Le Niger veut asseoir sa souveraineté dans le secteur pétrolier

Le Niger veut asseoir sa souveraineté dans le secteur pétrolier

Le Niger ambitionne de diversifier son industrie pétrolière avec notamment la création d’un complexe pétrolier et d’une raffinerie à Dosso (Ouest) dans l’optique d’asseoir sa souveraineté sur ce secteur vital. Dans une interview accordée à l’agence nigérienne de presse (ANP), le directeur général des hydrocarbures au ministère du pétrole, M. Chaibou Ibrah Abdoul Nasser explique l’importance de ces initiatives  annoncées   par le Chef de l’Etat, le Général Abourahamne Tiani, lors d’un message  le 2 Août 2024, la veille de la fête nationale de l’arbre. Le Niger, rappelle-t-on, produit quotidiennement 110.000 barils de brut de pétrole, dont 20.000 sont destinés à la raffinerie de Soraz (société de raffinage de Zinder) et 90.000 destinés à l’exportation, opérée par Wapco Niger via le port de Sèmè Kpodji au Bénin. Expliquant le choix du Chef de l’Etat de créer un complexe pétrolier et une seconde raffinerie pour le pays, M. Chaibou Ibrah soutient que l’exploitation du brut dans le pays est plus bénéfique que son exportation. Mieux, note-t-il, le choix du Président de la transition est une question de « souveraineté ». « On n’aura plus besoin de traverser d’autres frontières pour avoir des produits transformés, notamment les produits pharmaceutiques, des produits en plastiques… Tous ces produits-là peuvent être fabriqués sur place. Alors le besoin en importation va se réduire, et c’est ce qui va favoriser la souveraineté nationale dans ces activités », affirme-t-il. Les autorités de transition ont  annoncé en plus  la création d’un institut du pétrole à l’université de Zinder, dans la même région qui abrite la Soraz. Le directeur général des hydrocarbures  juge l’ambition du Chef de l’Etat ‘’souverainiste’’. « Nous ne pouvons pas exploiter une telle richesse sans nos cadres compétents dans ce domaine. Un institut de pétrole est la plus grande solution qui soit adaptée dans ce sens, c’est-à-dire former des cadres nationaux qui vont exploiter notre richesse  pour nous permettre d’installer une souveraineté dans ce secteur »,  fait-il valoir. Une autre question d’actualité dans le secteur pétrolier au Niger, c’est la question de la reprise de la coopération avec l’Algérie. A l’occasion d’une visite ministérielle algérienne à Niamey, le 7 Août 2024, rappelle-t-on, les deux (2) pays ont annoncé la reprise de leur coopération pétrolière, avec notamment le projet du bloc Kafra (Bilma, Nord) et la poursuite de la construction du gazoduc transsaharien (Nigeria-Niger-Algérie). Pour M. Chaibou Ibrah, ces deux dossiers présentent des grandes opportunités pour le Niger notamment. « L’entreprise pétrolière algérienne Sonatrach [Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation, et la commercialisation des hydrocarbures] a fait des découvertes sur ce bloc Kafra et a relevé un potentiel pétrolier énorme qui peut être exploitable par cette entreprise. Donc, conformément au contrat de partage de production, cette entreprise tiendra ses engagements et nous espérons dans un délai très court, la mise en production de ce bloc », informe Chaibou Ibrah. Il ajoute : « Ce bloc en question révèle un potentiel en bitume dans les environs de Sokor, et le Niger a besoin du bitume pour bitumer   ses routes et faciliter le transport ». Le gazoduc transsaharien, indique-t-on, devrait relier à partir de 2027, le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger pour transporter du gaz naturel nigérian vers l’Europe. « Il va traverser le Niger sur plus de 1000 km et c’est une coopération entre le Niger, le Nigeria et l’Algérie. Alors grâce à des discussions qui se sont tenues antérieurement, les ministres de ces trois pays ont pris des engagements pour réaliser ces Gazoducs qui vont alimenter le marché international en gaz de ses 3 pays », explique le cadre du ministère nigérien du pétrole. « Je vous rappelle que le Niger détient un potentiel gazeux de plus de 23 milliards de mètres cubes qui sont approuvés et qui sont prêts à être mis en exploitation », renseigne-t-il, avant de poursuivre en expliquant que « donc l’une des retombées serait la mise en exploitation de ce gaz naturel, ainsi que sa valorisation sur le marché international. Donc une fois que notre gaz est sur le marché international, nous aurons des retombées énormes, ensuite l’autre gain attendu  serait, que,  une fois que ce pipeline traversera le Niger sur plus de 1000 km, nous bénéficierons  ce qu’on appelle le droit de passage ». Le directeur en charge des hydrocarbures au ministère nigérien du pétrole s’est également exprimé sur la réduction des prix de l’essence et du gasoil à la pompe annoncée par le Gouvernement en conseil des ministres le 17 juillet 2024. Selon la nouvelle tarification effective depuis le 23 juillet 2024, le prix de l’essence (Super 9) est tombé de 540 francs CFA le litre à 499 francs CFA, alors que le litre du gasoil est passé de 668 à 618 francs CFA. « Aujourd’hui le premier souci de nos autorités, c’est de faciliter le quotidien de la population nigérienne. C’est dans ce sens qu’ils ont procédé à cette réduction de prix », déclare-t-il. « Nous sommes en train de réfléchir pour voir comment baisser davantage en touchant d’autres aspects que nous allons bientôt mettre à la disposition des plus hautes autorités pour une  prise de décision  optimale », annonce-t-il. Selon lui, le Niger dispose de plusieurs potentialités pétrolières et gazières encore non exploitées. « Aujourd’hui grâce à Dieu, il y a eu des études qui ont été faites, à part le bloc d’Agadem, nous avons Kafra, nous avons Bilma (qui relève un grand potentiel), nous avons des indices au niveau de Ténéré et au niveau du bloc de Dibela… », détaille la source. « Donc tous ces blocs nécessitent une phase d’exploitation pour la mise en production et grâce à Dieu nous le ferons parce que nous avons des contrats et des partages de production avec Kafra, avec Savana. Et plaise à Dieu, pour Bilma nous espérons que  d’ici 2025 la SONIDEP, qui est une entreprise nationale, va développer ce bloc pour que nous aurons notre premier baril ‘’Made by Niger et ça, c’est vraiment un honneur pour le pays ». L’opérateur pétrolier national a lancé ses activités amont le 22 juin 2024. Le Niger compte 44 blocs pétroliers et une zone  en exploitation (Agadem)

Insécurité au sahel : Le Niger et le Mali échangent sur la prise en charge des ex-combattants issus des groupes armés non étatiques

Insécurité au sahel : Le Niger et le Mali échangent sur la prise en charge des ex-combattants issus des groupes armés non étatiques

Le Ministre d’Etat de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de brigade Mohamed Toumba a présidé, dans la matinée de ce mardi 20 août 2024 au Centre des Conférences Mahatma Gandhi de Niamey, l’ouverture de la réunion ministérielle d’échanges avec une délégation malienne portant sur la démobilisation, la déradicalisation et la réintégration (DDR) des ex-combattants des groupes armés non étatiques. Cette rencontre de haut niveau, qui s’est déroulée en présence des membres du gouvernement nigérien ainsi que ceux du Mali, du Gouverneur de la région de Niamey, des chefs religieux et traditionnels, a pour objectif principal de discuter avec la délégation malienne de la prise en charge et la réintégration des anciens terroristes en vue de faire régner la paix dans l’espace AES. Prononçant son discours d’ouverture, le Général de Brigade Mohamed Toumba a tenu à saluer la présence de la délégation malienne au Niger pour cette mission d’échanges, qui ‘’traduit la volonté des Présidents du Mali, Col. Assimi Goita et du Niger, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani dont la vision première est de renforcer la cohésion d’actions de nos pays pour une paix durable et la stabilité su sein de l’Alliance des Etats du Sahel (AES)’’. ‘’Dans le cadre de l’opérationnalisation de notre Confédération, la machine est très bien lancée car cette rencontre s’inscrit dans la droite ligne de la tenue des réunions ministérielles au niveau sectoriel et permettra à nos délégations respectives d’échanger et d’apprendre les uns des autres’’ a affirmé le Général Toumba notant que ‘’la question de la prise en charge des ex-combattants des groupes armés non étatiques ne date pas d’aujourd’hui’’. A ce sujet, ‘’le Niger a organisé au cours de l’année 2000 la flamme de la paix, sanctionnant la reddition des ex-combattants du Nord du Niger suivie d’un programme de réintégration’’ a-t-il rappelé, indiquant que depuis plus d’une dizaine d’années, le Niger ‘’qui partage avec le Mali le même défi sécuritaire, est au centre de plusieurs foyers de crises sécuritaires et de criminalité transnationale organisées’’ dans plusieurs localités. Ces crises, a-t-il fait savoir, ‘’menacent régulièrement l’existence de nos communautés et la mise en œuvre des politiques publiques en matière de développement économique et social’’ et la réponse à celles-ci ‘’est passée non seulement par des actions militaires vigoureuses mais également par des initiatives civiles’’. Ainsi en 2015, ‘’le Niger a élaboré une stratégie de sortie de crise dans le Bassin du Lac Tchad et les recommandations qui en sont issues ont débouché en 2016 sur un appel solennel à la reddition à l’endroit de nos concitoyens partis, soit par errement, soit par mimétisme, au sein des groupes terroristes de Boko Haram’’ a-t-il encore rappelé. Cet appel fut entendu, selon le Général de Brigade Toumba Mohamed, ‘’au regard de l’engouement qu’a suscité la première vague des personnes en reddition volontaire et cela a amené le gouvernement à créer, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, le centre de réinsertion socio-économique de Goudoumaria non loin de Diffa’’. Ce centre, a-t-il fait souligné, ‘’a enregistré plusieurs centaines de nos pensionnaires composés d’hommes, des femmes et des enfants qui ont subi avec succès le processus de re-socialisation’’. Quant à la zone du Liptako Gourma, ‘’au vu de l’urgence des besoins de repentance, le Gouvernement a pris des mesures urgentes et nécessaires pour prendre en charge à Niamey plusieurs repentis, en attendant l’opérationnalisation du Centre d’Accueil de Hamadallaye qui est pratiquement achevé’’ a poursuivi le ministre d’Etat selon qui, ‘’certains ont été recrutés à la Garde Nationale du Niger et d’autres ont opté pour les Activités Génératrices de Revenus’’. ‘’Tous ces résultats découlent de la mise en œuvre du Programme National de Prise en charge de la Reddition au Niger qui a connu une évolution positive allant du niveau local au niveau national’’ a-t-il fait remarquer expliquant qu’il en est ‘’de même de la réadaptation du cadre légal qui a été initiée pour répondre au besoin du processus en modifiant le code pénal pour la première fois afin de prendre en compte la notion de reddition volontaire’’. A cet effet, il a tenu à saluer les communautés pour leur adhésion, raison pour laquelle  depuis les premières heures du processus, ‘’d’intenses activités de cohésion sociale et de consolidation de la paix sont menées à travers des forums, des caravanes de paix et des tribunes d’expression populaire ainsi que la mise en place des comités communaux de paix  pour renforcer le dispositif de prévention et de gestion de crises’’. Ainsi, ‘’l’élaboration et la mise en œuvre d’une Stratégie Nationale de DDR inclusive qui prendra en compte les défis du moment conformément à la nouvelle vision de l’Etat’’ s’avère primordiale, s’est engagé le Général de Brigade Toumba annonçant à cet effet, la mise en place d’un comité technique qui sera appuyé par deux consultants recrutés pour la circonstance. Pour sa part, le chef de la délégation malienne, M. Mahamadou Kassogue, ministre de la justice et des droits de l’homme, s’est réjoui de prendre part à cette rencontre saluant ainsi les plus hautes autorités du Niger ainsi que sa population, au nom de la délégation malienne pour l’accueil reçu. Ainsi, le chef de la délégation malienne a, à cette occasion, expliqué que le motif de leur mission au Niger, qui consiste à partager leurs expériences avec le Niger, s’inscrit dans cette dynamique de prise en charge des ex-combattants issus des groupes armés non étatiques, mutualisant ainsi leurs ressources pour la stabilisation de la paix et la cohésion sociale dans ces deux pays affectés par le terrorisme. Auparavant, le gouverneur de la région de Niamey, le Général de Brigade Assoumane Abdou Harouna a pris la parole pour souhaiter la chaleureuse bienvenue à la délégation malienne arrivée au Niger dans le cadre de cette mission si bien importante pour la Confédération de l’AES. ANP

Samuel Eto’o rend un hommage vibrant à la Fédération nigérienne de football

Samuel Eto’o rend un hommage vibrant à la Fédération nigérienne de football

Le légendaire footballeur camerounais Samuel Eto’o a exprimé sa profonde gratitude envers la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT), son président Djibrilla Hema Hamidou, ainsi que l’ensemble du peuple nigérien, à la suite de sa récente visite au Niger samedi 10 août. Cette visite, qu’il décrit comme un privilège, lui a permis de découvrir le « beau pays frère » qu’est le Niger, répondant ainsi à l’invitation de son « estimé aîné », le président de la Fédération Nigérienne de Football. Dans un témoignage émouvant publié sur sa page Facebook, Eto’o a chaleureusement salué l’accueil qui lui a été réservé par le peuple nigérien et la FENIFOOT et indiqué avoir été particulièrement impressionné par les avancées infrastructurelles et le niveau d’organisation de la fédération sœur nigérienne, soulignant la qualité des équipements de haut standard qui témoignent des efforts concertés des autorités et de la fédération pour le développement du football au Niger. Dans son message, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) n’a pas manqué de féliciter son homologue et son administration pour leur travail remarquable, formulant le vœu que ces efforts soient couronnés de succès sportifs susceptibles de rehausser le prestige du drapeau nigérien. Il a également exprimé sa satisfaction quant aux efforts de développement en matière de sport, et plus particulièrement du football, entrepris au Niger. Selon lui, ces progrès sont une source de fierté légitime pour le peuple nigérien. Un moment particulièrement marquant de son séjour fut l’audience accordée par le Général de brigade Abdourahame Tchiani, Président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie de la république du Niger, à Niamey. Eto’o a exprimé sa profonde gratitude envers ce dernier pour l’avoir honoré de cette rencontre, renforçant ainsi sa conviction de l’importance d’une collaboration étroite entre les fédérations nationales de football africaines. Pour Samuel Eto’o, cette collaboration est essentielle pour rendre le football africain mieux représenté, plus attractif, et surtout plus influent sur la scène internationale. Ce séjour au Niger n’a fait que renforcer son engagement en faveur de cette cause, soulignant ainsi l’importance de l’unité et de la coopération au sein du football africain. Ce témoignage vibrant de Samuel Eto’o illustre non seulement son respect et son admiration pour le Niger et ses institutions, mais également sa vision d’un football africain uni et prospère, capable de rivaliser avec les plus grandes nations du monde. Patricia Engali

L’Occident utilise l’Ukraine comme intermédiaire pour le transfert d’armes en Afrique, dit un expert

L’Occident utilise l’Ukraine comme intermédiaire pour le transfert d’armes en Afrique, dit un expert

Les pays occidentaux utilisent l’Ukraine comme intermédiaire pour le transfert d’armes aux groupes extrémistes en Afrique et déstabiliser les États du Sahel, affirme à Sputnik un expert égyptien en sécurité. Selon lui, l’Ukraine est incapable de mener des opérations de renseignement dans le Sahel et seuls les États occidentaux ont le potentiel pour le faire. Pour sa part, la directrice du Centre africain d’études stratégiques au Caire a blâmé les forces de l’Onu et l’armée française pour leur échec à contrer les groupes terroristes au Mali… Lire la suite sur Sputniknews

An1 CNSP/Diplomatie : Le Niger reprend progressivement sa place dans le concert des Nations

An1 CNSP/Diplomatie : Le Niger reprend progressivement sa place dans le concert des Nations

La gouvernance diplomatique du CNSP a été marquée par la normalisation des relations du Niger avec ses partenaires et l’affirmation de la souveraineté nationale. Ainsi, la grande majorité des pays et institutions ont repris leur coopération suspendue au lendemain du coup d’Etat du 26 juillet 2023. Dans le sillage de la levée des sanctions de la CEDEAO et de l’UMOA, des institutions financières telles que la Banque mondiale, le FMI, la Banque africaine du développement ont annoncé le financement d’importants programmes en faveur du Niger. Les nouvelles autorités nigériennes dans la droite ligne de l’affirmation de la souveraineté avaient donné 72 heures à la Coordinatrice de l’ONU, Louise Aubin pour quitter le territoire national. Cela parce que, expliquaient-elles, des entraves sont mises en place par le Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres en vue de contrarier la participation du Niger à la 78ème Assemblée Générale de l’organisation qui a eu lieu en septembre à New York. « Le gouvernement décide d’ordonner à l’Ambassadeur, Coordonnateur résident du Système des Nations Unies, son excellence madame Louise Aubin de prendre toutes les dispositions utiles pour quitter Niamey sous soixante-douze heures », avait écrit le Ministère des Affaires étrangères dans un communiqué en date du 11 octobre 2023. Cette décision avait été prise alors que la France avait entamé, fin septembre 2023, le retrait de ses bases militaires du sol nigérien après près de deux mois de bras de fer avec les nouvelles Autorités nigériennes. Il s’en est également suivi le retrait des militaires américains. Niamey avait dénoncé des accords militaires jugés illégaux ou contraires aux intérêts du pays. En même temps, les Autorités du CNSP multipliaient les initiatives pour faire revenir le pays sur la scène internationale sur la base d’une coopération de confiance et de respect mutuel. Et c’est très vite que les nouvelles Autorités sont admises dans les rencontres et autres foras internationaux. Dès novembre 2023, le Niger signait son retour sur la scène internationale au 1er Sommet Arabie Saoudite – Afrique qui avait lieu le 10 à Riyad, en présence effective du Premier Ministre de la Transition nigérienne Ali Mahamane Lamine Zeine. Il était aux côtés de plusieurs Chefs d’État et de Gouvernement africains qui ont fait le déplacement pour participer à cette rencontre placée sous le thème « Développement et prospérité ». C’est donc seulement après un peu plus de trois mois que le Niger est de retour sur la scène internationale. « Le Niger est de retour », disait justement le Premier Ministre Ali Mahamane Lamine Zeine qui avait estimé qu’avec sa participation à ce sommet, le Niger referme la parenthèse de l’autarcie dans laquelle la CEDEAO, l’ONU et l’UA avaient voulu le placer en décidant de l’exclure de ses instances. Face à la résilience de sa population et l’intransigeance de ses dirigeants sur les questions de souveraineté et de respect mutuel dans les partenariats, le Niger a aussi réussi plusieurs autres victoires diplomatiques dont la reconnaissance de son Gouvernement issu du coup d’État militaire du 26 juillet par la Commission de Vérification des pouvoirs de l’Assemblée Générale des Nations Unies. En effet, suite à l’examen de la question portant sur la représentation du Niger aux travaux des Nations Unies, l’Assemblée Générale avait entériné, le 20 décembre 2023, la décision de reconnaître les représentants du Gouvernement du CNSP comme uniques et légitimes représentants du Niger à l’ONU. Il y avait eu auparavant une reconnaissance tacite de la légitimité du CNSP par la CEDEAO même lorsqu’elle l’avait appelé au dialogue en proposant sa médiation. Sur un tout autre plan, l’Organisation des Nations Unies annonçait, le 15 novembre 2023, la reprise de ses vols humanitaires au Niger afin de pouvoir acheminer des produits médicaux ou évacuer des personnes malades ainsi que des personnels humanitaires. Le Niger a renforcé ses relations avec certains partenaires traditionnels: la chine, la Turquie, l’Iran ou la Russie. Ce dernier pays a envoyé des équipements militaires de pointe et des formateurs. La solidarité de certains voisins  et pays amis s’est manifestée au moment le plus fort de l’embargo injuste de la CEDEAO. Dans sa lancée de la reconquête de la souveraineté, le Niger a annoncé son retrait de la CEDEAO dans un communiqué conjoint avec le Burkina et le Mali. Ces 3 pays ont créé la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel qui vise à mener une lutte commune contre le terrorisme et les menaces potentielles d’agressions armées ou extérieures. La première rencontre au sommet de cette Organisation, tenue à Niamey le 06 Juillet 2024, a permis aux dirigeants des trois Etats d’acter la création de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel, tout en confirmant le retrait irrévocable de leurs pays de la CEDEAO. ANP

L’autonomisation des femmes : « l’éducation est la clé de tout ce que nous faisons », dixit Arlette Mvondo

L’autonomisation des femmes : « l’éducation est la clé de tout ce que nous faisons », dixit Arlette Mvondo

Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) a organisé, le mercredi 17 juillet dernier, un webinaire sur l’autonomisation des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), avec comme invitée Mme Arlette MVONDO, conseillère régionale Violences à l’égard des femmes et des filles, au Bureau régionale de l’ONU Femme pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. L’autonomisation des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest et du Centre est un enjeu crucial pour le développement durable et la réduction de la pauvreté dans la région. Pour relever ce défi, l’accès à une éducation de qualité est fondamental. Cela inclut non seulement l’accès à l’école primaire et secondaire, mais aussi l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. « Si on insiste sur la question d’autonomisation des femmes, c’est parce que, de manière générale, lorsque vous regardez la population est à 52% de femmes dans le monde. Cela veut dire qu’on doit faire des investissements sur les femmes si on veut parvenir à un haut niveau de développement souhaité. D’où la prise en compte de ces questions de genre au niveau de l’élaboration des politiques de développement », a déclaré Mme Arlette Mvondo. Des avancées significatives : contexte et incidences Selon Mme Arlette Mvondo, avant de parler des incidences, il faut parler du contexte, parce que pour comprendre pourquoi on doit investir sur les questions de d’autonomisation des femmes, il faut comprendre le contexte. « Depuis la première édition de la conférence de Beijing, Il y a eu énormément d’avancées sur tous les plans. Mais je pourrais dire qu’au niveau de notre région, Afrique de l’Ouest et du Centre, la principale avancée a été l’amélioration du cadre normatif, c’est-à-dire l’adoption des conventions internationales, régionales. Et au niveau pays, des lois qui ont donné un cadrage et ont permis de promouvoir, de respecter et de protéger les droits des femmes », soutient Mme Arlette Mvondo. « Lorsque je parle des droits des femmes ici, c’est vraiment les droits fondamentaux, donc l’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi décent et à une rémunération au regard de ce que nous offrons en matière de droit de travail, dans ses droits fondamentaux, sont importants et ça a permis de revoir à la hausse, par exemple, l’âge du mariage, donc, ce n’est plus forcément douze ans dans certains pays. Ça permet de revoir l’accès, par exemple, aux offres de méthodes contraceptives » ajoute-t-elle. A noter qu’en dépit d’une situation alarmante qui demeure dans notre région, il y a eu des avancées significatives sur les cas de violences faites aux femmes et aux filles au regard des défis que la région. L’on peut dire que ce cadre normatif a été très important. Au nombre des avancées figure aussi il y a des ministères qui sont dédiés spécifiquement pour travailler sur les questions d’égalité hommes-femmes et d’autonomisation des femmes. Le financement, un goulot d’étranglement Selon Arlette Mvondo, « les budgets alloués à ces différents ministères, cela ne permet pas d’avancer de manière significative tel qu’on le souhaite, mais n’oublions pas que nous travaillons sur des questions de changement social qui prennent du temps ». Elle a des problèmes structurels qui sont ancrés dans les normes sociales, dans les questions de tradition, dans les questions de culture. Mais ce n’est pas un obstacle, c’est juste pour dire que ça va prendre du temps, ça demande des investissements et ça demande une collaboration et une implication de tous. L’éducation, l’élément central « Lorsqu’on parle de questions d’incidence et d’impact véritable, j’ai envie de dire que l’éducation est la clé de tout ce que nous faisons », martèle Arlette Mvondo. Elle ajoute que « si nous avons des taux ou si nous arrivons à atteindre et surpasser même les minimums standards en matière qui sont requis en matière d’éducation, vous voyez déjà l’incidence…une forte représentation des femmes dans tous les secteurs de la vie et cela contribue immédiatement au relèvement du produit intérieur brut. Les dépenses que nous faisons sur le plan, par exemple, de la violence à l’égard des femmes sont énormes et je peux vous dire que ça représente 0,4% du PIB, dont vous voyez déjà l’impact. Donc, si on arrive à réduire les violences à l’égard des femmes qui sont faites dans notre région, on arrive à faire des gains au niveau du produit intérieur brut. Les questions de mortalité maternelle que nous avons et pour lesquelles les pays de l’Afrique Subsaharienne, notamment les pays de notre région, ont des taux également assez alarmants. Je bois ici le Nigéria et Tchad ». « Donc, si nous investissons sur les femmes en matière d’éducation, de santé, au niveau économique, nous allons pouvoir récupérer toutes ces dividendes et donc travailler main dans la main. Mais avec les autres acteurs de la société, justement pour permettre à nos pays de se développer sur le plan économique, social, culturel, politique et technologique. Qu’elles puissent terminer l’enseignement primaire, terminer l’enseignement secondaire, aller à l’université, réaliser leur rêve de devenir médecin, magistrats, femmes d’affaires, etc. Dont c’est cette capacité dont nous parlons, qui permet donc, plus tard, de pouvoir faire des choix conséquents. Et ces choix qui permettent maintenant de contribuer à la vie économique et, pourquoi pas, de relever le produit intérieur brut », a conclu Arlette Mvondo. Wilfrid Lawilla Diankabakana

Niger: Le monde de la culture est en deuil !

Niger: Le monde de la culture est en deuil !

DISPARITION. Le monde de la culture nigérienne est en deuil suite au décès, ce samedi 13 juillet 2024, du flûtiste Abba Karia de N’guigmi. Il était un homme de culture reconnu au plan national grâce à son instrument  »Algaita » (flûte). N’guigmi (région de Diffa) perd ainsi un de ses illustres artistes de renommée nationale.  »Un artiste ne meurt jamais » a-t-on coutume de dire. Il s’en est allé, mais son œuvre reste. ANP

Le Niger joue la carte du Tchad

Le Niger joue la carte du Tchad

PETROLE. Depuis début janvier, le Niger et le Tchad multiplient les discussions pour relancer un vieux projet : exporter le pétrole du Niger vers le Tchad. Le week-end dernier (13 Juillet), le Premier ministre du Niger, Lamine Zeine Ali Mahaman, a reçu à Niamey la ministre tchadienne du pétrole, Ndolenodji Alixe Naïmbaye, venue lui faire le compte rendu des discussions préliminaires sur ce projet. Ce projet d’acheminer le pétrole brut nigérien via le Tchad n’est pas nouveau. En septembre 2012, un protocole d’accord avait été signé entre le Niger et le Tchad pour permettre d’évacuer le brut nigérien vers le Tchad voisin, puis de l’acheminer jusqu’au port camerounais de Kribi… Lire la suite sur DW