La Guinée-Bissau célèbre à Rabat le 52ᵉ anniversaire de son indépendance au rythme de la korá

La République de Guinée-Bissau a célébré jeudi 25 septembre à la Salle Bahnini de Rabat, le 52è anniversaire de son indépendance lors d’une soirée qui a réuni des diplomates, des officiels marocains dont le ministre de la Justice, Abdelatif Ouahbi, ainsi que plusieurs partenaires institutionnels. Placée sous le signe de la mémoire historique et de l’amitié maroco-bissau-guinéenne, cette cérémonie commémorative a été marquée par un concert de korá magistralement interprété par le griot Nino Galissa. Le grand artiste, héritier de la lignée des griots de Kansalá, qui a œuvré à la mémoire et à la reconstitution des faits historiques de la korá, a gratifié l’auditoire des sonorités profondes qui l’ont émerveillé. Cette soirée a aussi été l’occasion de découvrir une partie des racines et de l’histoire de ce pays d’Afrique de l’ouest, « peu racontée et presque inconnue de beaucoup d’entre nous ici », comme l’a souligné, dans son allocution, l’Ambassadrice de Guinée-Bissau à Rabat, Mme Filomena Mascarenhas Tipote. A ce propos, Mme Filomena Mascarenhas Tipote a indiqué que la Mission diplomatique bissau-guinéenne avait choisi, cette année, de mettre en lumière « le lien fondamental qui unit l’instrument Kora à la Guinée-Bissau, aux côtés d’autres instruments culturels typiques tels que : le bombolon, la tina, le tambour, le siko, le balafon, la flûte et bien d’autres encore ». L’occasion pour la diplomate de rappeler : « la Guinée-Bissau, à travers son passé via la province de Kaabu, est intrinsèquement liée à l’Histoire et à la grandeur de l’Empire du Mali à laquelle fut attachée une grande partie du territoire de la Guinée-Bissau, notamment, par la province de Kaabu/Ngabu. Et d’ajouter qu’« avec la fin de l’Empire du Mali, Kaabu devint un empire indépendant à 1867, ayant pour capitale Kansalá, correspondant aujourd’hui au village de Camalija Durbali, dans le secteur de Pirada, région de Gabu, considéré comme le berceau de la tradition orale du Kora ». Invité d’honneur, l’anthropologue Sirio Canós Donnay, de l’Université de Valence, a été salué pour son rôle dans les fouilles archéologiques de Kansalá et son « soutien inestimable à la renaissance de la kora en Guinée-Bissau ». Enfin, Mme Filomena Mascarenhas Tipote a saisi cette occasion pour mettre en avant « l’excellence des relations d’amitié, de fraternité et de coopération exemplaire entre la Guinée-Bissau et le Royaume du Maroc » et de rappeler les liens qui se sont, récemment, illustrés par la troisième Commission mixte tenue à Laâyoune, en juillet 2024 et marquée par la signature de plusieurs accords dans des domaines variés) et l’ouverture du Consulat à Dakhla, a-t-elle rappelé. Rappelons également que la visite historique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Bissau remonte à 2015 qui fut couronnée par la conclusion de seize accords. Alain Bouithy