Congo Brazzaville/Augmentation des prix du ciment et bières locales. Le gouvernement joue au tango

Congo Brazzaville/Augmentation des prix du ciment et bières locales. Le gouvernement joue au tango

TRIBUNE. Le gouvernail est-il solidement tenu en ces temps de tensions inflationnistes consécutives à l’augmentation du prix du litre de carburant super de 625 à 775 fcfa? Une question alimentée par les valses- hésitations du gouvernement et l’inquiétante cacophonie observée à la suite de l’augmentation des prix du ciment et des bières locales. Quand le ministre d’Etat, ministre du commerce et des approvisionnements, Claude Alphonse Nsilou, recevant une délégation du patronat le samedi 07 juillet dernier, autorise, selon nos bonnes sources, l’augmentation du prix du ciment et de la bière en disant que le pays n’a pas les moyens de subventionner ni de continuer à exonérer pour maintenir des prix bas, qu’il autorisait la libre fixation des prix dorénavant. Une semaine après, suite aux remous redoutés par cette augmentation, le premier ministre, Anatole Collinet Makosso, marque son étonnement et ordonne que son ministre du commerce et des approvisionnements revienne sur sa décision. En clair, un jour impair, Nsilou autorise « officieusement » l’augmentation des prix du ciment et de la bière. Un jour pair, Makosso demande à Nsilou de faire surseoir l’application des tarifs annoncés par les industriels. Comme on le constate, les industriels ont donc agi avec l’onction du gouvernement. Selon nos informations, le cas Dangote, bénéficiaire d’une exonération du paiement des droits de péages sur la nationale 1 pour maintenir les prix bas, est assez illustratif du manque de respect des engagements du gouvernement congolais. La facture annuelle de 400 millions de fcfa (seulement) représentant le paiement des péages que doit supporter le gouvernement auprès de La Congolaise des Routes (LCR) ne serait plus payée depuis un an! Conséquence, Dangote doit se conformer aux exigences de paiement des péages. Ce qui constitue un surcoût qu’il faut faire répercuter sur le prix de vente du sac de ciment hors usine. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier, Brazzaville Congo

Congo Brazzaville/Commerce. Les prix bloqués de Nsilou risquent de bloquer les importations

Congo Brazzaville/Commerce. Les prix bloqués de Nsilou risquent de bloquer les importations

OPINION. L’arrêté du ministre d’Etat, ministre du commerce, des approvisionnements et de la consommation, Claude Alphonse Nsilou, fixant les prix plafonds des produits alimentaires de base importés est un mirage qui risque, si l’on n’y prend garde, de créer des pénuries dans les jours à venir, au point de créer des remous sociaux. Enquête. Entre 6 et 8% d’exonération douanière accordée par l’Etat aux importateurs des produits alimentaires de base au Congo. C’est la contribution du gouvernement dans la lutte contre la vie chère dans un pays où les importations des produits alimentaires absorbent annuellement plus de 700 milliards de fcfa. Un mirage qui se heurte malheureusement au blocage des prix de vente que le ministère du commerce a établi de manière unilatérale. Conséquence, les prix plafonds des produits alimentaires de base importés font ressortir des réductions comprises entre 10 et plus de 30%! « Inacceptable perte! » S’en plaignent des importateurs, grossistes et détaillants interrogés à Pointe-Noire. Le ministre d’Etat, ministre du commerce, Claude Alphonse Nsilou, et son collègue des finances et de l’économie, Jean Baptiste Ondaye, ont-ils associé les patronats congolais dans le cadre de l’élaboration de la stratégie visant à endiguer l’inflation, sur le marché congolais, des produits alimentaires de base importés? « Nous avons exploité les données disponibles à la direction du commerce extérieur », se justifie, sous couvert d’anonymat, un cadre du ministère du commerce, des approvisionnements et de la consommation. La limite de cette décision gouvernementale : les droits de douane, avant exonération, ne comptaient que pour moins de 5% dans le coût total des produits alimentaires de base importés. Par conséquent, « L’incidence de la quasi annulation de ces droits est donc très minime », fait observer un expert en commerce international. La mesure d’exonération n’agit pas sur les autres éléments de la structure du prix de revient, pour qu’il y ait un impact significatif, notamment l’ acconage, le magasinage, les surestaries, les fluctuations du dollar et frais de transfert, etc. Un exemple, les prix homologués de certains produits entre Dolise et Nkayi sont quasiment les mêmes, alors que s’ y ajoutent les facteurs du coût de transport et des péages routiers sur la nationale 1. Les marges entre Brazzaville et Pointe-Noire ,bien insignifiantes, n’intègrent pas les péages routiers. Sur le terrain, les importateurs étrangers, grossistes et détaillants congolais ne peuvent pas respecter les prix homologués.  » Ces prix sont asphyxiants pour nous », dénonce, visage plissé, un jeune grossiste de Dolisie. Fixé à 900 fcfa, le poulet congelé se vend toujours sous la cape entre 1450 et 1650 fcfa. Le quotidien, pour le consommateur final (le congolais lambda), n’a donc pas changé, puisque les prix réels restent inchangés, même si les agents du commerce se complaisent à afficher les prix officiels devant les chambres froides. Structuration et identification des principaux acteurs du marché des produits alimentaires importés Les gros importateurs des congelés, une douzaine répertoriée par nos soins, CMP (Libanais), Prima market (Libanais), Sundeep (Indien), Régal (Indien), Scac (Libanais), Saico (Chinois), Lc c (Camerounais), Foberd (Camerounais), Top Chine (Indien), Codis/Supermarket (Malien-Congolais), Jonhy(Libanais), Inalca (Italien), Igloo(Libanais), qui vient de racheter la française Guenin, travaillent en étroite collaboration avec des grossistes congolais dont dépendent des détaillants congolais. Tous subissent quotidiennement les contrôles des agents du ministère du commerce. Amendes et bakchichs motivent plus ces contrôleurs. « Sur la chaîne de distribution importateurs-grossistes-détaillants, les congolais occupent la 2ème et la 3ème marche. Ils sont les plus faibles économiquement et souffrent donc le plus. « Quand la petite boucherie du quartier donne 25000 fcfa, comme bakchich aux agents du commerce, afin que je vende au prix qui me permet de gagner, c’est énorme! », s’en plaint Roger, un détaillant congolais au marché Fond Tié Tié, à Pointe-Noire. De leur côté, certains importateurs, qui disent tourner à perte, menacent de suspendre les importations aussitôt qu’ils auront épuisé les stocks actuels. Tant pis pour les pénuries qui risquent de déboucher sur une grogne sociale, surtout à Pointe-Noire, la frondeuse! Il est vraiment temps que le ministre du commerce, les importateurs et autres acteurs du secteur puissent s’assoir pour déboucher sur une mesure moins cosmétique. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier