Congo/Musique. « Lampedusa »

Bravo à l’artiste HARRIS NKOUKA d’avoir interprété ce chef-d’œuvre « Lampedusa », une composition du chanteur inoubliable AUDIFAX BEMBA, un ancien du « Groupe Rouge » des années 70 (Brazzaville – Congo) L’importance historique de Lampedusa est inestimable ; Harris Nkouka est en effet ici, l’un de ceux qui jugent utile l’interprétation d’une chanson appartenant à un collègue congolais, pour permettre une grande vulgarisation et une grande audience. Quant à l’origine de Lampedusa , c’est bien cette île italienne située à près de 150 km de la Tunisie et où l’on assiste régulièrement à la grande tragédie des migrants qui se noient en mer. « Lampedusa » une œuvre de qualité dont la conception orchestrale de la section rythmique est particulièrement féconde. Encore une fois Bravo ! HARRIS NKOUKA Clément Ossinondé

Congo/RDC. LU POUR VOUS : La chronique musicale de Audifax Bemba

Congo/RDC. LU POUR VOUS : La chronique musicale de Audifax Bemba

MUSIQUE. 1963 nous rappelle la sortie sur disque de la chanson « Tala likambo ya Catherine » (Luambo/Kwamy) et l’Ok jazz : I – De Luambo Franco : précurseur de l’animation ( concept « Atalaku ») et l’Ok Jazz, pionnier du rythme saccadé dans la musique congolaise. En ce dernier trimestre 1963, la chanson « Tala likambo ya Catherine » est une bombe dans l’univers musical congolais. Tout le monde en parle à sa sortie, c’est la chanson à écouter, le « Must have » . II – Luambo Franco animateur d’exception En plus de ses talents de soliste-guitariste, auteur-compositeur et chanteur, Luambo Franco nous révèle une face cachée de son animation hors-pair . Luambo Franco ajoute ici dans la chanson congolaise, une rubrique jusque là inexistante, l’animation III – L’animation vulgarisée par le TRIO MADJESI Si Luambo Franco parsceme les chansons de l’Ok jazz d’animation sporadique (« Luvumbu ndoki » de Luambo Franco) , « Numéro ya Kinshasa » de Gilbert Youlou en 1968, « Bango nionso bambanda » de Youlou encore en 1969 )Il faudra attendre 1072 que le Trio MADJESI et l’orchestre Sosoliso la consolident et la fixent désormais cohérente à la musique congolaise. Portée dans toutes les chansons par MATADIDI, LOKO-MASSENGO, tous les deux menés par BONGHAT TSEKABU SAAKUL, l’animation dans les œuvres de l’orchestre Sosoliso est, la chanson proprement dite, une partie très attendue par le public . C’est ici le rôle capital joué par Trio MADJESI dans la vulgarisation de l’animation dans les chansons congolaises de variétées de danse. IV – La continuité avec l’orchestre ZAIKO C’est au début des années 80 que ZAIKO recrute et consacre deux musiciens à cette tâche, que le public appelera « Atalaku », reprennent le cri d’entrée en scène des deux animateurs dans la partie instrumentale de la chanson dite « chauffer » V – Les prémices du rythme saccadé La chanson « Tala likambo ya Catherine » est annonciatrice d’une nouvelle ère de la musique congolaise, un tournant important de celle-ci. Elle porte les ferments du rythme saccadé, portant ainsi cette musique de trois à quatre temps, avec la guitare basse servant de marqueur tant pour le reste de l’orchestre que des danseurs plus tard. Ainsi, le rythme musical avait précédé la danse – ad hoc « La danse des bouchers » qui s’en suivirent… jusqu’à nos jours. Clément ossinondé (lu pour vous )

Congo. Le chanteur Audifax Bemba, plus brillant que jamais !

Congo. Le chanteur Audifax Bemba, plus brillant que jamais !

ALBUM. Figure emblématique du mouvement de la Word Music dans les orchestres amateurs congolais des années 70, Audifax Bemba, ancien sociétaire du Groupe Rouge de Brazzaville revient en force avec la sortie d’un album qui réunit toutes les générations. Disons-le tout net, il s’agit de l’album « Lampedusa » dont les six morceaux sont uniquement disponibles sur les plateformes numériques, notamment : « Bus’oli », « Bidulu », « Kuna na Katanga », « Pasi ya bato », « Du côté du Katanga (poème Henri Lopès) et « Lampedusa ». Des œuvres colorées, et qui constituent le sommet d’un admirable d’un travail comme seul Audifax sait en créer. Pour la petite histoire : Audifax Bemba est issu de l’ensemble « Le Group’rouge » précurseur de la Word music dans le mouvement des orchestres amateurs du Congo au cours des années 1971-1974. En effet, si l’expression anglo-saxonne Word Music ou (musique du monde) désigne les musiques résultant d’un métissage culturel des patrimoines variés, empruntant des éléments musicaux à diverses cultures du monde, souvent occidentaux contemporains, tel le jazz, le rock, la pop, etc. Au Congo-Brazzaville et en 1971, c’est au « Group’rouge » que nous devons la version rythmique d’une musique qui fait référence à un métissage entre divers genres ou style. Ainsi le mouvement initié par Audifax Bemba fait école, un foisonnement culturel s’empare de la capitale congolaise. Audifax Bemba remporte cette année-là le Prix « Révélation » de l’année de la jeunesse. Et en 1973 Le Group’rouge gagne la médaille de la « Performance artistique » au 10eme Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Berlin (RDA) Enfin, en 1974, le Group’rouge participe à la fête de l’Humanité à la Courneuve en France, en délégation officielle. C’est l’année de la sortie de l’unique disque 45 tours du groupe avec le titre « Alliance des opprimés », repris plus tard dans « l’anthologie de la musique congolaise » Une chanson-culte des années 70. Audifax qui vit en France depuis 1974, à la suite de l’octroi d’une bourse d’études, est demeuré constant dans la production musicale tous azimuts. L’album « Lampedusa » est d’une importance artistique et historique considérable. Il pose la question de savoir pourquoi l’île italienne de Lampedusa est-elle devenue la porte de l’Europe ? (Disponible sur les plateformes numériques). Clément OSSINONDE