Santé maternelle : L’UNFPA et la BAD scellent une alliance historique à Brazzaville pour booster le capital humain africain

Santé maternelle : L’UNFPA et la BAD scellent une alliance historique à Brazzaville pour booster le capital humain africain

En marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) à Brazzaville, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et l’institution financière panafricaine ont signé ce mardi un protocole d’accord stratégique. Objectif : éradiquer la mortalité maternelle évitable et transformer la démographie du continent en un puissant levier de croissance économique. Et si la santé des femmes était la clé de la prospérité économique de l’Afrique ? C’est le parti pris audacieux qui sous-tend le nouveau protocole d’accord signé aujourd’hui à Brazzaville entre l’UNFPA et la BAD. À travers ce partenariat renouvelé, les deux institutions entendent positionner fermement la santé maternelle et la résilience démographique comme les piliers centraux de la transformation économique du continent. Pour les deux signataires, investir dans la santé des mères dépasse le cadre strict de la santé publique. Il s’agit d’un choix hautement stratégique pour stimuler la productivité, renforcer le capital humain et permettre enfin aux nations africaines de tirer pleinement parti de leur dividende démographique — ce surcroît de croissance économique favorisé par l’évolution de la structure par âge de la population. Briser les obstacles structurels Bien que l’Afrique ait enregistré des progrès notables dans la réduction de la mortalité maternelle, le tableau reste assombri par des défis persistants : barrières structurelles, accès inégal à des soins de qualité et déficits chroniques de financement.« L’Afrique dispose d’une immense opportunité si nous réalisons des investissements stratégiques en faveur des femmes et des jeunes. Le progrès économique du continent ne sera possible que si nous faisons de la santé des femmes une priorité et relevons l’un des défis de développement les plus urgents de l’Afrique : les décès maternels évitables », a martelé Diene Keita, Directrice exécutive de l’UNFPA. Financement innovant et virage numérique Pour transformer cette vision en réalité, l’UNFPA et la BAD vont explorer des mécanismes de financement innovants afin de pousser les États à investir massivement dans leur jeunesse et leur population féminine, moteurs de la croissance de demain.La feuille de route commune s’articule autour de quatre priorités majeures : La formation digitalisée pour moderniser les ressources humaines du secteur de la santé ; Le renforcement des circuits d’approvisionnement locaux en produits de santé ; Le déploiement d’infrastructures sanitaires résilientes face aux chocs du changement climatique et La numérisation des systèmes d’information sanitaire pour un meilleur pilotage des données. Plus de 30 ans d’impact sur le terrain Cette alliance ne part pas de zéro. Depuis 1992, l’UNFPA et la BAD unissent leurs forces pour bâtir des systèmes de santé résilients. Le bilan de leur coopération affiche déjà des résultats tangibles à travers le continent : La modernisation des données démographiques en Côte d’Ivoire, notamment à travers le récent recensement de la population, permettant d’établir des projections fiables sur la fécondité, la mortalité, les migrations et d’autres indicateurs clés. L’amélioration de l’accès aux services de soins obstétricaux et néonatals d’urgence dans 11 districts sanitaires du Cameroun, portant la couverture des soins prénatals à 90 % dans les zones ciblées et augmentant le taux de prévalence contraceptive moderne bien au-delà de la moyenne nationale :Des activités de sensibilisation et de changement de comportement reliant l’eau, l’assainissement et l’hygiène à la santé reproductive et au genre dans huit régions rurales de Madagascar et ;L’intégration des questions d’égalité des sexes, de santé sexuelle et reproductive et de protection dans les plans d’adaptation au changement climatique dans 10 pays d’Afrique de l’Est et australe.L’UNFPA travaillera avec la BAD afin de veiller à ce que les feuilles de route relatives à la transition démographique soient placées au cœur des stratégies nationales de financement, garantissant ainsi que les investissements dans la santé et les droits soient reconnus comme des investissements stratégiques pour l’avenir de l’Afrique. Wilfrid Lawilla. D.

Un appui de la BAD pour réduire l’usage du cash au Maroc

Un appui de la BAD pour réduire l’usage du cash au Maroc

Paiements électroniques et inclusion financière La Banque africaine de développement (BAD) accorde un don à Bank Al-Maghrib (BAM) en vue de développer les paiements électroniques et renforcer l’inclusion financière au Maroc, a annoncé l’institution financière. A travers son Fonds pour l’inclusion financière numérique en Afrique (ADFI), lancé en juin 2019, hébergé et géré au sein de la Division de l’inclusion financière et de l’intermédiation, la Banque panafricaine a octroyé un don de 510.000 dollars américains au Fonds de développement de l’acceptation des paiements électroniques mis en place par la Banque centrale du Maroc. Développement  d’un  réseau  structuré d’acceptation  des  paiements  électroniques  chez  les  commerçants S’inscrivant dans le cadre de la Stratégie nationale de développement des paiements numériques, qui promeut la promotion des paiements, la digitalisation des transactions et la réduction de la dépendance au numéraire, ce financement vise à soutenir l’extension des paiements numériques, à renforcer l’inclusion financière et à réduire l’usage du numéraire au Maroc, a fait savoir l’institution financière. Justifiant son intervention en faveur du Royaume, la BAD a indiqué que la participation de l’ADFI répond à des enjeux cruciaux définis par la Banque centrale du Maroc sur les plans national et sectoriel. Explications. « Bien que le Maroc ait réalisé des avancées significatives dans le développement  des infrastructures numériques et l’adoption des technologies, des défis majeurs persistent, notamment l’utilisation limitée des paiements électroniques, la forte dépendance à l’argent liquide, et le poids de l’économie informelle représentant environ un tiers du PIB », a-t-elle constaté estimant que ces obstacles freinent l’inclusion financière des populations vulnérables, des femmes, des jeunes et des habitants des zones rurales. Dans ce contexte, le financement apporté « vise à accélérer la transition vers les paiements numériques tout  en élargissant l’accès à des services financiers adaptés aux besoins de tous », a expliqué l’institution convaincu qu’il contribuera à combler  l’écart  entre  les  capacités  technologiques  croissantes  du  pays,  telles  que  la pénétration élevée des smartphones et d’Internet, et leur faible utilisation pour les paiements numériques. La Banque panafricaine estime également que ce soutien joue « un rôle essentiel dans l’atténuation des risques économiques en renforçant l’intégration des populations marginalisées dans l’économie formelle, et en développant  des  mécanismes  sécurisés  tels  que  les  transferts  numériques  et  les  micro-assurances ». Cité par la MAP, Achraf Tarsim, responsable du bureau pays de la BAD au Maroc, affirme que « cet accord contribuera à élargir l’accès aux services financiers pour les populations et les commerçants et renforcera l’écosystème national des paiements, consolidant les bases d’une économie numérique inclusive et durable ». Directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza estime pour sa part que « le Fonds d’acquisition constitue un levier structurant pour accélérer l’adoption des paiements électroniques au Maroc ». Il est important de préciser que les donateurs actuels de l’ADFI sont la Fondation Gates, l’Agence française de  développement  (AFD),  le  ministère  des  Finances  du  gouvernement  luxembourgeois,  le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique de la France, le ministère des Finances du gouvernement indien et l’Initiative pour le financement  des  entreprises  féminines  (We Fi), comme le rappelle la BAD dans un document disponible sur son site Internet. Présent au Maroc depuis 1970, le Groupe de la Banque africaine de développement s’est illustré dès 1978 en finançant en priorité le secteur de l’eau potable et de l’assainissement. Depuis lors, plus de 150 opérations, pour un total de 15 milliards de dollars américains, ont été déployées dans les  secteurs de l’énergie, du développement social et humain, du secteur privé, de l’eau et de l’assainissement, des transports et de l’agriculture. Alain Bouithy

Une nouvelle étape pour renforcer l’entrepreneuriat et l’emploi au Maroc : La BAD impulse une dynamique axée sur les résultats

Une nouvelle étape pour renforcer l’entrepreneuriat et l’emploi au Maroc : La BAD impulse une dynamique axée sur les résultats

Contribuer à transformer le potentiel entrepreneurial en impact La Banque africaine de développement (BAD) a officiellement lancé, lundi 26 janvier à Rabat, le Programme d’appui et de financement de l’entrepreneuriat pour la création d’emplois (PAFE-Emplois), annonce l’institution panafricaine. Le lancement du nouveau dispositif a eu lieu lors d’un atelier réunissant une quarantaine de participants dont des représentants des institutions nationales, des partenaires techniques et financiers ainsi que les équipes chargées de sa mise en œuvre, précise la Banque panafricaine. Ce programme « a pour objectif de soutenir les dispositifs publics d’accompagnement des entrepreneurs, le financement d’un entrepreneuriat inclusif, le renforcement des mécanismes d’incitation destinés aux très petites et moyennes entreprises (TPME) et le soutien aux approches opérationnelles innovantes en faveur de l’emploi », souligne la BAD dans un communiqué. Le PAFE-Emplois « permettra de promouvoir la création d’emplois en développant les TPME et contribuera à instaurer une culture axée sur les résultats, notamment en matière d’impact sur l’emploi », ajoute la même source. Dans le cadre dudit programme, soutenu par l’Initiative pour le financement en faveur des femmes en Afrique (AFAWA – Affirmative Finance Action for Women in Africa) via Women Entrepreneurs Finance Initiative (We-Fi), l’institution financière annonce que « les femmes entrepreneuses recevront une subvention qui les aidera à finaliser la préparation de leurs projets et à lever des fonds ». Comme l’explique Achraf Tarsim, responsable du bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement au Maroc, « en liant les lignes de garanties et subventions à l’investissement pour les TPME à des objectifs emplois, ce nouveau financement axé sur les résultats contribuera à transformer le potentiel entrepreneurial en impact ». Selon lui, ce dispositif « permettra de renforcer davantage l’efficacité des projets et de catalyser durablement le développement économique local en offrant aux jeunes et aux entrepreneurs les moyens de façonner leur avenir. » Le PAFE-Emplois « se veut être une réponse à cette ambition : faire de l’entrepreneuriat et des TPME un levier central de création d’emplois formels et durables», insiste, pour sa part, le directeur-adjoint du Trésor et des Finances extérieures chargé du secteur financier, Abdeljalil El Hafre. Il est important de noter qu’outre l’apport de l’AFWA, le PAFE-Emplois bénéficie également du soutien d’autres partenaires institutionnels, notamment le ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des politiques publiques et Tamwilcom. Toujours selon l’institution financière, le programme « compte également sur l’implication d’autres partenaires techniques et financiers comme la Banque allemande de développement (KFW) et la Banque islamique de développement (BID) ». Il est à rappeler que l’atelier de lancement a présenté le cadre stratégique et la gouvernance du programme, les mécanismes de financement axés sur les résultats, ainsi que les normes environnementales et sociales, souligne la BAD dans son communiqué précisant que les discussions ont également permis d’identifier les priorités opérationnelles pour la phase de démarrage et de définir une feuille de route partagée entre les différents acteurs.  A titre de rappel, depuis 1978, le Groupe de la Banque africaine de développement a mobilisé près de 15 milliards d’euros pour financer plus de 150 projets et programmes au Maroc, ajoute la Banque africaine précisant que ses interventions couvrent des secteurs stratégiques tels que le transport, la protection sociale, l’eau et l’assainissement, l’énergie, l’agriculture, la gouvernance et le secteur financier. Alain Bouithy

La Banque africaine de développement exclut J&J Construction Company pour une période de 36 mois pour des pratiques frauduleuses

La Banque africaine de développement exclut J&J Construction Company pour une période de 36 mois pour des pratiques frauduleuses

Le Groupe de la Banque africaine de développement a annoncé le 21 novembre l’exclusion de J&J Construction Company, pour une période de 36 mois, ainsi que le paiement d’une restitution par celle-ci au gouvernement du Malawi. J&J Construction Company est une entreprise de construction enregistrée en République du Malawi. Une enquête menée par le Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption du Groupe de la Banque africaine de développement a établi que J&J Construction Company a commis des pratiques frauduleuses dans le cadre du contrat de construction d’entrepôts dans les districts de la région sud de Mulanje, Thyolo et Zombo. Ledit contrat concerne le Projet de compétitivité et de création d’emplois, financé par le groupe de la Banque en République du Malawi. Plus précisément, J&J Construction Company a soumis une garantie de paiement et un cautionnement de bonne exécution falsifiés, induisant ainsi en erreur le ministère de l’Industrie et du Commerce du Malawi dans le but d’obtenir une avance de paiement sur le contrat. L’objectif du projet de compétitivité et création d’emplois est de contribuer à l’amélioration des capacités et de la compétitivité du secteur privé en République du Malawi et d’accroître la diversification des exportations et la création d’emplois. Pendant la période d’exclusion, J&J Construction Company et ses filiales ne seront pas éligibles à participer aux activités financées par le Groupe de la Banque africaine de développement. À l’expiration de la période d’exclusion,  J&J Construction Company ne pourra être réadmise à participer aux opérations financées par le Groupe de la Banque africaine de développement qu’après avoir apporté la preuve : (i) du paiement intégral d’une restitution au Gouvernement du Malawi représentant la valeur du cautionnement de bonne exécution falsifié; et (ii) de la réalisation d’un programme de conformité en matière d’intégrité conforme aux standards du Groupe de la Banque africaine de développement. À propos du Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption Le Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption du Groupe de la Banque africaine de développement est responsable de la prévention, de la dissuasion et des enquêtes sur des allégations de corruption, de fraude et d’autres pratiques passibles de sanctions dans les opérations financées par le Groupe de la Banque africaine de développement. Le personnel de la Banque africaine de développement et le public peuvent utiliser les canaux sécurisés du Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption pour signaler les pratiques passibles de sanctions au sein de la Banque ou dans les opérations financées par le Groupe de la Banque.

Afrique. Akinwumi A. Adesina : «Gérées efficacement, les finances publiques peuvent servir de pierre angulaire à la prospérité»

Afrique. Akinwumi A. Adesina : «Gérées efficacement, les finances publiques peuvent servir de pierre angulaire à la prospérité»

GOUVERNANCE. «La manière dont une nation perçoit ses recettes, gère sa dette, alloue ses dépenses et assure le respect du principe de responsabilité dans l’utilisation des fonds publics détermine le bien-être de sa population », a affirmé le président du Groupe de la Banque africaine de développement et de ses Conseils d’administration, Akinwumi A. Adesina. S’exprimant lors de la Conférence 2025 de la Kenya Law Society qui s’est clôturée vendredi 15 août, ce dernier a estimé que «les finances publiques ne sont donc pas un grand livre de l’Etat ; elles reflètent les valeurs constitutionnelles et l’intégrité juridique d’une nation». Devant plus de 1.200 avocats, juges et responsables gouvernementaux réunis pour cette rencontre, le président de la Banque panafricaine a déclaré que «gérées efficacement, les finances publiques peuvent servir de pierre angulaire à la croissance économique, au développement durable et à la prospérité». Il a, par la suite, saisi cette occasion pour rappeler que le financement public est au cœur de l’engagement de la principale institution  de financement du développement en Afrique qu’il dirige «à promouvoir une gouvernance responsable, un développement durable et une résilience nationale». Ainsi qu’il a relevé dans son intervention qui portait sur le thème : «Les finances publiques, la gouvernance, la justice et le développement », le président de la BAD a indiqué qu’«à la Banque africaine de développement, les finances publiques sont considérées comme un instrument stratégique qui doit être régi de manière transparente, géré de manière durable et protégé par des cadres juridiques solides et l’Etat de droit». Insistant sur l’Etat de droit et le respect de la bonne gouvernance, deux volets chers à l’institution financière, Akinwumi A. Adesina a affirmé que «les nations qui renforcent l’Etat de droit et respectent la bonne gouvernance parviennent à des taux de croissance plus élevés, à un développement équitable et à une plus grande stabilité». S’adressant directement aux avocats, juges et responsables gouvernementaux prenant part à cette conférence, il a indiqué : «En tant que membres du système judiciaire, vous jouez un rôle majeur dans l’élaboration des trajectoires de développement des nations. La théorie de la justice et du développement offre un cadre contextuel efficace pour y parvenir, car elle favorise le progrès social et la cohésion». L’Afrique doit améliorer sa position sur l’indice de l’Etat de droit «L’un des aspects particulièrement importants est la manière dont l’État de droit stimule la croissance et le développement », a soutenu le patron de la BAD rappelant que l’indice mondial de l’Etat de droit montre que de 1996 à 2023, les six pays les mieux classés étaient la Finlande, le Danemark, la Norvège, la Suisse, l’Autriche et le Luxembourg. Il se trouve que, sur cet indice, les pays africains se classaient très bas dans la liste, avec les Seychelles en tête au 60e rang, suivies par le Botswana (70e), le Rwanda (80e), l’Afrique du Sud (85e), le Ghana (97e) et le Maroc (111e). Sur le renforcement de la gouvernance et de l’Etat de droit, Akinwumi A. Adesina estime que la transparence des systèmes de passation des marchés est au cœur des projets de développement financés par les gouvernements, sur leurs propres ressources budgétaires et par le financement des institutions de financement du développement. Ainsi, «le manque de transparence dans la passation des marchés dans le cadre de projets, dû à la faiblesse des capacités institutionnelles, des lois et des systèmes de passation des marchés, ainsi qu’à la corruption, pose des problèmes d’intégrité en matière d’utilisation efficace des financements publics destinés aux projets». Les finances publiques ne peuvent pas prospérer dans le vide Abordant la question du renforcement des tribunaux commerciaux en complément des réformes des finances publiques, il a indiqué que la BAD a réalisé des investissements substantiels dans le renforcement du système judiciaire en complément des réformes des finances publiques. Ces investissements sont tangibles, mesurables et transformateurs, citant les exemples du Rwanda, de la Côte d’Ivoire, du Malawi, de la Tunisie, de la Guinée, du Ghana, de l’Egypte et du Mozambique. « Collectivement, ces interventions font ressortir une vérité simple, mais profonde : les finances publiques ne peuvent pas prospérer dans le vide. Il faut les protéger par une gouvernance transparente, les renforcer grâce à l’efficacité judiciaire et les ancrer dans des protections constitutionnelles», a-t-il fait savoir. Des finances publiques sans supervision parlementaire sont antidémocratiques Dans son intervention, il a aussi été question de la supervision parlementaire et des finances publiques. Selon le président du Groupe, « la supervision parlementaire est l’épine dorsale démocratique des finances publiques». Pour la Banque panafricaine, «des finances publiques sans supervision parlementaire sont antidémocratiques et non viables. Un contrôle démocratique ne retarde pas le développement, il le protège. L’approbation parlementaire n’est pas un obstacle, mais une protection qui garantit que chaque dollar emprunté est consacré au bien public, plutôt qu’à des intérêts privés». Sur un tout autre point, tout aussi important, Akinwumi A. Adesina juge essentiel de renforcer les systèmes juridiques et le système judiciaire à l’échelle du continent, arguant que « le système juridique d’une nation en est l’épine dorsale institutionnelle, en préservant les ressources publiques, en protégeant les droits des citoyens et en instaurant la certitude et la prévisibilité dont dépendent toutes les activités économiques». Une justice compromise entraîne le contournement des règles budgétaires Selon lui, «lorsque l’indépendance judiciaire est compromise, les tribunaux sont exposés à l’influence politique, les règles budgétaires sont contournées, les emprunts publics échappent aux contrôles et la confiance du public est détruite ». On ne peut pas effectivement parler du constitutionnalisme, de l’Etat de droit et des investissements en Afrique sans résoudre la question fondamentale de l’accès à la justice et à des indemnisations équitables. Car, nul besoin de rappeler que «ce sont là les conditions qui favorisent la confiance du public et renforcent l’assurance dont les investisseurs ont besoin pour engager des capitaux», a-t-il soutenu. Alain Bouithy

Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique

Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique

L’impératif mis en exergue par l’OCDE et la BAD Mobiliser davantage d’investissements pour renforcer la résilience face à la hausse des températures et à l’intensification rapide des phénomènes météorologiques extrêmes. Tel est le défi auquel tous les pays sont aujourd’hui confrontés. Comme le souligne un récent rapport intitulé « Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique est devenu un impératif », l’accélération de ces investissements constitue une composante cruciale des efforts plus généraux nécessaires pour accroître la résilience. Selon le document élaboré par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), la situation demeure préoccupante. En 2024, les températures moyennes mondiales ont temporairement dépassé le seuil de 1.5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Une évolution bien plus qu’inquiétante d’autant plus que « l’augmentation rapide des pertes économiques dues à des événements climatiques extrêmes a des conséquences profondes sur les plans social et économique », rappellent les auteurs dudit rapport. Citant des données de la Banque mondiale (2024[1]), le rapport indique qu’environ 1.2 milliard de personnes sont exposées à un risque élevé de pâtir d’évolutions et d’événements extrêmes liés au climat, tels que les vagues de chaleur, les inondations ou les sécheresses. Pour l’OCDE et la BAD, ce risque touchera de manière disproportionnée les communautés vulnérables : jusqu’à 132 millions de personnes risquent de basculer dans l’extrême pauvreté en raison de l’évolution des régimes météorologiques d’ici à 2030 (Jafino et al., 2020[2]). Malgré la gravité de la situation, les apports de financements consacrés à l’adaptation sont entravés par plusieurs obstacles et contraintes interdépendants, souligne le rapport, préparé en contribution aux travaux du Groupe de travail sur la finance durable dans le cadre de la présidence sud-africaine du G20 de 2025. L’immédiateté du coût de l’investissement constitue l’une des principales difficultés sous-jacentes. Parmi les autres obstacles qui présentent des difficultés particulières pour les pays en développement, on peut citer les défis macroéconomiques, notamment une marge de manœuvre budgétaire limitée, le coût élevé du capital et les niveaux d’endettement existants. Le manque de données appropriées et de capacités permettant d’évaluer, de comprendre et de gérer les risques physiques liés au changement climatique ainsi que le manque d’accès à des outils adaptés de gestion des risques qui encouragent les investissements dans la réduction des risques climatiques, comme l’assurance et la réassurance, ainsi qu’une offre insuffisante dans ce domaine, entravent également la mobilisation des flux financiers. A tous ces obstacles s’ajoutent : l’insuffisance de la coordination et les carences des cadres institutionnels au niveau national, qui font obstacle aux apports de financements publics et privés ; les difficultés auxquelles se heurtent les pays en développement pour avoir accès aux financements concessionnels internationaux, notamment les obstacles institutionnels et le manque de coordination sans oublier le fait que nombre d’investissements dans l’adaptation ne génèrent pas de flux financiers directs. Intégrer les considérations climatiques dans les processus et outils budgétaires Ledit rapport met en lumière également les obstacles à l’investissement public national en faveur de l’adaptation, alors que les finances publiques nationales constituent une source essentielle. Dans un contexte marqué par de fortes tensions budgétaires, une fragmentation institutionnelle et des demandes concurrentes de ressources publiques, « les carences des systèmes de gestion des finances publiques entravent l’investissement public dans l’adaptation », constatent l’OCDE et la BAD. Selon le rapport, très peu de pays disposent d’une vision globale de l’impact de la hausse des températures et des phénomènes extrêmes sur leurs besoins et leurs dotations budgétaires. Autre observation relevée par les auteurs du rapport : les bénéfices de l’investissement dans l’adaptation présentent souvent des caractéristiques non marchandes qui peuvent ne pas être prises en compte par les outils qu’utilisent les pouvoirs publics, comme l’analyse coûts-avantages. D’après ces derniers, les spécifications et les critères d’évaluation utilisés dans les processus de passation des marchés peuvent dissuader d’investir dans l’adaptation s’ils empêchent le recours à d’autres solutions. Autre problème relevé : les flux de financement public national à l’appui de l’adaptation ne sont guère transparents. S’il existe des raisons économiques et financières évidentes d’investir dans l’adaptation, le sentiment que les rendements sont faibles nuit à l’investissement privé (Tall et al. 2021[3]). Mais pour l’OCDE, la déconnexion entre les rendements sociaux élevés de l’investissement et les faibles rendements de marché s’explique principalement par un ensemble d’obstacles sous-jacents (OCDE, 2024[4]). Lesquels incluent notamment les externalités et les décalages, les risques perçus, le moment de la concrétisation des rendements, l’accès au crédit et aux instruments financiers, ainsi que la stabilité de la réglementation et la confiance des investisseurs. Alain Bouithy 1 : Banque mondiale (2024), Rising to the Challenge – Climate Adaptation and Resilience, Banque mondiale, https://www.worldbank.org/en/publication/rising-to-the-challenge-climate-adaptation-resilience (consulté le 28 janvier 2025). 2 : « Revised Estimates of the Impact of Climate Change on Extreme Poverty by 2030 », Policy Research Working Paper, https://documents.worldbank.org/en/publication/documents-reports/documentdetail/706751601388457990/revised-estimates-of-the-impact-of-climate-change-on-extreme-poverty-by-2030 (consulté le 20 février 2025). 3 : Enabling Private Investment in Climate Adaptation and Resilience, Banquemondiale, Washington, D.C., http://hdl.handle.net/10986/35203 (consulté le 11 avril 2023). 4 : OCDE (2024), Climate Adaptation Investment Framework, Green Finance and Investment,Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8686fc27-en.

Le Groupe de la Banque africaine de développement obtient la certification EDGE Move, marquant une nouvelle étape dans l’égalité des genres

Le Groupe de la Banque africaine de développement obtient la certification EDGE Move, marquant une nouvelle étape dans l’égalité des genres

Dans le cadre de sa recertification EDGE Move et sa certification EDGEplus, la Banque africaine de développement renouvelle son engagement à poursuivre ses progrès grâce à un plan d’action dédié et ciblé. Deux ans après avoir atteint le niveau 1 « Assess » de la certification EDGE, la Banque africaine de développement a atteint le niveau 2, une reconnaissance supplémentaire de son engagement en matière de suivi, d’analyse comparative et de parité des genres au sein de ses effectifs. Ces progrès rapides reflètent les efforts continus et soutenus de la Banque pour accorder la priorité au genre. EDGE est la principale certification au monde qui mesure l’égalité des genres sur le lieu de travail. La Banque a lancé le processus de certification EDGE en 2022. En 2019, 83 % des cadres de la Banque africaine de développement étaient des hommes. En 2023, année de la certification EDGE niveau 1 de la Banque, la proportion de femmes aux postes de direction était passée de 17 % à 25 %, et la proportion de femmes parmi les jeunes professionnels était passée de 20 % à 65 %. En 2024, la parité hommes-femmes au niveau de la vice-présidence est passée à 45 %, soit le taux le plus élevé à ce jour dans l’histoire de la Banque. La Banque s’est fixé comme objectif d’atteindre une parité hommes-femmes de 50/50 au sein de ses effectifs d’ici 2030. Le niveau EDGE 2 reconnaît le travail de la Banque africaine de développement en faveur de l’égalité des genres et d’un environnement inclusif où la voix de chaque employé est valorisée et entendue. Certifiée EDGE, la Banque s’engage également à maintenir un effectif multigénérationnel et géographiquement diversifié. Jacques Edjangue, vice-président de la Banque africaine de développement chargé de la Gestion des personnes et des talents, a souligné que « l’obtention de la certification EDGE PLUS Niveau 2 est une étape importante pour la Banque africaine de développement. Elle témoigne de notre engagement indéfectible à promouvoir un environnement de travail diversifié, équitable et inclusif. Cette reconnaissance confirme non seulement nos progrès en matière d’égalité des genres, mais aussi nos efforts plus larges pour intégrer la diversité d’âge et géographique comme dimensions clés de l’inclusion. Elle renforce également notre engagement à promouvoir en permanence un environnement propice où chaque talent peut s’épanouir et où chaque voix peut être entendue. » Dans le cadre du niveau 1 de l’évaluation EDGE, le Groupe de la Banque africaine de développement s’est engagé à mettre en œuvre un plan d’action qui décrit la manière dont il entend accélérer les progrès dans les quatre piliers des normes EDGE et combler les lacunes identifiées. Ces quatre piliers sont : la représentation, la rémunération, les politiques et pratiques favorisant des parcours professionnels équitables, ainsi que l’inclusion. « L’obtention des certifications EDGE Move et EDGEplus par la Banque africaine de développement témoigne de son engagement constant en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion. Cette étape importante n’est pas seulement le signe d’un progrès institutionnel, elle est le fruit d’un leadership délibéré, en phase avec la Stratégie décennale de la Banque visant à bâtir une Afrique prospère, inclusive et résiliente », a déclaré Aniela Unguresan, fondatrice de EDGE Certified Foundation, avant d’ajouter : « Deux ans seulement après la certification initiale de la Banque africaine de développement au niveau EDGE Assess, la représentation des femmes dans le programme Jeunes professionnels et aux postes de vice-président est égale à celle des hommes — une avancée importante sur la voie de l’objectif de parité des genres dans l’ensemble de ses effectifs fixé par la Banque pour 2028. De plus, la Banque africaine de développement a désormais mis en place une solide infrastructure de politiques et de pratiques pour garantir des perspectives de carrière équitables pour tous et gère proactivement l’équité salariale entre les genres. » Afdb.

MINING INDABA : Échanges avec les institutions financières internationales (BAD & BANQUE MONDIALE/SFI) autour du contentieux Guinea Alumina Corporation (GAC)

MINING INDABA : Échanges avec les institutions financières internationales (BAD & BANQUE MONDIALE/SFI) autour du contentieux Guinea Alumina Corporation (GAC)

Lors de la deuxième journée du forum Mining Indaba, plusieurs rencontres stratégiques ont eu lieu avec une délégation composée de représentants de la Banque mondiale (Société financière internationale – SFI), et de la Banque Africaine de Développement (BAD). Ces échanges visaient à clarifier les divergences concernant le manquement de GAC à ses engagements envers le gouvernement guinéen en vue de trouver des solutions durables. Le Chef de la délégation guinéenne M. Djiba Diakité, Président du Comité Stratégique de Simandou, a exprimé sa gratitude envers les institutions financières pour leur appui dans divers domaines de développement en Guinée. Il a également souligné les malentendus avec GAC, qu’il a attribués principalement au non-respect de leurs engagements. Le Président du Comité Stratégique a donc exigé que la société GAC honore ses engagements. Il a rappelé la détermination du Président de la République, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, à mettre fin à cette situation, tout en comprenant la position des banques concernées. Par ailleurs, M. Djiba Diakité a indiqué que l’élaboration du Programme Simandou 2040 progressait de manière satisfaisante, en collaboration avec des cabinets d’audit et de conseil tels que KPMG. Ce programme ambitieux vise à aligner les objectifs du secteur minier sur la vision de développement durable du Président de la République. Quant au Ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a exposé les enjeux du contentieux, soulignant l’importance d’une résolution rapide. Les représentants des institutions financières ont également insisté sur la nécessité de régler ce litige, rappelant que cette question avait déjà été abordée lors d’une récente rencontre à Conakry. Marie Chantal, Directrice Pays de la Banque Mondiale, a mis l’accent sur l’engagement collectif des institutions financières à soutenir la vision de développement durable et responsable de la Guinée sous le leadership du Chef de l’État. La Société financière internationale (SFI), qui joue un rôle clé dans l’accompagnement des investisseurs locaux, a également participé aux discussions. Sa proximité avec la Guinée et GAC lui permet de comprendre les enjeux de chaque partie. Ces échanges, dans le cadre du Mining Indaba, illustrent les efforts continus de la Guinée pour établir des partenariats solides et durables avec ses partenaires financiers. La journée s’est achevée par une visite des stands de la Guinée et de ses partenaires industriels. À cette occasion, la présidente du Winning Consortium Simandou (WCS) a offert un échantillon symbolique de minerai de fer de Simandou à la délégation guinéenne. Ces interactions ont renforcé les liens entre la Guinée et ses partenaires stratégiques, tout en illustrant les efforts du Pays pour attirer des investissements et promouvoir un secteur minier prometteur au bénéfice d’un développement durable et responsable.