RCA: de plus en plus désertée, la ville de Bangassou soumise au pillage

La ville de Bangassou, chef-lieu de la préfecture du Mbomou, passée sous contrôle des groupes rebelles depuis le dimanche 03 janvier 2021, est toujours sinistre. Seulement quelques habitants sont restés dans la ville. Même si les casques bleus de la Minusca effectuent des patrouilles, alors que les rebelles occupent les points stratégiques, des cas de pillages sont enregistrés presque quotidiennement. D’après des sources locales, les locaux des ONG Oxfam, Médecins d’Afrique et Acted ont été pillés dans la nuit du jeudi 7 janvier par les hommes armés. Les mêmes sources affirment que les rebelles ont même transformé la base de l’ONG Acted en leur caserne militaire. Dans la nuit du même jeudi, quelques coups de feu ont été entendus dans la ville. Ces détonations d’armes ont poussé une partie de quelques habitants restés dans la ville à traverser de l’autre côté de la rive pour trouver refuge au village Ndu en République démocratique du Congo. Dans ce village, les réfugiés centrafricains sont estimés à plus de 15.000. Cependant, moins d’un millier se trouve sur un site de déplacés à la périphérie Nord du village, une partie chez des familles d’accueil et une grande majorité passe la nuit au bord de la rivière Mbomou, ou dans les champs. Même si l’ONG Médecins Sans Frontières a installé un centre de santé et quelques points d’eau en faveur de ces personnes déplacées, la situation humanitaire reste préoccupante. Ndu étant un petit village, les besoins dépassent aujourd’hui les productions. Les prix des denrées alimentaires ont galopé sur le marché. L’alimentation et les maisons d’habitation restent un souci pour ces réfugiés. Selon le HCR, en République centrafricaine, 185 000 personnes, originaires d’au moins 25 localités, ont fui dans la brousse et les forêts depuis le 15 décembre, principalement à titre préventif. Quelque 113 000 d’entre elles sont retournées dans leur lieu de résidence, selon les estimations du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), mais environ 62 000 personnes sont toujours déplacées.

RCA : l’ONU condamne les attaques à Damara et Bangassou et reste déterminée à protéger les civils

RCA : l’ONU condamne les attaques à Damara et Bangassou et reste déterminée à protéger les civils

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA) a condamné avec la plus grande fermeté dimanche les attaques lancées par les groupes armés contre les villes de Damara (Ombella-M’Poko) et Bangassou (Mbomou), respectivement samedi et dimanche. « Il ne fait aucun doute que toutes ces attaques s’inscrivent dans un contexte de perturbation des élections- avant, pendant et après les scrutins », a affirmé dans un communiqué le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la Mission, Mankeur Ndiaye. Près de 2 millions de centrafricains ont été appelés aux urnes le 27 décembre dernier lors de élections présidentielles et législatives, malgré les tentatives de plusieurs groupes rebelles d’empêcher le scrutin. Les résultats provisoires du premier tour sont attendus le 4 janvier. M. Ndiaye a souligné que « dans le cadre de la résolution 2552, la MINUSCA a un rôle de sécurisation des élections ».  « Je réaffirme la détermination de la Mission à tenir cet engagement », a déclaré le chef de la MINUSCA. Attaques à Damara et à Bangassou Selon la Mission, à Damara, des éléments armés alliés à l’ancien président centrafricain François Bozizé ont attaqué la ville samedi matin. Les forces armées nationales (FACA) ont riposté aux tirs des assaillants provoquant la fuite de ces derniers tandis que les Casques bleus de la MINUSCA ont multiplié les patrouilles dans la ville et sur les axes environnants. Les corps de huit éléments armés ont été retrouvés. Par ailleurs, à Bangassou, les attaques ont commencé vers 5h30 « avec des tirs à l’arme lourde contre le poste militaire des FACA ».  « Les Casques bleus de la MINUSCA sont immédiatement intervenus pour protéger les civils, sécuriser les autorités locales et poursuivent les patrouilles robustes », précise le communiqué de la MINUSCA, ajoutant que « la Force sécurise également le camp des déplacés internes et a procédé à l’évacuation sur Bria de deux soldats FACA blessés ».  Toujours selon la MINUSCA, les tirs ont cessé́ aux environs de 10h00 mais la situation reste tendue dans la ville. Les corps de cinq éléments armés ont été retrouvés. Ces dernières attaques s’ajoutent aux violences enregistrées dans la partie ouest de la République centrafricaine et ont notamment provoqué la fuite des civils et la suspension de l’assistance humanitaire destinée aux plus nécessiteux.  « Tous les groupes armés seront tenus responsables de leurs actions » « La MINUSCA tient l’UPC, le MPC, le 3R, le FPRC, les anti-Balakas et l’ancien président François Bozizé comme responsables de ces attaques et des conséquences graves sur la population civile », a dit la mission de l’ONU.Elle a réaffirmé qu’elle reste résolument engagée à protéger la population civile ainsi que les autorités, dans le cadre de son mandat.  Enfin la Mission rappelle la condamnation du Secrétaire général des Nations Unies par le biais de son porte-parole le 19 décembre dernier, de l’escalade de la violence, appelant « tous les acteurs à cesser toute hostilité́ de manière urgente » et a la mise ne œuvre « stricte » de l’Accord de paix (APPR) dont ils sont signataires. « Tous les groupes armés seront tenus responsables de leurs actions au regard des sanctions prévues dans l’APPR », a attesté la MINUSCA.