BLUES POUR BOBBY KING (in memoriam : Jean-Claude Haudebourg : 1968 – 2026)

BLUES POUR BOBBY KING (in memoriam : Jean-Claude Haudebourg : 1968 – 2026)

DISPARITION. Parler d’un ami au passé est une déchirure. JEAN-CLAUDE HAUDEBOURG aka BOBBY KING s’est éclipsé sur la pointe des pieds pour la destination finale. Originaire de la Martinique, meldois d’adoption, c’était un acteur culturel et politique local très actif qui imposait le respect à tous. Un mélomane indécrottable et un oiseau de nuit avec lequel nous avons survolé les discothèques parisiennes dans notre prime jeunesse. Un bon vivant caractérisé par sa sobriété. Je ne l’ai jamais vu ivre, alors qu’il croquait la vie à pleines dents. La croyance en un paradis TERRESTRE était le réel leitmotiv de notre abonnement à la bringue. Une soirée sans le KING était un échec. Soucieux d’économiser mon sommeil, j’ai déserté les discothèques depuis 3 décennies, nous ne nous rencontrions plus que hasardeusement, mais grâce aux réseaux sociaux le contact était resté permanent jusqu’à ce qu’un communiqué nécrologique vienne l’interrompre brusquement. Mon frère BOBBY KING, tu auras bien profiter de ton souffle de vie pour accomplir pleinement ta mission ici bas. Désormais expiré, c’est sans regret que tu revêts le manteau de sapin auquel personne n’échappera. Bon voyage à MPEMBA pour d’autres agapes. Mes vives condoléances à ta famille biologique. Par Nysymb Lascony

USA. MARTIN LUTHER KING Jr, un héros toléré ?

USA. MARTIN LUTHER KING Jr, un héros toléré ?

PARLONS-EN. A seulement 26 ans, il avait plié ses études supérieures, a été lauréat de sa promotion dans la meilleure école d’élite afro-américaine (Morehouse college), formé par le meilleur des éducateurs afro-américains (Dr B. E. Mays) dont il a hérité la CHAIRE PASTORALE. Avec un tel bagage, le Dr MARTIN LUTHER KING Jr aurait pu se la couler douce en optant pour la neutralité. Et pourtant, il a mouillé son maillot en se rendant constamment au front pour briser les murs de la ségrégation raciale. Sa METHODE peut être contestée, mais JAMAIS son INTEGRITE. Des DIZAINES d’arrestations, des tortures physiques et morales dont plusieurs MORSURES de chiens. Brillant stratège, il avait SOIGNEUSEMENT évité la confrontation PHYSIQUE en privilégiant les batailles JURIDIQUES (qu’il a presque tous remportées). Dans « THE PRISONNER’S LETTERS », ouvrage majeur, GEORGE JACKSON, redoutable penseur révolutionnaire, s’étonne que l’AMERIQUE ségréguée soit parvenue à produire un citoyen de la trempe du Dr MARTIN LUTHER KING Jr. Dans ses mémoires, MUHAMMAD ALI donne un détail qui révèle toute l’intelligence STRATEGIQUE du Dr MARTIN LUTHER KING Jr. La lecture ne résout pas tout, mais elle rend moins IGNARE. Moins le FANFARON est instruit, plus il élucubre. L’IGNORANCE est MORTIFERE. Par Nysymb Lascony

Depuis 2010, les économies des « marchés frontières » enregistrent des performances inférieures à leur potentiel

Depuis 2010, les économies des « marchés frontières » enregistrent des performances inférieures à leur potentiel

La progression des investissements y a été divisée par deux, une baisse plus marquée que dans les autres économies à faible et moyen revenu Selon une nouvelle étude de la Banque mondiale, les marchés dits « frontières » — un ensemble composé principalement d’économies à revenu intermédiaire considérées comme des terrains d’essai pour les champions économiques de demain — ne sont pas globalement parvenus à concrétiser leur potentiel au cours des dernières décennies.  La progression des investissements par habitant depuis le début des années 2020 n’y atteint même pas en moyenne la moitié de son niveau des années 2010. L’expérience des marchés frontières les plus performants livre toutefois des enseignements pour les 56 économies qui composent actuellement ce groupe. Pour les investisseurs internationaux en quête d’opportunités au-delà des économies à revenu élevé, les marchés frontières représentent le milieu du spectre : ils sont généralement moins étroitement intégrés aux marchés financiers mondiaux que les marchés émergents, mais davantage que d’autres économies en développement qui n’appartiennent ni à la catégorie « émergente » ni à la catégorie « frontière ». La création de ces deux classes d’actifs dans les années 1980 et 1990 — une initiative à laquelle le Groupe de la Banque mondiale, via la Société financière internationale (IFC), a largement contribué — a permis d’orienter des flux d’investissements privés considérables vers les  « À l’exception d’une poignée d’économies qui se sont hissées, au cours des 25 dernières années, dans la catégorie investissement des agences de notation financière, les marchés frontières pourraient bien constituer la plus grande déconvenue en matière de développement économique, affirme Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement. Les habitants des marchés frontières sont, en moyenne, plus instruits et vivent plus longtemps que ceux des autres économies en développement. Leurs politiques publiques et institutions sont de meilleure qualité. Certains d’entre eux sont dotés de ressources naturelles abondantes. Mais les marchés frontières n’ont pas transformé ces atouts en progrès — et ils demeurent, dans le monde en développement, ceux qui peuvent donner des résultats le plus facilement et rapidement possible.  Les marchés frontières comptent aujourd’hui 1,8 milliard d’habitants (soit un cinquième de la population mondiale) et devraient en abriter près de 800 millions de plus au cours des 25 prochaines années, soit davantage que le reste du monde réuni. Plus d’un tiers d’entre eux se situent en Afrique subsaharienne. Beaucoup sont riches en minerais indispensables aux nouvelles technologies liées aux énergies renouvelables, aux télécommunications et à l’électronique grand public. Leurs institutions sont souvent plus robustes que celles des autres économies en développement. De plus, les marchés frontières présentent un attrait particulier pour les investisseurs : ces 25 dernières années, la dynamique des actions sur ces marchés s’est révélée en grande partie découplée des conditions financières mondiales, qui n’expliquent qu’une fluctuation des rendements sur huit, contre une exposition bien supérieure dans les économies avancées ou les marchés émergents. « Ces économies joueront un rôle déterminant pour relever le défi de l’emploi dans le monde en développement, car elles abriteront près d’un cinquième des 1,2 milliard de jeunes qui y atteindront l’âge de travailler dans la prochaine décennie, souligne M. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint du Groupe de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives. Les marchés frontières les plus performants ont suivi des trajectoires diverses, mais ils présentent un certain nombre de stratégies communes : des politiques propices à la croissance, des infrastructures favorisant l’investissement, une gestion des finances publiques plus rigoureuse et un cadre institutionnel qui attire l’investissement privé. Ces stratégies ont été payantes : le revenu par habitant dans le premier quartile a presque quadruplé ces 25 dernières années. » Plus généralement, toutefois, les marchés frontières ont en moyenne peu progressé depuis 2000 dans leur capacité à attirer des investissements. Le rythme de croissance des investissements par habitant dans ces économies s’est essoufflé ces 25 dernières années, pour tomber à 2 % dans les années 2020, soit moins de la moitié du niveau enregistré au cours des deux décennies précédentes. Les marchés frontières ne représentent aujourd’hui que 3,1 % des flux mondiaux de capitaux, et moins de 5 % de la production économique mondiale. Les économies frontières ont accompli des avancées politiques considérables sur le plan de l’ouverture de leurs marchés financiers : leur degré d’ouverture atteint désormais environ la moitié de celui des économies avancées, contre environ un cinquième seulement en 2000.Dans la pratique, cependant, le développement des marchés financiers a été timide. Les marchés en monnaie locale, par exemple, restent relativement sous-développés et les banques et institutions financières nationales ont tendance à accorder moins de crédit aux ménages et aux entreprises privées que dans les économies émergentes. Une discipline budgétaire plus rigoureuse sera déterminante pour permettre aux économies frontières de concrétiser leur potentiel dans les années à venir. La part des dépenses publiques dans le PIB a augmenté, tandis que les recettes ont stagné. Cette situation a entraîné une aggravation du fardeau de la dette et une hausse des défauts de paiement. Actuellement, le niveau des paiements nets d’intérêts sur la dette dans un marché frontière type, qui s’élève à environ 2,5 % du PIB, est supérieur à celui observé dans les marchés émergents ou les autres économies en développement. Près de 40 % des marchés frontières ont connu au moins un défaut de paiement entre 2000 et 2024. Depuis la pandémie de COVID-19, ces économies cumulent plus de défauts de paiement que tous les autres pays réunis. Plusieurs marchés frontières sont toutefois parvenus à surmonter ces écueils. Le Viet Nam, l’un des pays les plus pauvres du monde au tournant du siècle, se classe désormais parmi les dix économies les plus dynamiques des 25 dernières années. Après la guerre civile des années 1990, le Rwanda s’est affirmé comme l’une des réussites économiques phares de l’Afrique subsaharienne, en s’appuyant largement sur le tourisme et d’autres secteurs des services. Par ailleurs, quatre marchés frontières — la Bulgarie, le Costa Rica, le Panama et la Roumanie — ont accédé au statut d’économie à revenu élevé depuis 2012. Pour exploiter pleinement leur potentiel, ces économies ne devront pas se contenter d’ouvrir leurs marchés. Elles devront aussi les développer et mettre en place les garde-fous institutionnels nécessaires à leur bonne gouvernance. BM

Les Européens pigiés et ridiculisés par les Américains

Les Européens pigiés et ridiculisés par les Américains

LIBRES PROPOS. L’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis est venue sonner le glas des ambitions de puissance de l’Europe. La guerre en Ukraine, combinée à l’utilisation des droits de douane comme instruments de coercition, a considérablement fragilisé le continent européen. Le monde entier a désormais pris conscience de la vulnérabilité de l’Union européenne, longtemps persuadée que l’OTAN assurerait sa protection en cas de conflit majeur face à la Russie ou à la Chine. Dès son retour à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump n’a laissé aucune place à l’ambiguïté dans ses relations avec l’Europe et l’OTAN. Il a affirmé sans détour que les pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord devaient porter leurs dépenses militaires à 5 % de leur PIB. « Ils peuvent tous se le permettre », a-t-il assuré, ajoutant : « Ils devraient être à 5 %, pas à 2 %. » Face à ces exigences, les Européens n’ont guère d’autre choix que d’obtempérer. Donald Trump entend pousser encore plus loin sa stratégie de contrainte, notamment par le levier des droits de douane. Parallèlement, la guerre en Ukraine, qui s’éternise depuis désormais quatre ans, a rappelé aux Européens que la paix n’est plus acquise sur le continent. Elle a mis en lumière de profondes faiblesses militaires et énergétiques. L’architecture de sécurité fondée sur l’OTAN s’est fissurée, et la prétendue solidarité transatlantique apparaît désormais comme un leurre. La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine a agi comme un révélateur brutal des vulnérabilités structurelles du modèle énergétique européen : dépendance excessive aux importations de combustibles fossiles, insuffisante intégration des réseaux, incohérences fiscales et tarification inadaptée. Elle a entraîné une flambée sans précédent des prix du gaz et de l’électricité, frappant durement les ménages comme les entreprises européennes, tout en exposant l’incapacité de l’Union à sécuriser durablement son approvisionnement énergétique. L’Allemagne est le premier pays à en payer le prix fort. Le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2, reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique, a profondément fragilisé une économie largement dépendante du gaz russe. La mise hors service de ces infrastructures a provoqué une hausse spectaculaire des prix du gaz naturel en Europe. Privée brutalement de cette ressource stratégique, l’Allemagne s’est retrouvée confrontée à une explosion des coûts énergétiques, affectant la compétitivité globale de son industrie. Première puissance économique européenne, Berlin voit aujourd’hui son moteur économique s’essouffler. Un autre pays durement touché par les conséquences du conflit est la Finlande, depuis son adhésion à l’OTAN et l’abandon de sa neutralité historique. Le pays affiche désormais le deuxième taux de chômage le plus élevé d’Europe et a connu deux années consécutives de récession, en 2023 et 2024, notamment en raison de l’arrêt brutal de ses échanges commerciaux avec la Russie. La Finlande, étroitement dépendante des importations russes de pétrole, de gaz, de charbon, d’électricité, de bois, de métaux et de produits chimiques, est aujourd’hui enlisé dans une stagnation économique persistante. L’Union européenne surveille de près l’évolution de la situation, en raison des risques croissants d’inégalités sociales. Le gaz fossile américain pèse désormais lourdement dans les importations françaises. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la France a accueilli 177 méthaniers de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, représentant 25 % de ses importations et pouvant couvrir jusqu’à 37 % de la consommation nationale. Or, ce gaz « made in USA » est composé à 87 % de gaz de schiste. Derrière ces cargos traversant l’Atlantique se cache une dépendance énergétique préoccupante, qui enferme la France dans la consommation d’énergies fossiles et la conduit droit dans une impasse écologique, en totale contradiction avec le discours officiel affiché. Avant l’éclatement du conflit, le gaz russe représentait encore 45 % de l’approvisionnement européen. Pour s’en affranchir, l’Europe s’est précipitamment tournée vers les États-Unis, allant jusqu’à contractualiser massivement des importations de gaz naturel liquéfié. Sur le plan militaire, l’Europe accuse un retard flagrant face aux États-Unis et à la Russie. La guerre en Ukraine a servi d’électrochoc. Après plus de trois décennies de désarmement au nom des supposés « dividendes de la paix » post-guerre froide, les budgets militaires européens repartent à la hausse, accompagnés d’annonces de commandes de chars, d’avions de combat et de missiles. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les dépenses militaires européennes ont bondi de 17 % en 2024, atteignant 693 milliards de dollars. Tous les pays de l’Union européenne, à l’exception de Malte, ont augmenté leurs budgets de défense. L’Allemagne, longtemps en retrait, a enregistré une hausse spectaculaire de 28 %, atteignant 88,5 milliards de dollars, devenant ainsi le quatrième investisseur militaire mondial — un scénario inimaginable il y a encore quelques années. La Pologne consacre désormais la plus grande part de son PIB à la défense : 4,2 % aujourd’hui, contre 2 % en 2021, illustrant un effort militaire colossal. In fine, la Russie a démontré sa capacité à discipliner l’Occident par le bombardement de l’Ukraine à l’aide du missile Orechnik. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France ont dénoncé cette attaque, qualifiée d’« escalade inacceptable ». Ce sont les caractéristiques mêmes de ce missile qui inquiètent les Occidentaux. L’Orechnik est un missile balistique hypersonique à capacité duale, pouvant emporter une charge conventionnelle ou nucléaire. Il atteint une vitesse estimée à 13 000 km/h, rendant son interception extrêmement complexe. Sa trajectoire le propulse hors de l’atmosphère avant une retombée rapide, ses ogives pouvant viser des cibles distinctes. La déclaration du président Emmanuel Macron, prononcée le 15 janvier 2026 à la base aérienne 125 d’Istres-le-Tubé, est sans équivoque : « Cette initiative, dite ELSA, prend tout son sens après le tir, pour la deuxième fois, du missile de très longue portée ORECHNIK par la Russie. Ce message est clair : nous sommes à portée de ces tirs. Si nous voulons rester crédibles, nous, Européens, et en particulier la France, devons nous saisir de ces nouvelles capacités qui changeront la donne à court terme et renforceront notre dissuasion nucléaire. » L’Europe

OÙ EST PASSÉE LA FRANCE GAULLIENNE ?

OÙ EST PASSÉE LA FRANCE GAULLIENNE ?

TRIBUNE. Le retour de Donald Trump sur la scène politique américaine marque une rupture nette dans les équilibres internationaux. Son approche unilatérale et transactionnelle des relations internationales contribue à fragiliser l’ordre mondial issu de l’après-Guerre froide. Dans ce contexte, la relation franco-américaine apparaît profondément déséquilibrée, au point que les prises de position répétées et souvent condescendantes de l’actuel président américain Donald Trump à l’égard du chef de l’État français Emmanuel Macron interrogent sur la place réelle de la France dans le concert des nations. Plus largement, ce sont les Européens, et en particulier la France, qui paient aujourd’hui le prix d’une dépendance stratégique ancienne vis-à-vis de Washington, qu’elle soit militaire, diplomatique, économique ou monétaire. Cette dépendance affecte directement la crédibilité internationale de la France et nourrit un sentiment de déclassement. Une question s’impose alors : qu’est devenue la France héritière du général de Gaulle ? La pensée et l’action gaulliennes reposaient sur un principe central : l’indépendance nationale comme condition de la souveraineté et de la crédibilité internationale. Si Charles de Gaulle est souvent présenté comme critique à l’égard des États-Unis, il ne fut jamais hostile à l’alliance atlantique en tant que telle. Il considérait Washington comme un allié naturel, mais refusait toute forme de subordination. Sa vision reposait sur une coopération entre puissances souveraines, non sur une relation de dépendance. C’est dans cet esprit que de Gaulle entreprit de restaurer la capacité d’action autonome de la France. Il affirma dès 1958 la nécessité pour la France de « prendre une place qui lui soit propre » dans le monde occidental, tout en conservant une liberté de manœuvre stratégique. En 1959, il posa le principe fondamental selon lequel « la défense de la France doit être française », avant d’appeler, en 1962, à la construction d’une Europe politiquement indépendante des États-Unis. Cette doctrine permit à la France de retrouver une crédibilité internationale face à l’hégémonie américaine, rompant avec l’image d’un allié affaibli et peu fiable héritée de la IVe République. Le général de Gaulle contestait la suprématie américaine non par idéologie, mais par lucidité stratégique. Il reconnaissait la puissance des États-Unis et leur rôle sécuritaire face aux tensions avec l’Union soviétique, mais refusait que cette puissance s’impose dans tous les domaines : militaire, nucléaire, économique, monétaire et culturel. Sa critique du rôle central du dollar et son plaidoyer pour un retour à l’étalon-or s’inscrivaient dans cette volonté de limiter les instruments de domination structurelle. À l’heure du trumpisme, marqué par un nationalisme offensif et un retour assumé à une logique de rapports de force, la France semble avoir perdu cette boussole stratégique. Face aux États-Unis, à la Chine et à la Russie, elle peine à faire entendre une voix autonome. L’Union européenne, fragmentée et dépendante de Washington sur les plans militaire et stratégique, ne constitue pas aujourd’hui un pôle de puissance capable de contrebalancer efficacement les grandes puissances. Dans ce contexte, un retour à une forme de gaullisme rénové apparaît nécessaire : une troisième voie fondée sur l’indépendance stratégique, le refus de l’alignement automatique et la recherche d’équilibres multipolaires. Cette tradition fut incarnée, à des degrés divers, par des figures telles que Jacques Chirac ou Dominique de Villepin. Par ailleurs, l’avenir de l’influence française ne peut être pensé sans l’Afrique. Le continent africain est appelé à devenir l’un des centres de gravité majeurs du monde au XXIe siècle, tant sur les plans démographique, économique que géopolitique. Or, l’image et la position de la France en Afrique se sont considérablement dégradées ces dernières années. Les relations héritées du passé, marquées par une asymétrie et une condescendance perçue, ne sont plus viables. La France doit impérativement repenser sa politique africaine et accompagner les transformations en cours dans une logique de partenariat stratégique équilibré, fondé sur le respect, la réciprocité et les intérêts partagés. L’Organisation internationale de la Francophonie, et plus largement l’espace francophone, peuvent constituer un levier essentiel de projection d’influence, à condition d’être réinvestis politiquement et stratégiquement. En définitive, la France dispose encore d’atouts majeurs : diplomatie, culture, langue, capacité militaire, réseaux internationaux. Mais leur valorisation suppose une remise en question profonde de ses orientations stratégiques. Le destin de la France est étroitement lié à celui de l’Afrique et à sa capacité à s’affirmer comme une puissance d’équilibre dans un monde de plus en plus fragmenté. C’est à ce prix qu’elle pourra restaurer le respect de ses partenaires comme de ses adversaires. « Le respect est le lien de l’amitié. » (Proverbe oriental) « La liberté, c’est le respect des droits de chacun ; l’ordre, c’est le respect des droits de tous. » (Marbeau) Fait à Châteauroux, le 20 janvier 2026 Evrard NANGHO Le Patriote engagé

PRISONNIER DE LA RUE (in memoriam Stephen Coore : 6 avril 1956 – 18 janvier 2026)

PRISONNIER DE LA RUE (in memoriam Stephen Coore : 6 avril 1956 – 18 janvier 2026)

DISPARITION. C’est en surfant sur la toile que j’ai appris avec tristesse le départ de STEPHEN « CAT » COORE, l’une des dernières grandes icônes du REGGAE, membre fondateur du mythique groupe THIRD WORLD. Il était pourtant actif ces derniers temps. Violoncelliste classique de formation, guitariste, auteur, compositeur, STEPHEN COORE appartenait à une famille jamaïcaine très aisée. Son père, l’honorable DAVID HILTON COORE, avait occupé plusieurs portefeuilles ministériels dont celui de deputy- Prime minister en Jamaïque. Il avait volontairement déserté les quartiers résidentiels, abandonné ses privilèges pour rejoindre le GHETTO afin de mieux défendre les masses déshéritées en donnant de la voix. « PRISONNERS IN THE STREET », album phare de THIRD WORLD, a valeur de manuel scolaire. Il a contribué à aiguiser ma conscience historique et suscité ma passion pour la collection du support (vinyle, cd, cassette). JE RENDS GRACE. L’âge d’OR du Reggae est révolu bien que la relève soit assurée. MATONDO d’avoir fait œuvre utile. Bonne transition à MPEMBA, la destination finale. Par Lascony Nysymb

L’économie mondiale fait preuve de résilience dans un contexte commercial et politique historiquement incertain

L’économie mondiale fait preuve de résilience dans un contexte commercial et politique historiquement incertain

Une économie en développement sur quatre reste néanmoins plus pauvre qu’elle ne l’était en 2019 Selon les dernière Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale, l’économie mondiale résiste mieux qu’anticipé, malgré la persistance des tensions commerciales et les incertitudes politiques. La croissance devrait légèrement fléchir à 2,6 % en 2026, avant de remonter à 2,7 % en 2027, marquant une stabilisation sur les deux prochaines années. Il s’agit donc d’une révision à la hausse par rapport aux projections publiées au mois de juin. Cela s’explique en grande partie par une croissance plus forte qu’anticipé aux États-Unis, ce pays contribuant environ aux deux tiers de la révision à la hausse pour 2026. Néanmoins, si ces prévisions se confirment, les années 2020 sont en passe d’être la décennie qui aura connu la croissance mondiale la plus faible depuis les années 1960. Ce manque de dynamisme a pour conséquence de creuser les écarts entre niveaux de vie dans le monde, souligne le rapport. À la fin de l’année 2025, les revenus par habitant dépassaient leurs niveaux de 2019 dans la quasi-totalité des économies avancées, mais demeuraient en deçà dans une économie en développement sur quatre. En 2025, la croissance a été portée à la fois par une intensification des échanges, en prévision de futurs changements dans les politiques commerciales, et par une réorganisation rapide des chaînes d’approvisionnement mondiales. Cet élan devrait toutefois s’atténuer en 2026, avec le ralentissement progressif du commerce et de la demande intérieure. Le ralentissement qui en résultera devrait cependant être atténué par l’assouplissement des conditions financières mondiales et par l’expansion budgétaire de plusieurs grandes économies.  L’inflation mondiale devrait légèrement diminuer pour atteindre un taux de 2,6 % en 2026, dans un contexte de baisse des tensions sur les marchés du travail et des prix de l’énergie. La croissance devrait reprendre de la vigueur en 2027, tirée par l’ajustement des flux commerciaux et un climat politique moins incertain.  « Année après année, la capacité de l’économie mondiale à générer de la croissance s’érode, alors que sa résilience face à l’incertitude des politiques publiques semble se renforcer, analyse Inderjit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement. Mais, avec le temps, cette divergence entre dynamisme et résilience économiques ne pourra que fracturer les finances publiques et les marchés du crédit.  Au cours des prochaines années, la croissance de l’économie mondiale devrait être plus faible que celle observée pendant les années 1990 — une décennie déjà marquée par des difficultés —, tandis que les niveaux d’endettement public et privé atteignent des records historiques. Afin de conjurer la stagnation et le chômage, les gouvernements des économies émergentes et avancées doivent s’employer vigoureusement à libéraliser l’investissement privé et le commerce, maîtriser la consommation publique et investir dans les nouvelles technologies et l’éducation. » En 2026, la croissance dans les économies en développement devrait ralentir à 4 %, contre un taux de 4,2 % l’année dernière, avant de remonter légèrement à 4,1 % en 2027, à la faveur de l’apaisement des tensions commerciales, de la stabilisation des prix des produits de base, de l’amélioration des conditions financières et du renforcement des flux d’investissement. Les projections sont plus favorables pour les pays à faible revenu, où la croissance devrait atteindre 5,6 % en moyenne sur la période 2026-2027, portée par le raffermissement de la demande intérieure, la reprise des exportations et la modération de l’inflation. Toutefois, cela ne suffira pas à réduire l’écart de revenu entre les économies en développement et les économies avancées. Le revenu par habitant dans les économies en développement ne devrait progresser que de 3 % en 2026, soit un point de pourcentage de moins que la moyenne enregistrée entre 2000 et 2019. À ce rythme, il représentera l’équivalent de 12 % seulement de celui des économies avancées.  Ces tendances pourraient accentuer encore le défi de la création d’emplois auquel sont confrontées les économies en développement, où 1,2 milliard de jeunes atteindront l’âge de travailler au cours de la prochaine décennie. Afin de relever ce défi, il faudra déployer un ensemble complet de mesures articulé autour de trois grands axes. D’abord, renforcer le capital physique, numérique et humain pour accroître la productivité et l’employabilité. Ensuite, améliorer l’environnement des affaires en renforçant la crédibilité de l’action publique et la certitude réglementaire, afin que les entreprises puissent se développer. Enfin, mobiliser des capitaux privés à grande échelle pour soutenir l’investissement. Toutes ces actions conjuguées peuvent contribuer à réorienter la création d’emplois vers des activités plus productives et formelles, soutenant ainsi la croissance des revenus et la réduction de la pauvreté. Les économies en développement doivent en outre renforcer la viabilité de leurs finances publiques, mise à mal ces dernières années par une conjonction de chocs, par des besoins de développement croissants et par le renchérissement du service de la dette. Dans un chapitre spécial, le rapport présente une analyse détaillée de l’utilisation des règles budgétaires par les économies en développement. Ces dispositions consistent à fixer des limites chiffrées sur les emprunts et les dépenses publiques afin de mieux gérer les deniers de l’État. Elles sont généralement corrélées à une croissance plus forte, à des investissements privés plus élevés, à des secteurs financiers plus stables, et à une plus grande capacité à faire face aux chocs extérieurs.  « Avec une dette publique à son plus haut niveau en plus de 50 ans, les économies émergentes et en développement doivent restaurer de toute urgence leur crédibilité budgétaire, explique Ayhan Kose, économiste en chef adjoint du Groupe de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives. Des règles budgétaires bien conçues peuvent aider les gouvernements à stabiliser la dette, à reconstituer des marges de manœuvre et à répondre plus efficacement aux chocs. Mais il ne suffit pas de les adopter pour qu’elles se traduisent en plus de stabilité et de croissance. Tout l’enjeu est d’assurer aussi leur crédibilité, leur application et l’engagement politique qui va avec. » Qu’il s’agisse de l’imposition de limites sur le déficit, la dette, les dépenses ou les recettes, plus de la moitié des économies en développement ont désormais instauré au moins une règle budgétaire. Elles voient généralement leur solde budgétaire s’améliorer de 1,4 point de pourcentage du PIB au bout de cinq ans (après neutralisation des

Recul des prix mondiaux des produits alimentaires en décembre 2025

Recul des prix mondiaux des produits alimentaires en décembre 2025

Malgré la hausse des cours des céréales et du sucre Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’indice des prix mondiaux des produits alimentaires a reculé en décembre 2025 par rapport au mois précédent. Les chiffres publiés par l’agence onusienne montrent que « la baisse des cours des produits laitiers, de la viande et des huiles végétales a plus que compensé les hausses des cours des céréales et du sucre ». La FAO précise que « l’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 124,3 points en décembre, soit un repli de 0,6% par rapport à novembre et de 2,3% par rapport à sa valeur enregistrée il y a un an ». A noter que, sur l’année 2025, l’indice a affiché une valeur moyenne de 127,2 points, soit 4,3% de plus que la moyenne de 2024, la hausse des prix mondiaux des huiles végétales et des produits laitiers ayant compensé les baisses des cours des céréales et du sucre. Dans le détail, et d’après les informations communiquées par l’institution, l’indice FAO des prix des céréales a bondi de 1,7% en décembre par rapport au mois de novembre. Cette évolution, explique-t-elle, est portée par « le regain d’inquiétudes liées aux flux d’exportation de la mer Noire, de la forte demande à l’importation de maïs, de l’importante production intérieure d’éthanol au Brésil et aux États-Unis d’Amérique et de l’augmentation des prix dans tous les segments du marché du riz ». Ainsi, la valeur moyenne de l’indice des prix des céréales était inférieure de 4,9% à celle de 2024, ce qui marque sa troisième année consécutive de repli et constitue sa moyenne annuelle la plus basse depuis 2020. En recul de 35,2% par rapport à 2024, la valeur moyenne de l’indice FAO des prix de tous les types de riz a décliné suite à l’abondance des disponibilités exportables, à la forte concurrence entre les exportateurs et à la diminution des achats de certains pays importateurs d’Asie. Comparé au mois de novembre, l’indice FAO des prix des huiles végétales a accusé de son côté une baisse de 0,2% au douzième mois de 2025 et chutant ainsi à son niveau le plus bas depuis six mois. De l’avis des experts de la FAO, « cette baisse est due au recul des prix des huiles de soja, de colza et de tournesol, qui ont plus que compensé la hausse des cours de l’huile de palme ». Et d’ajouter qu’en 2025, l’indice s’est établi en moyenne à 17,1% de plus qu’en 2024, ce qui le situe à son niveau le plus élevé depuis trois ans, dans un contexte de resserrement de l’offre mondiale. Toujours selon l’agence, l’indice FAO des prix de la viande s’est contracté pour sa part de 1,3% par rapport à son niveau révisé de novembre. L’institution constate cependant qu’il est resté supérieur de 3,4% à sa valeur de décembre 2024, du fait de la baisse des prix observée dans toutes les catégories de viande, en particulier pour la viande bovine et la volaille. Sous l’effet d’une forte demande mondiale à l’importation et des incertitudes croissantes du marché liées aux épidémies de maladies animales et aux tensions géopolitiques, l’organisme international indique que cet indice a enregistré une moyenne supérieure de 5,1% à son niveau de 2024. Précisons que « les prix mondiaux de la viande bovine et ovine ont augmenté » au cours de cette période, « tandis que ceux de la viande porcine et de la viande de volaille ont baissé », comme cela est indiqué dans le communiqué de la FAO. En raison de l’effondrement des prix du beurre dû à l’augmentation saisonnière de la disponibilité de la crème en Europe, l’indice FAO des prix des produits laitiers a de son côté perdu 4,4% par rapport à novembre dernier. D’après l’institution, au cours de l’année dernière, « l’indice s’est établi en moyenne à 13,2% de plus qu’en 2024, porté par une forte demande mondiale à l’importation et par l’offre limitée de disponibilités exportables plus tôt dans l’année ». Enfin, la hausse de 2,4% de  l’indice FAO des prix du sucre par rapport au mois de novembre est justifiée essentiellement par la forte chute de la production de sucre dans les principales régions cultivatrices du sud du Brésil, mais reste à un niveau inférieur de 24,0% à celui de décembre 2024. En conclusion, les données recueillies montrent que « l’indice a enregistré un niveau moyen inférieur de 17,0% à celui de l’année précédente, ce qui constitue la valeur annuelle la plus faible depuis 2020, étant donné les importantes disponibilités à l’exportation », d’après l’agence. Alain Bouithy