RDC/GOMA : Les contours d’une catastrophe naturelle …

RDC/GOMA : Les contours d’une catastrophe naturelle …

TRIBUNE. Suite aux observations géologiques de nos scientifiques, trois phénomènes risquent de faire suite à l’éruption volcanique qui a commencé à cracher les laves sur Goma et environs depuis la semaine dernière. 1. La sismicité répétitive de la terre. Nonobstant l’éruption volcanique survenue il y a quelques jours, une grande quantité d’intensité est encore observée dans le volcan Nyirangongo. Ce qui fait et fera trembler régulièrement la terre tel qu’on le voit depuis deux jours. Rien que ce mardi 25 mai, entre 7 heures et 11 heures, on a pu enregistrer 54 tremblements de terre. Et ce, avec des grands dégâts matériels sur les habitations et les infrastructures publiques. 2. La libération consécutive du gaz méthane. Il est connu de tous que le lac Kivu est l’un des rares lacs au monde considérés comme méromictiques, c’est-à-dire renfermant de très fortes concentrations de gaz (dioxyde de carbone et méthane notamment), produits par l’activité volcanique de la région et la décomposition des matières organiques. Si cette sismicité arrivait à toucher les profondeurs techtoniques du lac Kivu, il faudra craindre ce risque de provoquer la libération du gaz méthane très toxique voire mortel pour les populations humaines et les espèces des poissons lacustres. Pour vous donner une idée de la dangerosité de ce gaz, je vous prie de vous rappeler ce qui était arrivé au Cameroun en 1986. Le gaz libéré par le lac Nyos, au Cameroun, avait ainsi tué par asphyxie plus de 1 700 personnes, dans un périmètre de 25 kilomètres. La réserve mille fois plus grande de méthane dans le lac Kivu peut mettre en péril la vie de 600.000 habitants de Goma et les 2 millions autres résidant dans les localités et citées autour de ce lac. 3. L’imminence d’une seconde éruption volcanique. La quantité d’énergie restante du volcan est tellement importante que le processus même d’une autre éruption est quasi enclaché aussitôt que finit la première éruption. Vu la grande réserve énergétique, le temps que mettra une chambre magmatique à se remplir est estimé de très courte durée. Je ne couche pas ces lignes pour créer inutilement la panique générale. Il y en a déjà assez chez nos compatriotes de l’Est. Ce sont juste là des données scientifiques à prendre en considération par l’Executif de la République en vue de pouvoir anticiper sur les événements en prenant des mesures importantes pour limiter les dégâts collatéraux. Ensemble nous vaincrons! Par Germain Nzinga