Maroc. Décélération de la croissance au troisième trimestre 2025

La croissance économique s’est établie à 4% au troisième trimestre 2025, en rythme annuel, au lieu de 4,8% et 5,5% respectivement aux premier et deuxième trimestres, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). « Cette inflexion a été une conséquence directe de la décélération des activités manufacturières, confrontées au cours de l’été 2025 à un tassement de la demande extérieure adressée aux industries métalliques, métallurgiques, électroniques et aux produits du textile », explique l’institution. A l’inverse, les services non marchands et financiers, l’immobilier et l’agriculture ont continué de jouer un rôle stabilisateur, permettant de préserver un rythme d’activité globalement en hausse de 0,4 point par rapport à celui de son niveau tendanciel. A noter que « l’expansion de l’activité a reposé, principalement, sur le soutien de la demande intérieure, malgré des signes de modération progressive », comme le relève le HCP. Toujours selon l’institution, la solidité de l’investissement s’est maintenue, grâce à la vigueur des dépenses publiques en infrastructure et au redressement de l’équipement des entreprises, tandis que la consommation des ménages a poursuivi son affermissement au ralenti, affichant une amélioration de 3,9% au troisième trimestre 2025, au lieu de +5,1% au trimestre précédent. Quant aux échanges extérieurs, ils ont continué d’exercer un effet restrictif, soustrayant 4,3 points à la croissance économique au cours de la même période. En conséquence, le HCP note que les équilibres macroéconomiques internes ont montré des signes de relative résilience, nonobstant un durcissement des pressions sur les finances publiques. En effet, le déficit budgétaire s’est sensiblement renforcé au troisième trimestre 2025, tandis que le besoin de financement de l’économie nationale s’est légèrement atténué, pour s’établir à 12,3 milliards de dhs, contre 13,7 milliards le trimestre précédent, fat-elle savoir. Patricia Engali
WAM Morocco lance à Casablanca le premier grand rendez-vous régional de l’industrie 4.0

La première édition du World Advanced Manufacturing & Future Mobility Exhibition (WAM Morocco) se tiendra à Casablanca au Maroc du 20 au 22 janvier. Ce rendez-vous inédit s’impose comme la première plateforme régionale intégralement dédiée à l’industrie 4.0, à la fabrication avancée, à la mobilité du futur, à l’innovation industrielle et à la transformation des chaînes d’approvisionnement. Imaginé comme un point de rencontre stratégique entre l’écosystème industriel marocain et les grands noms de la technologie et de la production à l’échelle internationale, l’événement a pour vocation d’accélérer les investissements, d’encourager l’adoption des technologies émergentes et de renforcer les synergies transfrontalières à travers l’Afrique et au-delà. Porté par KAOUN International, filiale du Dubai World Trade Centre (DWTC), WAM Morocco bénéficie du soutien actif d’un solide réseau de partenaires régionaux et internationaux. Parmi eux figurent MSC Pro, le Centre de Développement de la Démocratie (CDD), l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), Advantage Austria, ainsi que l’organisation allemande Der Mittelstand. BVMW. Ensemble, ces acteurs publics et privés œuvrent à une transformation industrielle concrète fondée sur la coopération internationale et l’intelligence collective. Trixie LohMirmand, directrice générale de KAOUN International, déclare :« WAM Morocco constitue un levier stratégique pour affirmer la place du Maroc et du continent africain dans la nouvelle ère de l’industrie intelligente et de la mobilité d’avenir. En articulant l’expertise mondiale autour des ambitions régionales, cet événement ouvre de nouvelles voies pour l’investissement, la collaboration et la construction d’un tissu industriel résolument tourné vers l’avenir. » Cette édition inaugurale traduit la confiance croissante que portent les industriels internationaux à l’égard du Maroc en tant que terre d’avenir pour les industries de nouvelle génération. Plus de 100 entreprises issues de plus de 18 pays, dont le Maroc, le Nigeria, la Suisse, l’Autriche, l’Espagne, l’Allemagne, Hong Kong, le Vietnam ou encore l’Arabie Saoudite, participeront à l’événement. WAM Morocco réunira notamment des acteurs de premier plan tels que Schneider Electric, SAP, Engie, Sumitomo Corporation, Zoho, Rockwell Automation, Hitachi, Vigel ou encore Vivo Energy, avec l’objectif de favoriser des coopérations d’envergure et une mise en œuvre concrète des technologies 4.0 à l’échelle du continent. Un porte-parole de Schneider Electric témoigne :« La fabrication intelligente est en train de redessiner les contours des industries mondiales, et le Maroc émerge comme un territoire stratégique où cette transformation peut se déployer à grande échelle. En tant que partenaire technologique des industries, des entreprises et des foyers, notre présence à WAM Morocco reflète notre volonté d’accompagner les acteurs industriels avec les outils, les compétences et les alliances nécessaires pour bâtir les usines de demain. » Au cœur de cette première édition, la conférence proposera un programme ambitieux et structurant pour l’avenir industriel de la région. Pendant trois jours, les participants auront accès à une programmation dense articulée autour de quatre thématiques centrales, couvrant huit secteurs stratégiques. Le contenu cumule plus de 60 heures d’interventions, animées par plus de 60 experts internationaux, répartis sur deux scènes spécialisées. Les grands sujets à l’agenda porteront sur les centres de données pour les industries du futur, les flux de capitaux internationaux vers la fabrication intelligente, la production industrielle verte ou encore les nouvelles formes de mobilité du fret. Des discussions stratégiques seront également consacrées à la souveraineté des infrastructures industrielles, aux usines dopées à l’intelligence artificielle, à la décarbonation à grande échelle et à la transition énergétique. WAM Morocco accueillera un public de décideurs de haut niveau issus des sphères gouvernementales, industrielles et financières. Parmi les intervenants déjà confirmés figurent le Dr Mehdi Snène, Chief AI Officer auprès des Nations Unies (Suisse), Kashifu Inuwa Abdullahi, directeur général du NITDA (Nigeria), Dr Ghita Mezzour, ancienne ministre de la Transition numérique et de la Réforme administrative (Maroc), Khalid Safir, directeur général du groupe CDG (Maroc), ainsi que Yasmina Lahlou, directrice exécutive du Groupe Bank of Africa. Plusieurs figures internationales prendront également la parole pour la première fois au Maroc, notamment Fatou Haidara (ONUDI, Autriche), Alain Sanchez (Fortinet, France), Maxime de Bonrepos (ENGIE, France) et Isaac Chetrit (Blazie Holdings, États-Unis), ce qui témoigne de l’envergure mondiale de l’événement. WAM Morocco fera également la part belle à une sélection de startups internationales prometteuses telles que Xane.ai (Inde) et Dinabi (Espagne). Ces jeunes pousses seront mises en lumière au sein d’un pavillon national Invest India, pensé comme un tremplin vers une innovation industrielle transfrontalière. Cette dynamique sera renforcée par le Supernova Challenge, un concours de pitch emblématique doté d’un prix de 10 000 dollars, qui offrira une scène en direct aux startups manufacturières les plus innovantes du continent. L’occasion pour elles de présenter leurs solutions à des investisseurs, à des partenaires de croissance et à des acteurs industriels d’envergure. L’événement réunira plus de 100 investisseurs internationaux, représentant collectivement plus de 50 milliards de dollars d’actifs sous gestion, et provenant de plus de 20 pays. Parmi eux, des réseaux dynamiques tels qu’Alex Angels (Égypte) croiseront des institutions reconnues comme AMIC (MENA), Harvard Consulting (États-Unis) ou encore Bpifrance. Ce maillage unique favorisera l’accélération des investissements dans la fabrication avancée et les nouvelles mobilités. En partenariat avec GITEX Africa, WAM Morocco s’inscrit dans le sillage de l’un des écosystèmes technologiques les plus influents au monde. L’événement capitalise sur cette ADN partagée pour affirmer la place du Maroc comme pôle continental d’excellence en matière d’industrie 4.0 et de transformation industrielle avancée.
Maroc. La croissance économique attendue à 4,2% au premier trimestre 2026

Après une progression modérée au trimestre précédent Après 4% au quatrième trimestre 2025, la croissance économique nationale devrait enregistrer une légère accélération au début de 2026. Elle devrait s’établir à 4,2% au premier trimestre en rythme annuel, selon les prévisions du Haut-commissariat au plan (HCP). Cette progression serait, essentiellement, portée par les activités agricoles et tertiaires dont la contribution à la croissance économique globale devrait s’élever à +2,9 points, a fait savoir l’institution publique dans une synthèse du point de conjoncture du troisième trimestre 2025 et perspectives pour le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026. Le secteur de la construction poursuivrait son évolution au rythme de 3,4%, après la décélération observée à fin 2025, imputable aux interruptions ponctuelles liées aux intempéries de décembre. Plus exposée aux fluctuations de la demande extérieure, l’industrie manufacturière afficherait, à l’inverse, une croissance modérée (+3,1%), reflétant la persistance des pressions sur les marchés d’exportation, souligne le document rendu public récemment. La même source précise que « le scénario de croissance au début de 2026 repose sur un équilibre entre des risques externes plus accentués et des leviers internes de résilience ». D’après l’institution, le ralentissement industriel et le durcissement des contraintes réglementaires européennes pourraient peser plus lourdement sur les exportations et renforcer le déficit commercial, entraînant une croissance moins soutenue que prévu. En contrepartie, le Haut-commissariat soutient que «des facteurs conjoncturels favorables liés à la poursuite d’un régime climatique humide en hiver et le maintien de l’investissement en infrastructures apporteraient des gains plus importants sur la demande intérieure et sur la croissance. S’agissant toujours des perspectives de croissance de ce début d’année, l’organisme s’attend à ce que l’économie nationale évolue dans un environnement marqué par une combinaison de chocs externes et structurels. De l’avis des experts de l’institution, la modération persistante de la demande européenne, accentuée par l’augmentation des droits tarifaires américains et l’intensification de la concurrence chinoise, continuerait de peser sur les exportations nationales. Par ailleurs, « les entreprises exportatrices devraient faire face à un double choc réglementaire sur le marché européen, résultant de la transition vers le régime d’ajustement carbone aux frontières européennes et la mise en œuvre d’une nouvelle législation française limitant le recours à l’offshoring dans les activités de consommation et de prospection », selon le HCP. L’institution s’attend également à la poursuite du ralentissement de la demande extérieure, amorcé au troisième trimestre 2025 et accentué en fin d’année. Ce qui, explique-t-elle, ramènerait l’accroissement du volume des exportations nationales de biens et services à +3,9%, en variation annuelle, au lieu d’une croissance moyenne de +10,4% par trimestre au cours du dernier quinquennat. Enfin, face à ces contraintes, le scénario le plus plausible est celui d’une résilience de la croissance économique nationale reposant, principalement, sur les facteurs internes, « avec une demande intérieure en progression continue, grâce au regain des activités agricoles et à la poursuite des faibles tensions sur les prix ». Alain Bouithy
TECNO et la CAF lancent « Future Star of Africa », une initiative panafricaine dédiée aux jeunes talents du football

TECNO, Partenaire Global Officiel de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies CAF Maroc 2025, et la Confédération Africaine de Football (CAF) annoncent le lancement de « Future Star of Africa », une nouvelle initiative marquant l’évolution stratégique du programme caritatif Dream On The Field. Initialement axé sur la rénovation d’infrastructures sportives, Dream On The Field est devenu un projet structurant pour le football africain. À ce jour, huit terrains ont été rénovés et sept autres sont en cours de réalisation dans plusieurs pays du continent. TECNO ambitionne de rénover 100 terrains à travers l’Afrique, afin de créer un réseau durable de centres de pratique et de formation accessibles aux jeunes joueurs. Avec « Future Star of Africa », TECNO et la CAF renforcent leur engagement en faveur du développement durable des talents africains. L’initiative vise à identifier des jeunes joueurs et joueuses âgés de 12 à 15 ans et à leur offrir un accompagnement structuré jusqu’à l’âge de 18 ans, combinant encadrement sportif et suivi à long terme. La sélection des talents reposera sur des critères professionnels et globaux, intégrant les compétences techniques, la compréhension du jeu ainsi que des qualités personnelles telles que la résilience, la concentration et le leadership. Les processus de sélection se déroulent au niveau national, sous la supervision d’experts désignés par la CAF, garantissant transparence et équité. Ce partenariat s’inscrit dans une vision à long terme visant à renforcer l’impact social du football africain et à offrir aux jeunes talents les moyens de réaliser pleinement leur potentiel. À propos de TECNO TECNO est une marque technologique innovante, pilotée par l’intelligence artificielle, présente dans plus de 70 pays sur cinq continents. Engagée dans la transformation de l’expérience numérique dans les marchés émergents, la marque propose un écosystème complet de produits intégrant smartphones, objets connectés, ordinateurs portables, tablettes et solutions de maison intelligente.
Tomorrow Young Forum 2026 : un pari réussi pour la jeunesse africaine à Casablanca

Organisé à Casablanca, le Tomorrow Young Forum 2026 a réuni décideurs, experts et jeunes talents autour de l’innovation et de l’engagement de la jeunesse africaine dans un monde en transformation. L’édition 2026 du Tomorrow Young Forum (TYF) s’est tenue avec succès, samedi 10 janvier à Casablanca, réunissant de nombreux jeunes, entrepreneurs et décideurs africains autour des enjeux de l’innovation, de l’engagement et du leadership sur le continent. Un rendez-vous panafricain à la hauteur des attentes Organisé à l’annexe Manfalouti de l’Université Hassan II de Casablanca, le Tomorrow Young Forum 2026 s’est inscrit dans une dynamique de réflexion et d’échanges autour du thème : « Jeunesse africaine : innover, s’engager et réussir dans un monde en transformation ». Porté par Hub Africa, en partenariat avec plusieurs acteurs institutionnels et associatifs, l’événement a su fédérer un public diversifié, composé de jeunes porteurs de projets, d’étudiants, d’entrepreneurs et de responsables d’institutions publiques et privées. Des échanges riches et des formats variés Tout au long de la journée, les participants ont pris part à des ateliers thématiques, des panels de discussion, des expositions, des sessions de networking ainsi que des rencontres privilégiées avec des experts et décideurs africains. Ces échanges ont permis d’aborder des thématiques clés liées à l’entrepreneuriat, à la transformation digitale, à l’employabilité et au rôle stratégique de la jeunesse dans le développement du continent. Des intervenants de référence Le forum a été marqué par la participation de plusieurs personnalités engagées en faveur du développement africain, notamment : Zakaria Fahim (président de Hub Africa), Alaoui Ismaili Anouar (DG de Maroc PME) ainsi qu’Alioune Gueye (vice-président de Hub Africa), Ont également pris part à cette rencontre Christine Soro (fondatrice de Digiewomen School), Mouna Kadiri (directrice du Club Afrique Développement), Anass Kettani (vice-président de l’Université Hassan II de Casablanca) et Saloua Karkri Belkeziz (experte digitale et ancienne CEO Afrique). Un signal fort pour l’avenir À travers cette édition 2026, le Tomorrow Young Forum confirme sa vocation à devenir une plateforme de référence pour la jeunesse africaine, favorisant le dialogue, le partage d’expériences et la création d’opportunités concrètes dans un contexte de profondes mutations économiques et sociales.
Le Maroc disputera la demi-finale de sa CAN face au Nigeria

Les Lions de l’Atlas ont battu les Lions imdomptables du Cameroun (2-0) en quarts de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations – Maroc 2025, au Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah. Réactions Ismael Saibari (Maroc) – Homme du match TotalEnergies « Ce fut un match intense et disputé. Nous avons été solides en défense et avons réussi à marquer deux buts en attaque. Nous travaillons bien au sein du groupe marocain. Nous nous connaissons bien et nous nous battons pour remporter le titre. Nous sommes désormais qualifiés pour les demi-finales et nous voulons atteindre la finale. Nos supporters nous ont beaucoup encouragés, ils ne pensaient pas que nous allions perdre. Nous allons nous reposer et voir qui nous affronterons en demi-finale, puis nous commencerons à nous préparer pour ce match et corrigerons les erreurs que nous avons commises précédemment. » David Pagou – Entraîneur du Cameroun « Je suis fier de mes joueurs. Nous avons fait jeu égal avec le Maroc et nous sommes sortis de la compétition la tête haute. Malheureusement, le Maroc a mis fin à notre parcours dans le tournoi, mais ce n’est pas la fin de notre équipe. Nous avons rencontré des difficultés dans ce match, nous sommes bien revenus en deuxième mi-temps, mais le deuxième but que nous avons encaissé a scellé le sort de la rencontre. Je suis satisfait de la prestation de l’équipe. Nous avons un nouveau groupe et il faut reconnaître le mérite des joueurs et ce qu’ils ont fait pour le peuple camerounais. L’avenir s’annonce prometteur pour nos jeunes joueurs, dont certains découvrent le tournoi continental pour la première fois. J’ai tiré beaucoup d’enseignements et nous en retirons beaucoup de choses positives ». Walid Regragui – Sélectionneur du Maroc « Je remercie les joueurs ainsi que les supporters, car j’ai vraiment eu l’impression que nous jouions à 12 sur le terrain. Nous nous sommes qualifiés pour les demi-finales et les joueurs méritent cette réussite. Nous resterons humbles et réalistes et nous nous concentrerons sur le prochain match. Je salue l’équipe du Cameroun qui a livré un grand match et qui a un bon entraîneur. Nos joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes et quand ils sont concentrés, tout se passe bien. Je suis heureux de leur performance. Brahim Diaz est un joueur exceptionnel et je le félicite pour ses performances sur le terrain. Je répète sans cesse que nous devons rester humbles, tout le monde attend de nous que nous gagnions, nous devons respecter tous les adversaires que nous affrontons. Depuis 2004, nous ne nous sommes pas qualifiés pour les demi-finales et nous voulons entrer dans l’histoire. Avec CAF
CAN 2025: le Marocain Brahim Díaz s’impose comme un sérieux prétendant au Soulier d’Or

Alors que la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations 2025 entre dans sa phase décisive, l’attanquant marocain Brahim Díaz consolide sa position dans la course au Soulier d’Or de la compétition continentale, creusant l’écart après avoir marqué à nouveau vendredi soir. Meilleurs buteurs de la CAN 2025 (quarts de finale) 5 buts 3 buts 2 buts Plus 61 joueurs avec un but chacun à la CAN 2025. Avec CAF
Festival de la Hadra féminine et de la musique de transe : « Mysticité et Plasticité » de Loubaba Laalej mise à l’honneur à Bayt Dakira

La dixième édition du Festival de la Ḥaḍra féminine et de la musique de transe, orchestrée par l’Association des Ḥaḍdarates Souiriyates, a marqué les esprits par sa richesse artistique, son organisation impeccable et l’enthousiasme massif du public. Cette manifestation culturelle s’affirme désormais comme un rendez-vous incontournable du patrimoine spirituel marocain, témoignant de la maturité atteinte par les troupes participantes. En complément de la programmation artistique, cette édition s’est distinguée par une table ronde organisée à Bayt Dakira (Maison de la Mémoire), renforçant son approche réflexive. Axée sur l’exploration des dimensions spirituelles, culturelles et esthétiques de la présence féminine dans les pratiques soufies, cette rencontre a été animée par des interventions marquantes. Parmi elles, on retient La femme dans l’expérience soufie présentée par Noureddine Danyaji, ainsi que La ḥaḍra féminine dans la culture hassanie : la danse de la Guedra comme modèle assurée par Brahim El Haissen, avec une introduction du critique et artiste Chafik Ezzouguari. L’un des moments forts du festival a été la présentation et la signature du livre *Mysticité et Plasticité*, fruit du travail poétique et artistique de Loubaba Laalej. Cette séance, enrichie par une lecture en arabe réalisée par le traducteur et critique Abdellah Cheikh, a offert une expérience particulièrement intense sur le plan symbolique. Les participants, provenant de différentes régions du Maroc et au-delà, incluaient mélomanes, chercheurs et passionnés de culture soufie. Selon Loubaba Laalej, dont les passages du recueil ont été évoqués durant la rencontre, la poésie naît d’un mouvement intérieur profond, proche d’une expérience spirituelle. Le langage devient alors plus qu’un moyen d’expression : il devient un espace de révélation. Pour elle, écrire revient à effectuer une traversée où le poème n’explique pas le mystère mais l’effleure à travers des souffles, des images et des silences. Cette approche a été longuement analysée par les préfaciers Noureddine Danyaji et Mohamed Alout, qui voient en *Mysticité et Plasticité* une œuvre à la frontière entre poésie et méditation. Ils soulignent que Loubaba Laalej ne propose pas une poésie illustrant le mysticisme, mais une écriture qui s’ancre dans l’expérience même. Sa poétique réside dans cette capacité à faire du poème un espace d’écoute intérieure, où les émotions s’expriment avec retenue et profondeur dans une économie savamment dosée des mots. Une œuvre à la croisée de l’esthétique et du spirituel Les textes introductifs des préfaciers insistent sur la réflexion implicite menée dans ce recueil autour de la condition humaine, de la perception du temps et de la quête de l’absolu. Selon Mohamed Alout, cet ouvrage constitue un jalon unique en tant que première thèse esthétique autour de la relation entre mysticité et plasticité. Il le considère comme une référence majeure dans les recherches liées à l’imaginaire créatif. De son côté, Noureddine Danyaji souligne dans sa préface que nous sommes face à une représentation spirituelle qui dépasse la simple énonciation, la révélation mystique ou les indications spirituelles. Cette démarche transcende ces dimensions en explorant une rare représentation philosophique au sein du domaine artistique de la plasticité. Un autre moment fort de cet événement a sans doute été la lecture poétique assurée par Loubaba Laalej elle-même. En sélectionnant plusieurs extraits de son recueil écrit en français (Le pur et le simple, Un appel intérieur profond, Dans l’union divine, L’amour de l’aimé, Émerveillement illuminé, Deux vécus différents dans une même conscience, Plasticité et la mysticité convergentes, Mysticité plasticité tel un couple qui se rejoint, Femmes derviches, Rabéa el Adawia, Lalla Fatima-Zahraa, Reine des Kotbs…), elle a offert une performance d’une profondeur remarquable. Sa voix émouvante, mêlant rythme harmonieux, intonations précises et silences éloquents, conférait au texte une dimension intimiste et transcendante. L’audience, profondément touchée par cette lecture, a salué la finesse de son interprétation et la manière dont elle parvenait à prolonger l’émotion du texte au-delà des simples mots. Lors de cette conférence, Loubaba Laalej a mis en lumière le lien subtil entre poésie et mysticisme. Elle a développé cette relation en soulignant que le mysticisme atteint son apogée dans la poésie par l’usage des métaphores et des symboles porteurs d’une intense spiritualité. Elle évoque la notion d’amour divin dans la poésie mystique comme une voie permettant d’atteindre un état de transcendance et de fusion avec l’univers. Exprimant sa vision artistique et spirituelle à travers ses écrits, elle conclut que mysticité et plasticité transcendent l’espace et le temps pour atteindre une satisfaction absolue. Pour l’auteure, ces deux dimensions sont unies par un souffle extatique commun, illuminant par une grâce semblable à la splendeur du soleil. Leur énergie créatrice génère une renaissance empreinte de lumière et de connaissance. Elle parle d’une alchimie poétique entre ces deux réalités interconnectées : la mysticité et la plasticité se rejoignent dans un éclat partagé. Le processus créatif se nourrit de silence, de solitude, de contemplation et d’un rapport particulier au temps. Cette intensité émotionnelle devient alors un moteur de transformation profonde : elle purifie, transcende les failles du passé et inonde l’instant présent d’extase. Bio express Native de Fès, Loubaba Laalej est une artiste peintre et écrivaine prolifique. Membre de la Ligue des écrivaines du Maroc et du Bureau permanent de la Ligue des Écrivaines d’Afrique, elle a obtenu en 2019 un doctorat honorifique délivré par le Forum International des Beaux-arts (Fine Arts Forum International), en reconnaissance de son parcours artistique et intellectuel. Son œuvre, à la croisée de la poésie et des arts plastiques, comprend de nombreuses publications consacrées à l’expérience créative et à la relation entre art, spiritualité et imaginaire. Plusieurs ouvrages sont actuellement en cours de publication. «Émergence fantastique», «Mes univers», «Matière aux sons multiples», «Abstraction et suggestion», «Dames du monde : entre l’ombre et la lumière». Parmi ses recueils de poésies (écrits et oeuvres) :«Fragments», «Pensées vagabondes», «Mysticité et plasticité», «Melhoun et peinture», «Poésie et peinture», «Icônes de la plasticité au féminin», «Chuchotement du silence», «Musique et plasticité» (Tome I et Tome II), «Vivre avec soi», «Vivre ensemble», «Danse et plasticité» (Tome I et Tome II), «L’Amour et l’Art», «La Mort et l’Art», «La Beauté et l’art», «La Route de lumière »,