Maroc. Malgré un rebond de confiance au premier trimestre 2026 : Des perceptions des ménages encore pessimistes

Un moral des ménages qui reste fragile L’Indice de confiance des ménages (ICM) a enregistré une amélioration, aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport au même trimestre de l’année 2025, a annoncé le Haut-Commissariat au plan (HCP) précisant qu’il s’est établi à 64,4 points au premier trimestre de 2026, au lieu de 57,6 points au trimestre précédent et 46,6 points au même trimestre de l’année précédente. Ainsi, d’après les résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages menée par l’institution publique, 75,1% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 19,1% un maintien au même niveau et 5,8% une amélioration. Il en ressort que « le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 69,3 points, contre moins 72,5 points au trimestre précédent et moins 76,5 points au même trimestre de l’année passée », a indiqué le HCP. L’enquête montre que 45,1% des ménages s’attendent à une dégradation de l’évolution de leur niveau de vie au cours des 12 prochains mois, 38,5% à un maintien et 16,4% à une amélioration. Bien qu’en amélioration, le solde de cet indicateur demeure négatif, après s’être établi à moins 28,8 points contre moins 39,5 points au trimestre précédent et de moins 46,3 points au même trimestre de l’année précédente. S’agissant de l’évolution du chômage, au premier trimestre de 2026, l’enquête montre que 57,9% des ménages s’attendent à sa hausse au cours des 12 prochains mois, contre 23,2%. Tout en restant négatif, le solde de cet indicateur s’est amélioré pour s’établir à moins 34,7 points contre moins 47,7 points au trimestre précédent et moins 73,4 points au même trimestre de l’année précédente. Les résultats de l’enquête révèlent par ailleurs que 66,9% des ménages contre 15,9% considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables. En conséquence, le solde s’est établi à moins 51 points contre moins 52,9 points au trimestre précédent et moins 72 points au même trimestre de l’année précédente, selon l’institution. Parmi les principaux enseignements de l’enquête sur l’évolution de la situation financière des ménages, il ressort que 59,9% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 37,5% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 2,5% affirment épargner une partie de leur revenu. Ainsi, le solde d’opinion est resté négatif, à moins 35 points, contre moins 36,6 points le trimestre précédent et moins 39,8 points une année auparavant. D’après l’enquête, 41,5% des ménages contre 4,8% considèrent que l’évolution de leur situation financière s’est dégradée au cours des 12 derniers mois. Le solde d’opinion s’est ainsi amélioré, tout en restant négatif, à moins 36,7 points contre moins 43,5 points au trimestre précédent et moins 49,3 points au même trimestre de l’année précédente. En revanche, 21,1% des ménages contre 15,3% s’attendent à une amélioration de leur situation financière au cours des 12 prochains mois. Dans ce cas, « le solde de l’indicateur a atteint 5,8 points, marquant une amélioration aussi bien par rapport au trimestre précédent (moins 4,2 points) qu’au même trimestre de l’année précédente (moins 16,4 points) », a ajouté l’institution. Alain Bouithy Prix des produits alimentaires : Opinions toujours négatives. Au premier trimestre de 2026, 93,3% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois. Ainsi, le solde d’opinion s’est établi à moins 92,7 points, contre moins 90,9 points au trimestre précédent et moins 97,4 points au même trimestre de l’année précédente. Quant aux perspectives de leur évolution au cours des 12 prochains mois, les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter selon 78,9% des ménages, contre 2,4% seulement qui s’attendent à leur baisse. Le solde d’opinion est resté négatif, s’établissant à moins 76,5 points, contre moins 73 points au trimestre précédent et moins 80 points au même trimestre de l’année précédente (HCP).
Coopération sud-sud : la DG de l’OFPPT et le Ministre ivoirien délégué chargé de l’enseignement technique explorent les perspectives de collaboration en matière de formation professionnelle

Dans le cadre du renforcement de la coopération Sud-Sud et de la promotion du partage d’expertises en matière de formation professionnelle, Madame Loubna Tricha, Directrice Générale de l’OFPPT, a accueilli le 17 avril 2026, à la Cité des Métiers et des Compétences de Casablanca-Settat (à Nouaceur), une délégation ivoirienne conduite par Monsieur Jean-Louis Moulot, ministre délégué auprès du ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique de la République de Côte d’Ivoire, chargé de l’Enseignement technique, afin d’examiner les perspectives de collaboration bilatérale. Dans son mot d’ouverture, Madame Loubna Tricha s’est réjouie de la pérennité du partenariat entre les deux parties, fort de 25 années de coopération, fondé sur la confiance mutuelle, le partage d’expertise et la mise en œuvre de projets structurants. Madame Loubna Tricha a également réaffirmé l’engagement constant de l’OFPPT à accompagner la Côte d’Ivoire dans le développement de son système de formation professionnelle en soutenant les efforts entrepris pour renforcer la qualité et la pertinence du dispositif de formation ivoirien. Pour sa part, Monsieur Jean-Louis Moulot a salué les avancées réalisées dans le domaine de la formation professionnelle au Maroc ainsi que le rôle de l’OFPPT dans le rehaussement de la qualité des compétences. À cet égard, il a exprimé l’intérêt de la partie ivoirienne pour le renforcement du partenariat avec l’OFPPT, notamment à travers l’échange de bonnes pratiques, l’appui en matière de formation et le renforcement des capacités des formateurs, ainsi que l’accompagnement de la Côte d’Ivoire dans des secteurs prioritaires tels que l’agro-industrie, les mines et énergies, le développement durable, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration. L’échange entre les deux parties a porté, entre autres, sur la feuille de route du ministère ivoirien pour la période 2026-2035 et la volonté de perpétuer le transfert d’expertise et l’échange de connaissances pour les prochaines décennies. La rencontre a été l’occasion de revenir sur les projets communs reliant l’OFPPT et la Côte d’Ivoire en matière de formation professionnelle. En effet, la coopération entre le Maroc et la République de Côte d’Ivoire s’inscrit dans une dynamique ancienne et structurée, initiée le 13 avril 2001 avec la signature du Protocole d’Accord de Coopération entre les deux gouvernements. Cette relation bilatérale a été consolidée lors des visites officielles de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’Assiste, en Côte d’Ivoire, notamment à travers la signature, le 19 mars 2013, d’une convention-cadre portant sur l’appui au ministère ivoirien du Tourisme dans le domaine de la formation professionnelle. Elle s’est également renforcée en juin 2015 avec la signature d’une nouvelle Convention-cadre de coopération entre les deux gouvernements, consacrant ainsi la volonté commune de développer et de structurer davantage ce partenariat stratégique. L’inauguration, par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, le 27 novembre 2017 du Centre multisectoriel de formation professionnelle « Mohammed VI » de Yopougon à Abidjan a couronné cette dynamique de coopération. Ce rapprochement s’est également traduit par la signature de conventions cadres portant sur des projets structurants, à l’instar du protocole d’accord conclu le 6 juin 2018 relatif à la construction et à l’équipement d’un complexe de formation dans les métiers de l’Hôtellerie-Tourisme-Restauration et du Bâtiment et des Travaux Publics à Abidjan. Ce partenariat s’est poursuivi et renforcé jusqu’en 2025, notamment avec la signature, le 17 janvier 2025 à Laâyoune, d’une convention cadre de coopération entre les Ministres des Affaires étrangères des deux pays, consacrant la formation professionnelle comme axe stratégique de partenariat. La coopération entre l’OFPPT et le ministère ivoirien porte également sur l’accueil de stagiaires ivoiriens au sein de ses établissements de formation professionnelle. L’OFPPT a accueilli, depuis 2011, près de 1500 jeunes ivoiriens et a contribué, depuis 2014, à la formation et au perfectionnement de 82 formateurs et personnels technico-pédagogiques ivoiriens dans des secteurs clés. En matière d’accompagnement, des missions de diagnostic du dispositif de formation ont été également conduites par des experts de l’OFPPT dans l’objectif d’appuyer le développement du système de formation professionnelle ivoirien. Il est à noter que dans le cadre de son portefeuille d’actions, l’OFPPT œuvre pour le développement de 5 cursus de formation pour la partie ivoirienne en plus de l’appui à la création du Centre de formation des formateurs à Abidjan, spécialisé dans l’agriculture et l’agro-industrie. A l’issue de la rencontre, une visite des espaces pédagogiques de la CMC de Casablanca-Settat a été effectuée, permettant aux membres de la délégation ivoirienne d’explorer, de visu, les atouts et les infrastructures de cet établissement nouvelle génération réalisé dans le cadre du programme des Cités des Métiers et des Compétences, épine dorsale de la nouvelle Feuille de route pour le développement de la formation professionnelle. CMC Casablanca-Settat, une plateforme d’application multisectorielle Implantée à Nouaceur sur une superficie de 20 hectares, avec une capacité d’accueil globale de 4670 places pédagogiques, la CMC de Nouaceur garantit une offre de formations qualifiantes et diplômantes, alignée avec les besoins de l’écosystème économique de la région et les priorités du marché du travail. Conçue au travers d’une démarche d’intelligence collective, l’offre de formation de ce nouvel établissement est conçue autour de 9 pôles métiers, regroupant 111 filières dont 61% nouvellement créées. Ouverte aux jeunes apprenants le 11 novembre 2024, cette plateforme multisectorielle et multifonctionnelle adopte une approche pédagogique immersive qui favorise l’acquisition de compétences pratiques par l’expérimentation active. Les plateformes d’application intégrées de la CMC favorisent l’immersion des stagiaires dans un environnement qui reproduit fidèlement la réalité de l’entreprise : La CMC est également dotée de structures communes assurant une intégration harmonieuse entre l’apprentissage des compétences métiers, le développement du savoir-être et des soft skills, ainsi que le bien-être des stagiaires. Elles comprennent un espace de coworking, un fablab, une digital factory, un incubateur, un centre de langues et de soft skills, une médiathèque ainsi qu’un centre de conférences. Et en vue de promouvoir les valeurs de cohésion et de vivre ensemble, la CMC de Casablanca-Settat dispose de nombreux espaces de vie, dont une maison de stagiaires d’une capacité de 700 lits et couverts, une cafétéria, plusieurs espaces de rencontres, ainsi que des
Economie nationale : Une accélération modérée de la croissance à 5% au premier trimestre 2026 (Maroc)

Selon les estimations du Haut-commissariat au plan (HCP), la croissance économique nationale aurait atteint 5% au premier trimestre 2026, en variation annuelle, au lieu de 4,1% au quatrième trimestre 2025. L’accélération des activités agricoles et la résilience des branches tertiaires, sur fond d’une hausse continue de la demande intérieure, ont contribué à cette évolution, a indiqué l’institution publique dans sa récente note de conjoncture relative à la situation des principaux indicateurs économiques soulignant un premier trimestre marqué par un rééquilibrage du régime de croissance en faveur de l’offre. Dans le détail, « l’activité agricole aurait enregistré une expansion de 14,8%, apportant un gain de 1,5 point à la croissance globale, contre +0,5 point au trimestre précédent », sous l’effet d’une pluviométrie favorable. Selon le HCP, hors agriculture, l’activité aurait crû de 3,8%, au lieu de +4% au quatrième trimestre 2025, alors que les branches secondaires auraient été pénalisées par la poursuite du ralentissement des industries extractives et de la construction. Portée par le rétablissement de l’agroalimentaire et par un redressement de la filière de fabrication du matériel de transport, la croissance de l’industrie manufacturière se serait maintenue. Les services seraient, pour leur part, restés bien orientés, affichant une amélioration de 4,3%. « L’accélération de la croissance économique serait intervenue dans un contexte de légère reprise de la demande extérieure européenne, sur fond de l’intensification des investissements et des effets d’assouplissement maintenu des conditions monétaires », a poursuivi l’institution ajoutant que cette évolution aurait principalement bénéficié aux services et aux biens de consommation. Ce qui a stimulé une augmentation du volume des exportations nationales de biens et services de 7,4%. Parallèlement, les importations auraient prolongé leur mouvement ascendant à un rythme moins prononcé qu’à fin 2025 (+6,9%). De l’avis du HCP, l’activité aurait été, également soutenue, par une demande intérieure en hausse continue, bien qu’à un rythme plus modéré (+4,8% au lieu de +6,2% au dernier trimestre 2025).Quant à l’investissement, il aurait poursuivi sa phase de normalisation, après cinq trimestres de forte progression, alors que la consommation des ménages se serait accrue de 4,6%, portée par l’amélioration des revenus, notamment en milieu rural, et par la poursuite de la détente des prix. A noter qu’au deuxième trimestre 2026, sous l’hypothèse de la stabilisation des prix de l’énergie, l’institution s’attend à ce que le PIB s’établisse à 4,7%, tiré principalement par la diffusion des effets du renforcement de la production agricole sur l’activité et l’emploi. Alain Bouithy
Le CMC relativise l’impact de l’accord UE-Mercosur sur l’économie marocaine : Une menace ciblée plutôt qu’un choc global pour le Maroc

Les métiers mondiaux du Maroc réduisent la part des secteurs susceptibles d’être exposés à une substitution directe, selon le CMC L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (UE-Mercosur) « ne constitue pas, pour le Maroc, un choc commercial frontal et uniforme », selon le Centre marocain de conjoncture (CMC) qui affirme que les structures d’exportation du Mercosur et du Maroc vers l’Union européenne ne se recouvrent que partiellement. Explications. «Le Mercosur ne concurrence pas directement le Maroc sur l’ensemble de ses produits à l’export», écrit d’emblée le Centre dans sa publication mensuelle «Maroc Conjoncture» du mois de mars 2026 (N°388). Sous le titre « ALE UE-Mercosur. Quelles incidences pour le Maroc ? », la publication livre une analyse expliquant qu’« il n’existe pas d’équivalent direct entre les exportations bovines sud-américaines et les exportations agricoles marocaines vers l’Union européenne dominées par les fruits et légumes. De même, l’importance prise par les métiers mondiaux du Maroc réduit mécaniquement la part des secteurs susceptibles d’être exposés à une substitution directe ». Dans son argumentaire, l’observateur privé de l’économie marocaine, spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, fait remarquer que le Mercosur dispose d’avantages comparatifs qu’il s’agisse de viande bovine, de sucre, de soja ou de produits nets dans les productions agricoles de grande échelle, d’autres produits de base issus d’une agriculture extensive et compétitive en coût. L’autre argument limitant l’impact de cet accord sur le Royaume, est qu’à l’inverse, le Maroc exporte vers l’Union européenne un panier de biens plus diversifié, où les produits industriels occupent désormais une place importante, en particulier dans l’automobile, les équipements électriques et certains segments manufacturiers intégrés aux chaînes de valeur européennes. Par ailleurs, «parallèlement, l’agriculture marocaine d’exportation est fortement orientée vers l’horticulture: tomates, fruits rouges, agrumes, légumes frais, et plus marginalement certains produits comme l’huile d’olive», argue-t-il. Pour autant, l’absence de recouvrement complet ne signifie pas absence de risque, reconnait le Centre qui fait état de deux mécanismes à considérer : l’érosion des préférences commerciales » et la pression sur les prix ainsi que la compétition pour les débouchés. En ce qui concerne le premier mécanisme, le Centre estime que «dès lors que l’UE accorde au Mercosur des conditions tarifaires favorables, cet avantage relatif se réduit. Ce phénomène bien connu n’entraîne pas nécessairement une chute des volumes exportés, mais il accroît la pression concurrentielle et réduit la capacité à maintenir des marges confortables». S’agissant du deuxième canal, même lorsque les produits ne sont pas strictement identiques, l’arrivée de volumes supplémentaires sur le marché européen peut renforcer le pouvoir de négociation des grandes centrales d’achat et des importateurs. Ainsi, « le Maroc peut alors être affecté non parce qu’il affronterait un substitut parfait, mais parce qu’il opérerait dans un environnement commercial devenu plus disputé ». De l’avis des experts de l’observatoire, cette optique nécessite un examen des filières véritablement exposées. A commencer par les agrumes, pour lesquels l’Argentine et l’Uruguay disposent d’une capacité exportatrice réelle. Pour le CMC, elles apparaissent comme l’un des terrains susceptibles de rencontrer une concurrence partielle mais crédible, surtout sur certains segments ou à certaines périodes. Concernant les fruits rouges, le CMC propose une lecture plus nuancée, estimant que « la concurrence est possible, mais elle est atténuée par la proximité géographique du Maroc, par la nature périssable du produit et par des fenêtres de production qui ne se superposent pas toujours complètement ». A l’inverse, dans des filières comme la tomate fraîche, le Maroc conserve un avantage comparatif plus solide, affirme-t-il. Les exportations marocaines vers l’UE reposent ici sur une combinaison difficile à reproduire: rapidité d’accès au marché, capacité de livraison fréquente et flexibilité d’ajustement à la demande européenne. L’huile d’olive pourrait subir, elle, une pression sur les prix et une concurrence sur les segments d’entrée de gamme. Le Maroc conserve d’importants facteurs de résilience Après analyse de ces cas, il apparaît évident que « la menace n’est pas homogène. Elle est sélective, plus élevée dans quelques segments agricoles, plus faible dans les filières où la rapidité d’accès au marché est déterminante, et limitée dans l’industrie manufacturière », en déduit l’observateur. Quoi qu’il en soit, le Maroc conserve d’importants facteurs de résilience. Le Centre évoque notamment la proximité géographique, l’intégration industrielle avec l’Europe, l’avantage logistique et la spécialisation croissante dans des segments où la réactivité est importante. Par ailleurs, il convient de noter les effets potentiellement positifs de l’accord du côté de la logistique. En effet, comme le suppose le Centre dans son analyse, « si les échanges entre l’Amérique du Sud et l’Europe s’intensifient, les routes maritimes transatlantiques pourraient gagner en importance. Dans ce cadre, le Maroc, et en particulier Tanger Med, peut espérer capter une partie de la valeur ajoutée liée à l’augmentation des flux ». En définitive, si l’accord UE-Mercosur renforce la concurrence sur le marché européen, surtout dans certains segments agricoles, il ne « remet pas en cause les fondements de la compétitivité marocaine dans les filières où le Royaume a construit de véritables avantages structurels ». Alain Bouithy BON A SAVOIR: L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur constitue l’un des projets commerciaux les plus ambitieux de ces dernières décennies. Il vise à rapprocher deux ensembles économiques majeurs : d’un côté l’Union européenne, qui compte environ 450 millions d’habitants, et de l’autre le Mercosur, bloc régional sud-américain regroupant près de 270 millions d’habitants, dominé démographiquement et économiquement par le Brésil. L’objectif général est de réduire très largement les barrières tarifaires entre les deux blocs, avec une libéralisation progressive des échanges de biens, ainsi que des dispositions relatives aux services et aux investissements. L’accord institue une libéralisation graduelle, asymétrique selon les secteurs, mais reste suffisamment ample pour modifier les équilibres concurrentiels. (CMC) LES FACTEURS DE RESILIENCE DU MAROC. Selon le CMC, le Royaume dispose de plusieurs facteurs de résilience qui atténuent les risques associés à l’accord UE-Mercosur. Le premier est la proximité géographique avec l’Europe, centrale dans les filières agricoles fraîches et dans toutes les activités où le délai de livraison constitue un déterminant majeur de compétitivité. Cet avantage devient stratégique dans un contexte où les chaînes
L’Association des Régions du Maroc, en partenariat avec l’initiative WestMED, réunit à Rabat les acteurs nationaux et internationaux autour du rôle des régions dans le développement des clusters maritimes

Plus de 150 responsables institutionnels, représentants des régions, experts et partenaires internationaux ont échangé sur le rôle des territoires dans la structuration de l’économie bleue et sur les perspectives de développement de clusters maritimes régionaux au Maroc. L’Association des Régions du Maroc (ARM), en partenariat avec l’initiative WestMED, a organisé récemment à Rabat une conférence consacrée au rôle des régions dans le développement des clusters maritimes côtiers. Cet événement a réuni des membres du Gouvernement marocain, des présidents de conseils régionaux, des représentants d’institutions publiques, des acteurs économiques et territoriaux (SGAR, CRI, AREP, directeurs de ports…), ainsi que des partenaires internationaux et des experts des secteurs maritimes. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique nationale visant à structurer et déployer une économie bleue compétitive et durable, fondée sur la valorisation du potentiel maritime du Royaume et sur la mobilisation des territoires côtiers. Avec plus de 3 500 kilomètres de littoral et une zone économique exclusive d’environ 1,2 million de km², le Maroc dispose d’atouts stratégiques pour développer des chaînes de valeur maritimes génératrices de croissance et d’emplois. Les échanges ont porté sur les conditions nécessaires à l’émergence de clusters maritimes régionaux, conçus comme des écosystèmes territoriaux rassemblant entreprises, institutions publiques, centres de recherche et acteurs du financement. Ces plateformes de coopération visent à favoriser l’innovation, à renforcer les compétences liées aux métiers de l’économie bleue et à soutenir la mise en place de projets structurants au sein des régions côtières. Les participants ont également examiné plusieurs expériences internationales en matière de clusters maritimes, notamment dans l’espace méditerranéen et européen, tout en mettant en perspective les opportunités offertes par la Stratégie Nationale de l’Économie Bleue (SNEB) pour accompagner la structuration progressive de ces écosystèmes à l’échelle des territoires. Les travaux de la conférence se sont articulés autour de trois sessions thématiques consacrées respectivement au rôle des clusters maritimes dans le développement de l’économie bleue à l’échelle internationale, aux approches opérationnelles de développement de clusters régionaux alignés sur les potentialités territoriales marocaines, ainsi qu’aux enjeux liés à l’accès aux financements bleus et au renforcement des capacités pour le montage de projets intégrés. La conférence s’est clôturée avec la lecture de l’Appel de Rabat, réaffirmant l’importance de consolider le rôle des régions dans la structuration de l’économie bleue, de développer des clusters maritimes régionaux adaptés aux spécificités territoriales, de renforcer la coopération internationale et de poursuivre un diagnostic concerté des territoires pour mettre en place des projets intégrés et mobiliser la finance bleue à l’échelle internationale. À travers cette initiative, l’Association des Régions du Maroc entend encourager une approche territoriale du développement de l’économie bleue, fondée sur la coopération entre acteurs publics, secteur privé, institutions de recherche et partenaires internationaux, dans l’objectif de soutenir l’émergence de projets structurants et durables dans les régions côtières du Royaume.
Clôture du programme d’amélioration de l’employabilité dans le cadre du projet CESAR II : plus de 6 200 jeunes sensibilisés et formés aux métiers de l’eau et de l’assainissement (Maroc)

La Fondation Marocaine de l’Éducation pour l’Emploi (EFE-Maroc), en partenariat avec la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), a organisé récemment la cérémonie de clôture de son programme d’amélioration de l’employabilité dans le cadre du projet CESAR II de la GIZ marquant l’aboutissement d’un programme ambitieux visant à renforcer l’employabilité des jeunes dans le secteur stratégique de l’eau et de l’assainissement. Lancé en juillet 2024 dans un contexte marqué par une forte demande de compétences dans ce secteur clé pour le développement durable, l’intervention de EFE-Maroc dans le cadre du projet CESAR II avait pour objectif de faciliter l’accès des jeunes aux opportunités professionnelles du domaine, tout en contribuant à l’évolution du secteur à travers des actions de mobilisation, de sensibilisation et de formation. Mis en œuvre dans plusieurs régions du Royaume, notamment Casablanca–Settat, Marrakech–Safi, Souss–Massa et Tanger–Tétouan–Al Hoceima, le programme a permis de déployer différentes initiatives visant à rapprocher les jeunes des opportunités du secteur. Dans ce cadre, des formations en soft skills ont été dispensées afin de renforcer les compétences transversales de près de 600 nouveaux collaborateur(trice)s des Sociétés Régionales Multiservices (SRM) dans les régions Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Souss-Massa et de faciliter leur intégration professionnelle. Le programme a également contribué à sensibiliser les jeunes aux métiers de l’eau et de l’assainissement à travers trois tournées régionales de la “Caravane de l’Emploi : Eau et Assainissement”, qui ont permis de mobiliser plus de 4 600 jeunes autour des perspectives de carrière offertes par ce secteur et des compétences recherchées par les employeurs. En parallèle, plus de 885 jeunes, dont 56% femmes, ont bénéficié de formations en techniques de recherche d’emploi afin de mieux se préparer à intégrer le marché du travail. Le programme a également donné lieu à l’organisation d’un salon de l’emploi réunissant près de 200 participant(e)s, offrant un espace de rencontre entre jeunes talents et acteurs du secteur. Au total, plus de 6 200 jeunes ont été sensibilisés ou formés dans le cadre de ce programme, contribuant ainsi à renforcer l’attractivité du secteur de l’eau et de l’assainissement auprès des nouvelles générations. Houda Barakate, Directrice Générale d’EFE-Maroc, a souligné l’importance de ce programme dans l’accompagnement des jeunes vers des opportunités professionnelles durables : “ Alors que nous clôturons ce chapitre du programme d’amélioration de l’employabilité dans le cadre du projet CESAR II, nous mesurons l’impact concret de notre alliance avec la GIZ. Dans un secteur aussi vital que celui de l’eau et de l’assainissement, préparer les jeunes — et en particulier les femmes — aux métiers d’avenir n’est pas seulement un levier d’employabilité, c’est une contribution essentielle à la souveraineté hydrique et à la résilience de notre pays.” De son côté, Michael Kirchesch, Conseiller Technique Principal du projet CESAR II de la GIZ a ajouté “L’eau est un pilier stratégique pour le Maroc face aux défis climatiques. À travers ce programme, la coopération allemande agit à la racine en formant une jeunesse qualifiée, capable de répondre aux besoins du marché et d’accompagner l’évolution de ce secteur. Nous sommes fiers des résultats accomplis avec EFE-Maroc et nos partenaires académiques et professionnels, et confiants dans la poursuite de cette dynamique essentielle.” À travers cette coopération, EFE-Maroc et la GIZ Maroc réaffirment leur engagement commun à accompagner les jeunes vers des opportunités professionnelles durables, tout en contribuant au développement d’un secteur essentiel pour la gestion durable des ressources et la transition écologique au Maroc. À propos d’EFE-Maroc : La Fondation Marocaine de l’Éducation pour l’Emploi (EFE-Maroc) est une association de droit marocain, reconnue d’utilité publique et fondée en 2008 dont la mission est de donner aux jeunes chercheurs d’emploi les compétences et les opportunités nécessaires à une insertion réussie sur le marché du travail. EFE-Maroc propose aux jeunes des programmes de formation en compétences techniques, comportementales et linguistiques les plus demandées sur le marché du travail et offre à ses lauréats des opportunités d’embauche dans les secteurs en croissance et créateurs d’emplois.
Collection « Nid d’artistes » : Une archive vivante pour une souveraineté culturelle africaine

Une consécration internationale pour l’édition marocaine et continentale : le 4ème opus sur Cotonou sacré « Plus beau livre africain » à Paris. C’est une reconnaissance internationale qui vient couronner une démarche éditoriale inédite sur le continent. À l’occasion du Salon du livre africain de Paris, qui s’est tenu du 21 au 22 mars 2026, Malika Éditions s’est vue décerner le prestigieux Prix du plus beau livre africain pour le quatrième opus de sa collection « Nid d’artistes », dédié à Cotonou et au Sud Bénin. Décerné par la Maison de l’Afrique, ce prix réaffirme une ambition claire : valoriser l’excellence éditoriale et artistique du continent tout en faisant rayonner la richesse de ses patrimoines. Réalisé avec le soutien de BANK OF AFRICA, cet ouvrage vient récompenser un projet de longue haleine. Après avoir exploré l’âme de Casablanca, le souffle de Dakar et l’énergie d’Abidjan, la collection « Nid d’artistes » confirme, avec cette distinction, son statut d’œuvre majeure à l’échelle du continent. Initiée en 2019 par Malika Éditions, cette collection s’impose aujourd’hui comme une archive précieuse et nécessaire : une mémoire vivante de l’Afrique racontée par ceux qui la créent. Une série de beaux-livres qui dépasse la simple chronique artistique pour s’affirmer comme un acte de résistance culturelle. Réappropriation du récit : Une mémoire construite de l’intérieur À une époque où l’image de l’Afrique a trop souvent été construite par un regard extérieur, « Nid d’artistes » opère un renversement fondamental. La collection est née d’une conviction profonde : la souveraineté culturelle commence par la maitrise de son propre récit et l’archivage de sa mémoire. Il ne s’agit pas seulement de montrer l’art, mais de documenter l’histoire en train de s’écrire. En donnant la plume et la voix aux artistes, écrivains et penseurs locaux, la collection répond à un véritable impératif d’archivage. Elle constitue une mémoire sensible, émotionnelle et visuelle de l’effervescence africaine pour les générations futures, offrant un espace d’expression à ceux et celles qui façonnent l’imaginaire de leurs villes. C’est une réappropriation du narratif, une manière de dire au monde : « Voici qui nous sommes, vus par nous-mêmes ». « Il est crucial que l’Afrique se raconte elle-même au lieu de laisser les autres la raconter à leur façon. Les artistes, les écrivains et les penseurs savent mieux que quiconque percevoir ce que nous ne voyons pas et exprimer ce que nous n’arrivons pas à dire », affirme Malika Slaoui, éditrice et fondatrice de la collection. « Ces ouvrages sont une source d’information pour les prochaines générations. C’est un travail de mémoire engagé : archiver la parole des créateurs aujourd’hui, c’est préserver l’identité de demain et protéger des voix, des visions et des gestes qui, sans cela, risqueraient de se perdre ». Une promenade émotionnelle et une archive esthétique À travers une mise en page exigeante et une iconographie généreuse, ces beaux-livres invitent à une promenade émotionnelle guidée par les gardiens du temple artistique africain. Véritable conservatoire vivant, chaque volume fédère une centaine d’acteurs culturels : plasticiens, photographes, designers, slammeurs, écrivains et musiciens. Qu’ils soient jeunes talents émergents ou ténors reconnus à l’international, ils tissent ensemble le récit intime et mémoriel de leur cité. Ils y déposent leurs visions singulières dans une histoire commune et une mémoire partagée, transformant chaque page en une archive précieuse du présent. C’est une ode à la diversité, une palette inépuisable de couleurs et de mots qui capture l’effervescence des capitales créatives. L’immersion et l’humilité comme méthode de travail La force de la collection « Nid d’artistes » réside aussi dans la méthodologie unique de son éditrice. Rejetant l’approche superficielle et loin de la compilation à distance, chaque livre est le fruit d’une immersion longue et patiente sur le terrain. C’est cette présence qui permet de constituer une équipe au niveau local (auteurs, contributeurs…) et favorise la rencontre, le dialogue et la collaboration dans une dynamique collective où la création se construit à plusieurs voix. « Pour chaque ville, je mène un travail immersif de terrain de plusieurs mois. Je vais personnellement à la rencontre des artistes, des écrivains et des acteurs culturels. Cette proximité constitue le socle de ma démarche. Elle me permet de tisser des liens forts et de restituer une vision juste, sensible et profondément humaine de la scène artistique. Le partage et l’échange sont au cœur de ce projet, qui s’inscrit pleinement dans notre ligne éditoriale axée sur la préservation de la mémoire, la transmission et le dialogue entre les cultures », explique l’éditrice.« J’ai profondément ressenti que, de Casablanca à Cotonou, ces scènes ont en commun une volonté farouche de raconter le monde depuis leur propre réalité. » Cette méthode, fondée sur l’humilité et l’écoute, permet de capter l’énergie brute des métropoles africaines. De Cotonou à Casablanca, ces villes partagent une vitalité incroyable et une volonté commune : interroger l’identité, le territoire et le présent. À propos de Malika Éditions. Fondée en 1998, Malika Éditions est une maison indépendante spécialisée dans les beaux-livres sur le patrimoine historique et artistique. Reconnue pour ses co-éditions prestigieuses avec des maisons européennes (Actes Sud, Gallimard, Somogy), elle a su enrichir sa ligne éditoriale en s’ouvrant à la scène contemporaine africaine. Sa signature : un dialogue constant entre l’image et le texte, au service de la transmission et du dialogue entre les cultures.
Coopération Maroc–Burundi : une délégation burundaise en immersion à la Trésorerie Générale du Royaume

Du 30 mars au 02 avril 2026, la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) a reçu la visite d’une délégation de haut niveau de la République du Burundi, conduite par le Directeur général responsable du programme Gestion budgétaire au Ministère des Finances, du Budget et de l’Economie numérique. Il était accompagné de quatre directeurs centraux entre autres. Inscrite dans le cadre du renforcement de la coopération institutionnelle en matière de gestion des finances publiques, notamment avec les pays africains, cette visite s’est déroulée au siège de la Trésorerie Générale du Royaume. Elle « avait pour objectif de partager l’expérience marocaine et d’appuyer les autorités burundaises dans leur projet de mise en œuvre du Compte Unique du Trésor », indique la TGR dans un communiqué . « Le programme de la visite était articulé autour de rencontres avec les responsables et experts de la Trésorerie Générale du Royaume », poursuit la même source précisant que les échanges ont ainsi exploré les différentes facettes du Compte Unique du Trésor : son positionnement, sa structure, ses règles de fonctionnement et son évolution historique. Le communiqué indique en outre que les échanges ont également porté sur le dispositif de suivi des flux de trésorerie de l’État, la réforme de la comptabilité de l’État, l’organisation comptable et la tenue de la comptabilité de l’État, ainsi que le système d’information du Plan Comptable de l’État. « Cette visite traduit la volonté de l’institution de promouvoir le partage d’expertise et la diffusion des meilleures pratiques comme moyen de modernisation de la gestion des finances publiques et de renforcement des capacités institutionnelles ». Martin Kam