Santé : 50 ans de Vaccination dans le monde : les régions de l’Afrique de l’Ouest et Centrale sont encore éloignées de l’objectif de taux de couverture

Santé : 50 ans de Vaccination dans le monde : les régions de l’Afrique de l’Ouest et Centrale sont encore éloignées de l’objectif de taux de couverture

Dans le cadre de la célébration du 50e anniversaire de la vaccination à l’échelle mondiale, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (Rémapsen) a organisé, le mercredi 17 avril 2024 un webinaire animé par Docteur Célestin Traoré, Conseiller régional, chargé de la Vaccination des enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre à l’UNICEF. Pour débuter, le Docteur Célestin Traoré a souligné que la célébration du 50ème anniversaire de la vaccination dans le monde est une occasion propice pour examiner le chemin parcouru, les réalisations, les enjeux et les défis actuels.À cette fin, il a mis l’accent sur la disponibilité de plus de vingt (20) vaccins ciblant vingt (20) maladies, dont la fièvre jaune, la poliomyélite, la Covid-19 et le paludisme, pour les enfants et les femmes enceintes, afin de renforcer leur immunité face à certaines pathologies. « Bien que le vaccin contre le paludisme soit en cours d’essais cliniques depuis déjà cinq ans dans le monde, il n’a été introduit au Cameroun qu’en décembre 2023 et au Burkina Faso qu’en février 2024 », a rappelé le Dr Célestin Traoré« Dix (10) autres pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre s’y engageront au cours des prochains mois », a-t-il ajouté. Toujours, selon le Docteur Traoré, dans le domaine de la vaccination, il y a toujours un retour de l’investissement par exemple 1 dollar investi est susceptible de rapporter 40 dollars USD plus tard. D’après les déclarations du Dr Célestin Traoré, la couverture vaccinale en Afrique de l’Ouest et du Centre est toujours de 70%, loin de l’objectif escompté de 90%. Selon lui, l’UNICEF s’efforce actuellement de rendre accessibles les vaccins en collaborant avec les gouvernements des zones d’Afrique de l’Ouest et du Centre, dans le but d’acquérir et de distribuer des vaccins pour les pays de ces régions. A ce titre, l’UNICEF intervient dans le renforcement des capacités nationales et promeut l’approche holistique que sectorielle dans l’achat et l’approvisionnement des vaccins jusqu’au niveau des communautés à la base tout en déplorant la persistance des conflits et crises sociales dans ces pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre entravant parfois l’acheminement des vaccins jusqu’au niveau de la base. Au niveau du marché mondial des vaccins, Docteur Traoré a soutenu que la synergie de l’UNICEF et ses divers partenaires permet d’assurer l’accès aux vaccins à un coût abordable en faveur de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.Néanmoins, il a également déploré les lourdeurs administratives dans les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui ralentissent le déblocage de fonds malgré la détermination politique affichée par les dirigeants de ces États. Quant à la conservation de l’efficacité des vaccins, il a soutenu que l’UNICEF conseille l’utilisation des frigos solaires par rapport aux frigos électriques et à pétrole en vue de promouvoir et défendre ses engagements internationaux en matière de l’environnement. Aussi, suscité la demande nationale en matière de vaccination par la dissémination et vulgarisation de l’information relative aux avantages liés à la vaccination dans le but de lutter contre les stéréotypes allégués contre la vaccination en Afrique de l’Ouest et du Centre.Docteur Traoré a révélé que l’UNICEF privilégie l’écoute sociale comme stratégie par la conception des outils et des mécanismes à cet effet.Planification, mobilisation et budgétisation sont aussi les axes de cette stratégie pour que la vaccination soit performante dans ces deux (2) zones du continent africain. Au niveau mondial, les effets induits de cette stratégie sont aujourd’hui par exemple la réduction de plus de 25% des décès liés à la rougeole, l’éradication de la poliomyélite et la méningite.Malgré ce succès mondial, Docteur Traoré a déploré le fait qu’il y ait encore plus de six (6) millions d’enfants qui n’aient pas complété leur statut vaccinal. Plus de la moitié de ceux-ci sont d’ailleurs à zéro dose. Il s’agit actuellement d’élaborer le plan de rattrapage de ces enfants qui sont à zéro dose. Il a conclu son exposé liminaire en plaidant pour le renforcement des capacités des systèmes de santé dans ces pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre par la formation, appui technique et financier à travers une approche holistique.Au cours de cet échange, les journalistes se sont planchés sur des thématiques telles que les enfants à zéro dose, le rôle des journalistes dans la promotion de la vaccination en Afrique et la disponibilité des vaccins en Afrique. D’après les dires du docteur Célestin Traoré, l’achat de vaccins est rendu possible grâce à un partenariat fructueux entre les États africains et les bailleurs de fonds. Malheureusement, la chaîne d’approvisionnement en vaccins pour l’Afrique est souvent fragilisée par les États africains eux-mêmes. Il s’est penché sur le plan de l’UNICEF pour atteindre les enfants n’ayant pas été vaccinés, et a terminé son discours en insistant sur la nécessité de tenir compte des besoins et des préoccupations de la société dans la conception des outils et des mécanismes d’achat et de fourniture régulière de vaccins sur le continent. Wilfrid Lawilla D.