Congo : tensions Iran-USA-Israël et paralysie gouvernementale, un cocktail explosif pour l’économie ( lecture en 4 minutes)

PARLONS-EN. À Brazzaville, la santé déclinante de M.Sassou devient un handicap visible. Débordé par les luttes de clans internes, il peine à piloter l’appareil d’État y compris la sécurité. Des baronnies et factions rivales s’emparent discrètement du pouvoir, alors que la géopolitique mondiale atteint un pic de tension avec l’escalade Iran-États-Unis-Israël.Résultat : une inertie cataleptique qui expose le Congo à une crise imminente La guerre qui se profile menace de gripper le commerce maritime mondial, avec des pénuries d’intrants, des hausses de prix et des restrictions à l’export. Une rupture des chaînes d’approvisionnement mondiales est donc en vue. Pour le Congo, en zone CEMAC, le choc sera double : un choc réel (retards et pénuries) et un choc nominal (rareté de devises). Contrairement à d’autres régions, la CEMAC ne peut pas dévaluer sa monnaie ; elle rationne les ressources. Sans devises disponibles à temps, le Congo perdra l’accès à des importations vitales : carburants, médicaments, denrées stratégiques et pièces industrielles. Le gouvernement Makosso, dont le mandat expire dans 40 jours, semble indifférent. Accaparé par des calculs personnels, il néglige cette urgence géopolitique. Trois chocs majeurs s’annoncent, aux effets dévastateurs, comparables à une « frappe nucléaire » économique. Le Congo importe plus de 80% de ses biens d’équipement, matériaux et produits alimentaires. Toute perturbation logistique – hausses de fret et d’assurances, délais prolongés – générera une inflation ciblée : sur les rayons (alimentation, médicaments) et les chantiers (ciment, acier). Moins d’offre et coûts plus élevés égalent prix exorbitants, avec une substitution vers des produits dangereux – farines, huiles, sels ou viandes avariées et cancérigènes, comme on le voit déjà. Les taux de mortalité en hausse en témoignent, sans susciter la moindre réaction officielle. Les réserves de change de la CEMAC, projetées à 4,25 mois d’importations fin 2025 (contre 4,87 en 2024), sont en baisse alarmante, alerte la Banque centrale. Le vrai risque ? Une désynchronisation entre les paiements en dollars ou euros et la disponibilité des devises. Les banques commerciales, flairant la pénurie de devises, resserrent les vis : maturités raccourcies, garanties exigées, priorités aux clients « stratégiques ». L’économie glisse dans une logique de file d’attente : certains importateurs paient, d’autres bloquent. Les secteurs vulnérables – BTP, maintenance industrielle, distribution – se contractent faute d’intrants. La BEAC durcit déjà l’accès au crédit face au repli des réserves, amplifiant le passage du choc réel au financier. L’État est coincé : recettes pétrolières volatiles, dépenses rigides (salaires, transferts sociaux, dette) et pressions inflationnistes. Une rupture d’approvisionnement forcera des mesures d’urgence – subventions, exonérations, contrôles des prix – qui alourdiront les déficits ou accumuleront des arriérés sur les fournisseurs. La faille congolaise n’est pas un manque de ressources, mais une incapacité à convertir les revenus pétroliers en importations critiques, au bon moment et au bon prix. La cessation de paiements guette la fin du trimestre, pile au moment de l’installation du nouveau gouvernement. Sans technocrates chevronnés aux manettes, les baronnies et factions « tueront le père » pour s’emparer des leviers et plonger le Congo dans un chaos profond – du « 5e sous-sol » vers le 6e. Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
RDC/Page d’histoire. Il était une fois Joseph-Désiré Mobutu et Laurent-Désiré Kabila

(Ou l’histoire de la longue lutte entre les deux Désiré !) Il y a exactement 28 ans (mai 1997-mai 2025), Laurent-Désiré Kabila mettait un terme au règne du Maréchal Mobutu. Mais beaucoup de congolais n’ont retenu que la rencontre sur le navire de guerre sud-africain « Outeniqua », oubliant que les deux Désiré se livraient déjà à une confrontation à distance dès l’indépendance. Voici un condensé de leurs parcours croisés, jalonnés d’affrontements constants. Et un survol rapide de notre histoire contemporaine. Deux prénoms composés Le premier Désiré, Joseph-Désiré Mobutu, est né le 14 octobre 1930 à Lisala dans l’actuelle province de la Mongala. Il est le fils d’Albéric Gbemani et de Madeleine Yemo. Les deux parents sont de la tribu ngbandi. Le second Désiré, Laurent-Désiré Kabila, est, quant à lui, né le 27 novembre 1941 à Likasi, dans la province du Haut-Katanga. Fils de Désiré Taratibu Kabila (mais l’histoire a retenu juste le nom de Désiré Taratibu), un luba du Katanga et de Jeanine Mafik, fille d’un grand notable lunda, membre de la cour de l’empereur Mwant Yav. Deux jeunes nationalistes-lumumbistes Le 30 juin 1960, le jour de la proclamation de l’indépendance du Congo, les deux Désiré sont membres du courant nationaliste-lumumbiste. En effet, Joseph-Désiré Mobutu est membre du parti politique MNC-L (Mouvement National Congolais) présidé par Patrice Emery Lumumba. C’est sur le quota politique du MNC-L que Joseph-Désiré Mobutu est nommé vice-ministre à la Primature. A l’époque, on disait secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil. Laurent-Désiré Kabila, qui a 19 ans, est, de son côté, président de la Jeunesse Balubakat (Jeukat). La Balubakat (Baluba du Katanga) est le parti politique présidé par Jason Sendwe. C’est un parti nationaliste allié au MNC-L et membre du gouvernement Lumumba. Moïse Tshombe fait sa sécession Le 11 juillet 1960, le gouverneur du Katanga, Moïse Tshombe, président du parti politique Conakat, avec le soutien de l’armée belge déployée à Lubumbashi et qui a désarmé les militaires congolais de l’ANC, proclame l’indépendance de sa province. C’est la sécession de l’Etat Indépendant du Katanga. Le gouvernement Lumumba condamne l’action de Moïse Tshombe et l’ingérence de la Belgique. La Balubakat de Sendwe condamne aussi cette sécession katangaise et décide de la combattre militairement. La Jeukat de Laurent-Désiré Kabila devient une milice armée. Le combat pour l’unité du Congo Le premier ministre Lumumba a réintégré Joseph-Désiré Mobutu dans l’armée en lui donnant le grade de Lieutenant-Colonel et la fonction de Chef d’état-major de l’ANC (Armée Nationale Congolaise). Et l’ANC va se mettre à envoyer des armes et des munitions à la milice Jeukat de Laurent-Désiré Kabila pour combattre la sécession katangaise. Pour Moïse Tshombe, Laurent-Désiré Kabila et les autres membres de la Balubakat deviennent des rebelles. Le conflit Kasa-Vubu et Lumumba Le 5 septembre 1960, un conflit éclate au sommet de l’Etat. Le président Joseph Kasa-Vubu révoque le premier ministre Patrice Lumumba et ce dernier démet le président Kasa-Vubu. C’est la confusion. Le Parlement annule les deux décisions et met en place une commission compromissoire pour réconcilier les deux leaders. L’ambassadeur américain menace le président Kasa-Vubu de lui couper l’aide s’il se réconcilie avec Lumumba. Le Parlement finira par accorder les pleins pouvoirs au premier ministre Lumumba. En réaction, le président Kasa-Vubu suspend le Parlement. Dans ce conflit, le colonel Joseph-Désiré Mobutu, le numéro un de l’armée, choisit le camp du président Kasa-vubu. Pour Laurent-Désiré Kabila, Mobutu a trahi la cause nationaliste en lâchant Lumumba. L’assassinat de Patrice Lumumba Le 2 décembre 1960, Patrice Lumumba, qui s’est échappé de sa résidence surveillée, est arrêté à Lodi par les militaires que Joseph-Désiré Mobutu avait lancés à ses trousses. Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba et ses deux compagnons, Maurice Mpolo et Joseph Okito, sont transférés au Katanga où ils sont assassinés sans jugement. Laurent-Désiré Kabila est très affecté par cet assassinat de son leader nationaliste. Plus tard, dans un moment d’émotion, il dira à sa mère qu’il sera un autre Lumumba et que Mobutu, tôt ou tard, payera pour sa trahison. Laurent-Désiré Kabila et Soumialot lance la rébellion à l’Est. Au mois d’avril 1964, Laurent-Désiré Kabila et Gaston Sumaili dit Soumialot lancent la rébellion-révolution des Simba (Lions) contre le régime du président Kasa-vubu et l’armée du général Joseph-Désiré Mobutu. En quelques mois seulement, les Simba, que la population a surnommés » les Mayi-mayi « , prennent le contrôle d’une grande partie du territoire national se trouvant à l’Est. Après la prise de Kisangani, Christophe Gbenye, le chef du mouvement politico-militaire CNL (Conseil National de Libération) se proclame président de la République Populaire du Congo. Laurent-Désiré Kabila est membre de son gouvernement. La révolution échoue mais Kabila continue la lutte Le 24 novembre 1964, Moïse Tshombe, qui est devenu Premier ministre à Kinshasa, le général Joseph-Désiré Mobutu et son armée (ANC), leurs alliés (l’armée belge, la CIA américaine. . .) et leurs mercenaires (Bob Denard, jean Schramme. . . ) chassent Laurent-Désiré Kabila et ses camarades révolutionnaires (Christophe Gbenye, Gaston Soumialot, général Nicolas Olenga. . . ) de Kisangani et libèrent les territoires de l’Est. Tous les leaders révolutionnaires partent en exil à l’étranger. Laurent-Désiré Kabila décide, lui, de rester au pays et de poursuivre la lutte armée contre l’impérialisme et le néo-colonialisme. Il crée un maquis à Hewa-Bora dans le Sud-Kivu. Mobutu fait son coup d’Etat Le 24 novembre 1965, sous prétexte de commémoration du 1er anniversaire de la libération de Kisangani (24 novembre 1964-24 novembre 1965), le général Joseph-Désiré Mobutu convoque à Kinshasa les commandants des grandes unités de l’ANC. C’est ce jour-là que le général Mobutu démet le président Kasa-Vubu et se proclame nouveau chef de l’Etat. Laurent-Désiré Kabila apprend la nouvelle dans son maquis et décide de poursuivre la lutte contre le nouveau régime de Joseph-Désiré Mobutu. Laurent-Désiré Kabila abandonne le maquis Le 20 mai 1967, Joseph-Désiré Mobutu crée son parti politique le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). Le 24 décembre 1967, Laurent-Désiré Kabila crée le Parti de la Révolution du Peuple (PRP). Vers la fin des années 1970, harcelé par les militaires de
Congo, entre mensonges et vérités : les imbroglios de la gouvernance de Sassou ( Lecture en 4 minutes)

HAUT-ET-FORT. La gouvernance économique, la recrudescence des violences dans le Pool, la perturbation de l’accès internet ne cessent d’inquiéter les congolais depuis 15 jours. Depuis les affrontements entre les ninjas et la DGSP le 11, le pilonnage du 16 janvier 2026 de 4h00 à 8h30 à Mayama et les bombardements de Mihété par des hélicoptères, les Congolais se demandent si ces événements n’ont pas été prémédités pour assombrir la période électorale. Le doute gagne de plus en plus l’esprit des populations qui pensent également que les perturbations de l’accès à internet procéderaient de la même manœuvre belliciste. De nombreux Congolais sont enclins à croire que, Castanou et Sakala brouillent les réseaux pour donner l’avantage à Serges Oboa de capturer Ntumi. Faux, la vérité est que, depuis le 8 janvier, une panne générale sur le câble sous-marin, West Africa Cable Système (WACS), qui assure le trafic internet entre l’Europe et l’Afrique, perturbe l’accès à internet. Yves Castanou qui gère Congo -Telecom a tenté de raccorder le Congo en RDC et au Gabon mais ces deux lignes de secours (backups) malgré les surcoûts sont tombés aussi en panne. La RDC connaît les mêmes problèmes depuis le 13 janvier. Dans la foulée, le régulateur du secteur des télécoms, le colonel Louis Marc Sakala et ses équipes se sont mis à allumer le câble 2 Africa pour soulager les congolais en attendant de trouver d’autres solutions pérennes. Léon Ibombo ne s’en préoccupe vraiment pas. Ce qui compte pour lui, ce sont les intrigues et l’argent puisqu’il a mis en place une nouvelle taxe injustifiée sur les nouveaux terminaux numériques (RTN), au détriment de l’usager lambda. Cette taxe contredit le discours de M. Sassou qui parle de vulgarisation des NTIC. L’echec de la capture de Ntumi et la déstabilisation du Pool Dimanche 25 janvier 2026, Serges Oboa qui disait maîtriser l’information a passé le rubicon en faisant décoller les hélicoptères qui sont partis bombarder Mihété et d’autres contrées sans atteindre la cible (Ntumi et les ninjas). Les victimes collatérales ne sont plus à compter : habitants disparus et blessés, bétail décimé et volé, propriétés détruites, champs ravagés, etc. Le Zaïrois Hellot, le Nihiliste Moungalla Thierry, les griots Mvouba Isidore, N’Silou Claude, Kolelas Landy, Moughani Adélaïde, Malanda Samba et Cie auront du mal à pondre encore un communiqué dénué de sens et truffé de mensonges comme ils l’ont fait récemment. Qui de Ntumi ou des éléments de la DGSP, est venue l’initiative de terroriser les populations le dimanche 25 janvier ? Les faits sont indéniables : le machiavélisme du chef suprême des “faibles” armées congolaises (FAC), s’est encore mis à l’œuvre en vue de se faire le malin plaisir de voir les populations du Pool être à l’errance. L’échec de capturer Ntumi avec une armée et une élite divisée était prévisible. Tout le reste est fait volontairement pour détourner l’attention des Congolais sur des vrais problèmes économiques qui attendent d’être résolus. Agendas cachés et les finances La restauration de l’autorité de l’État et l’opération zéro Kuluna coincent. Plusieurs cadres, civils et militaires sont résignés. Ils ne comprennent pas le mode opératoire de cette opération, et sa durée sans qu’un bilan à mi-parcours n’ait été fait. L’image d’un Oboa » restaurateur de la paix et de l’État de droit » ne convainc plus : son opération est perçue comme illégale et contraire au droit international et aux doctrines militaires. Les motivations d’Oboa divisent et sont jugées suspectes. Depuis qu’il a reçu le Go de El-Sas, Oboa n’en fait qu’à sa tête au point de sauter le CEMG et le haut commandement. Quant aux motivations, l’opinion n’est pas dupe. À dire vrai, autre chose l’anime. M. Sassou très confus ce 26 janvier 2026 lors du mini conseil stratégique de défense et à sa rencontre hebdomadaire avec Collinet, n’a pas hésité de remonter les bretelles, à Serges Oboa sur la mission au Pool mal ficelée et, à ses communiquants et services qui ne suivent plus rien.Bref, les signes du temps ne trompent pas. Les Saintes Écritures nous en disent long. Elles renseignent qu’un pays qui ne passe son temps qu’à grappiller en entretenant la violence sur toutes les formes est voué à l’échec. D’autres priorités s’imposent. Et pour le Congo, l’heure est au changement, changement de la gouvernance, des mentalités, des normes désuètes, des lois scélérates (projet de loi des finances 2026). L’heure est à la prise de conscience. Le Congo sombre dans l’abîme, le monde le voit, le sait. Les médias internationaux en parlent. Il suffit d’ouvrir les pages de El Pais, le plus grand média espagnol, de suivre France 24, TV5Monde, de lire E-Journal Kinshasa, etc., par exemple pour se convaincre des actions intellectuelles menées et qui confondent le bilan du quinquennat Collinet-Sassou. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
USA. MARTIN LUTHER KING Jr, un héros toléré ?

PARLONS-EN. A seulement 26 ans, il avait plié ses études supérieures, a été lauréat de sa promotion dans la meilleure école d’élite afro-américaine (Morehouse college), formé par le meilleur des éducateurs afro-américains (Dr B. E. Mays) dont il a hérité la CHAIRE PASTORALE. Avec un tel bagage, le Dr MARTIN LUTHER KING Jr aurait pu se la couler douce en optant pour la neutralité. Et pourtant, il a mouillé son maillot en se rendant constamment au front pour briser les murs de la ségrégation raciale. Sa METHODE peut être contestée, mais JAMAIS son INTEGRITE. Des DIZAINES d’arrestations, des tortures physiques et morales dont plusieurs MORSURES de chiens. Brillant stratège, il avait SOIGNEUSEMENT évité la confrontation PHYSIQUE en privilégiant les batailles JURIDIQUES (qu’il a presque tous remportées). Dans « THE PRISONNER’S LETTERS », ouvrage majeur, GEORGE JACKSON, redoutable penseur révolutionnaire, s’étonne que l’AMERIQUE ségréguée soit parvenue à produire un citoyen de la trempe du Dr MARTIN LUTHER KING Jr. Dans ses mémoires, MUHAMMAD ALI donne un détail qui révèle toute l’intelligence STRATEGIQUE du Dr MARTIN LUTHER KING Jr. La lecture ne résout pas tout, mais elle rend moins IGNARE. Moins le FANFARON est instruit, plus il élucubre. L’IGNORANCE est MORTIFERE. Par Nysymb Lascony
AFRIQUE. Notre condition humaine et notre place dans le concert des nations

REFLEXION. Je me pose souvent cette question dérangeante : Dieu, l’histoire ou la nature nous ont-ils placés sur cette terre pour que certains peuples construisent le monde pendant que d’autres le regardent se faire ? Quand j’observe l’écart persistant entre l’Afrique et l’Occident, je refuse d’y voir une fatalité divine ou une malédiction historique. Ce serait trop facile. Et surtout trop dangereux. Car croire que notre condition serait voulue ainsi, c’est absoudre nos renoncements, nos lâchetés et nos abandons collectifs. Si la vie a un sens, alors ce sens ne peut être la soumission permanente. Exister, ce n’est pas seulement respirer, c’est transformer. Transformer sa société, ses institutions, ses mentalités, son rapport au travail, au savoir, à la vérité et à la responsabilité. L’Occident n’a pas attendu d’être moralement parfait pour s’organiser, investir dans la science, discipliner le temps, protéger ses intérêts et imposer sa vision du monde. Pendant ce temps, trop souvent, nous avons sacralisé l’improvisation, confondu la foi avec la fatalité, la tradition avec l’immobilisme, la résistance avec le slogan. Je crois profondément que Dieu ne crée pas des peuples inutiles. Mais je crois tout autant que Dieu ne travaille pas à la place de ceux qui refusent l’effort, la rigueur et le courage du changement. La spiritualité qui n’accouche pas de justice, d’ordre et de progrès matériel devient une consolation, pas une mission. La vraie question politique est donc aussi une question spirituelle : qu’avons-nous fait de la liberté qui nous a été donnée ? Qu’avons-nous fait de nos États, de nos écoles, de nos ressources, de notre jeunesse ? Militer pour l’Afrique, ce n’est pas insulter l’Occident ni réécrire indéfiniment le passé. C’est accepter une vérité exigeante : aucune nation ne se développe sans discipline collective, sans élites responsables et sans un peuple qui exige plus de lui-même que des autres. Si notre passage sur terre a un sens, alors il est là : laisser derrière nous une Afrique plus organisée, plus juste et plus souveraine que celle que nous avons reçue. Tout le reste n’est que discours. Par Jean BoninPresident de FIER. Conseiller municipal et juriste. Membre du cabinet d’avocats Serres et associés.
Congo : bombardements à Mihété et crises systémiques à l’approche des élections

PARLONS-EN. À Brazzaville, à la veille des élections présidentielles et législatives, une crise socio-économique persistante s’ajoute à la panique générale après les bombardements rapportés ce dimanche 25 janvier 2026 à Mihété, dans le département du Pool. La population, déjà angoissée, et des politiciens influents s’interrogent sur l’avenir de leurs postes, dans un climat marqué par le clanisme et les intrigues plutôt que par les compétences démocratiques. Des sources locales décrivent des tirs intenses sur une foule rassemblée pour prier à Mihété, rappelant les exactions du 16 janvier à Mindouli, où des militaires avaient ouvert le feu de 4h à 8h, provoquant un exode vers la RDC. Un communiqué d’une frange de ressortissants du Pool et Djoué Lefini, rédigé par le journaliste Joachim et lu par Hellot Matson, attribue ces violences aux « ninjas » de Pasteur Ntumi. « Ces attaques du 11 et 16 janvier à Mindouli sont l’œuvre des ninjas », y lit-on, niant tout rôle de la DGSP et de toutes les forces armées congolaises (FAC). Le porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla qui avait minimisé les affrontements du 11 janvier, est sommé de s’expliquer : à qui profite le bombardement de fidèles en pleine prière ? Pourquoi déployer des militaires à Loukouo ? Ces contradictions alimentent les rumeurs d’un malaise au sommet de l’État et des FAC, malgré les appels à l’apaisement de la commission mixte-paritaire. Des figures comme Isidore Mvouba, Landry Kolélas, Adélaïde Moughani, Claude Alphonse N’Silou et Cie, accusés de vivre de mensonges et d’intrigues, voient leur influence fragilisée. Une crise socio-économique asphyxiante La réunion de la Cemac le 22 janvier à Brazzaville a mis en lumière la mauvaise gouvernance et le rapatriement urgent de fonds. Pénuries d’électricité et d’eau, grèves récurrentes, vie chère et injustices – comme dans le paiement de la dette intérieure, où le bakchich dicte les priorités malgré les audits – touchent toutes les couches : jeunes, retraités, étudiants, enseignants, agents de santé. Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, qui vante un bilan positif du quinquennat 2021-2026, est interpellé sur cette paupérisation généralisée. Élections sous le signe de la « démocrature » Au Congo, les élections relèvent plus de la « démocrature » que de la compétition loyale, critiquent des observateurs. Interdiction de meetings et débats par Serge Oboa, menaces contre André Okombi Salissa, Jean-Marie Michel Mokoko, Fred Makita ou Norbert Dabira : la Constitution semble bafouée. « Aucune alternative sans renouvellement de l’élite », martèle un analyste, pointant les calculs égoïstes de dirigeants qui s’accrochent au pouvoir via des stratagèmes ubuesques. Nous reviendrons prochainement sur le combat symbolique qui oppose » l’Aigle du pouvoir » au « Porteur de lumière » dans le Pool et Djoué Lefini avec des répercussions nationales. Combat qui avait intéressé déjà Aimé Emmanuel Yoka et Florent Ntsiba.Mais, ces violences et crises « desservent M. Sassou « , concluent plusieurs critiques. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
RDC. Fiston Mukunayi : l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce

OPINION. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, « a vendu des illusions, du vent et des slogans creux à un peuple fatigué, tout en se réfugiant sans cesse derrière des excuses recyclées », affirme l’avocat pénaliste et homme politique Fiston Mukunayi, dans la tribune ci-dessous. « L’UDPS doit des excuses sincères au peuple congolais. Oui, des excuses. Car une grande part de l’échec de ce pays lui incombe. Depuis l’époque de Mobutu, l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce, au nom d’un combat prétendument démocratique, mais sans jamais offrir une vision sérieuse, structurée et responsable de l’État. C’est aussi sous sa pression permanente que le régime de Joseph Kabila a gouverné dans la crispation, l’improvisation et la paralysie, dans un climat de conflit politique entretenu volontairement. L’UDPS est le véritable manipulateur de l’opinion. Elle a vendu des illusions, du vent et des slogans creux à un peuple fatigué, tout en se réfugiant sans cesse derrière des excuses recyclées. Aujourd’hui encore, elle ose faire croire que Félix Tshisekedi n’aurait aucune responsabilité dans l’état chaotique du pays. Donc si Tshisekedi echoue c’est parce-que Kabila existe, C’est non seulement faux, mais profondément insultant pour l’intelligence collective des Congolais. Gouverner, c’est assumer ses réussites mais aussi de ses échecs. Le plus grave, c’est cette rhétorique victimaire qui persiste. Hier, on disait que le Congo ne se développait pas parce que Kabila était rwandais et il travaillait pour l’intérêt du Rwanda. Aujourd’hui, on affirme que c’est encore Kabila qui bloque Tshisekedi. Comment un citoyen sans aucune responsabilité étatique pourrait-il bloquer un président de la République qui contrôle l’appareil d’État ? À moins de vouloir faire croire aux gens que Kabila est plus puissant qu’un président en fonction ce qui est utopique, ils ont juste constater que les promesses non tenues s’accumulent , l’insécurité persiste la corruption généralisée et la mauvaise gouvernance seraient pas les conséquences directes du pouvoir en place, ils ont créé un mythe autour de Kabila comme quoi c’est lui le diable. À force de manipuler la vérité, on finit par se manipuler soit même. À force de refuser toute responsabilité, on démontre clairement qu’on n’est pas à la hauteur des responsabilités étatiques ». Par Fiston Mukunayi Avocat pénaliste et Homme politique
Les Européens pigiés et ridiculisés par les Américains

LIBRES PROPOS. L’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis est venue sonner le glas des ambitions de puissance de l’Europe. La guerre en Ukraine, combinée à l’utilisation des droits de douane comme instruments de coercition, a considérablement fragilisé le continent européen. Le monde entier a désormais pris conscience de la vulnérabilité de l’Union européenne, longtemps persuadée que l’OTAN assurerait sa protection en cas de conflit majeur face à la Russie ou à la Chine. Dès son retour à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump n’a laissé aucune place à l’ambiguïté dans ses relations avec l’Europe et l’OTAN. Il a affirmé sans détour que les pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord devaient porter leurs dépenses militaires à 5 % de leur PIB. « Ils peuvent tous se le permettre », a-t-il assuré, ajoutant : « Ils devraient être à 5 %, pas à 2 %. » Face à ces exigences, les Européens n’ont guère d’autre choix que d’obtempérer. Donald Trump entend pousser encore plus loin sa stratégie de contrainte, notamment par le levier des droits de douane. Parallèlement, la guerre en Ukraine, qui s’éternise depuis désormais quatre ans, a rappelé aux Européens que la paix n’est plus acquise sur le continent. Elle a mis en lumière de profondes faiblesses militaires et énergétiques. L’architecture de sécurité fondée sur l’OTAN s’est fissurée, et la prétendue solidarité transatlantique apparaît désormais comme un leurre. La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine a agi comme un révélateur brutal des vulnérabilités structurelles du modèle énergétique européen : dépendance excessive aux importations de combustibles fossiles, insuffisante intégration des réseaux, incohérences fiscales et tarification inadaptée. Elle a entraîné une flambée sans précédent des prix du gaz et de l’électricité, frappant durement les ménages comme les entreprises européennes, tout en exposant l’incapacité de l’Union à sécuriser durablement son approvisionnement énergétique. L’Allemagne est le premier pays à en payer le prix fort. Le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2, reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique, a profondément fragilisé une économie largement dépendante du gaz russe. La mise hors service de ces infrastructures a provoqué une hausse spectaculaire des prix du gaz naturel en Europe. Privée brutalement de cette ressource stratégique, l’Allemagne s’est retrouvée confrontée à une explosion des coûts énergétiques, affectant la compétitivité globale de son industrie. Première puissance économique européenne, Berlin voit aujourd’hui son moteur économique s’essouffler. Un autre pays durement touché par les conséquences du conflit est la Finlande, depuis son adhésion à l’OTAN et l’abandon de sa neutralité historique. Le pays affiche désormais le deuxième taux de chômage le plus élevé d’Europe et a connu deux années consécutives de récession, en 2023 et 2024, notamment en raison de l’arrêt brutal de ses échanges commerciaux avec la Russie. La Finlande, étroitement dépendante des importations russes de pétrole, de gaz, de charbon, d’électricité, de bois, de métaux et de produits chimiques, est aujourd’hui enlisé dans une stagnation économique persistante. L’Union européenne surveille de près l’évolution de la situation, en raison des risques croissants d’inégalités sociales. Le gaz fossile américain pèse désormais lourdement dans les importations françaises. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la France a accueilli 177 méthaniers de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, représentant 25 % de ses importations et pouvant couvrir jusqu’à 37 % de la consommation nationale. Or, ce gaz « made in USA » est composé à 87 % de gaz de schiste. Derrière ces cargos traversant l’Atlantique se cache une dépendance énergétique préoccupante, qui enferme la France dans la consommation d’énergies fossiles et la conduit droit dans une impasse écologique, en totale contradiction avec le discours officiel affiché. Avant l’éclatement du conflit, le gaz russe représentait encore 45 % de l’approvisionnement européen. Pour s’en affranchir, l’Europe s’est précipitamment tournée vers les États-Unis, allant jusqu’à contractualiser massivement des importations de gaz naturel liquéfié. Sur le plan militaire, l’Europe accuse un retard flagrant face aux États-Unis et à la Russie. La guerre en Ukraine a servi d’électrochoc. Après plus de trois décennies de désarmement au nom des supposés « dividendes de la paix » post-guerre froide, les budgets militaires européens repartent à la hausse, accompagnés d’annonces de commandes de chars, d’avions de combat et de missiles. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les dépenses militaires européennes ont bondi de 17 % en 2024, atteignant 693 milliards de dollars. Tous les pays de l’Union européenne, à l’exception de Malte, ont augmenté leurs budgets de défense. L’Allemagne, longtemps en retrait, a enregistré une hausse spectaculaire de 28 %, atteignant 88,5 milliards de dollars, devenant ainsi le quatrième investisseur militaire mondial — un scénario inimaginable il y a encore quelques années. La Pologne consacre désormais la plus grande part de son PIB à la défense : 4,2 % aujourd’hui, contre 2 % en 2021, illustrant un effort militaire colossal. In fine, la Russie a démontré sa capacité à discipliner l’Occident par le bombardement de l’Ukraine à l’aide du missile Orechnik. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France ont dénoncé cette attaque, qualifiée d’« escalade inacceptable ». Ce sont les caractéristiques mêmes de ce missile qui inquiètent les Occidentaux. L’Orechnik est un missile balistique hypersonique à capacité duale, pouvant emporter une charge conventionnelle ou nucléaire. Il atteint une vitesse estimée à 13 000 km/h, rendant son interception extrêmement complexe. Sa trajectoire le propulse hors de l’atmosphère avant une retombée rapide, ses ogives pouvant viser des cibles distinctes. La déclaration du président Emmanuel Macron, prononcée le 15 janvier 2026 à la base aérienne 125 d’Istres-le-Tubé, est sans équivoque : « Cette initiative, dite ELSA, prend tout son sens après le tir, pour la deuxième fois, du missile de très longue portée ORECHNIK par la Russie. Ce message est clair : nous sommes à portée de ces tirs. Si nous voulons rester crédibles, nous, Européens, et en particulier la France, devons nous saisir de ces nouvelles capacités qui changeront la donne à court terme et renforceront notre dissuasion nucléaire. » L’Europe