Congo/Droits humains : l’ACAT pour l’amélioration des conditions de détention

Le président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture au Congo (ACAT-Congo), Christian Loubassou, a animé le 2 juillet 2021 à Brazzaville une conférence de presse au cours de laquelle il a émis le souhait de voir le pays se doter d’un texte spécifique relatif au traitement des personnes détenues. Les droits de la personne privée de liberté en République du Congo est le thème sur lequel Christian Loubassou s’est exprimé devant les hommes de plumes du Congo. Selon lui, les droits du détenu sont contenus dans la plupart des instruments juridiques internationaux et régionaux mais leur mise en œuvre dépend de la situation économique, politique et géographique de chaque pays. Il a également émis le vœu de voir qu’au Congo, il existe un texte spécifique relatif à l’ensemble des règles minima des droits de détenu, en fonction des réalités. Il a formulé le souhait qu’au moins, un minima de ces droits soit respecté dans la plupart des prisons congolaises de différente manière en fonction des possibilités du gouvernement. Pour lui, être privé de liberté aujourd’hui ne signifie pas être privé des droits fondamentaux et cela ne devrait pas laisser un regard indifférent à nos semblables. La prison c’est la privation de la liberté d’aller et de venir et rien d’autre. Le constat que nous avons réalisé est que la situation varie d’une prison à une autre. Au Congo, les droits à l’alimentation et à la santé sont garantis mais peut-être pas au rythme souhaité Il a rappelé quelques droits des prisonniers notamment le droit à la présomption d’innocence, à la santé, au contact avec le monde extérieur, au maintien des liens familiaux et amicaux, à un conseil, à la protection de l’intégrité physique, à la non-discrimination et à une alimentation suffisante et équilibrée. A titre de rappel, l’ACAT-Congo depuis 2017 mène en partenariat avec la Fédération internationale des ACAT (FIACAT) un projet de lutte contre la détention préventive abusive (DAP) en République du Congo. Ce projet intitulé : « Garantir l’accès des détenus en attente de jugement à la justice dans quatre prisons de la République (Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et Ouesso » est dans sa deuxième phase. L’objectif étant de sensibiliser l’opinion publique congolaise aux droits des détenus, aux conditions de détention, aux normes internationales en la matière, à l’impact sur les familles, ainsi que rappeler l’ensemble des garanties judiciaires d’application dans un Etat de droit. A son avis, certaines personnes estiment que parler des droits du prisonnier relève de l’utopie, surtout dans un pays comme le Congo. Compte tenu de son rôle éducatif, la prison prépare le détenu à la resocialisation. Cependant, les valeurs humaines consacrent à la dignité humaine un minimum des droits fondamentaux y compris pour la personne privée de liberté. Florent Sogni Zaou
RD Congo: Baisse des cas de tortures au premier semestre au Kasaï central, selon l’ACAT

Plus de 800 cas de victimes de torture ont été répertoriés au Kasaï central au cours des six derniers mois, selon l’ONG Action chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT). Ce qui représente une baisse de 55% par rapport à la même période de l’année 2017. C’est ce qu’a affirmé Emmanuel Malundu, le coordonnateur provincial de l’ACAT, lors de la célébration, le 28 juin dernier, à Kananga, en différé de la Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture, en collaboration avec le BCNUDH. A propos, soulignons que deux exposés, portant respectivement sur « le Droit Congolais et la lutte contre la torture » et « le traitement judiciaire des cas de torture et de mauvais traitements », ont ponctué cette activité qui a été présidée par le Ministre provincial de la justice et droits humains et a enregistré la participation de 99 personnes dont le Maire de la ville de Kananga et le 1er président de la cour d’appel ainsi que de la société civile. Pour Emmanuel Malundu, «il faut plus de mobilisation pour la lutte contre ce fléau » tandis que l’exécutif provincial promet aussi des sanctions contre les auteurs de ces tortures. Le ministre provincial de la Justice et Droits Humains, Me Celestin Beya Mukoko a prôné ainsi « des poursuites judiciaires contre toute personne qui va s’illustrer par les actes de tortures. » Par ailleurs, il a appellé les organisations de la société civile à « sensibiliser la population sur la maîtrise des mécanismes judiciaires afin de l’amener à dénoncer leurs bourreaux. » Avec CP