Nucléaire iranien : un cap franchi au Conseil vers un possible retour des sanctions

Nucléaire iranien : un cap franchi au Conseil vers un possible retour des sanctions

Le Conseil de sécurité de l’ONU a rejeté, vendredi, un projet de résolution visant à prolonger l’allègement des sanctions internationales dont bénéficie jusqu’ici Téhéran dans le cadre de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Si aucun texte n’est adopté d’ici la fin du mois, les sanctions contre le pays pourraient être rétablies automatiquement. Accusant l’Iran de violer ses engagements nucléaires, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont enclenché, fin août, une procédure visant à rétablir les mesures coercitives qui visaient le pays avant l’accord de Vienne de 2015. Ce mécanisme dit de « snapback », ou retour en arrière, autorise tout signataire de l’accord à demander un rétablissement des sanctions en cas de non-respect par Téhéran de ses obligations. Le Conseil dispose alors de 30 jours pour s’opposer à une telle demande. À l’issue de ce délai, les sanctions sont automatiquement rétablies.  Techniquement, les membres du Conseil ont encore un peu plus d’une semaine pour adopter une résolution similaire à celle rejetée vendredi. Mais un tel scénario supposerait une percée diplomatique dans les jours à venir. Négocié il y a dix ans dans la capitale autrichienne, le Plan d’action global commun avait pour but de garantir le caractère strictement pacifique du programme nucléaire iranien, sous la surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en échange d’un allégement des sanctions contre le pays.  Mais l’édifice, fragilisé depuis le retrait des États-Unis en 2018, s’est fissuré au fil des années, au point de paraître aujourd’hui à bout de souffle. L’escalade de l’été L’alerte avait été lancée au mois de juin par l’AIEA. Selon son directeur général, Rafael Grossi, Téhéran dispose désormais de plus de 400 kilos d’uranium enrichi à 60 %, un seuil proche du niveau requis pour fabriquer l’arme nucléaire. « Une telle accumulation ne peut s’expliquer par un usage civil crédible », avait-il averti. Les inspections de certains sites étant bloquées depuis 2021, l’agence avait reconnu avoir « perdu la continuité de sa connaissance » du programme iranien.AIEA, Ces constats alarmants se sont accompagnés, durant l’été, d’une escalade militaire entre l’Iran et Israël. Pendant plusieurs jours, Tel Aviv a bombardé des sites nucléaires et militaires iraniens, entraînant des frappes de représailles. Le 21 juin, l’armée américaine a ciblé trois installations sensibles à Fordo, Ispahan et Natanz. Si l’AIEA a assuré qu’aucune hausse de radiation n’avait été détectée, la confrontation a accentué les craintes d’un embrasement régional. Dans ce contexte, les Européens ont choisi d’appuyer sur l’interrupteur nucléaire diplomatique le mois dernier, en déclenchant la procédure de snapback. Pour Londres, Paris et Berlin, il s’agit autant de sauver ce qui peut l’être de l’édifice de Vienne que de contraindre Téhéran à revenir à la table des négociations, alors que le Plan d’action global commun arrive à expiration le 18 octobre. Une lueur d’espoir a accompagné la conclusion, le 10 septembre, d’un accord entre l’AIEA et l’Iran ouvrant la voie à la reprise des inspections dans les sites nucléaires du pays, suspendues depuis l’escalade militaire de juin. M. Grossi a salué à cette occasion « un pas important dans la bonne direction ». Contestation de la Russie, la Chine et l’Iran Pour la Russie, la procédure activée par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, est nulle et non avenue. Son ambassadeur, Vasily Nebenzya, a jugé que la « prétendue notification » par les trois pays du déclenchement du mécanisme, dans un courrier adressé au Conseil le 28 août, n’avait « aucune force juridique au procédural ». Il a proposé une « alternative diplomatique » pour relancer les négociations, sous la forme d’un projet de résolution russo-chinois, qui prolongerait l’accord de Vienne pour une durée de six mois.   Invité à la réunion du Conseil, l’ambassadeur iranien, Amir-Saeid Iravani, a également contesté la validité de cette notification, tout en dénonçant la politique du « deux poids de mesure » manifestée par les frappes du mois de juin sur son pays.  « Le programme nucléaire iranien ne sera pas détruit par des bombes, ni modifié par des sanctions ou écarté de sa voie pacifique. […] La porte de la diplomatie n’est pas fermée. Mais ce sera l’Iran, non pas ses adversaires, qui décidera avec qui discuter », a-t-il dit. Washington, Paris et Londres assument le « snapback » Côté britannique, la lecture est strictement procédurale. Pour l’ambassadrice Barbara Woodward, tout ce qui est nécessaire pour un retour des sanctions, est une notification par un État signataire d’une violation des engagements iraniens. « Et c’est tout ! ». Mme Woodward a toutefois indiqué que son pays restait attaché à trouver une solution diplomatique à l’impasse actuelle. Les États-Unis, eux, ont tiré les conséquences du rejet de la résolution : « Faute de nouvelle action du Conseil, les sanctions de l’ONU contre l’Iran d’avant 2015 sont réimposées à l’issue de la période de rétablissement de 30 jours, le 27 septembre », a tranché la représentante américaine Dorothy Shea, tout en soulignant que ce rétablissement « n’empêche pas une véritable diplomatie ». La France a insisté sur l’escalade du programme iranien et sur l’offre d’extension temporaire déposée par les Européens. « Nous n’avons donc d’autre option que de soutenir la poursuite de la procédure de snapback », a expliqué l’ambassadeur Jérôme Bonnafont, tout en rappelant les conditions de l’offre européenne actuellement sur la table pour une sortie de crise négociée : « reprise d’une coopération effective […] avec l’AIEA » – y compris l’accès aux sites sensibles –, des « rapports spéciaux », notamment sur l’uranium enrichi à 60 %, et la « reprise de négociations directes et sans condition avec les États-Unis ». Et de préciser : « Notre offre d’extension reste sur la table jusqu’à la fin du délai des 30 jours ». Sauf inflexion diplomatique rapide, la perspective d’un prochain rétablissement des sanctions contre l’Iran et, avec lui, de l’effondrement de l’accord de Vienne, se rapproche à grands pas. ONU

CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU : Le Libéria Sollicite le Soutien du Tchad Pour Sa Candidature

CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU : Le Libéria Sollicite le Soutien du Tchad Pour Sa Candidature

Le Président de la République, Chef de l’Etat, Maréchal MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO a accordé ce matin, au Palais Toumaï, une audience à la Ministre libérienne des Affaires Etrangères, Mme Sara Beysolow NYANTI. Elle lui a transmis un message de son Président Joseph Boakai, sollicitant le soutien du Tchad pour la candidature du Liberia au Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Le Liberia se positionne pour être membre non-permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies à l’issue des prochaines élections pour le compte du continent africain. Le pays bat le rappel de ses amis pour donner plus de chance à sa candidature. C’est dans ce cadre que le Président Joseph Boakai a dépêché à N’Djaména, auprès de son homologue, Maréchal MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO, sa cheffe de la diplomatie, Madame Sara Beysolow Nyanti. C’est entouré du Ministre des Affaires Etrangères et des Tchadiens de l’Etranger, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul et de ses proches collaborateurs que le Chef de l’Etat a attentivement suivi la ministre libérienne lui présentant l’exposé des motifs de la candidature de son pays. Les deux pays, membres de l’Union Africaine, partagent des intérêts communs en matière de paix et de sécurité sur le continent. Mme Sara Beysolow Nyanti a, au nom de son Président, souligné l’importance d’une coopération renforcée pour faire face aux défis régionaux, notamment en matière de sécurité et de développement. Le Chef de l’Etat, Maréchal MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO, fidèle à sa vision d’une Afrique unie, forte et prospère, a exprimé ses gratitudes à son homologue Joseph Boakai tout en affirmant que le Tchad est prêt à collaborer pour le rayonnement du continent africain sur l’échiquier international notamment au Conseil de Sécurité au sein duquel, l’Afrique doit par devoir de justice, être membre permanent. L’audience a également permis d’aborder des sujets d’intérêt commun, tels que la lutte contre le terrorisme, la promotion des Droits humains et la nécessité de renforcer les échanges économiques et culturels, afin de solidifier les relations entre les deux pays.

Adoption de la résolution 2703 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la question du Sahara marocain*

Adoption de la résolution 2703 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la question du Sahara marocain*

COMMUNIQUE. Le Royaume du Maroc se félicite de l’adoption, le 30 octobre 2023, par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la résolution 2703 relative à la Question du Sahara marocain. Cette résolution renouvelle le mandat de la MINURSO pour une année, jusqu’à fin octobre 2024. L’adoption de cette résolution intervient dans un contexte marqué par la poursuite de la dynamique positive que connaît le dossier, sous la Conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’Assiste. En effet, le soutien international grandissant de près d’une centaine de pays à l’Initiative Marocaine d’Autonomie, l’ouverture à Laâyoune et à Dakhla de plus d’une trentaine de Consulats Généraux, la non-reconnaissance de plus de 84% des Etats membres de l’ONU de l’entité fantoche, ainsi que l’essor économique et social de la région dans le cadre du Nouveau Modèle de Développement pour les Provinces du Sud confortent l’approche préconisée par le Royaume dans le traitement de cette question. C’est dans ce contexte que le Conseil de Sécurité, à travers la résolution d’aujourd’hui, conforte sa démarche au sujet de la question du Sahara marocain, aussi bien au niveau de l’identification des parties, la consécration du cadre du processus, et la confirmation de sa finalité. La résolution a identifié clairement les parties au processus politique, qui doivent assumer leur responsabilité politique, juridique, et morale dans la recherche d’une solution définitive au différend régional sur le Sahara marocain. Elle cite en particulier l’Algérie à six reprises, soit autant de fois que le Maroc, confirmant que l’Algérie est bel et bien la partie principale à ce différend artificiel. De même, la nouvelle résolution consacre les tables rondes comme seul cadre du processus politique, avec notamment la participation de l’Algérie, partie prenante directement interpellée. Enfin, le Conseil de Sécurité a confirmé que la solution politique définitive ne peut être qu’une « solution politique réaliste, pragmatique, durable et basée sur le compromis ». Ces paramètres sont de nouveau couplés à l’appui du Conseil de Sécurité à l’Initiative Marocaine d’Autonomie, qualifiée de « sérieuse et crédible ». Il est important de relever, dans ce cadre, que plusieurs pays à travers le monde expriment clairement leur soutien à cette Initiative comme base incontournable de toute solution à ce différend régional. Par ailleurs, la nouvelle résolution a adressé un rappel à l’ordre au « polisario » concernant ses violations et ses restrictions sur la liberté de circulation de la MINURSO. Elle a demandé de nouveau à l’Algérie de permettre l’enregistrement des populations des camps de Tindouf. Fort de ses acquis et de la constance de l’approche du Conseil de Sécurité, le Royaume du Maroc, comme L’a réaffirmé Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’Assiste, demeure pleinement engagé pour appuyer les efforts du Secrétaire Général de l’ONU et son Envoyé Personnel visant la relance du processus des tables rondes, en vue de parvenir à une solution politique, basée sur l’Initiative Marocaine d’Autonomie et dans le strict respect de l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale du Royaume. *Royaume du Maroc Ministère des Affaires étrangères de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’Étranger

Afrique/France : Sassou-N’Guesso : «Les pays africains doivent être entendus ou compris au sein du Conseil de sécurité de l’ONU

Afrique/France : Sassou-N’Guesso : «Les pays africains doivent être entendus ou compris au sein du Conseil de sécurité de l’ONU

Le Président de la République du Congo, Denis Sassou-N’Guesso, a déclaré le 27 octobre 2020 à Brazzaville que les pays africains doivent être entendus ou compris au sein du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (Onu), où les anciens alliés de la seconde guerre mondiale, qui ont toujours voix au chapitre, devraient faire place aux pays africains en tant que membres permanents à part entière avec droit de veto. Le président Sassou N’guesso a fait cette  déclaration à l’ouverture du colloque international organisé du 27 au 28 octobre sur le thème «De Gaulle et Brazzaville : une mémoire partagée entre la France, le Congo et l’Afrique», à l’occasion du 80ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 et du manifeste de Brazzaville, capitale de la France libre. Pour lui, cela ne serait que  justice devant l’histoire. L’Afrique ne peut pas continuellement s’accommoder d’être marginalisée dans les cercles où se décide l’avenir du monde, suggérant qu’une réflexion approfondie soit portée sur les approches qui valorisent la part africaine aux combats des peuples pour la liberté et l’égalité, notamment en ces années sombres, au cours desquelles l’humanité tout entière faisait face au péril des nations. Il s’agit, à son avis, de mettre en lumière, une fois pour toute, la part africaine au minima universel des idées, la contribution africaine aux grands événements de notre temps.   Une conjugaison des efforts et des moyens entre les Etats africains et la France Intervenant à cours de cette cérémonie, le maréchal du Tchad, Idriss Débi Itno, président de la République du Tchad, a posé le problème de la sécurité et de la stabilité en Afrique subsaharienne, soulignant l’urgence de mettre l’accent sur «une conjugaison des efforts et des moyens entre les Etats africains et la France, en intégrant les variables liées à leurs avantages comparatifs», en vue de lutter contre le terrorisme dans le continent où il est devenu «un grand fléau». Il a affirmé à cet effet qu’«aujourd’hui, la situation sécuritaire dans de nombreux pays de l’Afrique francophone, notamment dans le sahel, est plus que jamais préoccupante». Pour lui,  le maréchal Idriss Débi Itno, l’insécurité et l’instabilité dues essentiellement à la persistance de plusieurs cas de terrorisme ne cessent de prendre de l’ampleur, soulignant ainsi la nécessité de mener une lutte contre le terrorisme dans cette vaste étendue du Sahel, un défi majeur à relever. L’inexistence en France de tout espace dédié à la mémoire des soldats africains tombés lors des différentes batailles de libération de la République française et que le poids réel de l’Afrique dans la libération de la France, en ce qui concerne la participation sur le théâtre des opérations et la contribution à l’effort de guerre, doit être reconnu, mieux encore, cette décisive participation durement éprouvée doit être revisitée et insérée dans le programme d’histoire, car la vérité et la justice sont aussi l’exigence de la mémoire partagée. Le maréchal Idriss Débi Itno a dit son espoir qu’à la prochaine célébration de l’histoire commune, cet appel aura sa matérialisation concrète, car la mémoire africaine de la France libre doit résistée autant». La France reconnaît le rôle du continent africain dans sa libération Prenant la parole, le président de la fondation ”De Gaulle”,  M. Hervé Gaymard, a reconnu le rôle joué par l’Afrique dans les années 40 pour la libération de la France de l’empire Nazi. Pour lui, «Sans l’Afrique, l’appel du 18 juin 1940, lancé à Londres par le général, ne serait resté que l’éternel supplice sans l’écho des peuples qui ne veulent pas mourir». Le manifeste de Brazzaville est l’adresse du Général de Gaulle à la résistance, le 27 octobre 1940, a posé les jalons d’une France libre, un «acte fondateur qui a restauré l’Etat pour diriger l’effort français dans la guerre», a dit le président de la fondation ‘’De Gaulle’’, prenant le soin de rappeler que c’est à Brazzaville, capitale de la France libre, que fut créé, entre autres, le Conseil de défense de l’empire, esquisse du futur gouvernement provisoire de la République française. Il a aussi rappelé que c’est Radio Brazza qui avait permis à la France Libre de s’exprimer en toute liberté en Afrique puis au monde entier à partir de juin 1943. Florent Sogni Zaou