Economie nationale : Une accélération modérée de la croissance à 5% au premier trimestre 2026 (Maroc)

Selon les estimations du Haut-commissariat au plan (HCP), la croissance économique nationale aurait atteint 5% au premier trimestre 2026, en variation annuelle, au lieu de 4,1% au quatrième trimestre 2025. L’accélération des activités agricoles et la résilience des branches tertiaires, sur fond d’une hausse continue de la demande intérieure, ont contribué à cette évolution, a indiqué l’institution publique dans sa récente note de conjoncture relative à la situation des principaux indicateurs économiques soulignant un premier trimestre marqué par un rééquilibrage du régime de croissance en faveur de l’offre. Dans le détail, « l’activité agricole aurait enregistré une expansion de 14,8%, apportant un gain de 1,5 point à la croissance globale, contre +0,5 point au trimestre précédent », sous l’effet d’une pluviométrie favorable. Selon le HCP, hors agriculture, l’activité aurait crû de 3,8%, au lieu de +4% au quatrième trimestre 2025, alors que les branches secondaires auraient été pénalisées par la poursuite du ralentissement des industries extractives et de la construction. Portée par le rétablissement de l’agroalimentaire et par un redressement de la filière de fabrication du matériel de transport, la croissance de l’industrie manufacturière se serait maintenue. Les services seraient, pour leur part, restés bien orientés, affichant une amélioration de 4,3%. « L’accélération de la croissance économique serait intervenue dans un contexte de légère reprise de la demande extérieure européenne, sur fond de l’intensification des investissements et des effets d’assouplissement maintenu des conditions monétaires », a poursuivi l’institution ajoutant que cette évolution aurait principalement bénéficié aux services et aux biens de consommation. Ce qui a stimulé une augmentation du volume des exportations nationales de biens et services de 7,4%. Parallèlement, les importations auraient prolongé leur mouvement ascendant à un rythme moins prononcé qu’à fin 2025 (+6,9%). De l’avis du HCP, l’activité aurait été, également soutenue, par une demande intérieure en hausse continue, bien qu’à un rythme plus modéré (+4,8% au lieu de +6,2% au dernier trimestre 2025).Quant à l’investissement, il aurait poursuivi sa phase de normalisation, après cinq trimestres de forte progression, alors que la consommation des ménages se serait accrue de 4,6%, portée par l’amélioration des revenus, notamment en milieu rural, et par la poursuite de la détente des prix. A noter qu’au deuxième trimestre 2026, sous l’hypothèse de la stabilisation des prix de l’énergie, l’institution s’attend à ce que le PIB s’établisse à 4,7%, tiré principalement par la diffusion des effets du renforcement de la production agricole sur l’activité et l’emploi. Alain Bouithy
La croissance de l’Afrique subsaharienne se maintient, mais les risques de dégradation s’accumulent

Une politique industrielle plus avisée peut favoriser la transformation économique et créer des emplois Selon l’État des lieux de l’économie africaine (anciennement Africa’s Pulse), la reprise de l’Afrique subsaharienne après une décennie de chocs mondiaux montre des signes d’essoufflement, avec des prévisions de croissance pour 2026 révisées à la baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport aux estimations publiées par le Groupe de la Banque mondiale en octobre 2025. Les risques géopolitiques — notamment le conflit au Moyen-Orient —, le poids élevé du service de la dette et des contraintes structurelles de longue date continuent de peser sur la capacité de la région à accélérer sa croissance et à créer des emplois. Le dernier bulletin semestriel du Groupe de la Banque mondiale sur la situation économique en Afrique subsaharienne prévoit que la croissance se maintiendra à 4,1 % en 2026 (soit le même rythme qu’en 2025), tout en constatant une intensification des risques de dégradation. Le renchérissement des combustibles, des denrées alimentaires et des engrais, conjugué au durcissement des conditions financières, risque fortement de tirer l’inflation à la hausse, de perturber l’activité économique et de toucher plus durement les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie. « À court terme, les gouvernements doivent concentrer leurs ressources limitées sur la protection des foyers les plus vulnérables. Parallèlement, le maintien de la stabilité macroéconomique — par la maîtrise de l’inflation et une gestion budgétaire prudente — sera crucial pour traverser le choc actuel et permettre aux pays africains de rebondir plus rapidement au sortir de la crise », souligne Andrew Dabalen, économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale pour la Région Afrique. Le niveau élevé d’endettement public et le poids croissant du service de la dette continuent de restreindre la capacité des pays à financer leurs priorités de développement et à investir dans les infrastructures de base nécessaires à la création d’emplois en plus grand nombre et de meilleure qualité. Dans l’ensemble, les investissements publics en capital restent inférieurs d’environ 20 % à leur niveau de 2014, tandis que le ratio du service de la dette publique extérieure rapporté aux recettes a doublé au cours des huit dernières années, passant de 9 % en 2017 à 18 % en 2025. En outre, l’inflation devrait atteindre 4,8 % en 2026, sous l’effet principalement des répercussions du conflit au Moyen-Orient. La baisse des financements extérieurs, et en particulier la réduction de l’aide au développement, accentue les pressions pour les pays à faible revenu. Alors que plus de 620 millions de personnes rejoindront le marché du travail africain d’ici 2050, les pays du continent doivent évoluer vers une croissance plus productive, plus diversifiée et davantage portée par le secteur privé, qui sera créatrice d’emplois. Cela nécessitera une action coordonnée aux niveaux régional, national et sectoriel, appuyée par des investissements dans les infrastructures, les compétences et les institutions, de manière à abaisser les coûts pour les entreprises et à attirer les investissements privés. Ce numéro de l’État des lieux de l’économie africaine consacre sa section thématique à la politique industrielle en tant qu’instrument de croissance économique et de création d’emplois. Les pays y ont recours pour développer des secteurs spécifiques et se positionner de manière à tirer parti de la demande croissante dont la production africaine fait l’objet, des minerais indispensables aux technologies émergentes aux produits pharmaceutiques. Le rapport souligne que les pays devraient adopter des politiques qui favorisent un apprentissage rapide et orientent stratégiquement l’économie vers des biens et services à plus haute valeur ajoutée, susceptibles de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité. Des politiques industrielles bien conçues peuvent contribuer à déverrouiller les gains de productivité et la création d’emploi, dans la mesure seulement où elles reposent sur une appréciation réaliste des possibilités et des contraintes propres à chaque pays et sont utilisées avec modération. Ces politiques doivent pouvoir s’appuyer sur de solides capacités de mise en œuvre et s’inscrire dans des écosystèmes plus larges, à savoir des infrastructures fiables, une main-d’œuvre qualifiée, un accès au financement et une intégration régionale des marchés. La réussite des politiques industrielles en Afrique reposera sur une mise en œuvre rigoureuse, un soutien axé sur les activités économiques et non sur les entreprises, des critères de performance clairs, des stratégies de sortie crédibles, et une intégration régionale plus poussée, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Sans ces fondements, la politique industrielle risque de déboucher sur des enclaves isolées et inefficaces plutôt que d’impulser une transformation économique générale. B.M.
La crise des déchets menace la croissance et le tourisme dans la région MENA

Le fléau occasionne, chaque année, 7,2 milliards de dollars de dommages à l’environnement La production de déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) s’élève actuellement à plus de 155 millions de tonnes par an, selon la Banque mondiale qui prévient que ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier. « La hausse de la production de déchets menace de plus en plus la santé publique, l’environnement et l’industrie touristique », souligne l’institution financière internationale dans un nouveau rapport s’appuyant sur de nouvelles données issues de 19 pays et 26 villes. La région génère davantage de déchets par habitant que la moyenne mondiale Selon le document, intitulé «Gestion des déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord», la région MENA génère plus de déchets par personne que la moyenne mondiale et ce fléau occasionne, chaque année, 7,2 milliards de dollars de dommages à l’environnement. Quand bien même les taux de collecte des déchets sont relativement élevés (près de 80% en moyenne), l’organisme international juge la situation assez préoccupante d’autant plus que«le recyclage et le traitement restent nettement à la traîne». La Banque mondiale appelle à investir davantage dans la gestion des déchets et l’économie circulaire Il faut dire que «moins de 10% des déchets sont recyclés et plus des deux tiers sont mal gérés, ce qui favorise la pollution de l’air, du sol et de l’eau et la prolifération des déchets marins, tout en entraînant de graves risques pour la santé», explique la Banque mondiale dans son rapport. La même source indique que la région présente également le plus grand volume par habitant de rejets plastiques en mer, la Méditerranée comptant parmi les mers les plus polluées au monde. Ce qui n’est pas pour améliorer les choses. Pour Almud Weitz, directrice régionale dans la division Infrastructures de la Banque mondiale, « l’amélioration des services de gestion des déchets est indispensable pour réduire la pollution, protéger les populations et garantir que les villes restent des moteurs de croissance et d’opportunités», insiste-t-elle rappelant que les centres urbains de la région MENA sont en première ligne face au défi des déchets. Convaincue qu’un changement modeste peut faire une grande différence, la directrice régionale dans la division Planète de la Banque mondiale, Mesky Brhane, affirme pour sa part qu’«une réduction de 1% de la production de déchets pourrait permettre à la région d’économiser jusqu’à 150 millions de dollars par an». Selon elle, «la modernisation des systèmes de gestion des déchets et l’adoption de solutions d’économie circulaire peuvent protéger la santé publique, renforcer le tourisme et bâtir des villes plus écologiques». Le rapport, qui appelle à investir davantage dans la gestion des déchets et l’économie circulaire, plaide pour des actions différenciées selon les économies. D’après le document, les économies à revenu élevé peuvent réduire considérablement la mise en décharge et déployer des solutions circulaires pour traiter les déchets en amont ; tandis que celles à revenu intermédiaire peuvent parvenir à une collecte universelle et améliorer le traitement et la valorisation des déchets. Quant aux Etats fragiles et touchés par un conflit, la Banque mondiale estime qu’ils « peuvent privilégier des approches techniquement simples et peu coûteuses, en s’appuyant en particulier sur la communauté ». Dans son rapport, l’institution assure que 83% des déchets collectés dans la région MENA pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés pour produire de l’énergie et que « la transition vers une économie circulaire pourrait également créer des emplois de meilleure qualité, en particulier dans les services de gestion des déchets et le recyclage, tout en transformant la crise actuelle en un moteur de croissance durable », conclut-il. Alain Bouithy Chiffres clés, impacts et leviers de transformation · La région MENA génère plus de déchets par personne et par jour que la moyenne mondiale (0,9 contre 0,79 kg/personne/jour). · La production de déchets dans la région s’élève actuellement à 155 millions de tonnes par an, et ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier. · La mauvaise gestion des déchets entraîne des coûts de dégradation de l’environnement estimés à 7,2 milliards de dollars par an. · À lui seul, le gaspillage alimentaire cause chaque année 60 milliards de dollars de pertes économiques. · La crise des déchets menace la santé, la croissance et le secteur du tourisme. · Actuellement : · Le passage à un modèle d’économie circulaire pourrait permettre à la région MENA de récupérer 83 % des déchets qu’elle produit, tout en créant des emplois de meilleure qualité. · Une réduction de 1 % de la production de déchets permettrait d’économiser 150 millions de dollars par an. · Dans l’ensemble de la région, le secteur de la gestion des déchets solides emploie environ 400 000 personnes dans l’économie formelle et compte autant de travailleurs informels. (Source Banque mondiale)
Maroc : malgré le recul, la demande intérieure resterait le principal moteur de la croissance en 2026

Après 8 % en 2025, la demande intérieure devrait croître de 5,7 % en 2026, selon les prévisions du Haut-commmissariat au plan (HCP) qui estime qu’elle contribuera à hauteur de 6,3 points à la croissance du PIB en 2026 après 8,7 points en 2025. Cette dynamique confirme ainsi son rôle de moteur central de l’économie nationale, s’appuyant sur une synergie entre la résilience de la consommation finale et le dynamisme de l’investissement. La consommation finale des ménages devrait progresser de 4,4 % en 2025 et de 4,1 % en 2026, générant ainsi une contribution d’environ 2,5 points à la croissance. Cette tendance serait attribuable notamment aux effets de la revalorisation salariale, à l’accroissement des revenus agricoles sous l’hypothèse d’une saison supérieure à la moyenne et à l’atténuation des pressions inflationnistes, et ce dans un contexte de poursuite de l’attribution des aides sociales directes. Parallèlement, la consommation finale des administrations publiques devrait progresser de 5,7 % en 2026, après 6,3 % en 2025, contribuant de près de 1 point à la croissance. La consommation finale nationale devrait ainsi marquer une évolution avoisinant 4,5 % en décélération par rapport à 4,9 % en 2025, soutenant la croissance de près de 3,5 points après 3,8 points en 2025. L’investissement brut devrait maintenir sa contribution positive à la croissance du PIB entamée en 2023. Il serait soutenu principalement par les grands chantiers réalisés dans le cadre des préparatifs des grandes manifestations internationales, par le déploiement de la nouvelle Charte d’investissement, et par le maintien de l’effort d’investissement des établissements et entreprises publics. Ainsi, l’investissement brut devrait garder une croissance favorable en 2025 et 2026, affichant une hausse de 16,3 % en 2025 et 8,7 % en 2026, pour contribuer de 4,9 points à la croissance du PIB en 2025 et de 2,8 points en 2026. Dans ce sillage, l’épargne intérieure devrait se consolider pour atteindre 22,7 % du PIB en 2025 et 23,3 % en 2026. Cette dynamique serait portée par la croissance du PIB nominal attendue à 6,7 % en 2025 et 6,3 % en 2026, et par la consommation nationale qui progresserait en valeur de 5,7 % et 5,5 % respectivement en 2025 et 2026. En tenant compte des revenus extérieurs nets, qui devraient s’établir autour de 7 % du PIB, l’épargne nationale devrait s’améliorer pour avoisiner 29,6 % du PIB en 2025 puis 30,3 % en 2026. Parallèlement, le taux d’investissement brut, qui devrait se situer à 32 % du PIB puis 32,2 % en 2026, pèserait sur le besoin de financement. Ce dernier devrait se creuser par rapport au niveau de 1,2 % du PIB en 2024, pour atteindre 2,4 % du PIB en 2025 avant de s’alléger à 1,9 % du PIB en 2026.
Maroc. La croissance de l’économie nationale devrait s’établir à 5% en 2026

Prévisions économiques du HCP Après une croissance estimée à 4,7% en 2025, l’économie marocaine devrait s’accélérer pour s’établir à 5% en 2026, selon ce qui ressort du Budget économique prévisionnel (BEP) 2026 publié par le Haut-commissariat au plan (HCP). D’après l’institution publique, cette accélération continue serait «portée par la reprise du secteur agricole et par la consolidation des performances des activités non agricoles, stimulée par le dynamisme de la demande intérieure dans un contexte de stabilité des prix». Il est important de noter que les projections économiques, contenues dans le BEP, reposent sur un ensemble d’hypothèses macroéconomiques portant notamment sur « une campagne agricole 2025/2026 supérieure à la moyenne, soutenue par les conditions climatiques favorables ; la prise en compte des nouvelles dispositions de la loi de Finances 2026; un redressement de la demande adressée au Maroc, en lien avec l’amélioration graduelle de la croissance économique chez les principaux partenaires commerciaux ainsi que le maintien de la tendance baissière des cours à l’international, en particulier pour certaines matières premières, contribuant à l’atténuation des pressions inflationnistes ». Dans le détail, le démarrage de la campagne agricole 2025/2026 a été marqué par un déficit pluviométrique notable, les précipitations abondantes et bien réparties enregistrées à partir de fin novembre laissant entrevoir une campagne agricole plus prometteuse. Ce qui devrait contribuer à reconstituer les réserves des barrages et à alimenter les nappes phréatiques. Le HCP prévoit, par ailleurs, le redressement de l’activité d’élevage en 2026, « soutenue par les retombées positives de la décision Royale de s’abstenir du sacrifice de l’Aïd Al-Adha en 2025, l’amélioration du couvert végétal et la disponibilité des pâturages, ainsi que par le programme national de reconstitution du cheptel». Dans ces conditions, l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc estime que la valeur ajoutée agricole devrait évoluer de 10,4% en 2026, après 4,5% en 2025, sous l’hypothèse d’une production céréalière supérieure à la moyenne. Après une évolution de 3,7% estimée en 2025, le secteur primaire devrait progresser de 10% en 2026 contribuant ainsi de 1,1 point à la croissance économique nationale en 2026 contre 0,4 point en 2025, selon les prévisions de l’institution, qui s’attend à un léger redressement de l’activité de la pêche au cours de cette année (après sa baisse prévue en 2025, suite au repli du volume des débarquements de la pêche côtière et artisanale). Les activités non agricoles devraient évoluer de 4,3% en 2026, soutenues principalement par la consolidation des activités industrielles, la poursuite de la bonne performance du secteur du BTP, ainsi que par la vigueur des services marchands. Mais également par la bonne tenue de la demande intérieure et par l’effet d’entraînement des grands projets d’investissement. Après une croissance de 4,8% estimée en 2025, les activités secondaires devraient évoluer de près de 4,2% en 2026, contribuant ainsi à la croissance économique nationale aux alentours de 1,1 point en 2025 et 2026. Quant au secteur tertiaire, il « devrait confirmer sa résilience avec une croissance de 4,3% en 2026 après 4,5% en 2025, contribuant positivement à la croissance du PIB à hauteur de 2,3 points en 2026 après 2,4 points en 2025 », selon le HCP. Alain Bouithy
Maroc. Décélération de la croissance au troisième trimestre 2025

La croissance économique s’est établie à 4% au troisième trimestre 2025, en rythme annuel, au lieu de 4,8% et 5,5% respectivement aux premier et deuxième trimestres, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). « Cette inflexion a été une conséquence directe de la décélération des activités manufacturières, confrontées au cours de l’été 2025 à un tassement de la demande extérieure adressée aux industries métalliques, métallurgiques, électroniques et aux produits du textile », explique l’institution. A l’inverse, les services non marchands et financiers, l’immobilier et l’agriculture ont continué de jouer un rôle stabilisateur, permettant de préserver un rythme d’activité globalement en hausse de 0,4 point par rapport à celui de son niveau tendanciel. A noter que « l’expansion de l’activité a reposé, principalement, sur le soutien de la demande intérieure, malgré des signes de modération progressive », comme le relève le HCP. Toujours selon l’institution, la solidité de l’investissement s’est maintenue, grâce à la vigueur des dépenses publiques en infrastructure et au redressement de l’équipement des entreprises, tandis que la consommation des ménages a poursuivi son affermissement au ralenti, affichant une amélioration de 3,9% au troisième trimestre 2025, au lieu de +5,1% au trimestre précédent. Quant aux échanges extérieurs, ils ont continué d’exercer un effet restrictif, soustrayant 4,3 points à la croissance économique au cours de la même période. En conséquence, le HCP note que les équilibres macroéconomiques internes ont montré des signes de relative résilience, nonobstant un durcissement des pressions sur les finances publiques. En effet, le déficit budgétaire s’est sensiblement renforcé au troisième trimestre 2025, tandis que le besoin de financement de l’économie nationale s’est légèrement atténué, pour s’établir à 12,3 milliards de dhs, contre 13,7 milliards le trimestre précédent, fat-elle savoir. Patricia Engali
Retro 2025 : l’économie nigérienne a connu une croissance soutenue de 6,5% durant la période 2023-2025

Au cours de l’année 2025, le Niger a connu d’importantes évolutions en matière de partenariats, notamment sur le plan économique avec une croissance soutenue de 6,5% durant la période 2023-2025. Ces dynamiques traduisent la volonté des autorités de renforcer la souveraineté nationale. Sur le plan économique, le Niger a signé plusieurs accords de partenariat et de coopération, tout en menant diverses activités entrant dans le cadre du développement économique du pays. Ces initiatives concernent particulièrement les secteurs clés tels que le secteur minier, l’agriculture, l’énergie et l’industrie, qui constituent les principaux leviers de croissance nationale. Le secteur minier et celui de l’agriculture connaissent des avancées notables. Dans cette dynamique, le Président de la République a effectué une tournée dans l’ensemble des régions du pays. Cette visite de terrain lui a permis d’évaluer les potentialités locales, de visiter plusieurs projets économiques et d’échanger avec les acteurs des différents secteurs qui contribuent directement à l’économie nationale. À cette occasion, il a lancé un appel fort en faveur de la ré-industrialisation du Niger, considérée comme une étape essentielle vers un développement durable. Parmi les mesures phares adoptées figure le décret relatif à l’achat et à la promotion des produits locaux, visant à soutenir la production nationale et à renforcer l’économie intérieure. L’année 2025 est aussi marquée par des décisions stratégiques telles que la ‘’Nigérisation’’ des postes au sein de certaines entreprises ; la poursuite du projet de la raffinerie de Dosso ainsi que la mise en œuvre du Programme de Grande Irrigation, destiné à renforcer la sécurité alimentaire et la productivité agricole. Par ailleurs, le Niger bénéficie de l’accompagnement de partenaires financiers majeurs, notamment la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, le Fonds Monétaire International à travers des projets structurants soutenant l’investissement, les infrastructures et le développement humain. L’assainissement et les réformes des finances publiques se poursuivent. L’encours de la dette est à croissance économique soutenue de 6,5% en moyenne entre 2023-2025 et une mobilisation accrue des recettes fiscales, malgré les défis liés à l’insécurité et aux sabotages extérieurs, selon le Ministère de l’économie et des finances. En termes de perspectives économiques, le pays devrait connaître une croissance de 7% en moyenne entre 2026-2029. Abdourahamane Salifou/ANP
Croissance : Bank Al-Maghrib prévoit 5 % pour le Maroc en 2025

La croissance de l’économie nationale devrait marquer une accélération notable en 2025, en dépit d’une conjoncture internationale, entourées de fortes incertitudes, liées notamment à l’évolution et aux implications de la politique tarifaire américaine et à la persistance des tensions géopolitiques. Selon les projections de Bank Al-Maghrib (BAM), elle devrait passer de 3,8% en 2024 à 5% en 2025 et se consolider à 4,5% en moyenne sur l’horizon 2026-2027, à la faveur notamment de la dynamique de l’investissement. Pour ce qui est de l’inflation, et après un taux moyen de 0,8% sur les onze premiers mois de 2025, celle-ci devrait s’accélérer à 1,3% en 2026 puis à 1,9% en 2027. Sur le volet des comptes extérieurs, le déficit du compte courant demeurerait contenu à 1,8% du PIB en 2025 et resterait en deçà de 2% les deux prochaines années, d’après les anticipations arrêtées par le Conseil de Bank Al-Maghrib lors de sa dernière réunion trimestrielle de l’année tenue mardi 16 décembre à Rabat. Parallèlement les avoirs officiels de réserve devraient se renforcer davantage à court terme, assurant une couverture autour de cinq mois et demi d’importations de biens et services. En matière de finances publiques, le déficit budgétaire devrait poursuivre son atténuation, passant de 3,8% du PIB en 2024 à 3,5% en 2025 puis à 3% sur la période 2026-2028. Tenant compte de cette dynamique, le ratio de la dette du Trésor au PIB devrait s’alléger progressivement revenant de 67,7% en 2024 à 67,4% en 2025, puis à 65,9% en 2026 avant de passer à 64,9% en 2027 et 64% en 2028. Sur le plan monétaire, le besoin de liquidité bancaire devrait continuer à s’accentuer, passant de 132,1 milliards de dirhams en 2025, à 146,8 milliards en 2026 et à 158 milliards en 2027, en lien notamment avec la progression prévue de la circulation fiduciaire. En dépit de ces conditions, la Banque centrale du Maroc estime que « le crédit bancaire au secteur non financier, devrait s’accélérer à 4,1% en 2025 et à 5% en moyenne sur l’horizon de projection », tandis que le taux des créances en souffrance reste relativement élevé s’établissant à 8,4% en 2024 et à 8,7% à fin septembre 2025, pour un taux de provisionnement légèrement amélioré à 69%. S’agissant du secteur bancaire, il a confirmé le renforcement de ses fondamentaux financiers, affichant une rentabilité soutenue et une bonne adéquation de ses fonds propres, a estimé BAM indiquant qu’à fin juin 2025, le résultat net du secteur, établi sur base sociale, poursuit une progression soutenue de 25% en lien avec les performances des activités de marché et d’intermédiation.