Recul des ventes de la quasi-totalité des secteurs au premier semestre (Maroc)

Recul des ventes de la quasi-totalité des secteurs au premier semestre (Maroc)

En glissement annuel, les échanges commerciaux de marchandises ont connu une baisse tant au niveau des importations que des exportations respective de 17,5% et de 18,3%, au titre du premier semestre 2020, a annoncé récemment l’Office des changes. En glissement trimestriel (comparaison entre le premier trimestre et le deuxième trimestre de l’année 2020), cette baisse a été de 25,1% pour les importations et de 23% pour les exportations, a-t-il indiqué. D’après les indicateurs des échanges extérieurs à fin juin, le déficit des échanges commerciaux de marchandises s’est ainsi allégé de 16,2% soit 16,6 Mds DH, tandis que le taux de couverture a connu un léger repli de 0,6 point. Selon l’Office des changes, la baisse des importations de biens résulte du « recul des achats de la quasi-totalité des groupes de produits en l’occurrence, de produits finis de consommation (-14.296MDH), de biens d’équipement (-13.137MDH), de produits énergétiques (-12.041MDH), de demi-produits (-8.799MDH) et de produits bruts (-2.069MDH) », a-t-il expliqué relevant, en revanche, un accroissement des achats de produits alimentaires de 6.695MDH. Dans son bulletin sur les indicateurs des échanges extérieurs des six premiers mois de l’année, l’Office a également indiqué que « l’allègement de 31,4% de la facture énergétique (26.345MDH à fin juin 2020 contre 38.386MDH à fin juin 2019) est dû principalement à la baisse des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils (-7.106MDH) ». D’après la même source, cette variation est attribuée à l’effet prix en baisse de 28,3% (4.105 DH/T à fin juin 2020 contre 5.724 DH/T un an auparavant), alors qu’en parallèle, les quantités importées se sont élevées à 2.926mT contre 3.340mT, soit -12,4%. Quant aux importations de produits alimentaires, il ressort des données recueillies par l’Office qu’elles ont atteint 31.574MDH à fin juin 2020 contre 24.879MDH une année auparavant, en raison de la hausse des achats du blé (+2.620MDH) et ceux de l’orge (+1.433MDH). Commentant la baisse des exportations de 27.231MDH (121.304MDH contre 148.535MDH un an auparavant), les analystes de l’Office ont expliqué ce recul par la diminution des ventes de la quasi-totalité des secteurs. C’est notamment le cas du secteur de l’«Automobile » qui a réalisé des ventes de l’ordre de 28.145MDH contre 42.011MDH en 2019, soit une baisse de 33% équivalant à 13.866MDH ; du « Textile et cuir » (12.315MDH contre 18.910MDH, soit -34,9% ou -6.595MDH) ; de l’« Aéronautique » (6.937MDH contre 8.471MDH, soit -18,1% ou -1.534MDH) et de l’« Agriculture et agro-alimentaire » (33.149MDH contre 34.649MDH, soit -4,3% ou -1.500MDH). Il est à souligner que la baisse des ventes a été aussi ressentie au niveau des « Autres extractions minières » (1.568MDH contre 2.231MDH, soit -29,7% ou -663MDH); des « Phosphates et dérivés » (24.995MDH contre 25.501MDH, soit -2% ou -506MDH) ; de l’« Electronique et électricité » (4.805MDH contre 5.068MDH, soit -5,2% ou -263MDH) ainsi que d’«Autres industries » (9.390MDH contre 11.694MDH, soit -19,7% ou -2.304MDH ». Dans son dernier bulletin, l’Office a attribué la dégringolade des exportations du secteur automobile au titre du premier semestre principalement au recul des ventes de la construction de 40,3% (7.427MDH). Cette évolution est aussi due à la baisse des ventes du « Câblage » et de l’« Intérieur véhicules et sièges » respectivement de 38,8% (6.503MDH) et de 26,2% (1.052MDH), a-t-il poursuivi soulignant que la part de ce secteur dans le total des exportations s’est ainsi élevée à 23,2% contre 28,3% un an auparavant. S’agissant des exportations du secteur « Textile et cuir » dans les six premiers mois de l’année 2020, il apparait que celles-ci ont été affectées principalement par le recul des ventes des « Vêtements confectionnés » (-4.832MDH) et des « Articles de bonneterie » (-1.416MDH), a fait savoir l’Office. Tandis que les exportations du secteur « Aéronautique» ont affiché une baisse de 1.534MDH. Il est à noter qu’en parallèle, il ressort de ces analyses que les exportations du secteur « Agriculture et agro-alimentaire » ont accusé une baisse de 4,3% à fin juin 2020 suite essentiellement au repli des ventes de l’« Industrie alimentaire » de 6,4% ou -1.092MDH. L’Office a enfin relevé que « les ventes de l’agriculture, sylviculture, chasse et celles de la pêche, aquaculture restent quasiment stables », soulignant, en revanche, que la part de ce secteur dans le total des exportations a gagné 4 points passant de 23,3% à fin juin 2019 à 27,3% à fin juin 2020. A signaler que la balance des échanges de services a enregistré un excédent en baisse de 20,8% (soit 8.436MDH) à +32.207MDH au titre du premier semestre de l’année 2020, contre +40.643MDH à la même période de l’année précédente. Alain Bouithy

Automotive Meetings Tangier-Med 2016: Les acteurs de la filière automobile se donnent rendez-vous à Tanger

Automotive Meetings Tangier-Med 2016: Les acteurs de la filière automobile se donnent rendez-vous à Tanger

Le temps est à l’euphorie pour l’automobile au Maroc. Le développement de la filière connaît depuis quelques années une belle évolution. En attestent les chiffres qui caractérisent ce secteur devenu, depuis 2014, le premier exportateur du Maroc. Pour l’année 2014, le chiffre d’affaires à l’export du secteur automobile marocain s’est établi à 40 milliards de dirhams, à 33% de taux d’intégration avec plus de 85.000 emplois et 13 milliards de dirhams (MMDH) de création de richesse contre 12 milliards de dirhams, à 25% de taux d‘intégration pour 3 milliards de DH de création de richesse quatre ans plus tôt (2010) alors que le secteur devrait enregistrer un CA de l’ordre de 60 milliards de dirhams en 2016. Cette évolution laisse augurer de bonnes perspectives et conforte la place de Tanger en tant que capitale de l’industrie automobile en Afrique et dans une grande partie de la région. C’est dans ce contexte euphorique et rassurant que l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile (AMICA) organise, les 23 et 25 novembre courant, la cinquième édition de son rendez-vous : Automotive Meetings Tangier-Med (AMT-2016). Le dynamisme du secteur est tel que les organisateurs et leurs partenaires sont apparus très décontractés et confiants lors d’une rencontre tenue récemment à Tanger, au cours de laquelle ont été présentées les grandes lignes de ce rendez-vous dédié aux professionnels de l’automobile. Unique en son genre et incontournable à bien des égards, cet important événement est conçu pour développer les futurs partenariats dans l’industrie automobile euro-méditerranéenne, ont affirmé les organisateurs. Organisée sur le thème «Ecosystèmes en marche», sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, l’édition 2016 sera poncturée de rencontres B to B hautement qualifiées et des conférences et tables rondes thématiques animées par des experts du secteur, ont-ils précisé. «L’Automotive meetings Tangier-Med se veut un lieu de rencontre entre les constructeurs, les équipementiers, les fournisseurs et les institutionnels», a souligné Hicham Zerhouni, président du comité d’organisation de l’AMT 2016. Ce dernier, également directeur général de Denso, a expliqué que «cette prise de contact est une occasion pour toutes les parties prenantes d’exprimer leurs besoins et attentes». A noter que l’AMT 2016 réunira les principaux acteurs de la filière automobile dont Renault-Nissan et PSA-Ford-VW ainsi que plus de 130 équipementiers rangs 1-2-3, des bureaux d’études et des logisticiens. «C’est vraiment un privilège d’être partenaire de cette édition qui ancre Tanger comme capitale de l’automobile non seulement au Maroc, mais aussi de l’Afrique et de toute une grande partie de la région», a déclaré Marc Nassif, directeur général du Groupe Renault Maroc. Et d’ajouter : «Grâce à ce genre d’initiative, cet engagement de travailler en profondeur, nous pensons que l’automobile au Maroc peut jouer le rôle de locomotive et continuer à rester le premier secteur exportateur du pays». Sur les performances du constructeur français, il a indiqué qu’elles sont «le résultat d’un extraordinaire travail qui a été réalisé ces dernières années. C’est le résultat également d’une vision qui a fait de l’automobile le pilier du développement du pays», affirmant que le lien entre le Groupe Renault et le Maroc «est indéfectible». Pour sa part, Tajeddine Bennis, président branche industrie de l’Association sur le développement de la filière automobile au Maroc, a porté son intervention sur les grandes étapes qui ont marqué le développement de la filière automobile au Maroc, soulignant le rôle du Groupe Renault et du projet Tanger-Med dans l’évolution du secteur. «Les projections pour 2020 indiquent que le secteur automobile devrait enregistrer un chiffre d’affaires à l’export de 100 milliards de dirhams, à 65% de taux d’intégration, plus de 175.000 emplois et 65 milliards de dirhams de création de richesse», a-t-il relevé notant qu’en 10 ans, «nous devrions multiplier par 20 la richesse créée grâce à l’industrie automobile». Citant quelques chiffres clés du secteur, ce dernier a indiqué que la capacité des délais de production mise en place au Maroc était de moins de 50.000 unités en 2005. «Avec le projet Renault Somaca, on a dépassé les 400.000 unités en 2010. Nous sommes à plus de 600.000 véhicules engagés en termes de capacité avec le projet de PSA. L’objectif pour 2020 est d’atteindre la capacité engagée de 1 million de véhicules», a-t-il soutenu. S’agissant des emplois créés, il a indiqué qu’«en 2005 on était à moins de 20.000 personnes. En 2010, suite au premier démarrage du projet Renault, on était à 60.000. En 2015, on n’était pas loin de 100.000. Dans le cadre du plan d’accélération industrielle, nous avons un engagement vis-à-vis de ministère de l’Industrie de 175.000 en 2020». Pour ce qui est de la production de véhicules au Maroc, on a recensé pas moins de 25.000 en 2005, près de 300.000 véhicules en 2015. Ce chiffre devait être dépassé en 2016, a assuré ce dernier. Ahmed Bennis, directeur des zones d’activités de Tanger Automotive city, a pour sa part indiqué qu’en termes d’exportation, la plateforme portuaire Tanger-Med a atteint les 5 milliards d’euros et que le secteur automobile est le plus prépondérant. «Ce qui rapporte à peu près 75 à 80% du volume à l’exportation et 80% d’emplois qui sont générés par le secteur de l’automobile au sein de nos zones d’activités. C’est aussi environ 75% en termes de nombre d’entreprises installées dans nos zones».