Covid en RD Congo : comment les fonds ont disparu, selon un rapport

Covid en RD Congo : comment les fonds ont disparu, selon un rapport

Selon des chercheurs, les fonds manquants, les pratiques salariales opaques et la mauvaise gestion entravent la réponse au coronavirus en République démocratique du Congo. Le Congo Research Group, basé à l’université de New York, affirme que plusieurs nouveaux comités ont été mis en place, qui ont coûté plus d’argent mais n’ont pas réussi à résoudre les problèmes. Son rapport indique que seuls 6 millions de dollars (3 401 579 000 FCFA) sur les 363 millions de dollars (205 805 000 000 FCFA) de fonds Covid accordés par le FMI l’année dernière ont été comptabilisés publiquement… Lire la suite sur BBC

Les soldes mondiaux des transactions courantes augmentent sous l’effet de la pandémie

Les soldes mondiaux des transactions courantes augmentent sous l’effet de la pandémie

Les soldes mondiaux des transactions courantes (la somme des déficits et des excédents absolus de tous les pays) devraient encore augmenter en 2021, affirment Martin Kaufman et Daniel Leigh, deux économistes au Fonds monétaire international (FMI). Dans un post de blog, le sous-directeur au département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation et le chef de division au département des études du FMI, ont toutefois estimé que cette tendance ne devrait pas durer. Il faut dire que « les dernières prévisions des services du FMI indiquent que ces soldes diminueront dans les années à venir, à mesure que l’excédent de la Chine et le déficit des Etats-Unis baisseront, pour atteindre 2,5% du PIB mondial d’ici 2026 », ont-ils fait savoir de même source. Dans leur analyse, les deux économistes ont cependant pris la peine de prévenir : la réduction des soldes pourrait être retardée si de grands pays déficitaires, comme les Etats-Unis, entreprennent une nouvelle expansion budgétaire. Elle le serait aussi si le rééquilibrage des finances publiques est plus rapide que prévu dans les pays dont les transactions courantes sont excédentaires, comme l’Allemagne, ont-ils poursuivi. Par ailleurs, « une résurgence de la pandémie et un durcissement de la situation financière mondiale qui perturberaient les flux de capitaux vers les pays émergents et les pays en développement pourraient également exercer une influence sur les soldes », ont soutenu les experts du FMI. Il est important de rappeler ici qu’en dépit du choc de la crise et en raison certainement de son impact mondial, les déficits et les excédents excessifs de transactions courantes n’ont globalement quasiment pas changé au cours de l’année écoulée. Ils représentaient environ 1,2% du PIB mondial », selon les deux économistes. Comme ils le font en outre remarquer dans leur note publiée au début du mois d’août, « la plupart des facteurs de déséquilibre extérieur excessif sont antérieurs à la pandémie et comprennent des déséquilibres budgétaires ainsi que des distorsions structurelles et de compétitivité ». Citant leur dernier rapport sur le secteur extérieur, les deux économistes disent avoir constaté que la réaction mondiale à la pandémie a encore augmenté les soldes mondiaux des transactions courantes, qui sont passés de 2,8% du PIB mondial en 2019 à 3,2% du PIB en 2020. « Ces soldes devraient encore se creuser pendant que la pandémie continue de sévir dans une grande partie du monde », ont-ils prévenu soulignant que sans la crise, les soldes mondiaux des transactions courantes auraient continué à diminuer. S’il est vrai que les déficits et excédents extérieurs ne sont pas nécessairement préoccupants, les deux auteurs attirent cependant l’attention sur le fait que « des déséquilibres excessifs, supérieurs à ce que justifieraient les données fondamentales de l’économie et des politiques économiques appropriées, peuvent avoir des effets déstabilisants sur les pays en alimentant les tensions commerciales et en augmentant la probabilité d’ajustements perturbateurs des prix des actifs ». Sur les fluctuations spectaculaires des déficits et des excédents des transactions courantes observées au cours de l’année 2020, les experts du FMI les ont attribuées à quatre grandes tendances alimentées par la pandémie : diminution des voyages, effondrement de la demande de pétrole, explosion du commerce des produits médicaux et changement intervenu au niveau de la consommation des ménages. Selon ces derniers, « tous ces facteurs ont contribué à une plus forte augmentation du déficit des transactions courantes dans certains pays, qui ont acheté plus qu’ils n’ont vendu, ou à un plus grand excédent de transactions courantes, quand ils ont vendu plus qu’ils n’ont acheté ». Ce n’est pas tout. « En plus de ces facteurs externes, la pandémie a donné lieu à des emprunts publics massifs pour financer les soins de santé et procurer un soutien économique aux ménages et aux entreprises, ce qui a entraîné d’importantes conséquences inégales sur les balances commerciales », ont-ils souligné avant de proposer quelques solutions. Alain Bouithy

RD Congo. Contradictions à la sauce congolaise…

RD Congo.  Contradictions à la sauce congolaise…

OPINION. « J’ai eu raison de ne pas me faire vacciner. J’ai demandé les avis des uns et des autres, ils étaient partagés. Ils m’ont rassuré qu’il n y avait aucun danger mais moi-même j’avais des doutes. Il y a d’autres vaccins qui viennent et vous me verrez m faire vacciner ». Telle est en substance la déclaration du Président Tshisekedi au micro de Top Congo. Qu’on se souvienne que le 6 mars 2021, il y a juste quatre mois, le même président en visite d’inspection à l’hôpital de référence de Kinkole pour s’assurer des conditions de conservation des vaccins, annonçait à son peuple l’arrivée en RDC du premier lot de 1.7 millions de vaccins, encourageant ainsi ses administrés à se faire vacciner. Oser affirmer quatre mois plus tard ses doutes et sa méfiance sur le même vaccin est tout simplement scandaleux. Lui qui est censé être le garant de la sécurité physique de 102 millions de congolaises et des congolais, dans le contexte des doutes sérieux qu’il nourrissait sur l’efficacité de ce vaccin, il aurait pu avec son ministre à la Santé lever l’option soit d’interdire soit de retarder l’administration de ce vaccin sur toute l’étendue du territoire congolais jusqu’à ce qu’il voie plus clair. Le refuser publiquement pour lui-même tout en encourageant publiquement ses citoyens à le prendre ne le met guère à la hauteur de ses fonctions présidentielles… Par Germain Nzinga

Maroc. Les mesures des pouvoirs publics ont amorti le choc de la crise sur l’emploi et la croissance

Maroc. Les mesures des pouvoirs publics ont amorti le choc de la crise sur l’emploi et la croissance

Le plus dur semble désormais passé. Pourtant, comme le craignaient bon nombre d’analystes et conjoncturistes au plus fort de la crise sanitaire due à la Covid-19, les répercussions auraient été beaucoup plus graves si le Maroc n’avait pas pris certaines initiatives et dispositions. C’est au fond ce que nous rappelle la note d’orientation politique, «Impact de la crise Covid-19 sur l’emploi et les TPME au Maroc», produite conjointement par la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation internationale du travail (OIT) et rendue publique récemment. En effet, selon les deux institutions, les mesures d’indemnisation des travailleurs prises par le gouvernement et les facilités accordées aux TPME ont limité la casse. Dans ce sens, elles ont «contribué à préserver 71% des emplois menacés à la suite du premier confinement», souligne-t-on dans cette note initiée par la plateforme entrepreneuriale «Souk At-Tanmia», soutenue par la Banque panafricaine, avec un financement du Programme de partenariat dano-arabe (DAPP). Dans leur note, qui dresse un bilan de la crise et trace les perspectives d’une relance inclusive, la BAD et l’OIT relèvent également que «ces efforts ont aussi permis d’éviter une décélération plus importante de la croissance du PIB, avec une baisse supplémentaire d’environ six points de pourcentage». En effet, «les décisions rapides des autorités marocaines ont atténué les conséquences économiques et sociales de la crise», soulignent-elles dans ledit document affirmant que les résultats du modèle de simulation utilisé pour cette étude démontrent l’effet amortisseur du soutien public. Bien que touché de plein fouet par la pandémie de Covid-19, à l’instar d’autres pays du monde, le Maroc a ainsi tant bien que mal amorti le choc de la crise sur l’emploi. Il est cependant important de rappeler que le marché de l’emploi était déjà mal en point bien avant l’arrivée de cette crise. Il faut toutefois noter qu’en 2020, la crise a entraîné la perte de 432.000 emplois contre une création de 165.000 postes en 2019 selon des chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP) au début de l’année en cours. Dans un rapport sur le marché du travail en 2020, l’institution publique indique que cette perte a concerné aussi bien le milieu rural (295.000) que le milieu urbain (137.000) et tous les secteurs d’activité économique. Ont particulièrement été touchés : le  secteur des services qui a perdu 107.000 postes, celui de l’agriculture, forêt et pêche (273.000), celui de l’industrie y compris l’artisanat (37.000) ainsi que celui des BTP (9.000). En plus des pertes, la crise a provoqué une hausse de la précarité de l’emploi, en particulier chez les jeunes, les femmes et les populations les plus vulnérables que le marché de l’emploi n’a cessé de malmener depuis des années, comme le montrent les statistiques du HCP.  La Banque africaine et l’OIT soulignent également dans leur note une baisse de 26% du volume horaire travaillé par semaine. Ce qui équivaut à près de deux millions d’emplois. Soulignons en outre que les TPME, qui concentrent 73% des emplois, ont été particulièrement affectées par la crise. Comme le relève la note, «près de 80% d’entre elles ont accusé une baisse de plus de 15% de leur chiffre d’affaires, conséquence du premier confinement». Mais comme pour l’emploi, les TPME marocaines faisaient face à des difficultés d’accès au financement avant la crise : elles ne recevaient que 15,6% du total des crédits bancaires et se caractérisent par un faible niveau de qualification qui limite les gains de productivité. A ce propos, la BAD et l’OIT reconnaissent que des avancées ont été réalisées «dans le cadre du plan de relance économique pour faciliter notamment l’accès au financement des entreprises et renforcer le socle de protection sociale». Dans leur note, qui s’appuie sur les résultats des outils de simulation macroéconomique et de données d’enquêtes portant sur 300 TPME du Maroc,  les deux institutions reviennent sur les importants progrès du programme «Intelaka» relatif au déploiement d’instruments financiers adaptés aux besoins des TPME et sur ses objectifs à court terme. Le document préconise, à cet effet, le renforcement, à court terme, des dispositifs d’accompagnement technique destinés aux entrepreneurs. Il appelle notamment à adopter une vision holistique et intégrée de la promotion de l’entrepreneuriat et des TPME afin de lever les contraintes structurelles. Si la prédominance du secteur informel concerne 81% des TPME et 60% des emplois du secteur privé, il faut ajouter une autre réalité à ces observations. C’est que près de deux tiers des salariés ne disposent pas de couverture sociale. Soulignons que la note reprend les conclusions d’une consultation nationale organisée en distanciel à la fin de 2020. Cette rencontre a réuni près de 70 participants issus d’organismes nationaux et d’institutions de développement. Alain Bouithy

Cameroun : une gestion opaque des fonds anti-Covid-19

Les autorités du Cameroun lancent un audit pour plus de transparence dans la gestion des fonds destinés à la lutte anti-Covid, suite à des allégations de détournements. Le gouvernement camerounais est accusé de manquer de transparence dans l’utilisation des fonds délivrés par le FMI pour lutter contre la Covid-19. Les soupçons de détournement d’argent public concernent aussi un Fonds de solidarité nationale, une collecte de dons lancée en 2020. Face à cela, le gouvernement a lancé un audit des dépenses mais certaines ONG s’inquiètent du manque d’objectivité de cette enquête. Deux pots de gel pour 300 élèves Janvier Nymi est surveillant général dans un établissement scolaire à Yaoundé. Comme de nombreux autres responsables, l’enseignant trouve insignifiante l’aide apportée à son établissement par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la Covid-19… Lire la suite sur DW

Maroc. La reprise contrariée par le contexte de la pandémie

Maroc. La reprise contrariée par le contexte de la pandémie

«En dépit de l’espoir permis par la mise au point et la validation de plusieurs vaccins anti-coronavirus, le retour à la vie normale ne se sera pas effective avant 2022, voire 2023», prévient le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa dernière publication mensuelle «Maroc Conjoncture» (n°332). Dans ce spécial, consacré aux mutations économiques et aux mécanismes d’accompagnement à l’ère post-Covid, le CMC laisse entendre que le Maroc n’est pas encore venu à bout des conséquences de la crise, due au coronavirus, qui a frappé de plein fouet plusieurs pans de l’économie mondiale et nationale. Pour l’Observatoire privé de l’économie marocaine, spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, le Maroc n’est toujours pas sorti de l’ornière. En effet, alors que toutes les économies de la planète sont confrontées aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, force est de constater que la dette connaît une augmentation rapide à travers le monde au point que «le ratio dette/PIB a atteint des proportions inquiétantes», a-t-il constaté. Pour le CMC, il ne fait aucun doute que «cette tendance freine, de façon brutale, la reprise économique qui commençait à se dessiner après la crise financière déclenchée en 2007 et fait planer le spectre d’une montée des risques susceptible de plomber la croissance». Soulignons à ce propos qu’«au Maroc, la dette des ménages auprès des banques et des sociétés de financement continue d’évoluer à un taux annuel moyen de 5% portant ainsi le ratio dette des ménages sur le produit intérieur brut à 31,1% en 2019», selon le CMC. Et l’Observatoire de préciser que les prêts bancaires à la consommation représentent, quant à eux, 37% du total des montants octroyés aux ménages marocains. Toujours dans le contexte de l’économie nationale, le CMC rappelle en outre que la synthèse des résultats de l’enquête réalisée par le Haut-commissariat au plan (HCP) «apporte un éclairage édifiant quant à l’impact, déstructurant, de cette crise sur les multiples aspects de la vie de milliers d’unités d’entreprises organisées opérant dans les secteurs secondaire et tertiaire». A noter qu’outre l’activité des entreprises et la dette des ménages, d’autres sujets en lien avec la thématique principale sont également abordés dans cette publication du Centre marocain de conjoncture. En l’occurrence : l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), la généralisation de la couverture sociale, les relations commerciales entre le Maroc et le Royaume Uni et les perspectives 2021. Commentant l’entrée en vigueur récente de la ZLECA, le CMC estime qu’elle pose des interrogations quant à ses perspectives économiques, et que celles-ci sont prometteuses. En effet, il explique que «s’il est pleinement mis en œuvre, l’accord pourrait accroître le revenu régional de 7%, accélérer l’augmentation des rémunérations des travailleurs et sortir 98 millions de personnes de la pauvreté d’ici 2035». Pour les économistes du CMC, le renforcement du commerce intra-africain aurait aussi un impact qualitatif significatif sur la structure des économies du continent. Et, «si elle réussit son intégration régionale et continentale, l’Afrique du Nord serait particulièrement avantagée». Sur la généralisation de la couverture sociale, le Centre affirme que le Maroc n’a pas dérogé à l’approche ascensionnelle internationale dans la mise en place de son système de protection sociale. Cependant, il juge le regroupement des différentes composantes sous le vocable de système inapproprié, estimant que «celles-ci ne constituent qu’un mécanisme dépourvu de cohésion et de complémentarité ». Quoi qu’il en soit, le CMC relève que «le chantier le plus important serait celui de la généralisation de la couverture à toutes les couches sociales dans une perspective de consécration d’une universalité inclusive tant convoitée». S’agissant des relations commerciales entre le Maroc et le Royaume-Uni qui «devront, pour l’essentiel, continuer à obéir aux mêmes dispositions régissant les échanges entre le Maroc et l’UE», l’Observatoire rappelle que l’accord conclu en prévision de la rupture causée par le Brexit est applicable depuis le 1er janvier dernier. Cependant, si dans l’immédiat, peu de changements sont attendus entre les deux partenaires en matière de commerce et d’investissement, le CMC soutient qu’à terme, «de nouvelles perspectives pointent à l’horizon avec les opportunités d’intensification des échanges et le montage de partenariats et de projets en co-investissement pour la densification des échanges bilatéraux mais aussi pour la conquête de nouveaux marchés». Quant aux perspectives 2021, le CMC constate qu’«un climat d’incertitudes et de craintes s’est installé poussant à un scepticisme parfois déroutant», après plus d’une année sous l’emprise de la pandémie. Le monde est éreinté, les infections au coronavirus n’arrêtent pas de se propager et à sévir dans toutes les régions de la planète mettant à genoux les systèmes de santé les plus performants. Face à ce sombre tableau, le Centre note que «la question récurrente qui a taraudé les esprits, tout le long de ce morne périple d’une année, a été de savoir comment venir à bout de cette crise». Alain Bouithy

Covid, attention à l’épidémie de démence sénile précoce !

Covid, attention à l’épidémie de démence sénile précoce !

TRIBUNE. Depuis plus de deux mois, le nombre de personnes âgées qui me consultent augmente considérablement de jour en jour. Ces personnes âgées sont accompagnées de leurs enfants afin de m’exposer clairement les changements psychiques apparus nouvellement chez leurs ascendants depuis le confinement sanitaire, qui dans certains cas sont très graves. Jusque là j’ai diagnostiqué des cas de : Dépression simple (réactionnelle) Trouble de sommeil, asthénie, anorexie, anxiété, baisse de l’attention et irritabilité. Dépression d’allure démentielle En plus des symptômes cités ci-haut, s’ajoutent : discours incohérent, trouble de comportement sexuel, désorientation temporelle et spatiale, amnésie, agitation motrice, incontinence urinaire et fécale. Dépression psychosomatique Des plaintes organiques le long de la journée, douleur du colon, diarrhée, douleur articulaire, douleur gastrique, céphalées, etc. Dépression mélancolique Isolement, opposition, refus de s’alimenter, de s’hydrater, délire interprétatif et de persécution, refus de prendre ses médications pour ses pathologies chroniques comme le diabète, l’hypertension artérielle et autres maladies. Les causes réactionnelles au Covid que j’ai soulevées sont les suivantes : La fermeture des mosquées de proximité Le quotidien du sujet âgé, qu’il soit femme ou homme,  était rythmé avec les heures  de la prière. La mosquée joue un rôle important dans la socialisation, qui, en plus de sa fonction spirituelle,  permet à la personne âgée de sortir de chez elle et de rencontrer d’autres personnes, voisins et autres et de partager des moments d’échanges. La covid a fermé les mosquées,  les repères temporaux et sociaux se sont alors modifiés et les sujets âgés n’ont pas pu s’adapter à ce nouveau mode de vie, et se sont ainsi  perturbés psychologiquement. L’arrêt des visites familiales La covid exigeant la protection des personnes âgées en particulier, le sujet est alors empêché de rendre visite à sa famille et il reçoit très peu de monde. Il a de plus du mal à concevoir cette pandémie et ne comprend pas pourquoi personne ne lui rend visite, ou dans certains cas pourquoi les visiteurs ne le prennent pas dans les bras et ne l’embrassent pas non plus. De même, les enfants qui habitent d’autres villes du pays ou à l’étranger venaient régulièrement lui rendre visite d’ordinaire, mais avec la covid, certaines visites sont devenues impossibles pour les raisons que vous connaissez très bien. Le sujet âgé pense alors qu’il n’est plus aimé et désiré parce qu’il est vieux et sans aucun intérêt. Ainsi il se déstabilise psychologiquement. Le changement de l’organisation de la maison La personne âgée était habituée à un certain mode de vie domestique assez précis : les enfants vont au travail, les petits enfants vont à l’école et certains enfants passent tous les jours à la maison pour lui rendre visite. Avec la covid, toute cette organisation qui marchait comme une horloge s’est arrêtée  et le sujet âgé devient alors très anxieux et ne comprend pas pourquoi, ainsi il se perturbe psychologiquement au fil des jours. Désorganisation des rapports sociaux et privation de liberté Brusquement le sujet âgé a vu sa liberté limitée, il ne doit pas sortir, il ne doit pas serrer la main des voisins, de l’épicier, de l’imam de la mosquée, il doit porter un masque si toutefois il sort, les visiteurs doivent rester à un mètre de lui, il ne peut plus aller à souika du quartier, il doit se laver les mains sans arrêt, mettre du gel hydro-alcoolique, ne peut plus sortir l’après-midi pour aller jouer aux dames ni passer du temps à la place avec ses congénères. Bref, pour le sujet âgé, il s’agit d’un autre monde et un autre mode de vie étrange pour lui, ainsi il panique et se déstabilise psychologiquement. En conclusion, je sonne l’alarme d’alerte aux autorités sanitaires, afin de prendre ce problème au sérieux car nous allons nous retrouver bientôt devant une épidémie de démence sénile précocement ! Docteur Jaouad MABROUKI Expert en psychanalyse de la société marocaine