à cet effet. Ce qui laisse entrevoir une fin de règne conflictuelle, avec une armée prête à imiter ses frères d’armes du Mali ou Guinée Conakry? Bilinguisme Biya, confie une bonne source, parle moyennement la langue anglaise. Toutefois, il préfère parler français… Un néo libéral Biya, contrairement aux idées reçues, n’a pas une coloration socialiste ou progressiste comme bon nombre de présidents africains. C’est un néo libéral . En témoigne l’expérimentation désastreuse de cession d’actifs publics aux privés occidentaux, initiée dans les années 80 par la Banque Mondiale et le FMI. Le Camerou a même été présenté comme cobaye de la Banque Mondiale. Par A.Ndongo Journaliste économique et financier
Congo Brazzaville. Denis Sassou Nguesso. L’art du culte du secret à la chinoise

TRIBUNE. C’est un secret que peu de gens connaissent: en ce qui concerne le remaniement de l’équipe gouvernementale ou la formation d’un nouveau gouvernement, Denis Sassou Nguesso n’aime pas travailler sous l’effet des pressions et des bruits de la rue congolaise. Le culte du secret à la chinoise est toujours de mise chez ce « Mwéné » initié à l’âge de 10 ans, c’est-à-dire membre de la confrérie des notables et grands juges de la société traditionnelle mbochie. Un ancien ministre, partenaire politique du Chef pendant les moments de braise, aurait exigé de ce dernier, à l’issue de la guerre civile de 1997: » ministre des finances ou rien »! Le président, qui tenait à nommer Mathias Dzon comme argentier, l’aurait fait attendre eternellemment. Un autre ancien ministre du professeur Pascal Lissouba, revenu au Congo à la faveur de la Réconciliation nationale, l’a appris à ses dépens après qu’il a fait transpirer, dans les « ngandas »(bistrots de fortune) et autres lieux de plaisance où s’exerce la puissance du « songui-songui » à la congolaise, une promesse de son come- back au gouvernement que lui aurait faite le président congolais au cours d’un entretien qu’il aurait eu avec ce dernier à Oyo. Il en est de même d’un ancien ministre, ami du Chef, qui se voyait déjà premier ministre avant même d’être officiellement nommé. L’homme s’était alors installé dans un 5 étoiles à Brazzaville, ingurgitant à petites doses son whisky. Le Dom Ruinart Rosé 2004, meilleur champagne au monde, était déjà au frais pour arroser sa nomination, confie un membre de sa famille. C’est un déluge qui s’est abattu sur sa tête lorsque c’est plutôt Clément Mouamba qui a été nommé comme premier ministre. Vrai ou faux? Les deux hommes sont toujours d’attente lasse. Pendant qu’il fallait financièrement s’ajuster au cours de la période d’assèchement financier à Brazzaville, une réflexion est menée par des égéries du pouvoir pour procéder au resserrement de l’équipe gouvernementale. En bon notable, Sassou a renvoyé aux calendes grecques cette proposition. Aujourd’hui, lentement mais sûrement, le Congo se remet sur pied à la faveur de la remontée des cours du brut sur le marché international. Un autre actif politique dans le compte de Denis Sassou Nguesso, la prime à la fidélité. Le cas Mvouba dont les illusionnistes annonçaient un end politique à l’assemblée nationale parle de lui-même. Contrairement aux bruits de la rue congolaise, il ne faut pas s’attendre à un remaniement d’envergure, comme le relèvent ces publications de gouvernement, fruit des laboratoires politiques et amuseurs publics, qui circulent sur les réseaux sociaux. Collinet Makosso, Bouya, Mboulou, Gakosso, Andely, Mabiala, Ngouelondélé, Ibara Jean-Rosaire, Mokoki, Fylla, Matondo, Ebomé, Ngatsé, Ayessa, Mouthou, Ibombo…, devront bénéficier à nouveau de la confiance du Chef, qui, selon de bonnes sources, devrait solliciter le prolongement de son bail au Palais du Peuple en 2025. Qui vivra verra. Le seul départ pourrait être celui de Doukaga, promue au poste de Questeur à l’assemblée nationale. Reste quand même le cas Mbacka, le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, dont la gestion des élections n’est pas, à vrai dire, un franc succès. Partira t-il pour céder la place à Hugues Ngouelondele, à défaut de faire revenir Mboulou ou partira pas? Même Claude Alphonse Nsilou, qui se verrait, selon certaines indiscrétions, premier ministre après Makosso, devrait être reconduit. Quant à la date, seul le Chef sait quand opérer par effet surprise. À son retour des vacances en Octobre? Fin de cette année ? À 2 ans de la fin de son mandat? Une énigme. Peut-être, faudrait-il envisager, selon certaines indiscrétions, la désignation d’un ministre chargé d’assurer l’interrim de Doukaga, à défaut d’en nommer un. Par le passé, Rosalie Matondo et Ingrid Olga Ebouka Babackas ont déjà assuré l’intérim de leurs collègues Ingani et Dimou, sortis prématurément du gouvernement. Par A.Ndongo