
En politique, sur les deux rives du fleuve Congo, les « Atalakus » vivent de leur nouveau métier d’hommes liges des politiques et nouveaux riches généreux, en quête de popularité.
Le métier, importé de la musique tradi-moderne Humbu, dans la commune de Kintambo, au Nord-Ouest de Kinshasa, doit son nom à Ditatula Mbuesa, considéré comme le créateur du métier d’atalaku. un dérivé de la langue Kongo » Tala Eku »(regarde ici, en français).
« Foreman -Mohamed Ali-Foreman…Tala mama …tia mopepe!!! »
Des cris d’animation dont se souviennent les mélomanes des orchestres Zaïko Langa Langa, Chocs Stars, dans les années 80.
Tout a commencé à Kintambo, une commune du Nord-ouest de Kinshasa, » où nous animions des veillées mortuaires en notre langue maternelle Humbu(ndlr autochtones de Kinshasa autant que les Tékés) », avec des instruments traditionnels », raconte, d’un air nostalgique, Ditatula Mbuesa au cours de l’émission Nostalgie sur Digital Congo tv.
» Un orchestre, Bana Odéon, est né. La seule récompense que nous recevions à l’époque était juste un casier de bière et une marmite de nourriture pour animer une veillée mortuaire « , s’en souvient celui qui est présenté comme le créateur du métier D ‘ « ATALAKU ». Qui a traversé la rive droite du fleuve à Brazzaville, avant de gagner la Côte d’Ivoire, le Cameroun…
Pour la petite histoire, le mot Atalaku est importé de la langue Kongo « tala eku « (regarde ici, en français).
« Ditatula fait son baptême de feu dans les années 80, à l’occasion du concert de Zaïko Langa Langa à Kintambo. « Lorsque c’était la partie refrain, j’ai pris mon courage à deux mains pour proposer mes cris d’animation. Ce qui a mis le feu à la salle », raconte, avec délectation, le pape des atalakus en musique. Ainsi démarre une noble carrière pour les animateurs de l’orchestre tradi-moderne Bana Odéon, notamment pour Bébé Atalaku, son frère cadet éponyme, et Nono, vite recrutés par Zaïko Langa Langa de Nyoka Longo, le premier orchestre qui s’est attaché les services des animateurs( Atalakus).
Lui-même, Ditatula Mbuesa fait les beaux jours des Chocs Stars de Ben Nyamabo(feu), Carlito, Debaba(feu), Defao, Petit Prince,…
Faut-il noter que les Atalakus sont considérés comme de véritables influenceurs de la rumba et soukous congolais modernes. Ils ont tant apporté à la partie dansante et ont, par ailleurs, contribué à l’amélioration qualitative des chansons. Sur le plan quantitatif, « nous avons amené les orchestres à passer de 4 micros pour les chanteurs à 6, dont 2 exclusivement réservés aux animateurs, appelés aujourd’hui Atalakus », explique Ditatulu Mbuesa. Aujourd’hui, même la musique religieuse de Kinshasa utilise, elle aussi, des Atalakus.
Sur le plan international, congolais de Brazzaville, ivoiriens, camerounais…, ne s’en passent plus. Dommage, Ditatula Mbuesa, la soixantaine révolue, après un séjour en Angola, ne vit pas de son talent de grand animateur qu’il était dans les années 80. Les droits d’auteurs n’existent pas pour cette catégorie d’artistes.
Et pourtant, Bill Clinton, Kila Mbongo, et autres Atalakus de la musique africaine tout autant que ceux qui chantent les louanges des hommes politiques et nouveaux riches africains lui doivent son nom.
Par Alphonse Ndongo
Alphonse Ndongo, journaliste économique et financier en spécialisation en matière de télécommunications, au Congo-Brazzaville.



