Congo : recompositions explosives du pouvoir sécuritaire et coups tordus dans la course à la succession ( lecture en 5 minutes )

Congo : recompositions explosives du pouvoir sécuritaire et coups tordus dans la course à la succession ( lecture en 5 minutes )

PARLONS-EN. Les luttes claniques à la succession de Denis Sassou-Nguesso s’intensifient, au moment où la santé déclinante de ce dernier handicape la gestion de l’État, y compris dans le domaine sécuritaire qu’il maîtrisait jadis. Notre article du 30 janvier alertait sur les rivalités internes. Les faits récents confirment un malaise profond : la sortie fracassante du colonelle Aline Olga Lonzaniabeka, précédé du décret de sa rétrogradation qui a circulé sur la toile et non démenti par la hiérarchie ni par le Nihiliste Moungalla, interroge. Un cas rarissime qui ouvre la boîte de Pandore des rivalités mortelles au sommet. Le 1er février, la colonelle Lonzaniabeka a brisé son devoir de réserve en allant sur les réseaux sociaux via quatre audios virulents. Loin d’un simple recours personnel, ces déclarations révèlent une toile de fond stratégique majeure : des affrontements pour le contrôle sécuritaire autour du président. On sait que dans les régimes autoritaires, les crises internes se règlent par arbitrage opaque, neutralisation discrète et silence stratégique, plutôt que par transparence publique. Trois scénarios, non exclusifs, éclairent cette séquence explosive. L’arbitrage discret de M. Sassou pour pacifier sans bruit Traditionnellement, ce rôle revenait à Anatole Collinet Makosso, titulaire d’un DEA égyptien en diplomatie et expert dans la résolution de conflits, mais préoccupé par le spiritisme et autres, il a échoué et même abandonné le Pool natal de son épouse où samedi 31 janvier 20h36, la DGSP a encore fait des blessés et tué le civil Dro à Mabouba sans raisons. Ici, le centre présidentiel (la famille Sassou) opte pour une désescalade administrative : déplacer les acteurs exposés, ajuster les chaînes de commandement et geler les tensions par dilution. L’objectif ? Assurer l’obéissance sans justice formelle. Louzaniabeka pourrait ainsi obtenir une affectation latérale ou une mission technique, neutralisant sa menace tout en évitant une victimisation publique. Mais ses audios publics ont définitivement contredit cette logique, forçant M. Sassou à choisir entre deux autres voies radicales. L’offensive informationnelle de JDO pour recentraliser JDO, pilier du pôle renseignement et sécurité rapprochée via le Conseil national de sécurité (CNS), aurait orchestré une contre-attaque. Les accusations de Lonzaniabeka – tramadol, viols, subversion contre le président – serviraient de courroie de transmission pour tarir les rumeurs contre lui, identifier les fuites numériques (via l’ANSSI de son neveu Conrad Oboulhas Tsahat) et réaffirmer son monopole informationnel. Ces accusations viseraient à marginaliser l’État-major de l’armée (général Guy Blanchard Okoï) et son rival Général Ngatsé Nianga-Mbouala soutenus par Pierre Oboa, Bruno Jean Richard Itoua, Pierre Ngolo et Cie, renforçant le CNS et la loyauté des cercles mbochis d’Oyo autour de lui. Une purge instrumentalisée par le centre M. Sassou combinerait les deux pour une neutralisation chirurgicale : utiliser la crise pour écarter des figures jugées encombrantes (forte aura militaire, appartenance à des réseaux franco-internationaux, efficacité opérationnelle prouvée), sous couvert de restructurations légales ordinaires (limite d’âge, rotations). La vérité, M. Sassou voudrait intensifier sa coopération avec la Russie après sa présidentielle (c.f plusieurs dépêches des services spéciaux occidentaux). Sa peur, est de se faire doubler par : Nianga Mbouala qui a encore des milliers d’elements à la ( GR – DGSP) et le français Guy Blanchard Okoï en accointance avec Denis Gokana mécontent depuis que Joujou Sassou l’a arraché le bifteck. La nomination du prochain gouvernement dans 69 jours (ou ACM se bat de rempiler devant Maboundou, Mabiala, N’Silou, etc .), activera ce processus, sacrifiant des pions périphériques sans admettre des abus ou exagérations. Ces hypothèses dessinent la volonté de permanence d’une gouvernance clanique où les crises se règlent par confrontation et non par vérité. La dissidence sera ainsi écrasée ou recyclée pour préserver la cohérence du pouvoir, sans adversaire dangereux. On entre dans la phase de la veillée d’armes avant la confrontation finale qui devrait aboutir à l’interpellation des généraux Ngatsé Nianga Mbouala avec motif de détournement de fonds et débarquement d’Okoï et Cie de leurs responsabilités. Prélude d’y revenir, il sied de dire, que, la colonelle Aline a trahit son serment militaire et ses obligations et devrait être mise aux arrêts de rigueur car : Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Interview : Aline Olga Lonzaniabeka : «J’ai simplement voulu inciter les femmes à venir à l’armée ».

Interview : Aline Olga Lonzaniabeka : «J’ai simplement voulu inciter les femmes à venir à l’armée ».

Au cours de la cérémonie de présentation dédicace organisée, le 3 janvier 2018 à Brazzaville, l’auteure-officier des Forces Armées Congolaises (FAC), le lieutenant-colonel Aline Olga Lonzaniabeka avait expliqué que ce livre était le fruit d’une réflexion, de son expérience dans l’armée en tant que militaire et qu’elle l’avait écrit pour inciter les femmes à venir à l’armée. Elle a accepté de répondre aux questions de Pagaesafrik.info. Pagesafrik.info : Qui êtes-vous en réalité ? Aline Olga Lonzaniabeka : Je suis le lieutenant-colonel Aline Olga Lonzaniabeka. Je fais partie des Forces Armées Congolaises (FAC). Je viens de publier un essai intitulé «La femme congolaise et la défense de la nation» aux éditions Hemar à Brazzaville. C’est mon premier livre mais d’autres vont suivre. Pagesafrik.info : Pourquoi avoir choisi le livre comme support de communication alors qu’il y a des voies comme les séminaires, les conférences et autres ? A.O. Lonzaniabeka : J’ai choisi le livre parce qu’il va partout. Il dure longtemps et peut traverser les siècles. C’est la base première et à travers lui, on peut cumuler avec les interviews. Pagesafrik.info : N’est-ce pas un simple désir de visibilité ? A.O. Lonzaniabeka : Je ne le pense pas parce que je suis déjà suffisamment connue. Cela fait plus de vingt ans depuis que je suis dans l’armée. Plusieurs personnes me connaissent comme un officier des Forces Armées Congolaises. Je passe aux médias. Lors de mes soutenances et lorsque je porte graduellement les galons aussi. Non, je ne le pense pas. Je n’ai pas seulement voulu me faire connaitre et me rendre visible. En écrivant ce livre, j’ai simplement voulu inciter les femmes à venir à l’armée. Je ne cesse de dire que je suis venue à l’armée par contrainte. Ce sont mes parents qui m’ont forcée. Je ne voulais pas. J’avais moi-même une autre idée de l’armée mais j’ai fini par découvrir que c’est un autre monde. J’ai découvert qu’on pouvait s’y épanouir et qu’il a des compétences dans l’armée. Je me suis rendue compte que mon idée était fausse et voilà pourquoi, en écrivant ce livre, j’ai voulu faire honneur à la femme-soldat de qui il se dit tout et rien. Je rappelle que je ne voulais pas être soldat. Je le suis devenue et j’ai appris à l’être. J’ai appris à aimer ma condition de femme-soldat. Pagesafrik.info : Est-ce la vraie raison de ce livre ? A.O. Lonzaniabeka : Oui. Pour pousser les femmes à rejoindre les rangs des Forces Armées Congolaises, à ne pas avoir peur du métier des armes mais au contraire, à avoir des diplômes et à y venir. L’armée n’est pas un refuge pour les femmes ratées qui n’ont pas terminé leurs études. Il ne faut pas non plus penser que les parents ont raté leur éducation et que c’est pour cela qu’elles sont allées dans l’armée. Non, ce n’est pas cela. L’armée est un endroit pour les femmes à la tête bien faite et pleine. J’ai également voulu pousser la hiérarchie à avoir un double regard sur la femme-soldat. Pagesafrik.info : Comment avez-vous apprécié le reproche qui vous a été fait de n’avoir pas suffisamment parlé du harcèlement sexuel le jour de la présentation de votre livre ? A.O. Lonzaniabeka : Je l’ai fait volontairement. J’ai été brève ce jour-là parce que je l’ai voulu. Vous savez que ce sont des sujets très sensibles. Ce problème ne touche pas seulement les femmes des Forces Armées Congolaises, il concerne toutes les femmes de toutes les sphères professionnelles, les administrations tant publiques que les sociétés privées, les écoles, les Universités, ce n’est pas une chose catégorisée uniquement au sein de l’armée. Je reconnais que nous vivons des situations de harcèlement, des choses incroyables. Mais est-il possible d’en parler aussi librement et dans n’importe quel milieu ? Je m’interroge. Je réponds que je ne le pense pas. Ce sont des sujets qui peuvent être débattus dans des milieux autorisés. A ce propos, la ministre de la promotion de la femme, Mme Nefer Bertille Ingani qui organise des descentes d’échanges avec les femmes. Elle parle des violences faites à la femme, du harcèlement sexuel et des viols. Elle fait ce travail en collaboration avec la police pour tenter de réduire sinon d’éradiquer ce genre de chose. Elle pousse même les femmes à la dénonciation. Je solliciterai son assistance et sa présence lorsque je ferai les descentes dans les lieux précités. Pagesafrik.info : Comment entendez-vous accompagner votre livre lorsqu’on sait que publier un livre est une chose mais en faire la promotion en est une autre ? A.O. Lonzaniabeka : Le livre est en effet sur le marché. Nous avons dans un premier temps fait la présentation-dédicace, le 3 janvier 2018 à Brazzaville. Nous allons ensuite procéder par de petits séminaires, des descentes dans les Universités là où se trouvent les jeunes femmes diplômées qui pourront, avec leur bagage intellectuel, se tourner vers l’armée. L’académie militaire Marien Ngouabi est une Université militaire qui accueille les détenteurs d’une licence ou d’un Baccalauréat plus deux (Bac+2). Nous n’oublions pas les descentes les descentes dans les casernes militaires où se trouvent plusieurs femmes soldats, des femmes sous-officiers et des femmes officiers pour leur donner beaucoup de force et de courage pour mieux s’impliquer et se hisser dans leur vie professionnelle. Pagesafrik.info : A qui sont destinées les suggestions dans votre livre ? A votre hiérarchie ou à la société ? A.O. Lonzaniabeka : Les suggestions que je fais concerne la hiérarchie et la hiérarchie, ce sont le ministre de la défense, le Chef d’Etat-Major Général et pourquoi pas le Chef suprême des armées qui est Son Excellence monsieur le Président de la République. Nous faisons des suggestions pour que la hiérarchie s’attèle à améliorer de plus belle les conditions des femmes dans l’armée. Je sais qu’elle le fait déjà dans les fonctions, avec des formations, des stages et des promotions. Elle nous met à l’aise mais la perfection est toujours une quête permanente. Il y a encore beaucoup à faire pour

Livre : «La femme congolaise et la défense de la nation», une publication d’Aline Olga Lonzaniabeka

Livre : «La femme congolaise et la défense de la nation», une publication d’Aline Olga Lonzaniabeka

«Ce livre est l’aboutissement d’une longue réflexion et d’une recherche approfondie sur la condition et le devenir de la femme au sein des Forces Armées Congolaises. Il analyse, textes à l’appui, le processus d’intégration de la femme dans la force publique au Congo et montre que son engagement, aux côtés de l’homme, trouve des exemples dans l’histoire universelle. Consciente du rôle qu’elle est susceptible de jouer dans la marche du Congo vers son accomplissement, la femme congolaise se joint à l’homme pour se placer aux avants postes de la nation», peut-on lire sur la quatrième de couverture de l’essai publié aux éditions Hémar par l’officier Aline Olga Lonzaniabeka. Au cours de la cérémonie de présentation dédicace organisée, le 3 janvier 2018, l’auteure a expliqué que ce livre était le fruit d’une réflexion, de son expérience dans l’armée et en tant que militaire. Elle a ajouté que ce livre a été suscité par le directeur de éditions Hémar aux lendemains de sa soutenance à l’Ecole Supérieure de Gestion et d’Administration des Entreprises (ESGAE). Elle a ajouté que cela faisait quarante ans depuis que la femme militaire était progressivement intégrée. Aujourd’hui, elle a évolué. Elle a appris par ses propres efforts. Ces femmes sont nombreuses à occuper des postes de responsabilités, avec l’encadrement de la hiérarchie qui donne assez de possibilité aux femmes dans l’armée. Pour cela, Il faut de la compétence, de diplôme pour un tel galon. Cette cérémonie était placée sous le parrainage de la ministre de la femme et de l’intégration de la femme au développement, Inès Bertille Nefer Ingani en présence de Rosalie Kama Nyamayoua, ancienne ministre et actuelle ambassadeur du Congo à Cuba et de plusieurs invités. Pour la ministre, cette première œuvre par une femme des Forces Armées Congolaise est une preuve de l’engagement des femmes dans l’armée ayant choisi d’accompagner le Chef de l’Etat. Elle a estimé que ce livre du lieutenant-colonel Lonzaniabeka est le premier du genre dans le domaine de l’armée. Il constitue une preuve de la volonté des femmes qui ont choisi par vocation le métier des armes. Les femmes congolaises ont toute leur place dans le domaine de la défense et de la sécurité au même titre que celles du monde entier évoluant dans les autres secteurs d’activités. Partout dans le monde, a signifié la ministre, les femmes se mobilisent, elles prennent conscience du fait que le moment est venu pour s’affirmer là où elles sont par la compétence et le mérite. La ministre Ingani a aussi rappelé aux hautes autorités militaires qu’à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme, le 8 mars dernier, quarante-trois ans après l’intégration des femmes dans la force publique, une de leurs doléances était de voir une ou plusieurs d’entre-elles nommées au grade de général. La lecture critique de cette œuvre a été assurée par le général Prosper Nkonta, Chef d’État-Major particulier du Premier ministre. Selon lui, ce livre offre à l’auteure une certaine liberté et ouvre un débat sur un sujet qui doit être mais qu’il mérite d’être poursuivie et documenté. Il a également fait savoir que les femmes ne peuvent pas occuper tous les postes dans l’armée, à cause de leur devoir de procréation. Que peut-on dire de l’œuvre ? Le livre affiche une image de l’auteure, en action. Il est préfacé par le général Norbert Dabira. Il est dédié à ses parents Félix Lonzaniabeka et Henriette Ngala. Le préfacier écrit qu’il reconnait un triple mérite à l’ouvrage du lieutenant-colonel, à savoir, il est bien documenté et que l’auteur fait recours à sa propre expérience de soldat et d’officier dès que la documentation fait défaut ; c’est un ouvrage qui fait preuve de précision et de rigueur quant à l’histoire du Congo et des Forces Armées Congolaises et qu’il est l’œuvre d’une femme qui s’est chargée de parler d’autres femmes dans la proximité de leurs visions et de leurs destins. Dans l’introduction, Aline Olga Lonzaniabeka renseigne que cela fait quarante et un ans depuis que le premier contingent des femmes est enregistré dans les Forces Armées Congolaises. Cette œuvre de 144 pages est divisée en deux parties bien distinctes. La première partie intitulée «Contexte social, historique et historique» repose sur trois chapitres et est subdivisée en cinq chapitres et une annexe constituée d’illustrations de femmes dans l’armée congolaise, de décisions portant incorporation de recrues de la classe 1974 ainsi que des Appelés de la classe 1975 et le décret 75/328 du 14/7/75 fixant les diverses indemnités allouées aux militaires. Elle n’a pas oublié les deux hymnes nationaux que le Congo a connus depuis l’indépendance, à savoir La Congolaise et Les trois glorieuses. La première partie est intitulée «Contexte social, historique et politiques». La seconde porte le titre de «Problèmes, perspectives et suggestions». Qui est Aline Olga Lonzanabéka ? Officier d’administration ayant reçu une formation initiale d’officier à l’académie militaire Marien-Ngouabi, elle a fait partie de la première promotion ayant en son sein le personnel féminin dénommée « Promotion commandant Essongo 1998-2001 ». Elle est titulaire d’une licence d’études supérieures de l’administration et des entreprises obtenue au Sénégal. Elle est en service à la Maison militaire du président de la République. L’ouvrage « La femme congolaise et la défense de la nation » est sa première œuvre.