Procès Sarkozy, Mediapart et l’attentat du DC-10 d’UTA (RÉVÉLATIONS)

PARLONS-EN. Comme on le sait, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’ancien président français Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison pour avoir « laissé ses proches » démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi en vue d’obtenir un financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007.

Le tribunal a également reconnu l’existence d’un pacte de corruption passé avec Abdallah Senoussi, l’ancien responsable des services secrets libyens condamné pour avoir commandité l’attentat contre l’avion DC-10 d’UTA à la fin des années 1980.

Pour avoir mené une enquête sur la guerre de l’OTAN contre la Libye en 2011 et documenté diverses opérations clandestines pilotées par les services secrets occidentaux (notamment la CIA, le MI6 et la DGSE) contre le dirigeant libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, je peux affirmer que des doutes sérieux subsistent sur l’implication de la Libye dans l’attentat contre le DC-10 d’UTA.

Fabrice Arfi de Mediapart (média à l’origine de l’affaire Sarkozy) rappelle à juste titre la souffrance des familles des victimes de l’attentat, y compris Mme Maryvone Raveneau, la veuve du commandant de bord du DC-10. Mais ce qu’il semble ignorer, c’est que l’avocat de celle-ci a toujours mis en doute la thèse de l’implication libyenne, thèse découlant de l’enquête controversée menée par le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière.

J’ai interviewé l’avocat de Mme Raveneau en 2015. J’ai également discuté avec l’ancien directeur de cabinet du président François Mitterrand, Gille Ménage, qui suivait le dossier pour le compte de l’Élysée. Tous m’ont confié que la Libye de Kadhafi n’avait rien à voir avec l’attentat. Plus encore, l’avocat Mme Raveneau me confia que le juge Bruguière semblait être sous l’influence des Américains (notamment de la CIA), qui cherchaient à renverser Kadhafi, lui attribuant à tort la paternité des attentats de Lockerbie et d’UTA.

Dans les deux affaires, la preuve de la culpabilité libyenne reposait sur des expertises manipulées du FBI. Fabrice Arfi et ses copains de Mediapart ne le savent peut-être pas. Je m’arrête ici… pour l’instant.

Par Patrick Mbeko

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