RFI Prix Découvertes 2026 : L’appel à candidatures ouvert jusqu’au 20 novembre

L’appel à candidatures pour la 45ème édition du Prix Découvertes RFI est ouvert jusqu’au 20 novembre 2025 à tous les artistes ou groupes musicaux professionnels d’Afrique, de l’Océan Indien et des Caraïbes membres de l’OIF. Le lauréat bénéficiera d’une aide à la création de 10 000 euros, d’un concert diffusé sur RFI et d’une série de concerts dans les Instituts français d’Afrique Les artistes candidats doivent avoir enregistré un album, deux EP ou avoir au moins huit titres disponibles en ligne (YouTube, Spotify, SoundCloud, Apple Music, etc.). Pour s’inscrire, ils doivent obligatoirement fournir les liens permettant d’écouter six titres, de visionner une prestation live d’au moins 20 minutes ou d’au moins trois titres enchaînés, ainsi qu’une courte vidéo où ils se présentent eux-mêmes et leurs motivations pour participer au concours. MC Solaar, président du Jury C’est le rappeur MC Solaar, l’un des parrains et pionniers du hip-hop en France, qui préside le jury du Prix Découvertes RFI 2026. Depuis 35 ans et son premier hit Bouge de là, il a influencé une myriade d’artistes francophones qui, à sa suite, se sont lancés dans le hip-hop. Avec ses neuf albums au compteur et armé de sa grande curiosité musicale, il mettra son expérience à profit dans un jury réunissant professionnels de la musique, journalistes et artistes. A propos du RFI Prix Découvertes : Depuis 1981, le Prix Découvertes RFI met en avant les nouveaux talents musicaux du continent africain. Au cours des années, ce prix a contribué au lancement de nombreux artistes qui ont depuis conquis un public international : Tiken Jah Fakoly (Côte d’Ivoire), Amadou et Mariam (Mali), Rokia Traoré (Mali), Didier Awadi (Sénégal), Soul Bang’s (Guinée), Céline Banza (République Démocratique du Congo). Son jury, composé de professionnels, est chaque année présidée par une personnalité. De Fally Ipupa à Jacob Desvarieux, Youssou N’Dour, Angélique Kidjo, Richard Bona, Kery James, Asalfo ou Lokua Kanza, les présidents du Prix Découvertes RFI apportent leur caution et leur expérience à son rayonnement. RFI est un acteur engagé auprès du lauréat, et lui offre un soutien professionnel et une exposition médiatique. En 2025, c’est la Guinéenne Queen Rima qui a remporté le Prix Découvertes RFI : elle poursuit actuellement sa tournée sur le continent africain, en partenariat avec l’Institut français. *Heure de Paris Les inscriptions sont ouvertes sur le site : prixdecouvertes.com
Marcondiro et Nour Eddine offrent une performance unique et envoûtante à Casablanca

Fusion musicale italo-marocaine La cour mitoyenne du Théâtre italia a accueilli récemment un concert très attendu intitulé « Anime Migranti » (Ames migrantes) dans une ambiance rappelant les grandes soirées culturelles et musicales estivales. Un voyage musical inédit. Plus de 700 personnes venant des quatre coins de la ville de Casablanca et de ses environs ont assisté à ce spectacle dont le titre est tiré d’une chanson écrite par deux artistes aux histoires et aux expériences différentes : le chanteur et interprète italien Marcondiro et le musicien soufi marocain Nour Eddine. Comme l’a rappelé la présidente de l’Association culturelle Dante Alighieri de Casablanca, Marina Sganga Menjour, ce titre a remporté récemment le premier prix du festival « Une chanson pour Amnesty 2025 ». Message de paix et de fraternité, « Anime Migranti » n’est pas seulement un concert. Il est aussi, et surtout, un message de paix et de fraternité. « Une rencontre où la tradition musicale soufie marocaine et la chanson d’auteur italienne fusionnent pour offrir une performance musicale unique et captivante », a-t-elle déclaré avant le coup d’envoi du spectacle précisant que les deux chanteurs-compositeurs ont entamé leur collaboration en 2019 avec de nombreux concerts en Italie et à l’étranger. Cette soirée, organisée par le consulat général d’Italie et la Dante Alighieri de Casablanca, « représente l’étreinte idéale entre deux peuples et deux cultures éloignés, mais très proches l’italienne et la marocaine », a ainsi indiqué la présidente de la Dante Alighieri de Casablanca devant un public enthousiaste. Assis ou debout, un public cosmopolite a savouré des mélodies tour à tour rythmées ou apaisantes, parfois mêlant subtilement les deux styles, le tout dans une atmosphère festive et chaleureuse. Un moment de bonheur pour le public venu nombreux et parfois de très loin. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux artistes et les musiciens qui les accompagnaient ont su, comme à leur habitude, élever la soirée à un niveau d’émotion rare, offrant au public des sonorités d’une grande profondeur puisées dans leurs univers respectifs. Vraisemblablement très heureux d’être présents à cette soirée, les spectateurs se sont laissé bercer par les mélodies concoctées pour ce show, esquissant comme ils le pouvaient des pas de joie et écoutant attentivement les brefs messages empreints d’explications que les deux artistes distillaient tout au long du concert comme pour bien mettre le public dans le bain. Interprète de la culture populaire cultivée et de la musique électronique, Marcondiro s’illustre dans un genre qui marie habilement la tradition de la chanson d’auteur italienne aux sonorités folk, rock et électroniques. Une fusion qui séduit et envoûte les amateurs de performances riches et audacieuses. Comme l’a relevé Mme Marina Sganga Menjour dans sa présentation, le style musical promu par Nour Eddine marocain « oscille entre le mysticisme d’une tradition ancestrale et (la contamination avec) la musique classique et sacrée occidentale ». L’artiste marocain au talent indéniable a d’ailleurs été décoré par le pape Benoît XVI comme Messager de la paix et de la coexistence, grâce à « Advocata nostra ». Une œuvre magistrale et très profonde qu’il a composée en 2009. Il est important de souligner que l’Italien Marcondiro et le Marocain Nour Eddine s’étaient déjà illustrés dans la musique folk et électro-ethnique bien avant leur collaboration. Et le concert de ce soir-là est venu confirmer, une fois de plus, tout le bien que l’on pense de ces deux artistes sur la scène musicale internationale. Alain Bouithy
Brazzaville: inhumation de l’artiste Toussaint Essou des Bantous de la Capitale

DISPARITION. L’artiste musicien et chanteur Toussaint Essou, membre de l’orchestre Les Bantous de la Capitale, est inhumé ce mardi 30 septembre au cimetière du centre-ville de Brazzaville. Né le 1ᵉʳ novembre 1974 en République Démocratique du Congo (RDC), Toussaint Essou a rendu son dernier souffle dans la matinée du dimanche 31 août 2025, au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville des suites d’une maladie. L’artiste laisse derrière lui un vide aussi bien sein de l’orchestre des Bantous de la Capitale que de sa famille biologique. Repéré et soutenu par Jean Serge Essou, paix à son âme, alors qu’il évoluait au sein de l’orchestre Bana Plus à Pointe-Noire, Toussaint s’était fait remarquer en reprenant magistralement la célèbre chanson Tantine Tata ya Mwassi . Après cette expérience, il rejoint Brazzaville et intègre plusieurs formations musicales, notamment Patrouille des Stars, Z1 International et G7. En 2024, il s’enregistre avec l’orchestre Les Bantous de la capitale. Théo Blaise Kounkou s’est dit profondément touché par la disparition de Toussaint Essou. « Je suis très triste que mon petit Toussaint soit parti si tôt. Il était souvent à mes côtés dès qu’il apprenait que j’étais au Congo, me disant : “Président, je suis là” », a-t-il confié à Pagesafrik.com. « Toussaint et moi nous sommes rencontrés au sein de l’orchestre des Bantous de la Capitale. J’ai de très bons souvenirs de lui, je l’ai côtoyé pendant des années », témoigne, de son côté, le bassiste Mapassa, membre de l’orchestre. La disparition de Toussaint « est une énorme perte, non seulement pour la famille des Bantous de la Capitale, mais aussi pour ses membres, admirateurs, sympathisants, hommes et femmes de culture, et tous les amoureux de la rumba congolaise », a-t-il ajouté. Cette épreuve douloureuse que traverse aujourd’hui l’orchestre doit le rendre encore plus fort. Elle appelle à l’unité et à la solidarité entre musiciens, ainsi qu’à la poursuite de l’œuvre entamée avec vigueur et détermination. Toussaint Essou rejoint d’autres grandes figures qui ont marqué l’histoire de la musique congolaise en général et des Bantous en particulier : Pamelo, Nganga Edo, Jean Serge Essou, Pandi Célestin, Koukou Mpassi Mermen, Kabako Lambert et tant d’autres. Merci, artiste, pour tout ce que tu as offert à la musique congolaise en général, et aux Bantous de la Capitale en particulier, ta famille de toujours. Va en paix. Fredrich Gunther M’bemba
Aleks SAK’S, artiste musicien : « Le village « This is Africa » incarne l’Afrique dans son authenticité »

INTERVIEW. L’artiste musicien-conteur Aleks SAK’S a fait partie des premiers artistes à se poduire sur la scène du village culturel « This is Africa », installé sur la place Rachidi à Casablanca, au grand bonheur des Casablancais qui lui ont réservé un bel accueil. Originaire de la République du Congo, cet animateur socioculturel accompli, enseignant en musique et théâtre, revient pour PAGESAFRIK.COM sur les cinq jours d’émerveillement et d’expansion passé dans cet espace célébrant la richesse et la diversité des cultures africaines, en prélude à la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN) –Maroc 2025. PAGESAFRIK.COM : Après cinq jours de résidence artistique passés au village « This is Africa » à Casablanca, pouvez-vous nous dire ce que cette expérience a représenté pour vous ? Aleks SAK’S : Je suis sincèrement reconnaissant d’avoir pu partager mon expérience au sein du village « This is Africa ». Après cinq jours passés dans cet espace unique, je me sens rempli d’énergies nouvelles et d’inspiration créative. Le village incarne l’Afrique dans son authenticité la plus pure, avec un sens de l’accueil inégalé. Chaque interaction et chaque découverte ont été une expérience enrichissante, qui a nourri mon âme et réchauffé mon cœur. Cette résidence a été un véritable cadeau, une parenthèse enchantée où l’art et la culture se sont entremêlés pour créer des souvenirs impérissables et ouvrir la voie à de nouvelles idées créatives. Je suis reconnaissant pour cette expérience qui m’a permis de me connecter avec l’essence même de l’Afrique et de trouver une nouvelle source d’inspiration pour mon art. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cette expérience au cœur de « This is Africa » ? Chaque jour passé au village « This is Africa » est une véritable affirmation de la vie, une célébration vibrante de ce que nous sommes en tant qu’individus et de ce que nous sommes capables de créer ensemble. J’ai découvert un espace extraordinaire où chaque note de musique, chaque mouvement de danse, chaque geste artistique est accueilli avec une ouverture d’esprit et un enthousiasme rare et profond. Le concept de la résidence, notamment l’idée de « Sur la route de la coupe » et de célébrer la culture africaine dans toute sa splendeur et sa diversité, a résonné en moi de manière incroyablement forte. Je me considère comme un artiste qui absorbe et intègre les influences de son environnement, un peu comme un entonnoir qui capte les nuances et les énergies de ce qui m’entoure. Je m’imprègne de tout ce qui est autour de moi, des histoires, des inspirations, et ensuite je filtre et je transforme l’essentiel à travers mes propres expressions artistiques. C’est ainsi que je façonne ma propre essence, en donnant vie à mes idées et à mes émotions à travers la musique, l’écriture et d’autres formes d’expression. Cette résidence a été une expérience incroyablement riche et inspirante pour moi, et je suis reconnaissant pour tout ce que j’ai pu recevoir et apprendre ici. Le village « This is Africa » est connu pour son énergie vibrante et sa capacité à unir les cultures. Pouvez-vous nous dire comment vous avez vécu cela ? Casablanca, et le Maroc tout entier, s’est révélé être un hôte merveilleux, vibrant d’une énergie contagieuse qui unit et rassemble. Je me sens chez moi ici, où j’ai appris à discerner la couleur de l’union, cet amalgame fascinant d’oppositions qui forment une harmonie parfaite. Je vois des sourires empreints de la richesse des cultures noires illuminer les visages, invitant à la joie. La musique est le langage universel qui nous porte tous, sans distinction. Le tam-tam téké fait vibrer le Sénégalais, le mbalax de Dakar fait bouger le Marocain avec une même ferveur. C’est cela, la culture dans sa plus pure expression. Ce village « This is Africa » est une véritable symphonie de cultures, un témoignage vivant de la façon dont les différences peuvent se fondre en une beauté collective. L’amour et la musique n’ont pas de frontières, dit-on. Mais j’ai découvert une frontière très spécifique… que je me réserve de partager lors de nos prochains entretiens. (Rires) Souvenez-vous de cette petite énigme ! Pourriez-vous nous parler de vos projets à venir, notamment de ce conte fascinant sur « La Genèse de la Rumba », et adresser un mot au public congolais, particulièrement celui de Brazzaville que vous n’avez pas revu depuis plusieurs années ? Absolument ! La Rumba est un héritage vivant qui continue de m’inspirer. « La Genèse de la Rumba » est un conte que je compte publier prochainement, qui retrace l’histoire de cette musique née de la souffrance et de la joie, portée par le corps et l’âme. C’est une odyssée poignante qui nous emmène du nombril sacré des femmes Kongo aux champs de canne où les cris de douleur des esclaves se sont mués en chants de résilience. Cette Rumba, inscrite à l’UNESCO en 2021, est bien plus qu’un genre musical ; c’est le souffle d’une mémoire collective, un cri de vitalité et d’authenticité. Mes projets s’inscrivent dans la continuité de cette Rumba intemporelle, avec l’objectif de créer de nouvelles œuvres qui reflètent les défis et les espoirs de notre temps, toujours avec cette dimension poétique et narrative qui donne tout son sens à ma musique. Je souhaite poursuivre cette exploration des métissages musicaux, où les racines africaines dialoguent avec le jazz, le funk et le reggae. Mon groupe, composé de musiciens de différentes origines, est la preuve vivante que la solidarité existe et qu’elle n’exclut pas les divergences de compréhension. C’est cela, la culture de la cohabitation à l’étranger. À mon cher public congolais, et particulièrement à celui de Brazzaville, je tiens à dire que mon cœur est toujours lié à cette terre d’où jaillit la Rumba. Je garde un souvenir vibrant de nos rencontres passées et j’ai hâte de pouvoir partager avec vous la joie de cette musique qui nous unit. Je vous invite à découvrir ma reprise de « Parafifi-Félicité » : L’Amour Éternel Revisité par une Nouvelle Voix, un classique intemporel de la rumba congolaise qui célèbre l’amour inconditionnel et la vulnérabilité assumée. Cette œuvre est un rappel poignant de
Fado Festival : Rabat accueille sa 8ᵉ édition avec un hommage à Carlos Paredes

Fado festival est un événement itinérant qui a su s’imposer comme une référence internationale pour la promotion de la culture portugaise, à travers l’un de ses emblèmes les plus forts : le Fado. Pour sa 15ᵉ édition mondiale, le festival sillonnera tout au long de l’année 18 grandes villes d’Europe, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Au Maroc, la 8ème édition aura lieu les 18 et 19 septembre à Rabat, et rendra hommage à Carlos Paredes, figure incontournable de la guitare portugaise. Au programme, deux concerts : Les guitaristes Luís Guerreiro et Paolo Soares, avec la chanteuse Beatriz Villar, le jeudi 18 septembre, et la star montante du Fado Filipa Vieira, le vendredi 19 septembre. Le festival organisera également une conférence avec le guitariste Paulo Soares, et la projection d’un documentaire « Movimentos Perpétuos« , sur l’héritage de Paredes. Hommage à Carlos Paredes Figure incontournable de la musique portugaise, Carlos Paredes (1925-2004) a révolutionné la guitare portugaise par son style virtuose et sa capacité à en faire un instrument soliste à part entière. Compositeur visionnaire et interprète,il a su donner à cet instrument une dimension nouvelle, influençant des générations de musiciens. C. Paredes a marqué l’histoire avec des albums comme Guitarra Portuguesa et Movimentos Perpétuos, influençant des générations de musiciens au-delà du Fado. Le Théâtre National Mohammed V accueillera durant deux soirées une programmation variée, entre concerts, conférence et projection, permettant au public de découvrir son héritage unique. Programme de la 8èmeédition Jeudi 18 septembre 18H30 – Conférence : Paulo Soares – L’importance de Paredes dans le développement de la guitare portugaise moderne. Guitariste et enseignant reconnu, Paulo Soares expliquera l’apport technique et artistique de Carlos Paredes, qui a modernisé le jeu de la guitare portugaise et inspiré de nombreux musiciens. 20H00 – Concert hommage à Carlos Paredes : avec Luís Guerreiro & Paulo Soareset la chanteuse Beatriz Villar Luís Guerreiro, l’un des plus grands interprètes actuels de la guitare portugaise, et Paulo Soares revisiteront des compositions emblématiques de Carlos Paredes, rendant hommage à son héritage unique. Chanteuse au timbre expressif, Beatriz Villar est une figure montante du Fado de Coimbra. En 2023, elle a sorti son premier EP intitulé Viragem, marquant une étape importante pour la présence féminine dans ce genre musical. Vendredi 19 septembre 18H30 – Projection du documentaire : “Movimentos Perpétuos d’Edgar Pêra” Ce film rend hommage à Carlos Paredes à travers des images d’archives et des témoignages de musiciens qui racontent son impact sur la musique portugaise. 20H00 – Concert : Filipa Vieira Née à Lisbonne, Filipa Vieira a été bercée par le Fado dès son plus jeune âge. Lauréate du Prix Jeune Talent du Fado en 2018, elle incarne la nouvelle génération du genre avec une voix profonde et expressive. Avec cette programmation, le Fado Festival Maroc invite les amateurs de musique à un voyage immersif au cœur du Fado et de la guitare portugaise, en mettant à l’honneur l’un de ses plus grands ambassadeurs.
Elvis Kiminou, chef d’orchestre de Ballet Africa : « Une tournée européenne réussie »

INTERVIEW. « Nous sommes heureux d’avoir dignement représenté le Congo-Brazzaville, notre pays d’origine, ainsi que le Royaume du Maroc, notre terre d’accueil. D’un point de vue artistique, nous sommes disposés à accompagner le Maroc dans le cadre de la CAN », a confié à PAGESAFRIK.COM le chef d’orkestre du groupe Ballet Africa, Elvis Kiminou. PAGESAFRIK.COM : Quelles sont vos impressions après votre récente tournée en Roumanie ? Elvis Kiminou : Cette tournée en Roumanie a été une expérience formidable, pleine d’émotions et de belles rencontres. Le public roumain a accueilli notre groupe avec beaucoup de chaleur et d’enthousiasme. C’était un vrai plaisir de partager la richesse des danses et rythmes africains dans un pays qui a une culture très différente que la nôtre, mais qui a su se montrer réceptif et ouvert. Pour nous, c’était une confirmation que l’art et la musique n’ont pas de frontières. Quelles sont les villes dans lesquelles vous vous êtes produits ? Nous avons eu la chance de nous produire dans plusieurs villes importantes de Roumanie, notamment Braila, Slobozia, Galati Chaque ville avait son atmosphère particulière, mais partout l’accueil a été chaleureux et le public très réactif j’en garde de bons souvenirs Les trophées reçus témoignent du succès de votre tournée. Qu’est-ce que cela représente pour vous en tant que chef du groupe Ballet Africa Maroc ? Recevoir des trophées et diplômes parmi les 12 pays participants est une grande fierté, non seulement pour moi en tant que chef du groupe, mais surtout pour toute l’équipe. C’est une reconnaissance de notre travail, de notre discipline et de notre passion. Pour moi, cela confirme que nous sommes sur la bonne voie et que notre message artistique, qui allie tradition et modernité, touche les cœurs partout où nous passons. Le groupe Ballet Africa du Maroc compte en son sein des jeunes Marocains. Pouvez-vous affirmer que ce groupe est la preuve d’une intégration culturelle réussie ? Absolument. Le groupe Ballet Africa Maroc est l’exemple vivant d’une intégration culturelle réussie. Nous réunissons des artistes venus de différents horizons, africains et marocains, et nous travaillons ensemble dans le respect, le partage et la créativité Les jeunes Marocains qui font partie du groupe démontrent que l’unité africaine n’est pas un vain mot, mais une réalité concrète. et d’un point de vue artistique nous sommes disposes à contribuer a la réussite de la coupe d’Afrique des nations que le Maroc organise en décembre 2025 » Quelles sont les perspectives du groupe Ballet Africa Maroc ? Nos perspectives sont ambitieuses. Nous souhaitons continuer à représenter le Maroc et l’Afrique dans les plus grands festivals internationaux. Nous travaillons aussi sur de nouveaux spectacles qui mêlent davantage les influences africaines et marocaines, afin de proposer une identité artistique encore plus forte. À long terme, nous espérons créer un centre de formation où les jeunes talents pourront apprendre, s’exprimer et perpétuer cet héritage culturel. Propos recueillis par Fredrich Gunther M’bemba
Mali/Année de la culture : la 5ème édition du SIAMA officiellement lancée

La salle des banquets du Centre International de Conférences de Bamako (CICB) a accueilli, ce jeudi 4 septembre 2025, la cérémonie de lancement officiel de la 5ᵉ édition du Salon International de l’Artisanat du Mali (SIAMA). Présidée par le Ministre en charge de la Culture, M. Mamou DAFFÉ, en présence du Ministre de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration, M. Alhamdou Ag ILYÈNE, et de la Ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall SECK, du Président de l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers du Mali (APCMM), des représentations diplomatiques de l’AES ainsi que des acteurs du monde de la culture et de l’artisanat. Organisée par le Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, en collaboration avec l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers du Mali (APCMM) et les Organisations Professionnelles d’Artisans (OPA), cette édition du SIAMA se tiendra du 27 novembre au 07 décembre 2025 au Parc des Expositions de Bamako, sous le thème : « Artisanat, facteur de développement et de sauvegarde de notre identité culturelle ». Cette édition est placée sous le Haut Patronage de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, et s’inscrit dans le cadre de l’Année de la Culture au Mali décrétée par le Président de la Transition. Le SIAMA, selon le Ministre DAFFÉ, est un espace de célébration de l’unité nationale et d’affirmation de l’identité nationale de notre pays. Le SIAMA, selon lui, va au-delà de l’aspect économique : il est un espace de préservation de notre héritage commun. Soutenir l’artisanat, c’est soutenir l’économie malienne. Le Burkina Faso et la République du Niger seront les pays invités d’honneur de cette édition qui proposera un programme riche et diversifié. Durant dix (10) jours, il est prévu des panels de haut niveau, des ateliers thématiques, des défilés de mode, des animations artistiques et socioculturelles, un circuit touristique, une soirée de gala consacrée à la distinction des lauréats, entre autres. Le rendez-vous est donc pris du 27 novembre au 07 décembre 2025 au Parc des Expositions de Bamako.
RD Congo/ KOFFI OLOMIDÉ. « Une Vie en Musique, Une Légende en Or »

ZOOM. Koffi Olomidé est un rare mélange de génie et de grâce, un savant dosage d’inspiration divine et de discipline artistique. Chez lui, tout respire le travail soigné, le goût du beau, et la quête de l’intemporel. Les êtres exceptionnels ont souvent le chic de se combattre eux-mêmes par leurs excès. Chez Koffi, c’est sa communication émotionnelle, aussi instinctive qu’émotive, qui lutte parfois contre ce don inouï, ce glissement céleste que Dieu n’accorde qu’à une poignée d’hommes, sur une aussi longue durée et avec une telle constance dans la réussite. N’est-il pas un fils légitime de la République Démocratique du Congo ? Ce pays-symbole, ce scandale géologique aux entrailles débordantes de richesses ? Qui, aujourd’hui, dans l’univers de la création artistique, peut encore tenir en haleine des générations entières, sur une journée, sur une vie, avec un répertoire aussi vaste qu’exigeant ? Chez Koffi, la quantité se mêle à une qualité qui dépasse les standards et redéfinit les classiques. Il est le trait d’union des émotions, le relais vivant des générations post-indépendance. De lui, chacun de nous garde une chanson, un vers, un souvenir, une séquence de vie. Pour le comprendre, il faut l’écouter. L’écouter comme on écoute Julio Iglesias ou Mike Brant, ces artistes d’émotion pure. Il faut aller le chercher loin, car Koffi est le fruit d’influences multiples, de courants artistiques croisés, d’une formation riche et d’une démarche quasi-scientifique. Il a écouté, étudié, collaboré. Les premières années de sa carrière passent par toutes les grandes figures de la rumba : il a croisé tous les faiseurs de hits. Il est un athlète de l’art, méticuleux, méthodique, qui conçoit chaque œuvre comme un entraînement au sommet. Ses albums, ses prestations, ses mises en scène, tout est pensé. Koffi a déjà touché le ciel. Le ciel artistique. À l’approche de ses 70 ans, l’homme aux mille idées est une bibliothèque vivante, un carrefour de mémoires. Plus de cinquante ans de musique, de rencontres, de joies et de blessures ont façonné l’homme derrière la légende. Car derrière le nom Koffi Olomidé se tient aussi Antoine Agbepa, l’homme. Avec ses peines, ses doutes, ses colères, ses solitudes. Un homme que le succès n’a pas toujours comblé, qui espère encore que le temps arrangera les choses. Mais le temps file, et la fatigue du guerrier devient un terrain vulnérable aux attaques et aux revancheurs. Et pourtant, malgré tout, malgré tous, le Grand Mopao traverse les décennies et inscrit son art et son nom au Panthéon de notre culture. Koffi Olomidé, c’est aussi Antoine Agbepa : Deux faces d’une même pièce. Une pièce en or que chacun doit garder précieusement. Eddy Fleury Ngombé Acteur Culturel depuis 1992 Président de CULTURE CONGO AVENIR Administrateur de TAMARIS