Maroc. L’activité agricole marque le pas

AGRICULTURE. « Les activités agricoles auraient ralenti au quatrième trimestre 2023 », selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP) qui attribue ce ralentissement principalement à la persistance du déficit hydrique et des températures au-dessus de la saison. « En variation annuelle, la valeur ajoutée agricole aurait crû de 5,2% au lieu de +6,9% au premier trimestre, a indiqué le Haut-commissariat dans son point de conjoncture du quatrième trimestre 2023 et des perspectives pour le premier trimestre 2024. Selon ce document rendu public récemment, « la réduction de la production végétale hors céréales aurait été plus perceptible au niveau des maraîchères de saison et des cultures fruitières, affectées par une réduction des rendements ». L’organisme public, chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, estime ainsi que les quantités exportées des cultures auraient sensiblement diminué, notamment celles des petits légumes (-16,8%), des tomates (-25,9%), des fraises (-29%) et des pastèques et melons (-61,5%). En ce qui concerne la production attendue des filières agricoles, il est important de noter que le ministère de l’Agriculture « table sur une récolte des agrumes qui avoisinerait les 1,69 million de tonnes, en hausse de 5% par rapport à la campagne précédente », ainsi que l’a relevé dernièrement le Département des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances. Dans sa note de conjoncture du mois de décembre 2023 (N°322), la DEPF avait rapporté que la production prévisionnelle des olives serait de 1,07 million de tonnes, soit un niveau similaire à celui de la campagne précédente, tandis que celle des dattes atteindrait 115 mille tonnes, en amélioration de 6,5%. Quant à la valeur des exportations du secteur de l’agriculture et agro-alimentaire, la note indiquait qu’elle a atteint 68,5 milliards de dirhams à fin octobre 2023, en légère baisse de 0,7% après une hausse notable de 23,5% à fin octobre 2022, suite au recul de la valeur des exportations des produits d’agriculture, sylviculture et chasse de 1,6% et de celle de l’industrie alimentaire de 1,1%. La note avait toutefois fait état d’une dynamique favorable de la valeur des ventes à l’étranger de l’industrie alimentaire depuis septembre 2023, « comme en atteste la croissance de 2,2% enregistrée en septembre et de 9,6% en octobre de cette année ». Poursuivant son analyse dans la filière animale, l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi Alami rapporte par ailleurs que l’activité d’élevage aurait été bridée par la faiblesse du pâturage. Toujours selon le HCP, la production de la viande rouge aurait continué à être portée, principalement, par le renforcement des importations des animaux vivants qui auraient bondi au dernier trimestre de l’année 2023. A l’inverse, les données montrent que l’activité du secteur avicole se serait redressée, dans un contexte de baisse de 33,3% des prix à l’importation du maïs. Elles suggèrent en outre que l’effectif du poulet de chair et des dindonneaux traité au niveau des abattoirs aurait augmenté respectivement de 10,3% et 10% en variations annuelles, a noté l’institution. Dans son point de conjoncture du quatrième trimestre 2023, le Haut-commissariat précise que « ce redressement se serait accompagné par un apaisement des tensions sur les prix du poulet, ramenant leur évolution moyenne à +1,1% au dernier trimestre de l’année 2023, au lieu de +11,6% au cours de la même période de l’année antérieure ». Quant à la productivité de la filière apicole, les chiffres montrent qu’elle « aurait poursuivi son abaissement, dans un contexte de réduction des colonies d’abeilles à cause des conditions climatiques sèches ayant marqué l’été et l’automne 2023. Alain Bouithy
L’activité agricole continue de booster la croissance économique (Maroc)

Dans sa dernière note de conjoncture, la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) a fait état d’une performance notable de la valeur ajoutée agricole en 2017. A en croire ce département relevant du ministère de l’Economie et des Finances, la valeur ajoutée agricole s’est nettement redressée en 2017, contribuant ainsi significativement à la croissance économique nationale après une chute l’année précédente. Cette évolution aurait bénéficié d’une très bonne production céréalière ainsi que de l’évolution favorable des autres filières, particulièrement l’activité de l’élevage qui aurait tiré profit de l’amélioration des fourrages et de la baisse des prix des aliments de bétail, a-t-elle indiqué dans sa note. En effet, d’après les dernières données publiées par le Département de l’agriculture, la DEPF a noté que la production définitive des trois principales céréales a atteint 96 millions de quintaux au titre de la campagne agricole 2016/2017, après 33,5 millions de quintaux pour la campagne précédente. La répartition par type de céréales situe la production du blé tendre à 49 millions de quintaux, soit 51% de la production totale, suivie de celle de l’orge avec 25 millions de quintaux (26%) et du blé dur avec 22 millions de quintaux (23%). La DEPF a toutefois relevé que « cette campagne s’est caractérisée par un rendement moyen des trois céréales de 17,8 quintaux/hectare, soit plus que la moyenne des rendements des campagnes de pluviométrie comparable (13 quintaux/hectare) et la moyenne des rendements des deux décennies avant le lancement du Plan Maroc Vert (11 quintaux/hectare) ». Dans un document rendu public tout dernièrement, la Direction a rappelé que cette campagne a bénéficié d’une bonne répartition temporelle des précipitations dans la majorité des régions céréalières. A ce propos, elle a noté que le cumul pluviométrique national a atteint 327 mm à la date du 28 juillet 2017, ce qui traduit une hausse de 51% par rapport à la campagne précédente, et « un régime pluviométrique favorable durant les phases d’installation, de démarrage et de développement des cultures céréalières ». Mais tout n’a pas toujours été rose. En effet, cette campagne a été, également, caractérisée par un mois d’avril plus chaud et plus sec que prévu, a rappelé la DEPF. Commentant l’évolution des échanges extérieurs du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire, la DEPF a relevé que la valeur de ses exportations s’est affermie de 9%, en glissement annuel, au terme des huit premiers mois de l’année 2017. Elle aurait été tirée par « la croissance toujours consolidée des ventes à l’étranger des secteurs d’agriculture, de sylviculture et de chasse (+17,3%) et de celles de l’industrie alimentaire (+8,4%) », a-t-elle expliqué. S’agissant de l’activité du secteur de la pêche, il a été constaté un comportement globalement favorable. Et pour cause : «Au terme des sept premiers mois de 2017, le secteur de la pêche a enregistré une bonne tenue de la valeur de ses débarquements malgré la légère baisse du volume desdits débarquements », indique-t-on dans ce document. La même source a poursuivi en ajoutant que « le volume des débarquements de la pêche côtière et artisanale a accusé une baisse de 1,1%, en glissement annuel, à fin juillet 2017, après une augmentation de 19% un an plus tôt ». Ce résultat est principalement attribué à la hausse de 11,5% des captures de céphalopodes et de 612,9% de celles de coquillages, contrebalancée par le recul de celles du poisson pélagique de 1% (représentant à elles seules 88,5% de l’ensemble des captures) et du poisson blanc de 9,1%, apprend-on de même source. La DEPF a, cependant, constaté que la valeur marchande de ces débarquements s’est affermie de 9,9% à fin juillet 2017, après une hausse de 6,1% il y a une année. Seraient en cause : «La bonne tenue de la valeur des débarquements de céphalopodes (+33,1%, pour une part de 39% du total des débarquements), de coquillages (+372,3%) et du poisson pélagique (+0,2%, à 37% du total des débarquements), contre une baisse de 1,6% des débarquements de poisson blanc pour occuper la part de 19,7% du total des débarquements », a expliqué la DEPF.
La reprise de l’activité agricole dope l’économie nationale

Au premier trimestre 2017, l’économie nationale aurait connu une amélioration de 4,3%, en glissement annuel, au lieu de 1,7% une année auparavant. Dans sa dernière Note de conjoncture, datant du mois d’avril, le Haut-commissariat au plan (HCP) a indiqué que cette performance serait due surtout au redressement de 12,9% de la valeur ajoutée agricole, au lieu d’une baisse de 9% au cours de la même période de 2016. « Hors agriculture, la valeur ajoutée aurait affiché une hausse de 3%, portée notamment par l’augmentation de 2,9% des activités tertiaires, au lieu de 2%, une année auparavant, grâce notamment à la dynamique des activités du commerce et de transport et la poursuite du redressement des activités touristiques », a précisé le HCP soulignant que le secteur secondaire aurait, quant à lui, contribué pour +0,8 point à la croissance du PIB, tiré par la dynamique des activités minières. Le redressement de l’activité agricole aurait ainsi grandement pesé dans l’amélioration de la croissance économique du Maroc. En effet, la valeur ajoutée agricole a contribué pour +1,5 point à la croissance économique globale au titre du premier trimestre de l’année, selon le HCP qui a rappelé que les conditions pluviométriques de démarrage de la campagne agricole 2016-2017 ont été propices à l’implantation et au développement des cultures précoces. « Le cumul pluviométrique depuis le début de la campagne et jusqu’à fin janvier 2017, aurait enregistré une hausse de 2,9% par rapport à la normale saisonnière, mais sa répartition spatio-temporelle aurait été relativement favorable, stimulant une hausse des superficies semées en céréales et légumineuses de 41% et 28% respectivement, en variations annuelles », a relevé le Haut-commissariat dans un communiqué. Comme l’a souligné cette institution, la commercialisation des intrants se serait, également, intensifiée, notamment les engrais et les semences, dont les ventes auraient respectivement affiché des augmentations de 37% et 50%. Ainsi, et en dépit de la faiblesse des précipitations du milieu de cycle (-41% au mois de mars 2017, en comparaison à la normale saisonnière), la production des trois principales céréales aurait enregistré une hausse de 39% par rapport à la moyenne des cinq dernières années et aurait presque triplé en comparaison avec 2016, apprend-on de même source. Au deuxième trimestre 2017, les analystes du HCP s’attendent à une progression de la croissance nationale de 4,6%, en variation annuelle au lieu de +0,5%, à la même période de l’année passée. La valeur ajoutée agricole devrait enregistrer une hausse de 14,8% et les activités non-agricoles une amélioration de 3,2%, a estimé le HCP. « La croissance économique nationale devrait se poursuivre à un rythme plus soutenu au deuxième trimestre 2017, sous l’effet d’un accroissement de 14,8% de la valeur ajoutée agricole, qui aurait porté sa contribution à la croissance économique globale à 1,7 point, au lieu de 1,5 point un trimestre auparavant », ont-ils soutenu. Cette amélioration serait attribuable au renforcement de la production animale, notamment celle de l’avicole et au relèvement de la production des céréales, des légumineuses et des maraîchères de saison, a précisé le HCP. « Dans ce contexte, les prix agricoles devraient connaître une sensible modération, après la flambée ayant marqué les prix des volailles, des œufs, des agrumes et de certains légumes frais au cours de la même période de 2016 », a-t-il annoncé. Et ce n’est pas tout. Selon le HCP, la demande mondiale adressée au Maroc devrait s’améliorer de 4,7%, en glissement annuel. Mais il prévient que « la dépréciation actuelle de l’euro vis-à-vis du dollar sur les marchés de change pourrait jouer en défaveur de la compétitivité-prix de nos exportations à destination de la zone euro d’une part, et renchérir nos importations de produits bruts d’autre part, dans le sillage d’une poursuite de la progression des cours mondiaux des matières premières industrielles ».