Maroc. Les représentations du handicap dans les médias sont stéréotypées, simplistes voire sensationnalistes

Les médias jouent un rôle primordial dans la perception du handicap par le grand public, influençant ainsi les attitudes et les comportements de la société dans son ensemble. Cependant, trop souvent, les représentations du handicap dans les médias sont stéréotypées, simplistes voire sensationnalistes, présentant les Personnes en situation de handicap (PSH) comme des « victimes », des « pauvres », des « indigents » ou des « héros », portant atteinte à la perception juste et respectueuse de ces personnes et contribuant à leur stigmatisation et exclusion de la société. Pour traiter cette problématique, le Comité Parité et Diversité de 2M a organisé jeudi 16 mai une conférence-débat sur « la représentation du handicap dans les contenus médiatiques ». Cette rencontre visait à analyser de manière critique la représentation du handicap dans les médias au Maroc et à identifier les voies et bonnes pratiques pour unereprésentation plus juste des PSH dans les médias. Cette rencontre a connu la participation d’Abderrahmane El Moudni, activiste associatif dans le domaine des droits des PSH et le développement inclusif ; Selma Benhamza, directrice du pôle autonomie au sein de l’Amicale des Handicapés ; Bouchra Amraoui, cheffe de division protection des droits des PSH et lutte contre les discriminations au CNDH et Idir Ouguindi, acteur associatif et militant en faveur des droits des PSH. Dans son intervention, Abderrahmane El Moudni a indiqué que « la présence des PSH dans les médias au Maroc est encore presque inexistante. Toutefois, cette année, nous avons pu voir, durant Ramadan, une PSH, l’acteur Zizou, dans un vrai rôle dans la série télévisée Bnat Lahdid ». Selma Benhamza a déclaré pour sa part que la représentation médiatique du handicap affecte les PSH, mais aussi la société entière. « Nous sommes souvent confrontés à des PSH qui s’identifient au stéréotype de la victime et viennent nous voir pour de l’assistanat, même lorsque nous avons une proposition d’emploi pour elles, de même qu’à des entreprises qui, à cause des stéréotypes, refusent de recruter des PSH », a t-elle confié. Intervenant sur les défis auxquels sont confrontées les PSH dans l’accès aux médias et leur intégration dans les contenus médiatiques, Bouchra Amraoui a souligné que « les PSH sont des citoyens marocains à part entière avec des droits et des obligations. Toutefois, le problème se situe au niveau de l’effectivité des lois visant leur inclusion dans la société ». Idir Ouguindi a enfin relevé qu’une famille sur 4 est concernée par le handicap au Maroc et a appelé les médias « à éviter une image extraordinaire ou misérabiliste des PSH dans leurs contenus, mais à présenter ces personnes en tant que citoyens à part entière ». Cette conférence s’inscrit dans le cadre des « Débats du Jeudi », un cycle de conférences-débats organisés dans le cadre des actions du Comité Parité et Diversité de 2M en faveur de la lutte contre les discriminations et la promotion de l’égalité femme-homme dans les médias. À propos du Comité Parité et Diversité 2MCréé en 2013 à l’initiative de la Direction Générale de 2M, le Comité Parité – devenu Comité Parité et Diversité – a pour mission d’œuvrer pour la parité et l’égalité femmes-hommes, de promouvoir la diversité et le respect de la dignité de la personne, ainsi que de lutter contre toute forme de discrimination. Après avoir réalisé un état des lieux de l’image de la femme dans les médias, il a présenté, le 8 mars 2014, la Charte 2M pour la valorisation de l’image de la femme. En 2020, il a présenté la Charte 2M pour le handicap et publié en 2022, le Manuel pratique de lutte contre les discriminations dans les médias.
Comité Parité et Diversité de 2M: investir pour une meilleure prévention des violences faites aux femmes (Maroc)

Au Maroc, selon les statistiques du Haut-commissariat au Plan (HCP) de 2019, plus de 8 femmes et filles âgées de 15 à 74 ans sur 10 ont subi au moins une violence durant leur vie. Un fléau qui impacte leur santé physique et mentale, engendre des coûts économiques tant pour les victimes que pour la société, soit 2,85 milliards de DH en 2019 et auquel il faut davantage s’attaquer à la source par la prévention pour pouvoir l’éliminer. Pour aborder cette question, le Comité Parité et Diversité de 2M a organisé jeudi 14 décembre une conférence – débat sous le thème « Investir pour prévenir les violences faites aux femmes ». Cette rencontre, qui s’inscrit en étroite ligne avec les « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes » de l’ONU, visait à sensibiliser sur l’importance de l’investissement pour une meilleure prévention des violences faites aux femmes. Elle a été marquée par la participation d’un parterre d’expert(e)s, à l’instar de Salma Tazi, Directrice de la direction de la femme au Ministère de la solidarité, de l’insertion sociale et de la famille; Bouchra Abdou, Directrice de l’Association Tahadi pour l’Egalité et la Citoyenneté (ATEC) ; Aymane Saidi, analyste des programmes à ONU Femmes Maroc et Ahmed Dahmani, Coordinateur du Collectif d’ONG pour la Budgétisation sensible au Genre. Dans son intervention, Salma Tazi a indiqué qu’ « aujourd’hui, le Ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la famille agit sur les mutations sociales et sociétales à travers les 4P, à savoir la Prévention, la Protection, la Prise en charge, la Pénalisation, qui sont la clé pour lutter contre la violence faite aux femmes et pour inscrire dans le quotidien du Marocain et de la Marocaine que nous sommes tous égaux et qu’il faut absolument arrêter ces formes de violence ». De son côté, Bouchra Abdou a évoqué l’importance de financer les associations de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes et souligné que « le financement de ces associations implique d’accélérer l’octroi des fonds et subventions qui leur sont accordés et de simplifier les procédures pour leur permettre d’en bénéficier ». Intervenant sur l’impact socioéconomique des violences faites aux femmes, Aymane Saidi a relevé pour sa part que « l’accès à des comptes bancaires, l’accès au foncier, l’indépendance économique, l’accès à un travail décent sont importants pour permettre à la femme de pouvoir prévenir et échapper à des relations abusives et à des situations d’exploitation. » Quant à Ahmed Dahmani, il a plaidé en faveur de la budgétisation sensible au genre, une démarche « qui prend en compte les évolutions de la société, permet d’affecter les fonds tant aux hommes qu’aux femmes » et favorise un meilleur financement pour la prévention des violences faites aux femmes.À noter que cette conférence-débat s’inscrit dans le cadre des « Débats du Jeudi », un cycle de conférences-débats organisés dans le cadre des actions du Comité Parité et Diversité de 2M en faveur de la lutte contre les discriminations et la promotion de l’égalité femme-homme dans les médias. À propos du Comité Parité et Diversité 2MCréé en 2013 à l’initiative de la Direction Générale de 2M, le Comité Parité – devenu Comité Parité et Diversité – a pour mission d’œuvrer pour la parité et l’égalité femmes-hommes, de promouvoir la diversité et le respect de la dignité de la personne, ainsi que de lutter contre toute forme de discrimination. Après avoir réalisé un état des lieux de l’image de la femme dans les médias, il a présenté, le 8 mars 2014, la Charte 2M pour la valorisation de l’image de la femme. S’en est suivi des actions concrètes visant à améliorer la présence des femmes dans les médias, notamment la mise en ligne du site expertes.ma et Africawomenexperts.com et l’initiation d’ateliers de formation au profit des femmes expertes. Dans le cadre de sa politique de diversité, le Comité organise des conférences-débats sur divers sujets sociaux et apporte son soutien au Forum « Les Panafricaines ».
Comité Parité et Diversité 2M: le harcèlement au travail creuse les inégalités au sein de la société

Dans le cadre du cycle des « Débats du Jeudi », le Comité Parité et Diversité de 2M a organisé, jeudi 22 juin dernier une conférence-débat sur le thème « Harcèlement au travail : dialoguer, agir, prévenir ». Le harcèlement au travail, un fléau dont les conséquences sont préoccupantes, mine les droits fondamentaux des individus et creuse les inégalités au sein de la société. Cette réalité insidieuse entraîne des répercussions dévastatrices sur la santé physique et mentale des victimes, perturbe la dynamique des équipes, entrave la productivité et impacte même l’économie. Toutefois, il est impératif de croire en la possibilité d’un changement et de reconnaître le rôle essentiel de chaque acteur concerné. Cette conférence-débat vise à établir une compréhension commune du harcèlement au travail, en explorant ses différentes manifestations, qu’il s’agisse de harcèlement sexuel, psychologique ou discriminatoire, en passant en revue les obligations légales et éthiques qui incombent aux employeurs, les droits et les recours des victimes, ainsi que les meilleures pratiques pour une gestion efficace des cas de harcèlement. Elle a connu la participation d’un parterre d’experts, notamment Ali Serhani, consultant en Recrutement & Directeur Associé d’un Cabinet de Conseil RH, Nesrine Roudane, avocate au barreau de Casablanca, le psychologue clinicien et psychothérapeute Réda Mhasni, ainsi que Myriem Noussairi, Spécialiste Programmes à ONU-Femmes Maroc. Pour Ali Serhani, la règle de base dans toute situation est d’entendre les deux parties. Il a rappelé que les notions de répétition et d’intention sont clés dans la définition du harcèlement au travail, qui peut être défini comme toute forme de pression qui se fait de manière répétitive avec un objectif malsain. Il a souligné que malgré le fait que l’emploi dans sa perception sociétale passe pour une denrée de plus en plus rare, il n’y a pas lieu de tolérer le harcèlement. Pour sa part, Réda Mhasni a énuméré les impacts et conséquences psychosociologiques du harcèlement au travail sur la victime, sur l’entreprise et le milieu de travail, puis sur la société. Selon lui, si l’on reconnaît déjà que l’on subit un harcèlement au travail, c’est que l’on est à moitié de chemin. Cette prise de conscience qu’on est dans une dynamique de harcèlement est le premier pas vers la prise d’action. Nesrine Roudane, quant à elle, a rebondi sur la prise de conscience qui amène à une prise de parole, tout en soulignant qu’il faut informer, former, et ensuite sanctionner. Elle confirme par ailleurs l’existence d’un cadre légal à cet égard, que ce soit en termes d’articles du Code de travail ou du Code pénal, un cadre qui reste pourtant moins étoffé que celui d’autres pays. Myriem Noussairi est revenue sur la définition donnée par l’Organisation Mondiale du Travail au harcèlement avant d’explorer les bonnes pratiques, les politiques internes et les programmes de formation qui favorisent la prévention du harcèlement et la création d’un climat de travail inclusif, égalitaire et respectueux de la diversité. Cette conférence-débat, comme susmentionné, s’inscrit dans le cadre des « Débats du Jeudi », un cycle de conférences-débats organisés dans le cadre des actions du Comité Parité et Diversité en faveur de la lutte contre les discriminations et la promotion de l’égalité femme-homme dans les médias. A propos du Comité Parité et Diversité de 2M. Créé en 2013 à l’initiative de la Direction Générale de 2M, le Comité Parité – devenu Comité Parité et Diversité – a pour mission d’œuvrer pour la parité et l’égalité femmes-hommes, de promouvoir la diversité et le respect de la dignité de la personne, ainsi que de lutter contre toute forme de discrimination. Après avoir réalisé un état des lieux de l’image de la femme dans les médias, il a présenté, le 8 mars 2014, la Charte 2M pour la valorisation de l’image de la femme. S’en est suivi des actions concrètes visant à améliorer la présence des femmes dans les médias, notamment la mise en ligne du site expertes.ma et l’initiation d’ateliers de formation au profit des femmes expertes. Dans le cadre de sa politique de diversité, le Comité organise des conférences-débats sur divers sujets sociaux, et apporte son soutien au Forum « Les Panafricaines ».