Congo. Amnesty International: Le général Mokoko dont la santé est en danger doit être libéré

Congo. Amnesty International: Le général Mokoko dont la santé est en danger doit être libéré

Les autorités congolaises doivent, de toute urgence, libérer le général Jean-Marie Michel Mokoko dont la santé est en danger, alors que des cas de contamination au COVID-19 ont été rapportés à la maison d’arrêt de la capitale Brazzaville où il est arbitrairement détenu depuis quatre ans, a déclaré Amnesty International hier. Des proches et avocats du général, 73 ans, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016, condamné en 2018 à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État » et « détention illégale d’armes et de munitions de guerre », ont confirmé à l’organisation qu’il a subi un malaise lundi 29 juin. En 2018, le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire avait considéré comme arbitraire la détention de M. Mokoko, et appelé les autorités à le libérer immédiatement et sans conditions. « Alors qu’il est établi que les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à la pandémie du COVID-19, continuer à maintenir en détention le général Mokoko relève d’un mépris du droit à la santé, » a déclaré Fabien Offner, chercheur au bureau d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. « Les autorités doivent le libérer immédiatement et sans conditions de même que tous les prisonniers d’opinion du pays, et agir de toute urgence afin de protéger toutes les personnes détenues contre la COVID-19, tout en assurant l’accès aux soins de santé et aux produits sanitaires dans tous les centres de détention. » Après son malaise, des proches du général Mokoko et un de ses avocats ont été autorisés à le voir en prison. Depuis 2016, la répression de la dissidence au Congo a pris la forme d’attaques visant des défenseurs des droits humains et des opposants politiques. Dans son avis de 2018, le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a estimé « qu’une pratique est mise en place au Congo pour réduire au silence l’opposition politique. » André Okombi Salissa, un autre candidat à l’élection présidentielle de mars 2016, arrêté le 10 janvier 2017, est lui aussi détenu depuis lors. Le 18 avril 2018, le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a jugé sa détention comme étant arbitraire. Parfait Mabiala Hojeij, sympathisant du mouvement d’opposition Incarner l’Espoir, est incarcéré depuis son arrestation le 23 novembre 2019 à Pointe-Noire. Trois autres sympathisants du mouvement, Franck Donald Saboukoulou, Guil Ossebi Miangué et Rolf Meldry Dissavouloud ont été arrêtés entre le 13 et le 17 décembre 2019 à Brazzaville. Ils ont été inculpés d’atteinte à la sécurité de l’Etat et sont détenus illégalement, les délais de la détention provisoire prévus par le droit congolais ayant été dépassés depuis plusieurs mois. Leur avocat a déclaré à Amnesty International : « Cette détention est arbitraire car l’article 120 du code de procédure pénale au Congo précise que la détention provisoire ne peut excéder quatre mois, avec une possibilité de prorogation de deux mois par le procureur de la République. Or dans leur cas cela fait déjà sept mois, les délais légaux sont donc dépassés. » Malade, Franck Donald Saboukoulou a fait une demande d’autorisation de sortie pour soins refusée par les autorités. Le général Mokoko, André Okombi Salissa, Parfait Mabiala Hojeij, Franck Donald Saboukoulou, Guil Ossebi Miangué et Rolf Meldry Dissavouloud doivent tous être immédiatement libérés.  Depuis l’apparition du premier cas de Covid-19 au Congo le 12 mars, les autorités ont recensé 1087 cas positifs et 37 décès. Elles avaient annoncé la libération de 365 prisonniers condamnés pour des délits mineurs ou parce qu’ils avaient déjà purgé la plus importante partie de leur peine. De plus amples mesures doivent être prises pour protéger le droit à la santé de toutes les personnes détenues. Avec CP

Amnesty International instrumentalise des journalistes pour servir ses agendas masqués

Amnesty International instrumentalise des journalistes pour servir ses agendas masqués

TRIBUNE. L’ONG Amnesty International a publié, le 22 juin 2020, un rapport fallacieux et tendancieux sur la question des Droits de l’Homme au Maroc, en affirmant, sans preuve aucune, que le téléphone portable du journaliste marocain Omar Radi aurait subit des attaques grâce au logiciel espion Pegasus suite au supposé programme secret baptisé « Atlas »et développé par la société israélienne NSO Group. Face à de telles accusations, les autorités marocaines ont vivement réagi, comme il se devait, en rejetant fermement, le 26 juin 2020, avoir été contactées par Amnesty International sur ce sujet,tout en soulignant que la publication de ce rapport et la mobilisation de 17 organes de presse de par le monde et Le Desk au Maroc, s’inscrivent dans un agenda visant le Maroc. Une partie de ces organes médiatiques s’est, en effet, bien éloigné des règles déontologiques qui régissent l’honorable profession journalistique pour servir les agendas masqués de l’ONG en question. Il est bon de rappeler que ce rapport d’Amnesty International sur les pseudo activités de NSO Group en lien avec le Maroc n’est en fait qu’un complément d’une série d’actions entreprises menées depuis près de cinq années par cette ONG dans un bras de fer avec l’entreprise israélienne spécialisée dans les logiciels de surveillance. Pour ce qui est du parcours professionnel du sieur Omar Radi, l’affidé de service d’Amnesty, celui-ci n’a rien d’exceptionnel. Ce pseudo journaliste s’est fait connaître suite à tweet virulent à l‘égard de l’autorité judiciaire marocaine, ce qui provoqua sa convocation devant la justice en décembre 2019 et sa condamnation, le 17 mars 2020, à 04 mois de prison avec sursis et 45 Euros d’amende pour publication diffamatoire à l’endroit d’un magistrat. Force est donc de constater que toute cette mascarade initiée par Amnesty International n’est qu’un jeu d’influence auquel s’est invitée cette ONG moyennant d’énormes financements pour maquiller l’action des concurrents de NSO en lui donnant la légalité d’une action des Droits de l’Hommiste, en prétendant que les personnes visées sont des défenseurs des Droits de l’Homme et non pas des terrorises comme l’affirme NSO ; ce qui laisse entrevoir une action orchestrée par une entité contre le Royaume du Maroc, raison pour laquelle la justice marocaine a ouvert une enquête sur Omar Radi suspecté d’avoir bénéficier de financements de l’étranger en lien avec des services de renseignementet qu’il a été interrogé le 25 juin 2020 par la police judiciaire marocaine. Mais, Omar Radi, si prompt à défendre de fausses causes, a simplement refusé de s’exprimer sur cet interrogatoire ce qui est tout simplement un aveu, au regard du droit. Enfin, pour ce qui est du respect des Droits de l’Homme, Amnesty International ferait mieux de regarder vers d’autres pays, en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, en Afrique autre que le Maroc qui fait de ce dossier une priorité de sa politique judiciaire Farid Mnebhi.

Démission du secrétaire général d’Amnesty International

Démission du secrétaire général d’Amnesty International

C’est avec regret qu’Amnesty International peut confirmer que sur avis médical, Kumi Naidoo, le secrétaire général de l’organisation, a pris la décision de démissionner de son poste pour des raisons de santé. Sa démission a été acceptée par le Bureau exécutif international et il transférera ses responsabilités le 5 décembre 2019. « Cela fait longtemps que je considère Amnesty International comme l’un des atouts les plus importants pour l’humanité au niveau mondial, et c’est le cœur lourd que j’ai pris la décision de quitter mes fonctions. Aujourd’hui plus que jamais, l’organisation a besoin d’un·e secrétaire général·e apte au combat et en mesure de mener à bien son mandat avec la vitalité que ce poste, cette institution, et cette mission en faveur des droits fondamentaux méritent », a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International. « Travailler avec nos employé·e·s et bénévoles au Secrétariat international, aussi excellents qu’engagés, ainsi qu’avec nos sections a été un privilège immense. J’ai été inspiré par le travail important et courageux mené par notre mouvement. Cependant, ma santé m’oblige à prendre cette décision douloureuse et à démissionner. Je dois recouvrer ma santé et trouver à l’avenir un moyen plus durable de continuer à contribuer au combat pour la justice. » Kumi a pris la décision de quitter ses fonctions sur avis médical après qu’un problème de santé préexistant a empiré au cours des derniers mois. Le Bureau exécutif international d’Amnesty International a accepté sa démission et Kumi transmettra ses responsabilités à la secrétaire générale adjointe, Julie Verhaar, avec effet immédiat. Elle occupera désormais le poste de secrétaire générale par intérim jusqu’au recrutement d’un ou une remplaçant·e. « C’est avec réticence, mais compréhension, que nous avons accepté sa démission. Au cours de son mandat en tant que secrétaire général, il a joué un rôle moteur en nous aidant à façonner notre prochaine stratégie mondiale et en veillant à ce que nous puissions répondre aux défis en matière de droits humains auxquels le monde est actuellement confronté », a déclaré Sarah Beamish, présidente du Bureau exécutif international d’Amnesty International. Kumi tient à honorer en tant que secrétaire général sortant plusieurs engagements pris de longue date au cours du mois de décembre, tant que son état de santé le permet. Il est déterminé à mettre en place une transition graduelle soigneusement conçue, et il quittera ses fonctions en janvier lorsqu’il commencera une période d’arrêt maladie.

Algérie. Décès de Kameleddine Fekhar après 50 jours de grève de la faim

Algérie. Décès de Kameleddine Fekhar après 50 jours de grève de la faim

Décès mardi 28, tôt le matin, de Kameleddine Fekhar, médecin et ancien président de la section de Ghardaïa de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme. Dans un communiqué, Amnesty International indique lE militant algérien est décédé après une grève de la faim entamée le jour de son arrestation le 31 mars dernier pour protester contre son incarcération en raison de ses publications sur Facebook. « C’est avec une profonde émotion et une profonde tristesse que nous avons appris aujourd’hui la mort du militant  KamelEddine Fakhar après une longue grève de la faim pour protester contre son emprisonnement arbitraire et illégal pour avoir exprimé pacifiquement son point de vue sur les réseaux sociaux », a déclaré La directrice des campagnes pour l’Afrique du Nord de l’organisation, Najia Bounaim. « Kameleddine n’aurait jamais dû être arrêté. Sa mort en détention exige des autorités algériennes qu’elles examinent leur traitement de Fekhar et leur bilan épouvantable en matière de droits humains », a-t-elle poursuivi estimant que « les autorités doivent immédiatement ordonner une enquête effective, indépendante et impartiale sur les circonstances de son décès et traduire en justice toute personne soupçonnée d’avoir une responsabilité pénale dans cette affaire » . Dans son communiqué, Amnesty rappelle que le 19 avril dernier, le manifestant Ramzi Yettou est mort après avoir été roué de coups par des policiers. Elle estime que « les autorités algériennes doivent immédiatement revoir leurs politiques répressives et le traitement honteux réservé aux militants et aux manifestants dans le pays et laisser un espace à la liberté d’expression et au droit de manifester pacifiquement ». « Aujourd’hui, nous pleurons le décès de Kameleddine Fekhar , détenu pour rien d’autre que pour avoir exprimé ses opinions. Notre message aux autorités algériennes concernant les violations systématiques et répétées est le suivant : Assez! Il ne faut pas que ces violations se poursuivent, et l’impunité pour les graves atteintes aux droits humains doit être combattue », poursuit l’Ong. Signalons que le 11 décembre 2016, le journaliste Anglo-algérien Mohammed Tamalt, âgé de 41 ans, est décédé à l’hôpital universitaire de Mohamed Lamine Dabbaghin à Bab El Oued, à Alger, après une grève de la faim entamé le 27 juin 2016 et qui aura duré cinq mois. Enfin, Amnesty International a appelé les autorités algériennes à mener une enquête approfondie et indépendante sur les événements, depuis son arrestation jusqu’à sa mort.

Kumi Naidoo présente sa vision pour le mouvement des droits humains: « Plus grand, plus audacieux et plus inclusif »

Kumi Naidoo présente sa vision pour le mouvement des droits humains: « Plus grand, plus audacieux et plus inclusif »

Le premier secrétaire général sud-africain de l’histoire d’Amnesty présente sa vision pour la direction de la plus grande organisation de défense des droits humains du monde, alors qu’il débute son mandat en se rendant à Johannesburg. Le mouvement de défense des droits humains doit être plus grand, plus audacieux et plus inclusif s’il veut répondre aux défis auxquels sont confrontés les gens aujourd’hui, a déclaré le militant chevronné Kumi Naidoo au moment de prendre officiellement ses fonctions de secrétaire général d’Amnesty International. « Notre monde est confronté à des problèmes complexes qui ne peuvent être résolus que si l’on s’éloigne de la vision traditionnelle qui voudrait que les droits humains ne recouvrent que certaines formes d’injustices subies par des personnes, mais pas d’autres. Les schémas d’oppression qui nous entourent sont interconnectés », a déclaré Kumi Naidoo. « On ne peut pas parler de la crise du changement climatique sans reconnaître qu’il s’agit également d’un problème d’inégalité et de race ; on ne peut pas s’attaquer à la discrimination sexuelle sans reconnaître qu’elle est liée à l’exclusion économique des femmes ; et on ne peut pas ignorer le fait que les droits civils et politiques d’une population sont souvent supprimés au moment même où ces personnes tentent de réclamer une justice économique élémentaire. » Amnesty International a alerté à de nombreuses reprises sur le fait que nous vivons à l’une des époques les plus clivantes de l’histoire moderne, avec des dirigeants de premier plan qui nous offrent une vision cauchemardesque de la société, aveuglée par la haine et la peur. Ce n’est qu’en nous rassemblant sous des valeurs communes qui nous unissent, comme les droits humains, que nous pourrons surmonter cette adversité, a déclaré Kumi Naidoo. « Dans mon premier message en tant que secrétaire général, je veux qu’il soit clair qu’Amnesty International ouvre désormais les bras, plus grand que jamais, pour construire une communauté résolument mondiale qui s’étend aux quatre coins de la planète, et en particulier dans les pays du Sud. « Je veux que nous construisions un mouvement de défense des droits humains qui soit plus inclusif. Nous devons redéfinir ce que cela signifie d’être un défenseur des droits humains en 2018. Un militant peut venir de quelque horizon que ce soit : syndicat, école, groupe religieux, gouvernement ou même d’une entreprise », a déclaré Kumi Naidoo. « Je veux que les jeunes sachent tout particulièrement que nous sommes ouverts à eux et que nous avons besoin qu’ils nous mettent au défi d’en faire plus pour eux. Ma conviction la plus profonde, c’est que les jeunes ne sont pas les dirigeants de demain, mais les dirigeants dont nous avons besoin ici et maintenant. Les Ahed Tamini, les Elin Ersson, les Sibongile Ndashe, et toutes les autres personnes qui n’ont pas reculé devant la désobéissance civile ou devant le fait de se faire traiter de naïfs ou d’idéalistes sont les modèles audacieux dont nous avons besoin aujourd’hui. « Amnesty International a été construite sur l’idée que des personnes, qu’importe où elles soient ni qui elles soient, fassent de l’injustice subie par d’autres personnes une affaire personnelle. Et à maintes reprises cela a été prouvé, lorsque des inconnus se réunissent pour se battre en faveur de personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées et qui se trouvent de l’autre côté de la terre, alors le changement est possible. » « Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin que des personnes agissent ensemble et défient les oppresseurs. J’invite toutes les personnes qui se soucient du présent et du futur, celles qui se soucient de leurs enfants et de leurs petits-enfants, celles qui font de l’injustice une affaire personnelle, à nous rejoindre. Amnesty International a besoin de votre voix, de votre participation et de votre présence dans notre mouvement pour faire des droits humains une réalité. » Rendant hommage au précédent dirigeant d’Amnesty International, Kumi Naidoo a déclaré :« Je tiens à remercier Salil Shetty pour tout ce qu’il a apporté à Amnesty International au cours de ces huit dernières années, et pour son travail visant à renforcer notre présence dans le monde entier. J’espère construire sur ces fondations et les élargir, pour veiller à ce que nous devenions un mouvement mondial uni. » Briser les règles, amener le changement Originaire d’Afrique du Sud, Kumi Naidoo a milité toute sa vie en faveur de la justice sociale. Né à Durban en 1965, sa première expérience du militantisme a eu lieu alors qu’il avait 15 ans, lorsqu’il a organisé une manifestation anti-apartheid et qu’il y a participé, ce qui lui a valu d’être renvoyé de son école. À partir de ce moment-là, il s’est investi profondément dans le militantisme dans sa communauté locale et dans l’organisation de mobilisations de masse contre le régime d’apartheid. En 1986, à l’âge de 21 ans, Kumi Naidoo a été inculpé de violation des dispositions relatives à l’état d’urgence. Il a été contraint de passer dans la clandestinité, avant de décider de vivre en exil au Royaume-Uni, où il est resté jusqu’à la libération de Nelson Mandela et la levée de l’interdiction des mouvements de libération. En 1990, alors que le régime d’apartheid s’effondrait, Kumi Naidoo est rentré en Afrique du Sud pour travailler avec l’African National Congress. Là, il s’est attelé à une cause qui lui tenait à cœur : l’éducation, et plus particulièrement les campagnes d’alphabétisation pour adultes et le travail en faveur de l’éducation des électeurs, pour redonner du pouvoir aux communautés qui ont été privées de leurs droits de manière historique et systématique. Kumi Naidoo a eu de nombreux postes de dirigeant, mais son rôle de directeur exécutif de Greenpeace International a consolidé sa réputation de militant audacieux qui défend la désobéissance civile, comme la fois en 2011 où il a été arrêté pour avoir escaladé une plateforme pétrolière groenlandaise afin de remettre en mains propres une pétition pour protester contre les forages dans l’Arctique. Un an plus tard, il occupait une plateforme pétrolière russe dans la mer de Barents, dans la région arctique russe.

Tchad: Les mesures d’austérité adoptées par les autorités amplifient la pauvreté qui touche des milliers de Tchadiens

Tchad: Les mesures d’austérité adoptées par les autorités amplifient la pauvreté qui touche des milliers de Tchadiens

La population tchadienne paierait un lourd tribut des mesures d’austérité adoptées par les autorités depuis 2015 pour répondre à la crise économique provoquée par la chute brutale des cours du pétrole brut et exacerbée par le manque de diversification de ressources économiques du pays, selon Amnesty International. A en croire l’organisation internationale, elles auraient amplifié la pauvreté qui touche des milliers de Tchadiens, alors que l’accès aux soins ou à l’éducation sont désormais hors de portée de nombreuses familles. Au point que la situation serait devenue critique, note-t-elle dans un récent rapport présenté aujourd’hui. Pour mieux apprécier les conséquences de ces mesures d’austérité sur la population, l’ONG a mené des entretiens avec 176 personnes, dont des représentants du gouvernement, à N’Djamena, et dans plusieurs autres villes. Elle a, aussi, visité 32 établissements de santé dans huit régions. L’ONG a noté d’emblée que la baisse du budget de la santé de 50 % entre 2013 et 2017 et la diminution des subventions et d’autres financements alloués aux hôpitaux. Selon Amnesty, « la réduction des dépenses de santé s’est aussi traduite par une baisse de 70 % des dépenses consacrées au programme national des soins d’urgence gratuits, qui avait été mis en place en 2006 pour permettre la prise en charge d’un certain nombre d’urgences à l’hôpital, dont les accouchements et les soins obstétriques et néonatals ». Cité par l’organisation, Alain, chauffeur de 40 ans, confie que sa femme enceinte n’a pas bénéficié de la gratuité des soins d’urgence, bien qu’elle y ait droit. « J’ai tout payé : les examens, les gants, la protection en plastique pour la table d’accouchement et les médicaments. […] Avant, ils donnaient tout cela mais maintenant il faut payer », déplore-t-il. Alors que le salaire moyen au Tchad est de 113 dollars, il a dû payer 41 dollars pour l’accouchement, indique l’ONG soulignant qu’elle s’est entretenue avec douze femmes enceintes dont certaines avaient dû parcourir jusqu’à 15 kilomètres à pied pour atteindre un centre de santé. « Lorsqu’il leur a été demandé pourquoi elles avaient attendu si longtemps pour faire un examen de contrôle, elles ont répondu qu’elles n’avaient pas les moyens de payer les soins prénatals », rapporte l’ONG qui note aussi la pénurie de médicaments et de produits essentiels. Récurrente, cette pénurie concerne des produits tels que le paracétamol et les désinfectants, dont l’alcool, dans les établissements de santé, précise-t-elle. L’équipe de l’association a aussi rencontré des étudiants dont l’avenir est menacé par la suppression sans préavis de leurs bourses d’études, notant que l’éducation est la deuxième grande victime des coupes budgétaires. En effet, dans le cadre des mesures d’austérité, les autorités tchadiennes ont réduit de 21 % les dépenses dans ce secteur entre 2014 et 2016. Dans son rapport, Amnesty rappelle que « la bourse de 53 dollars mensuels dont bénéficiaient tous les étudiants a été totalement supprimée, sauf pour les étudiants en médecine et pour ceux qui sont inscrits dans des écoles nationales professionnelles ». Par ailleurs, en octobre 2017, les autorités ont doublé les frais d’inscription dans les universités publiques, qui s’élèvent maintenant à 94 dollars des États-Unis, et introduit des frais de réinscription d’un montant d’environ 53 dollars. Rappelons qu’auparavant, les frais d’inscription étaient subventionnés par l’État. La situation est telle que « de nombreux étudiants nous ont exprimé leur crainte de devoir arrêter leurs études car aucune autre solution n’a été mise en place », a affirmé l’organisation ajoutant que pour s’en sortir, certains d’entre eux ont dû prendre un travail à temps partiel, qui les oblige souvent à manquer les cours. C’est notamment le cas de Mamadou, étudiant à l’université de N’Djamena, qui depuis la suppression de sa bourse, ne pouvait plus acheter de livres, manger à la cantine ou renouveler son inscription à la bibliothèque. Ce dernier est désormais taxi-moto et doit très souvent choisir entre étudier et gagner de l’argent. Soulignons qu’entre janvier et mars 2018, des dizaines de manifestations ont eu lieu dans les principales villes du pays, dont la capitale N’Djamena, pour protester contre ces mesures d’austérité. Problème, c’est que « toutes sauf une ont été réprimées par les forces de sécurité, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants, arrêté au moins 150 personnes (dont des étudiants et des enfants) et torturé au moins deux personnes », a relevé l’ONG soulignant que les autorités ont accusé les manifestants d’avoir jeté des pierres sur les policiers et détruit des véhicules appartenant à des administrations publiques ou à des particuliers. Amnesty international estime que la crise économique qui frappe le pays ne devait pas être « une excuse pour porter atteinte aux droits de la population, notamment aux droits à la santé et à l’éducation de milliers de tchadiens. Encore moins, l’austérité ne peut justifier les violations généralisées des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ». Par ailleurs, l’organisation déplore que le gouvernement tchadien ne prend toujours pas des mesures pour évaluer les conséquences des mesures d’austérité sur les droits économiques, sociaux et culturels, notamment les droits à la santé et à l’éducation. Adrien Thyg

Algérie. Les poursuites visant six militants doivent être abandonnées

Algérie. Les poursuites visant six militants doivent être abandonnées

La justice algérienne doit abandonner toutes les poursuites visant six militants qui encourent des peines d’emprisonnement pour des chefs d’inculpation découlant de leur soutien à un avocat spécialiste des droits humains attaqué de toutes parts, a déclaré Amnesty International lundi 25 juin. Le Tribunal de première instance de Ghardaïa, une ville du centre de l’Algérie, doit rendre son verdict dans leur procès ce mardi 26 juin. Fethi Ghares, candidat à l’élection présidentielle de 2019 pour le Mouvement démocratique et social (MDS), Hamid Ferhi, membre de ce parti, Abdelkader Kherba, Kaddour Chouicha et Ahmed Nanseri, membres de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), et Nadir Dabouz, neveu de l’avocat et défenseur des droits humains Salah Dabouz, sont jugés pour incitation à un rassemblement non armé, outrage à un représentant de l’État et refus d’obéir à une loi. Le parquet a requis une peine d’un an de prison et une amende de 100 000 dinars algériens (environ 730 euros) contre les six prévenus. Ces accusations découlent soi-disant de leur tentative de démonstration de soutien à Salah Dabouz lors d’une audience de son procès qui s’est déroulée le 13 juillet 2016 à Ghardaïa. La police a arrêté ces six hommes vers 9 heures du matin alors qu’ils attendaient le début de l’audience dans un café voisin. Elle les a relâchés le jour même en fin d’après-midi, et le parquet n’a engagé les poursuites à leur encontre qu’en février 2017. « La nature fallacieuse de ces accusations est soulignée par le retard extraordinaire de la décision prise par le procureur de les poursuivre, a déclaré Heba Morayef, directrice du programme régional Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Personne ne devrait risquer l’emprisonnement pour avoir simplement prévu d’assister à l’audience du procès d’un collègue. Ces poursuites doivent être abandonnées immédiatement. » Le Comité des droits de l’homme des Nations unies doit examiner le respect par l’Algérie du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) les 4 et 5 juillet. Dans sa communication au Comité concernant l’Algérie, Amnesty International a appelé les autorités algériennes à respecter leurs obligations aux termes des articles 19 et 21 du PIDCP, qui garantissent les droits à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique.