Centrafrique : l’UPC et le 3R officialisent la dissolution de leurs mouvements armés

Centrafrique : l’UPC et le 3R officialisent la dissolution de leurs mouvements armés

Le gouvernement centrafricain a officialisé ce 10 juillet, à Bangui, la dissolution des groupes armés UPC et 3R. Cette décision découle de l’accord de cessez-le-feu signé le 19 avril sous médiation tchadienne. Elle marque l’entrée en vigueur des principales clauses, dont la fin des activités de ces groupes dans le pays. La cérémonie s’est ouverte par l’engagement des deux chefs de groupes armés, avec la remise symbolique de deux armes de guerre, marquant leur volonté de renouer avec la paix. Cette rencontre, d’intérêt stratégique et national pour le gouvernement, est l’occasion de célébrer et de concrétiser l’accord du 19 avril à N’Djamena, au Tchad. « Nous sommes ici pour répondre à l’appel de la République. Il y a un adage qui dit qu’il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix. Aujourd’hui, nous répondons à l’appel de la paix. En tant que leader du mouvement 3R, je vous assure que je respecterai tous les engagements pris », a déclaré Abdel Kader Sembé Bobo, chef du groupe 3R. De son côté, Ali Darassa, chef de l’UPC, affirme qu’il n’y aura pas d’autre accord, signe de son engagement réel pour une paix durable. Selon lui, la paix n’a pas de prix : « Je déclare devant vous et devant toutes les opinions nationales et internationales que nos engagements pour la paix sont sincères et totaux. Il n’y a pas de retour en arrière possible. » Des engagements forts, fruits d’un long processus soutenu par le président tchadien et ses partenaires. Témoin du processus, Valentine Rugwabiza, cheffe de la Mission des Nations unies en Centrafrique, salue cette résolution. « Votre décision de déposer les armes et d’embrasser la paix est un acte de courage. C’est un renoncement à la confrontation armée, un choix en faveur de la reconstruction et de la réconciliation, pour bâtir un avenir commun dans la prospérité et la paix, qui doit désormais se consolider », s’est-elle félicitée. Présidant cette cérémonie, le Chef de l’État, Faustin Archange Touadéra, a réaffirmé sa détermination à pacifier le pays : « Les réengagements de l’UPC et des 3R, liés à l’APPR, concernent notamment l’unité nationale, le respect des valeurs républicaines, la cessation immédiate des hostilités, la renonciation définitive aux armes, et la remise de celles-ci au gouvernement dans le cadre du processus de DDRR, … cela redonne espoir au peuple centrafricain. » Les dirigeants des groupes 3R et UPC ont exprimé le souhait d’une prise en charge sérieuse de leurs membres après le désarmement. Les autorités ont assuré que le processus de désarmement débutera dans les jours à venir dans la Ouaka, où les hommes de l’UPC seront désarmés. Radio Ndeke Luka

Centrafrique : le BRDC pose encore ses conditions pour participer aux prochaines élections

Centrafrique : le BRDC pose encore ses conditions pour participer aux prochaines élections

À l’approche des élections, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC) réclame un dialogue avec le président Touadéra. Cette plateforme de l’opposition prévient qu’elle ne participera à aucun scrutin sans réformes et met en garde contre un vide constitutionnel. À quelques mois des échéances électorales prévues avant la fin de l’année en République centrafricaine, le BRDC a appelé à la tenue d’un dialogue politique avec le président Faustin-Archange Touadéra. Pour cette plateforme, ce dialogue constitue un préalable incontournable à toute perspective électorale, dans un contexte marqué par des retards et une crise de confiance autour de l’Autorité nationale des élections (ANE). Des retards jugés critiques dans les préparatifs électoraux Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 4 juillet 2025 à Bangui, le BRDC a dressé un tableau préoccupant de l’état d’avancement du processus électoral. « Nous en sommes aujourd’hui à plus de cinq changements successifs du calendrier électoral, et le dernier en date prévoyant les élections locales le 31 aout 2025, n’est plus d’actualité », a critiqué Martin Ziguélé, porte-parole du BRDC. Cette plateforme de l’opposition démocratique a aussi dénoncé le retard dans la publication des listes électorales provisoires : « Les listes électorales, dont les opérations de lancement ont commencé en septembre 2024 ne sont pas encore disponibles à ce jour même à titre provisoire, malgré plus de 6 milliards de francs CFA injectés pour leur établissement », dit-il. Les membres du BRDC s’inquiètent aussi de l’absence de données provenant de 717 centres de recensement, non intégrées dans les systèmes de l’Autorité nationale des élections (ANE). Pour eux, ces lacunes techniques et logistiques compromettent la qualité, la fiabilité et l’intégrité du fichier électoral, rendant la tenue d’élections crédibles impossible dans les délais constitutionnels. Refonte de l’ANE et du Conseil constitutionnel Le BRDC met en cause « l’incapacité » de l’Autorité nationale des élections à organiser des scrutins « démocratiques, transparents et acceptables », et appelle à une réforme profonde de l’institution devenue, selon lui, « structurellement défaillante ». Le collectif plaide également pour une réforme du Conseil constitutionnel, qu’il accuse de fonctionner sous l’influence du pouvoir exécutif. Le BRDC considère que les institutions en charge du processus électoral sont, dans leur état actuel, inféodées au régime en place, et incapables d’assurer un scrutin démocratique, transparent et accepté de tous. « Face à un constat d’échec désormais partagé, faisant état de l’impossibilité de la tenue des élections en décembre prochain, le BRDC réitère ses exigences suivantes : la profonde réforme de l’ANE en tirant toutes leçons des dysfonctionnements constatés et la réforme du Conseil constitutionnel ». Le BRDC affirme que ses inquiétudes sont partagées par des partenaires internationaux. Il cite notamment l’expert indépendant des Nations Unies, Yao Agbetse, ainsi que les États-Unis, qui lors d’un briefing du Conseil de sécurité de l’ONU le 30 juin dernier, ont appelé à un dialogue politique inclusif en Centrafrique et exprimé des doutes sur la capacité de l’ANE à organiser les élections. Un dialogue politique avec le président Touadéra comme condition Dans ce climat de méfiance et de tensions, le BRDC annonce qu’il ne participera à aucun scrutin sans la tenue d’un dialogue politique avec le président Touadéra. Le collectif estime que ce dialogue est la seule voie de sortie de crise, susceptible de permettre des ajustements consensuels du chronogramme électoral et d’éviter le vide constitutionnel. « Ce dialogue doit permettre de trouver des solutions aux blocages actuels et de restaurer les fondements de la démocratie en Centrafrique », a martelé Martin Ziguélé. Selon lui, il est déjà clair que les élections générales ne pourront pas se tenir dans les délais, et toute tentative de les maintenir sans réforme mènerait à une crise institutionnelle. Le gouvernement doit démissionner En ouverture de leur déclaration, les responsables du BRDC ont observé une minute de silence en mémoire des élèves morts lors du drame du lycée Barthélémy Boganda, survenu le mercredi 25 juin 2025 à Bangui. Sans attendre les conclusions d’une enquête, le collectif tient le gouvernement pour responsable de ce qu’il qualifie de « cynisme criminel » et exige sa démission immédiate. Le BRDC dénonce également les violences et arrestations contre des leaders de la société civile dans les jours qui ont suivi ce drame. Pour eux, ces actes sont révélateurs d’une dérive autoritaire du régime en place. Radio Ndeke Luka

Centrafrique : le diocèse de Bangassou s’inquiète de la situation sécuritaire dans le Haut-Mbomou

Centrafrique : le diocèse de Bangassou s’inquiète de la situation sécuritaire dans le Haut-Mbomou

Dans une lettre publiée le 5 juin, les évêques de Bangassou alertent sur la situation critique dans le Haut-Mbomou. Depuis fin avril, cette région du sud-est centrafricain est en proie à de violents affrontements, opposant la milice A Zandé Ani Kpi Gbé aux Forces armées centrafricaines (FACA), soutenues par leurs alliés russes. Les combats, qui ont particulièrement touché les localités de Zémio, Mboki et Djemah, ont fait réagir les évêques qui, dans leur message, évoquent « des dizaines de morts » parmi les civils et les forces de sécurité. Plusieurs villages ont été incendiés. « Des cas de tortures, d’exécutions sommaires et de violences extrêmes ont également été signalés », déplorent les évêques. Face à cette escalade, des milliers de personnes ont été contraintes de fuir. Une partie a trouvé refuge en République Démocratique du Congo (RDC), tandis que d’autres se sont installés dans des missions catholiques de Zémio, de Mboki et de Obo. Les responsables religieux dénoncent une spirale de violences dans une région historiquement marginalisée, livrée aux groupes armés depuis des décennies. « Le Sud-Est pleure depuis des décennies », écrivent-ils, rappelant les exactions successives de la LRA, de la Séléka, puis aujourd’hui de la milice A Zandé Ani Kpi Gbé. Ce groupe, pourtant créé pour défendre les populations contre les groupes armés comme l’UPC, « risque aujourd’hui de devenir un danger pour la population elle-même », avertissent les évêques. Dans leur lettre, les évêques lancent un appel solennel à toutes les parties prenantes, miliciens, forces régulières, étrangères et population locale, à mettre fin aux violences et à s’engager dans un processus de paix. « Ce n’est pas avec la violence que la violence cessera », tempêtent-ils, redoutant un cycle de haine, de méfiance et de vengeance. L’Église catholique réaffirme enfin sa disponibilité à accompagner le dialogue. « Nous sommes prêts à accueillir tous ceux qui ont de la bonne volonté autour d’une table de discussion, pour œuvrer ensemble à la paix, à la réconciliation et au développement », conclut la lettre signée par les évêques de Bangassou. Radio Ndeke Luka

Centrafrique : une nouvelle relance pour la Commission vérité

Centrafrique : une nouvelle relance pour la Commission vérité

Après onze mois de break pour limogeage des anciens commissaires, la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR) relance ses activités. Après leur désignation, les onze nouveaux commissaires ont prêté serment, jeudi 10 avril à la Cour d’appel de Bangui. La cérémonie a débuté par la lecture faite par le greffier, du décret entérinant la désignation des onze nouveaux membres de la CVJRR. En présence du ministre d’État à la Justice et sa collègue de l’Action humanitaire, les nouveaux commissaires ont prêté serment, officialisant ainsi leur prise de fonction. Occasion pour le 2ème avocat général près la Cour d’appel de Bangui de les appeler à plus de responsabilité. « Ne vous laissez pas emporter par des intérêts égoïstes » « Vous embrassez, par cette occasion, le début d’une nouvelle carrière. C’est pourquoi vous devez, dès ce début, soigner votre image ; vous faire distinguer par le travail dans la rigueur et l’assiduité. N’oubliez jamais que la carrière professionnelle se gère. Ne vous laissez pas emporter par des intérêts égoïstes au point de la briser prématurément comme vos devanciers », a appelé Donatien Maïssemo, 2ème avocat général près la Cour d’appel de Bangui. Arnaud Yaliki, un des nouveaux membres de la CVJRR, mesure déjà le poids de la mission qui leur est confiée. « Le 1er défit est lié aux mandats de toutes les commissions vérité à travers le monde. Le 2nd défi est que la population, les autorités, les organisations de la société civile et les partenaires attendent beaucoup de nous ; vu les zones d’ombre qui ont entouré la 1ère équipe » a-t-il indiqué. Pour le gouvernement, la mission assignée à cette commission est de raffermir la paix et la stabilité. « Poursuivre l’œuvre » « C’est un plaisir pour nous de prendre part à la prestation de serment des nouveaux membres de la CVJRR. Ils vont bientôt entrer en fonction afin de poursuivre l’œuvre de la réconciliation et de la justice dans notre pays. Il s’agit d’une mission très importante pour la paix et la stabilité en République centrafricaine », a indiquéArnaud Djoubaye Abazène ministre d’État en charge de la Justice. Nommés par décret présidentiel, le 21 mars dernier, ces nouveaux commissaires remplacent les anciens membres, destitués le 3 mai 2024 pour « mauvaise gestion, déficit de management et manque de professionnalisme ». Ces nouveaux membres, issus de la société civile, du barreau de Centrafrique, des organisations de victimes et de la jeunesse, termineront le mandat de l’équipe sortante qui restait deux ans, et continueront leurs missions, celles d’enquêter, d’établir la vérité et de situer les responsabilités sur les crises politico-militaires qui secoué la République centrafricaine entre 1959 et 2019. Radio Ndeke Luka

Centrafrique : le président Touadéra prend acte de la demande de dialogue formulée par le BRDC

Centrafrique : le président Touadéra prend acte de la demande de dialogue formulée par le BRDC

Le président Faustin-Archange Touadéra dit avoir pris acte de la demande de dialogue formulée par le Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC). Il l’a indiqué à l’occasion du 9ème anniversaire de son accession à la magistrature suprême le 30 mars dernier. Face aux tensions politiques croissantes entre le gouvernement et l’opposition, à quelques mois des élections groupées de décembre 2025, le chef de l’État tente de détendre l’atmosphère politique. Plusieurs mois après les demandes répétées du BRDC pour l’organisation de pourparlers avant les élections, Faustin-Archange Touadéra dit avoir pris acte de la volonté des leaders de l’opposition de tenir un dialogue. « J’ai pris en considération les préoccupations d’une partie de l’opposition démocratique, à savoir le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), qui a sollicité l’organisation d’un dialogue politique. L’objectif de ce dialogue, je cite, est d’explorer les pistes de solutions susceptibles de garantir la tenue des prochaines élections générales dans des conditions d’inclusivité et de transparence, et dans le strict respect des délais légaux, afin d’éviter, entre autres, une crise électorale aux conséquences inévitables », a-t-il déclaré. Bien qu’il prenne acte de cette demande, le président Touadéra souligne que celle-ci comporte des éléments de menace potentielle pour la stabilité des institutions du pays et redemande au BRDC de repréciser les contours, les contenus et les thématiques du dialogue voulu. « En dépit des menaces à peine dissimulées d’une nouvelle déstabilisation du pays contenues dans la correspondance, j’ai pris acte de cette demande, convaincu qu’elle n’a pas pour objectif de saper la paix, la stabilité et la souveraineté du pays, durement acquises par le peuple centrafricain avec le soutien actif de la communauté internationale, après des années de crises sanglantes. Tout en saluant cette démarche comme un pas important vers le retour dans la République, nous avons saisi le BRDC d’une demande tendant à la précision sur le contenu, les contours structurels, et les thématiques du dialogue politique sollicité, afin d’en aviser », a conclu le président de la République. Les sujets à aborder et la date du dialogue restent à préciser, tandis que le BRDC prévoit d’organiser une marche pacifique le 4 avril prochain pour exprimer son opposition au troisième mandat du président Touadéra. Radio Ndeke Lika

Centrafrique : des crises liées d’électricité et d’eau à Bangui

Centrafrique : des crises liées d’électricité et d’eau à Bangui

Le ministre de l’Énergie a effectué une visite, le 17 mars, sur le site de pompage d’eau et celui de production d’électricité. Sa descente intervient au moment où la pénurie d’eau et les fréquentes coupures d’électricité frappent plusieurs quartiers de Bangui et ses environs depuis plusieurs jours. Accompagné de son équipe, le ministre Bertrand Arthur Piri a effectué cette descente sur le terrain afin de comprendre les causes de cette crise d’eau potable. La station de pompage, qui dépend en grande partie des pompes électriques pour alimenter les réservoirs d’eau de la ville, rencontre des difficultés majeures. Selon les premiers constats, les coupures régulières d’électricité perturbent l’approvisionnement en eau. Lorsque l’électricité est coupée, les pompes ne fonctionnent pas correctement, ce qui entraîne une réduction du débit d’eau, voire des pénuries dans plusieurs quartiers. « Notre principal problème réside dans la capacité à pomper l’eau de la rivière vers la station de pompage, en raison des coupures électriques. Tant que nous n’aurons pas trouvé une solution à ce problème, il nous sera difficile d’assurer un approvisionnement régulier pour les ménages », a déclaré Montassar Chebili, coordonnateur du Programme sectoriel eau et assainissement (PSEPA). Les pompes d’eau étant totalement dépendantes de l’électricité, les coupures fréquentes perturbent la distribution d’eau. De son côté, l’Energie centrafricaine (Enerca) indique que ses services techniques sont à pied d’œuvre pour apporter des solutions. « Bien que nous ayons réparé la panne à la station de Gobongo, il y a encore deux unités à l’arrêt pour des travaux de maintenance au niveau de la production à Boali. Nous allons remettre en service le groupe électrogène de Boali 2 cette semaine pour pallier le problème », a indiqué Thierry Patient Bendima, directeur général de l’Enerca. La crise de l’eau à Bangui est donc intimement liée aux coupures récurrentes d’électricité. En attendant qu’une solution durable soit trouvée, la population continue de souffrir, et la pression sur les autorités publiques ne cesse de croître. Radio Ndeke Lula

Centrafrique : pas d’eau courante, calvaire des ménages à Bangui

Centrafrique : pas d’eau courante, calvaire des ménages à Bangui

Les habitants de nombreux quartiers de Bangui peinent à s’approvisionner en eau potable ces derniers temps. C’est le cas de la Cité Jean 23, située dans le Nord de la capitale. Moins de 5 forages servent plusieurs milliers d’habitants de ce secteur.  Trouver le liquide précieux est devenu un véritable parcours du combattant. A Bangui, tous les jours, les hommes, femmes et enfants transportent des bidons, certains dans des pousse-pousse, d’autres attachés à l’aide d’une corde en bandoulière et partent à la recherche d’eau potable. A la Cité Jean 23, dans le 4e arrondissement, au bord de l’unique point d’eau qui sert plus de 12 000 habitants, Winnie, qui attend son tour pour puiser de l’eau, ne cache pas sa colère. « Nous avons beaucoup de problème d’eau à la Cité Jean 23, on se lève entre minuit et 1h pour chercher de l’eau. Nous dormons dans le froid et il y a beaucoup de vol de bidons ici. Depuis très longtemps, le réseau de la Sodeca [Société de distribution d’eau en Centrafrique] ne fonctionne pas dans notre quartier. Le gouvernement doit nous trouver de solution à ce problème d’eau », tempête cette mère au foyer. À environ deux kilomètres de ce forage, se trouve une autre fontaine qui fonctionne à base d’électricité. L’absence du courant électrique ces derniers jours oblige le propriétaire du forage à utiliser un groupe électrogène. Et le prix d’un bidon de 25 litres passe de 25 à 50 francs CFA. Julie, une femme allaitante explique son calvaire. « Nous sommes dépassés par ce problème d’eau ici à la Cité Jean 23. J’ai quitté le lycée Gobongo pour venir chercher de l’eau à Boyrabe. Imaginé, je suis obligée de laisser mon bébé avec ses frères, mais qui va prendre soin de lui correctement ?», s’interroge-t-elle. Le manque exagéré d’eau à Bangui, pousse certains habitants à s’investir dans la création de forage. C’est le cas de Barnabé Bénam, propriétaire d’une fontaine qui se plaint du manque d’électricité qui perturbe son commerce. « Par le passé, j’exerçais le métier de l’élevage, mais vu la souffrance de la population de ma localité, j’ai décidé de construire un forage. Mais le manque d’électricité crée encore un autre problème et je suis obligé de démarrer un groupe électrogène et du coup mon rendement est réduit », explique-t-il. Selon les autorités locales, des projets de construction de points d’eau potables n’ont jamais ciblé leur zone. Serge Bassala, Secrétaire général du quartier Cité Jean 23 : « Il n’y a qu’un seul forage pour 12.000 habitants, ça ne suffit pas. Même la Minusca nous a promis, de nous construire des points d’eau mais jusqu’à aujourd’hui, rien n’est fait ». L’opposition critique l’inefficacité du gouvernement Anicet Georges Dologuélé, chef de file de l’opposition lui aussi, n’est pas resté silencieux face au manque d’eau potable qui touche plusieurs quartiers de Bangui. Selon lui, cette crise souligne l’inefficacité du gouvernement à garantir des services essentiels à la population. « Je suis très malheureux de voir les files de brouette avec de bidons jaunse à la recherche d’eau. Et c’est des petits enfants qui se lèvent tôt, pour aller chercher de l’eau alors qu’ils ne vont pas aller à l’école. La population est délaissée et elle s’organise pour survivre alors que c’est le gouvernement qui devrait prendre soin de sa population ». En cette saison sèche, presque tous les quartiers de Bangui manquent d’eau potable. Certains habitants sont obligés de parcourir des kilomètres pour s’en approvisionner. Face à cette situation, les populations appellent les autorités à résoudre d’une manière efficace ce problème. Radio Ndeke Luka

Centrafrique : plus de 9.500 ex-combattants rebelles désarmés et démobilisés depuis 2019

Centrafrique : plus de 9.500 ex-combattants rebelles désarmés et démobilisés depuis 2019

Plus de 7.000 combattants ont été désarmés et démobilisés et près de 2.500 dissidents provenant des groupes armés ayant appartenu à la Coalition des patriotes pour le changement ont été désarmés depuis 2019 dans le cadre du processus Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR), a annoncé jeudi le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Il a fait cette annonce lors de la célébration du 6e anniversaire de la signature de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR) entre le gouvernement et les groupes armés. Selon lui, les résultats obtenus depuis le 6 février 2019 étaient très significatifs, grâce à la mise en œuvre de l’APPR avec les opérations de DDRR. Parmi les combattants démobilisés, plus de 3.000 ont été formés et réintégrés dans divers secteurs d’activités socio-économiques et plus de 1.000 autres dans les Forces de défense et de sécurité, après avoir subi une sélection rigoureuse avec le concours de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), a ajouté M. Touadéra. « La MINUSCA, à travers les projets de la réduction des violences communautaires, a contribué à la collecte de plus de 20.000 armes de tous calibres et la mise en place des formations dans divers domaines socio-économiques au profit des bénéficiaires cibles que sont les communautés et les groupes vulnérables. Ces derniers contribuent à l’équilibre de leurs milieux de vie respectifs », a-t-il rappelé. Le président centrafricain a précisé que sur les armements recueillis, 2.562 armes de guerre jugées fonctionnelles ou réparables l’ont été via des opérations de désarmement menées sous la houlette du ministère de la Défense nationale et de la Reconstruction de l’Armée. Xinhua