Alger et Berlin conviennent de renforcer leur partenariat dans l’hydrogène vert

L’Algérie et l’Allemagne ont signé jeudi une déclaration d’intention commune visant à établir un groupe de travail bilatéral axé sur le développement de l’hydrogène en améliorant les conditions réglementaires pour les études, la production, le stockage, le transport et la commercialisation de l’hydrogène vert. La déclaration a été signée par le ministre algérien de l’Énergie et des Mines, Mohammed Arkab, et le vice-chancelier allemand et ministre fédéral de l’Economie et du Climat, Robert Habeck. Cette collaboration vise à stimuler les investissements dans l’hydrogène dans les secteurs public et privé des deux pays. « Nous considérons l’hydrogène comme une pierre angulaire stratégique, qui positionnera notre pays comme un acteur régional clé, s’inscrivant dans nos engagements climatiques et notre programme de transition énergétique », a déclaré M. Arkab. « En collaboration avec nos partenaires allemands, nous menons une étude de projets expérimentaux scientifiques englobant l’ensemble de la chaîne de valeur de la production d’hydrogène, » a-t-il poursuivi. L’Algérie a l’ambition de devenir un important producteur d’hydrogène et d’exporter 10% des besoins de l’Union européenne d’ici 2040. MM. Arkab et Habeck ont également supervisé la signature d’un contrat commercial entre le groupe énergétique algérien Sonatrach et allemand VNG pour la fourniture de l’Allemagne en gaz naturel algérien. En outre, un protocole d’accord a été signé entre l’entreprise publique algérienne chargée de la distribution de gaz et d’électricité Sonelgaz et l’Association allemande de l’industrie de l’énergie solaire. Il vise à faciliter la fabrication locale et l’intégration d’équipements d’énergie solaire. M. Habeck est arrivé mercredi à Alger à la tête d’une importante délégation composée de responsables du secteur économique et des groupes énergétiques allemands. Il a été reçu jeudi par le président Abdelmadjid Tebboune.

G20-CwA 2023 : à Berlin, le Président Faure Gnassingbé lance un appel en faveur de l’accès à l’énergie durable en Afrique

G20-CwA 2023 : à Berlin, le Président Faure Gnassingbé lance un appel en faveur de l’accès à l’énergie durable en Afrique

Le Président Faure Essozimna Gnassingbé, les dirigeants de pays africains réformateurs, le Chancelier allemand et les investisseurs européens se sont réunis ce 20 novembre 2023 à Berlin, pour le 4ème Sommet G20 Compact with Africa (G20-CwA). La conférence qui se tient dans un contexte de crises diverses et multiformes, mais avec une reprise soutenue de l’économie africaine durement éprouvée par la Covid-19 et les tensions à l’est de l’Europe, vise à développer des partenariats public-privés aux bénéfices mutuels et durables. Invité d’honneur du panel consacré à l’approvisionnement en énergie et aux opportunités de commerce et d’investissement dans les marchés émergents africains, le Président Faure Gnassingbé a posé un diagnostic sans complaisance de la disponibilité des énergies sur le continent, notamment dans sa partie sub-saharienne. Il a relevé les contraintes pour un accès équitable aux énergies durables, en insistant sur l’augmentation de la demande, la pression démographique et l’insuffisance d’infrastructures de production. « Sur le continent, l’accès à l’énergie durable est l’un des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Et cela est dû d’abord à la demande, mais aussi à la pression démographique. Nous avons besoin de cette énergie, nous avons aussi besoin d’infrastructures en matière de production, de transport et de distribution qui restent encore insuffisantes », a-t-il expliqué. Le Président de la République est revenu sur la situation énergétique au Togo. Outre le manque de financements disponibles qui est commun à presque tous les pays africains, il a évoqué des contraintes relatives surtout à l’inégale répartition des ressources disponibles entre les zones urbaines et rurales. « Dans les pays africains, nous avons un taux d’accès relativement élevé dans les zones urbaines par rapport aux zones rurales où le taux est très bas. Au Togo, nous sommes à 66% d’accès à l’électricité en ville contre 27% dans les zones rurales. Dans ces zones, c’est la biomasse qui est utilisée pour les besoins de la vie quotidienne, or c’est une source de pollution du point de vue environnemental », a souligné le chef de l’État. Pour remédier à ces situations, le Président Faure Gnassingbé a invité les pays africains notamment les États membres du G20-Compact with Africa à renforcer les capacités d’investissement du secteur public et à créer des opportunités pouvant servir de levier aux investissements privés. Des paroles aux actes Le chef de l’État a également lancé un appel aux partenaires allemands et multilatéraux à impliquer davantage le secteur privé dans le financement des projets énergétiques, à orienter beaucoup plus les investissements vers l’adaptation au changement climatique et à concrétiser les engagements pris pour une bonne transition énergétique, à l’exemple du G20 Compact with Africa. « Nous devons nous préparer à nous adapter au changement climatique. Les Nations comme l’Allemagne et les avancées faites dans le cadre de l’initiative G20 Compact with Africa doivent guider la communauté internationale à passer des paroles aux actes. Nous devons passer à la vitesse supérieure » a-t-il poursuivi. Le Président Faure Essozimna Gnassingbé a félicité le Chancelier allemand pour l’organisation du 4ème Sommet G20 Compact with Africa (G20-CwA) qui offre l’occasion de repenser le partenariat entre le G20 et les pays africains, notamment dans le secteur des énergies renouvelables. Après cette cérémonie d’ouverture, le Président de la République s’est rendu à la Chancellerie fédérale pour assister aux à la Conférence des chefs d’État et de gouvernement du Compact with Africa. Les travaux portent cette année sur les mécanismes de renforcement de la coopération économique, de promotion des investissements du secteur privé et l’intensification de la coopération dans le secteur énergétique. Le G20 Compact with Africa (G20-CwA) est un cadre de coopération étroit avec des partenaires africains engagés sur la voie des réformes pour atteindre un objectif commun, celui d’améliorer le cadre économique des États membres afin d’augmenter les investissements étrangers privés dans ces pays. Le Togo a adhéré cette initiative en 2018, un an après son lancement par la République fédérale Allemagne.

Lac Tchad : la crise humanitaire reste grave, rappelle l’ONU à Berlin

Lac Tchad : la crise humanitaire reste grave, rappelle l’ONU à Berlin

Malgré les progrès récemment enregistrés, 10 millions de personnes vivant dans les pays de la région du lac Tchad ont besoin d’une assistance vitale quotidienne, ont alerté lundi de hauts responsables onusiens à Berlin. « Il y a toujours une grande crise humanitaire », a déclaré le Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies (OCHA), Mark Lowcock, au premier jour de la Conférence de haut-niveau sur la région du lac Tchad organisée à Berlin, en Allemagne. « (Elle) n’est pas terminée malgré les progrès accomplis ». « Les causes sous-jacentes de la crise sont enracinées dans une forte inégalité ; ce qui est perçue comme une injustice sociale ; un manque de services sociaux ; une marginalisation historique ; des opportunités économiques insuffisantes ; des niveaux élevés de pauvreté et l’impact du changement climatique et de la dégradation des terres », a expliqué de son côté son collègue Achim Steiner, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). L’action humanitaire dans le bassin du lac Tchad – une région à cheval sur le Cameroun, le Niger, le Nigéria et le Tchad – n’est pas chose facile. De nombreuses zones restent inaccessibles en raison des activités du groupe terroriste Boko Haram, a dit le chef d’OCHA. « L’insurrection de Boko Haram et les dynamiques des conflits ont encore accru la vulnérabilité des populations. Elles perturbent l’agriculture, la pêche et les moyens de subsistance des peuples pastoraux, la liberté de mouvement, le commerce et la gouvernance locale », a dit M. Steiner. Pour M. Lowcock, « au cœur de cette crise humanitaire se trouve une crise de protection », citant les nombreux enlèvements, tueries, utilisations d’enfants comme bombes humaines, les violences sexuelles et sexistes. « Toutes ces choses continuent à un rythme alarmant », a t-il dit. Bien que la réponse humanitaire soit importante, elle n’est pas en soi suffisante pour répondre à la crise à laquelle sont confrontées les populations de la région du Lac Tchad. « Nous devons surmonter le cycle perpétuel des besoins urgents et des réponses de secours et répondre aux causes sous-jacentes, et cela veut dire élever la résilience et l’aide au développement à plus long terme et promouvoir simultanément la stabilisation », a dit M. Lowcock qui est également Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires. Mettre l’accent sur les questions de long terme et impliquer davantage les partenaires de développement. C’est ce sur quoi le chef de l’humanitaire de l’ONU espère pouvoir escompter de cette conférence à Berlin. « Parce que si nous pouvons faire plus de progrès sur la consolidation de la paix, la bonne gouvernance, la création d’emplois et de possibilités d’éducation et le respect des droits de l’homme, nous travaillons effectivement sur les problèmes sous-jacents et c’est ce que nous besoin de faire », a dit M. Lowcock. « Les défis du bassin du lac Tchad transcendent les frontières et vont au-delà des réponses unilatérales », a dit M. Steiner. « Sous la direction gouvernementale, nous devons unir nos forces et renforcer notre engagement collectif », a souligné le chef du PNUD. Davantage d’aide financière nécessaire pour « éviter de perdre les progrès accomplis » Face à la persistance de la crise humanitaire, l’ONU et ses partenaires sollicitent l’aide financière de la communauté internationale. Le plan de réponse humanitaire 2018 pour la région du lac Tchad a été « généreusement financé », a reconnu M. Lowcock, « mais pas dans la mesure où chacun de nous puisse être à l’aise de pouvoir répondre aux besoins des peuples que nous pouvons atteindre, encore moins de ceux que nous essayons encore d’atteindre ». Pour le Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, la générosité des bailleurs de fonds doit permettre à la communauté humanitaire « d’éviter de perdre les progrès accomplis » récemment. A l’issue de la première journée de la Conférence de Berlin, M. Lowcock a annoncé sur son compte officiel Twitter les premières contributions de plusieurs pays pour la région du lac Tchad qui s’élève à plus de 1,5 milliards d’Euros : – les Etats-Unis, 420 millions de dollars – l’Allemagne, 265 millions d’euros – l’Union européenne, 231 millions d’euros – le Royaume-Uni, 146 millions de livres – la France, 131 millions d’euros – la Norvège, 125 millions de dollars – le Danemark, 72,5 millions de dollars – le Canada, 68,5 millions de dollars canadiens – la Belgique, 45 millions d’euros – le Luxembourg, 40 millions d’euros – la Suède, 32 millions d’euros – la Suisse, 20 millions de dollars – l’Italie, 15 millions d’euros – les Pays-Bas, 12,1 millions d’euros – l’Irlande, 7,3 millions d’euros – l’Espagne, 3,2 millions d’euros – la Finlande, 2,3 millions d’euros – la Pologne, 230.000 euros Co-organisée par l’Allemagne, le Nigéria, la Norvège et l’ONU (OCHA et PNUD), la Conférence de haut-niveau sur la région du lac Tchad se poursuit mardi dans la capitale allemande.