MAROC. Le déficit budgétaire s’accentue à 15,5 MMDH

Malgré la progression des recettes ordinaires Le déficit budgétaire s’est établi à 15,5 milliards de dirhams (MMDH) à fin avril 2026, selon les chiffres communiqués récemment par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR). Fin avril 2025, il était de l’ordre de 11,8 MMDH. Rappelons que la situation des charges et ressources du Trésor avait dégagé un excédent budgétaire de 6,5 MMDH à fin mars 2026 contre 5,9 MMDH un an auparavant. La progression des recettes fiscales n’a pas suffi à compenser l’accélération des dépenses publiques La récente évolution traduit ainsi une dégradation du solde global résultant principalement de la contraction des recettes ordinaires qui ont connu une progression de 7% (avec un taux de réalisation de 36,7% contre 39,2% un an auparavant) combinée avec une progression de 14,8% de dépenses globales. Précisons que ce déficit tient compte « d’un solde positif de 27,9 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA), contre un déficit du Trésor de 11,8 MMDH à fin avril 2025 compte tenu d’un solde positif de 16,2 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA », comme l’a souligné la Trésorerie générale dans son Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP – Avril 2026). A titre de comparaison, en mars 2026, il avait tenu compte d’un solde positif de 21,2 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor et les services de l’Etat gérés de manière autonome, contre un excédent du Trésor de 5,9 MMDH à fin mars 2025 compte tenu d’un solde positif de 23,2 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA. Dans le détail, les recettes ordinaires ont augmenté de 7% (+10,2 MMDH) pour s’établir à 154,3 MMDH contre 144,1 MMDH à fin avril 2025, en raison de la hausse « des impôts directs de 9,8%, des droits de douane de 6,5%, des impôts indirects de 11,3% et des droits d’enregistrement et de timbre de 11,5%, conjuguée à la baisse des recettes non fiscales de 20,6% », a expliqué la TGR. Selon l’institution publique, au cours de cette période, les recettes fiscales se sont élevées à 142 MMDH contre 128,7 MMDH à fin avril 2025, en augmentation de 10,3% (+13,3 MMDH), suite à la hausse des recettes de la fiscalité douanière de 11% et de la fiscalité domestique de 10,1%.Pour leur part, les recettes non fiscales ont atteint 12,24 MMDH contre 15,41 MMDH un an auparavant. Elles accusent ainsi une baisse de 20,6% équivalant à -3,16 MMDH. Dans son récent Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques, la TGR explique cette baisse notamment par « la diminution des versements des comptes spéciaux du Trésor au budget général (5,03 MMDH contre 7,84 MMDH) et des recettes en atténuation des dépenses de la dette (131 MDH contre 1,35 MMDH), conjuguée à la hausse des recettes de monopoles (5,28 MMDH contre 4,90 MMDH) et des fonds de concours (257 MDH contre 245 MDH) ». Quant aux recettes ordinaires nettes, elles ont enregistré une hausse de 7% par rapport à leur niveau à fin avril 2025, a fait savoir la Trésorerie générale, précisant que les dix principales natures de recettes nettes ont représenté 94,6% du total des recettes ordinaires. En ce qui concerne les dépenses émises au titre du budget général, les chiffres montrent qu’elles se sont chiffrées à 219,4 MMDH à fin avril 2026, traduisant une hausse de 12,2% par rapport à leur niveau à fin avril 2025. Cette progression est justifiée par « l’augmentation de 14,4% des dépenses de fonctionnement, de 19,6% des dépenses d’investissement, conjuguée à la baisse de 1,9% des charges de la dette budgétisée », a expliqué la TGR. Elle ajoute, par ailleurs, que les engagements de dépenses, y compris celles non soumises au visa préalable d’engagement, se sont élevés à 369,9 MMDH. Pour ce qui est des recettes des CST, elles ont atteint 92,4 MMDH, selon le bulletin de statistiques qui précise que ce montant englobe les versements effectués à partir du chapitre des charges communes -Investissement – pour 20,6 MMDH contre 16,5 MMDH à fin avril 2025. La même source ajoute que les dépenses émises ont été de 65,5 MMDH et que celles-ci intègrent la part des CST au titre des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux pour 3,1 MMDH. Ainsi, le solde de l’ensemble des comptes spéciaux du Trésor a atteint 26,9 MMDH. Par ailleurs, l’analyse des données recueillies montre que les recettes des SEGMA ont progressé de 2,6% à fin avril 2026 pour s’établir à 1,12 MMDH contre 1,09 MMDH à fin avril 2025. Au cours de la même période, les dépenses ont accusé une baisse de 24,8%, atteignant 176 MDH contre 234 MDH à fin avril 2025.Enfin, dans le registre des prévisions, il apparaît que les recettes ordinaires ont été réalisées à hauteur de 36,7% des prévisions de la loi de Finances, les dépenses ordinaires ont été exécutées pour 39% et les dépenses d’investissement ont été émises pour 33%. Alain Bouithy
D.A.T.A 2026 : les étudiants de l’INPT lancent un rendez-vous dédié à la data et à l’IA à Rabat

Deux jours de débats, workshops et hackathon autour de l’intelligence artificielle La première édition de D.A.T.A – Data & AI Talents Assembly se tiendra les 14 et 15 mai 2026 à Rabat au Maroc, à l’initiative des étudiants de la filière Data Science de l’Institut national des postes et télécommunications (INPT) qui annoncent la participation de près d’une vingtaine de grandes écoles. Consacré aux enjeux de la donnée et de l’intelligence artificielle au Maroc, cet événement inédit « vise à devenir le rendez-vous annuel fédérateur de l’écosystème numérique marocain », soulignent les organisateurs qui souhaitent créer, à travers cette rencontre, un espace d’échange réunissant décideurs, entrepreneurs, chercheurs, experts et jeunes talents autour des grandes transformations technologiques en cours. Une initiative portée par les étudiants pour contribuer à la compétitivité du Maroc dans la révolution des données et de l’intelligence artificielle Placée sous le thème « Innover ou dépendre : Startups, souveraineté numérique & compétitivité économique à l’horizon 2030 », un choix qui s’inscrit pleinement dans les priorités actuelles de l’écosystème technologique et économique marocain, soulignent-ils. Plus de 200 participants issus des milieux académique, professionnel et entrepreneurial sont attendus à cette édition, qui mettra en lumière les défis liés à la souveraineté technologique, à l’innovation et à la compétitivité économique dans un contexte mondial marqué par l’accélération de la transformation numérique. Seront notamment du rendez-vous : des étudiants, professionnels, experts et acteurs du numérique. S’articulant autour de deux journées dédiées à la réflexion, à la pratique et à l’innovation autour de la data et de l’intelligence artificielle, le programme comprendra des conférences, des panels d’experts, des workshops pratiques ainsi qu’un hackathon. La première journée sera marquée par des panels et workshops animés par des professionnels du secteur numérique. Un panel plénier réunira, en martinée, des experts issus d’entreprises de premier plan du secteur numérique pour débattre des enjeux de l’écosystème data, IA et startups au Maroc, avant un atelier pratique prévue dans l’après-midi et consacré à l’IA agentique, permettant aux participants de découvrir et d’expérimenter des outils d’IA appliqués à des cas concrets. La deuxième journée sera entièrement consacrée à un hackathon autour d’une problématique réelle liée à la data et à l’IA dans le contexte économique marocain. Les équipes participantes devront concevoir et développer des solutions innovantes avant de présenter leurs projets devant un jury lors d’un pitch final. Les trois meilleures équipes seront récompensées à l’issue de la cérémonie de clôture. Patricia Engali A PROPOS DE L’INPT ET DE LA FILIÈRE DATA SCIENCE. L’Institut National des Postes et Télécommunications (INPT) est un établissement d’enseignement supérieur d’excellence, rattaché à l’ANRT. Fort de ses valeurs d’innovation, d’entrepreneuriat et d’ouverture, l’école forme les leaders de demain et contribue activement au développement de l’écosystème numérique marocain et africain. C’est dans cette dynamique de formation et d’innovation que s’inscrit la filière Data Engineer de l’INPT qui forme des ingénieurs spécialisés dans la gestion, l’analyse et l’exploitation des données à grande échelle. Elle combine l’ingénierie des données (architecture, stockage, pipelines, gouvernance) et l’intelligence artificielle (modélisation statistique, machine learning, aide à la décision). Les ingénieurs formés interviennent sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la donnée, avec une double maîtrise technique et managériale qui les distingue sur le marché du travail
Morocco Tomato Conference : Le Maroc veut consolider sa place parmi les leaders mondiaux de la tomate fraîche

Agadir accueille la 6è édition de la MTC le 21 mai La sixième édition de la Morocco Tomato Conference (MTC) se tiendra le 21 mai 2026 à la salle des congrès Les Dunes d’Or, à Agadir, autour du thème « Façonner un avenir durable pour le commerce de la tomate ». Placée sous l’égide de la FIFEL – Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes et de la Chambre d’agriculture de la région du Souss-Massa, et organisée par Green Smile, cette édition réunira producteurs, exportateurs, experts, fournisseurs de solutions, chercheurs et décideurs autour d’un enjeu central : comment renforcer la compétitivité de la filière tomate marocaine dans un environnement de plus en plus exigeant. La centralité de la question est stratégique et structurante pour une filière fortement tournée vers l’export. Le Maroc figure parmi les cinq principaux exportateurs mondiaux de tomates fraîches, tandis que la région du Souss-Massa, cœur de la production sous serre, constitue la principale zone exportatrice du pays. Dans ce contexte, la conférence intervient à un moment où la filière ne doit plus seulement produire mieux, mais aussi consolider ses débouchés, préserver sa performance et s’adapter à des contraintes de plus en plus imbriquées. L’édition 2026 marque ainsi un changement d’échelle. Dans le prolongement des précédentes éditions, qui avaient largement mis l’accent sur l’innovation technique, la performance sous serre et les outils de production, cette nouvelle édition met davantage au premier plan les dynamiques structurelles qui redessinent aujourd’hui l’avenir du secteur, en phase avec les enjeux actuels de la filière : pression du marché, positionnement du Maroc vis-à-vis de l’Union européenne, risques phytosanitaires émergents, contraintes de main-d’œuvre, benchmark international et impératif de résilience. La Morocco Tomato Conference 2026 fera dialoguer toute la chaîne de valeur, du marché à l’exploitation, de la recherche à la station de conditionnement, pour répondre à des défis désormais indissociables et les transformer en pistes d’action, en références comparatives et en leviers concrets pour la filière. La première séquence du programme sera consacrée aux tendances du marché et au positionnement commercial du Maroc. Elle réunira des profils issus de l’intelligence économique, de la représentation sectorielle européenne et du conseil en relations commerciales, comme Ali Rougui de Morocco Foodex, Wilco van den Berg de GroentenFruit Huis, et John Alistair Clarke, Special Trade Adviser, afin d’éclairer les arbitrages qui attendent la filière entre consolidation des débouchés, adaptation aux nouvelles attentes des marchés et repositionnement stratégique à l’export. La deuxième session portera sur les défis majeurs auxquels font face les producteurs marocains, à commencer par la pression virale et les menaces phytosanitaires. Rachid Tahzima, chercheur à la Vrije Universiteit Brussel, et Hervé Vanderschuren, de KU Leuven, reviendront sur l’état des connaissances et les avancées de la recherche sur les virus de la tomate. Le projet VIRTIGATION apportera quant à lui un éclairage concret sur les réponses euro-méditerranéennes développées pour une gestion durable du ToBRFV, du TYLCV et du ToLCNDV. Une table ronde réunira ensuite scientifiques, semenciers, producteurs et régulateurs autour des voies concrètes de lutte contre le ToBRFV. L’après-midi ouvrira la conférence à une perspective comparative avec le modèle mexicain de production sous serre, présenté par Jorge Flores Velazquez du Colegio de Postgraduados. Plus qu’un simple regard international, cette séquence a été pensée comme un benchmark utile pour le Maroc : organisation de la production, articulation entre pépinière et marché, compétitivité export et résilience des systèmes. Elle sera prolongée par une table ronde réunissant des profils issus de la production, du conseil et de l’expertise technique, afin d’identifier les enseignements concrets transposables à la filière marocaine. Le programme mettra également en avant des réponses très opérationnelles à impact direct pour les exploitations, qu’il s’agisse de la mise en œuvre d’une hygiène globale, de la semence à la station de conditionnement, présentée par Michael Bledsoe de l’Université de Floride ou de la gestion des cultures de tomate en conditions pluvieuses dans la région d’Agadir, abordée par Paolo Battistel de Ceres. Ces interventions apporteront une dimension de retour d’expérience et de solutions appliquées, au plus près des réalités du terrain. Autre signal fort de cette édition : la question de la main-d’œuvre agricole sera, elle aussi, abordée sous l’angle des solutions. La dernière table ronde de la journée réunira Otman El Qacemi de Driscoll’s, Kamal Macha-Allah de Maisadour sous la modération de Driss Soufiani, avec l’objectif de croiser des enseignements intersectoriels utiles à la production de tomate. Plus qu’un état des lieux, la Morocco Tomato Conference 2026 a été pensée comme un espace de confrontation utile entre défis, modèles de réponse et solutions concrètes pour la filière. À travers ses contenus, ses panels et les échanges qu’elle suscite, la MTC 2026 entend aussi favoriser des échanges ciblés et des opportunités concrètes de mise en relation entre producteurs, exportateurs, experts, fournisseurs de solutions et partenaires de la filière. Dans la continuité d’une dynamique consolidée en 2025, qui a rassemblé plus de 600 participants, 25 pays, 10 experts et 72 partenaires, elle entend offrir bien plus qu’un espace d’échanges techniques : une plateforme de dialogue sectoriel sur les conditions de la compétitivité future, de l’accès au marché à l’innovation appliquée, de la résilience des systèmes de production aux opportunités concrètes de développement pour l’écosystème.
Maroc. Le déficit commercial s’alourdit

Le commerce extérieur sous pression à fin mars 2026 Selon les données du commerce extérieur établies sur la base des déclarations douanières, le déficit commercial s’est aggravé de 23,9% à fin mars 2026 pour atteindre 87,37 milliards de dirhams (MMDH) contre 70,54 MMDH un an auparavant, a indiqué l’Office des changes. Dans son récent bulletin sur les indicateurs mensuels des échanges extérieurs, l’institution publique explique ce déficit par une hausse des importations de biens de +11,1% (+20,71 MMDH), plus marquée que celle des exportations, qui ont progressé de +3,3% (+3,88 MMDH). Une progression modérée des exportations face à une forte hausse des achats à l’étranger Dans le détail, les importations se sont chiffrées à 208,11 MMDH à fin mars 2026 au lieu de 187,40 MMDH une année auparavant, tirées notamment par la hausse de plusieurs produits. D’après l’Office, les importations de produits finis d’équipement ont bondi de +24,7%, soit +10,24 MMDH, principalement suite à l’augmentation des achats d’avions et autres véhicules aériens ou spatiaux (+2,31 MMDH), des voitures utilitaires (+1,69 MMDH) et des parties d’avions et d’autres véhicules aériens (+1,17 MMDH). L’accroissement des importations de produits finis de consommation de +14,6% (+6,59 MMDH) est justifié par la hausse des achats de parties et pièces pour voitures de tourisme (+38,1%, soit +2,90 MMDH), des voitures de tourisme (+40,9%, soit +2.706MDH) et des médicaments et autres produits pharmaceutiques (+16,2%, soit +485MDH). La hausse des importations de produits bruts (+42,2%, soit +3,87 MMDH) est attribuée à l’augmentation de celles des soufres bruts et non raffinés (+4,32 MMDH), de la ferraille, des déchets et autres minerais (+348MDH), a fait savoir l’institution soulignant en revanche une baisse des importations d’huile d’olive brute ou raffinée de 277MDH. S’agissant de l’évolution des demi-produits (+2,1%, soit +809MDH), les données montrent que cet accroissement fait suite à la hausse des achats des fils, barres et profilés en cuivre (+1,01 MMDH) et des engrais naturels et chimiques (+626MDH). En revanche, les importations des achats de demi-produits en fer ou en aciers non alliés ont baissé de 737MDH au cours de la même période. En hausse de +1,1% (+312MDH), l’évolution de la facture énergétique a été soutenue par la hausse des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils de +14,7% (+1,96 MMDH), a indiqué l’Office précisant que la hausse de la facture énergétique s’établit à +40% (+3,61 MMDH) en glissement mensuel. Enfin, les produits alimentaires ont accusé un recul de 6% (-1,42 MMDH), suite, essentiellement, à la baisse des importations de sucre brut ou raffiné (-1,00 MMDH) et des animaux vivants (-982MDH). A l’inverse, les approvisionnements en blé ont augmenté de +748MDH. A noter que les exportations ont dans l’ensemble atteint 120,74 MMDH à fin mars 2026 au lieu de 116,86 MMDH une année auparavant (+3,3%, soit +3,88 MMDH). Durant cette période, les ventes du secteur automobile à l’étranger se sont accrues de +12,1% pour s’élever à +4,51 MMDH, suite « principalement à la hausse des ventes du segment de la construction (+3,23 MMDH) et du segment du câblage (+1,57 MMDH), atténuée par la baisse des exportations du segment powertrain (-550MDH) », a expliqué l’Office. La hausse enregistrée dans l’aéronautique de +12,6% correspondant à +886MDH, fait suite à l’accroissement des ventes du segment de l’assemblage de +846MDH et des exportations du segment EWIS de +39MDH, a-t-il fait savoir. A l’inverse, les exportations du secteur de l’électronique et de l’électricité ont reculé de 4,7% (-199MDH), pénalisées essentiellement par la baisse des exportations des appareils électriques pour la téléphonie ou la télégraphie par fil (-123MDH) et des composants électroniques (-112MDH). Même tendance du côté de l’agriculture et de l’agro-alimentaire où les exportations ont affiché une baisse de 2,3% (-621MDH), notamment suite à celle des exportations de l’agriculture, sylviculture et chasse (-1,03 MMDH) et de la pêche et de l’aquaculture (-45MDH). Idem pour le secteur des phosphates et dérivés en baisse de 7,4% (-1,51 MMDH), suite au recul des ventes des engrais naturels et chimiques (-1.661MDH) et des phosphates (-75MDH). Les exportations de l’acide phosphorique, quant à elles ont augmenté de +224MDH. Quant à la baisse des exportations du textile et cuir de 14,1% (-1,604MDH) elle est consécutive à celle des exportations des vêtements confectionnés (-1,16 MMDH), des articles de bonneterie (-315MDH) et des exportations des chaussures (-54MDH). Alain Bouithy
Maroc. A 29,2%, le chômage des jeunes reste à un niveau préoccupant

La nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre confirme une réalité persistante Le taux de chômage strict s’est établi à 10,8% au premier trimestre 2026, a annoncé le Haut-commissariat au plan (HCP), précisant qu’il s’est situé à 13,5% en milieu urbain et 6,1% en milieu rural. Dans sa récente note d’information relative à la situation du marché du travail au Maroc au premier trimestre, l’institution publique a affirmé que « ce taux culmine à 16,1% pour les femmes contre 9,4% pour les hommes ». Cette note s’appuie sur les résultats de la nouvelle « Enquête sur la main-d’œuvre » (EMO2026), qui constitue la première enquête d’une nouvelle génération d’enquêtes sur le marché du travail au Maroc, a indiqué le HCP mettant en exergue qu’elle est «conçue conformément aux récentes normes internationales adoptées lors des 19e, 20e et 21e Conférences internationales des statisticiens du travail (CIST) de l’Organisation internationale du travail (OIT) ». Persistance des déséquilibres du marché du travail Basées sur ces résultats, les données recueillies montrent que « les jeunes de 15 à 24 ans restent la catégorie la plus exposée avec un taux de 29,2%, suivis par les personnes âgées de 25 à 34 ans (16,1%) », a en outre fait remarquer le HCP. Les mêmes chiffres suggèrent que le volume du chômage en sens strict a atteint 1.253.000 personnes, dont 79,6% résident en milieu urbain et 31,3% sont des femmes. « Parmi les personnes en emploi contre revenu, 671.000 sont en situation de sous-emploi lié à la durée de travail, dont 52,9% résident en milieu urbain », a souligné l’institution, expliquant que la main-d’œuvre potentielle s’est de son côté établie à 884.000 personnes, soit 5,5% de la population hors main-d’œuvre. A noter que le taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée de travail (qui mesure la main-d’œuvre subissant une insuffisance de temps de travail totale ou partielle) s’est élevé à 16,6% au terme des trois premiers mois de l’année, selon le Haut-commissariat qui ajoute que ce taux est de 18,3% en milieu urbain et 13,6% en milieu rural. Il culmine à 19,8% pour les femmes contre 15,7% pour les hommes. En ce qui concerne le taux combiné du chômage strict et de la main-d’œuvre potentielle (qui mesure la pression actuelle et potentielle sur le marché du travail), il s’est établi à 17,1% au premier trimestre 2026, a fait savoir l’institution rappelant qu’il est de 20,4% en milieu urbain et 11,2% en milieu rural. Dans sa note, l’organisme a fait état d’un écart très marqué entre les hommes et les femmes relevant que ce taux culmine à 27,9% pour les femmes contre 13,9% pour les hommes. Quant au taux composite de la sous-utilisation de la main-d’œuvre (qui reflète le besoin global non satisfait de travail en associant le chômage strict, le sous-emploi lié à durée et la main-d’œuvre potentielle), il s’est établi à 22,5% au niveau national, 24,8% en milieu urbain et 18,3% en milieu rural, a par ailleurs déclaré le HCP. Selon l’institution, « les taux les plus élevés concernent les jeunes âgés de 15 à 24 ans (45,3%) et les femmes (31,1%), mettant l’accent sur une coexistence des différentes composantes du besoin non satisfait de travail pour ces deux catégories ». Alain Bouithy SITUATION RÉGIONALE DU MARCHE DU TRAVAIL : Six régions affichent des taux de participation à la main-d’œuvre supérieurs à la moyenne nationale (41,8%). Il s’agit des régions de Dakhla-Oued Ed-Dahab avec 63,9%, de Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 46,4%, de Casablanca-Settat avec 45,6%, de Laâyoune-Sakia El Hamra avec 43,1%, de Rabat-Salé-Kénitra avec 42,6%, et de Marrakech-Safi avec 42,2%. En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Drâa-Tafilalet (31,1%), de l’Oriental (37%) et de Guelmim-Oued Noun (37,2%). S’agissant du chômage strict, les taux de chômage les plus élevés sont observés dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra (20,3%), de l’Oriental (14,9%), de Guelmim-Oued Noun (14,8%), et de Fès-Meknès (14,2%). Avec moins d’acuité, deux régions dépassent la moyenne nationale (10,8%) à savoir Rabat-Salé-Kénitra (10,9%) et Casablanca-Settat (12,7%). Cependant, les régions de Dakhla-Oued Ed-Dahab, de Marrakech-Safi et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima enregistrent les taux les plus bas, respectivement 5,7%, 7,0% et 7,3% (HCP).
L’IA et les infrastructures numériques accompagnent la transition de l’Afrique vers des systèmes de santé plus résilients, plus préventifs et mieux connectés

GITEX FUTURE HEALTH AFRICA Morocco, dont la première édition se tient du 4 au 6 mai, mettra en lumière l’innovation pharmaceutique, le diagnostic de précision et les technologies dédiées au parcours patient Le système de santé marocain connaît aujourd’hui une transformation profonde. Il s’éloigne progressivement d’un modèle principalement réactif, centré sur la prise en charge des épisodes aigus, pour évoluer vers des dispositifs de santé davantage portés par le numérique, la prévention, le dépistage précoce et le suivi des maladies dans la durée. Cette dynamique sera au cœur de GITEX FUTURE HEALTH AFRICA Morocco, dont la première édition se tient du 4 au 6 mai à la Foire Internationale de Casablanca. Organisé sur trois jours, l’événement se tient sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, sous l’égide du ministère de la Santé et de la Protection sociale du Royaume du Maroc, en partenariat stratégique avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS), et sous l’organisation de KAOUN International, organisateur des événements GITEX à l’échelle mondiale. Cette première édition met en avant les opportunités d’investissement dans les startups africaines de la health-tech et contribuera à faire émerger des partenariats transfrontaliers capables de répondre aux défis spécifiques du continent. Elle réunit des acteurs publics et privés mondiaux du secteur de la santé, issus de plus de 27 pays, ainsi que 200 marques exposantes, parmi lesquelles AstraZeneca du Royaume-Uni, Pfizer des États-Unis, Sanofi et Numih de France, MedLabs de Jordanie, SEDCO des Émirats arabes unis et Elekta de Suède. La dynamique d’investissement et d’accélération des startups sera portée par des jeunes entreprises primées, à l’image de LifeBank, au Nigeria, qui fournit du sang et de l’oxygène dans les zones rurales d’Afrique. Des entrepreneurs issus de Pradaan Innovation Labs, pionnier des nanotechnologies, ainsi que Baby FM, fabricant de dispositifs connectés dédiés à la santé maternelle, ambitionnent également d’étendre leurs activités sur le continent africain à partir du Maroc. Ces startups et entrepreneurs seront mis en relation avec des investisseurs internationaux représentant plus de 10 milliards de dollars d’actifs sous gestion, ainsi qu’avec des accélérateurs et institutions internationales encore jamais présents au Maroc. Parmi eux figurent Amethis, Boehringer Ingelheim, Gobi Partners, Southeast Asia Exponential Ventures (SeaX), UM6P Ventures et Villgro Africa. Plusieurs ONG prendront également part à l’événement, notamment ABCHealth, Africa Healthcare Federation et Healthtech Hub. Les innovateurs qui donnent corps à la transformation de la santé Les organisations internationales présentes lors de l’événement donneront à voir l’ampleur de la transformation en cours, depuis l’innovation pharmaceutique jusqu’au diagnostic de précision, en passant par les technologies dédiées au parcours patient. À titre d’exemple, AstraZeneca présentera des déploiements numériques déjà appliqués sur le terrain, illustrant la manière dont l’intelligence clinique, la donnée et la technologie peuvent être intégrées pour favoriser un diagnostic plus précoce et une gestion plus intelligente des maladies. Cette approche permet aux professionnels de santé d’identifier les risques plus en amont et d’orienter les patients avec davantage d’efficacité, depuis le dépistage jusqu’au traitement. Rami Scandar, Cluster President, AstraZeneca Near East and Maghreb, a déclaré : « GITEX Future Health Africa représente une formidable opportunité pour AstraZeneca d’échanger avec l’écosystème marocain de la santé et de l’innovation. En réunissant des leaders technologiques et des partenaires du secteur de la santé, cette plateforme crée un espace privilégié pour explorer la manière dont la donnée, la science et l’IA peuvent soutenir des systèmes de santé résilients et durables, tout en favorisant un accès équitable des patients aux médicaments innovants. » Il a également souligné qu’AstraZeneca travaille avec Qure.ai au déploiement d’une solution de tri par imagerie thoracique alimentée par l’IA, afin d’aider les équipes de radiologie à signaler plus rapidement les lésions pulmonaires suspectes et à réduire ainsi le délai critique entre la première image et l’examen par un spécialiste. Pour les patients atteints, ou à risque, de maladie rénale chronique, un parcours baptisé « Healthy Route » associe une évaluation simple du risque en soins primaires, des rappels numériques pour réaliser des tests de fonction rénale et des orientations structurées vers la néphrologie, avec pour objectif de ralentir la progression de la maladie grâce à une intervention plus précoce. Ces initiatives ne sont pas de simples programmes pilotes, a insisté Rami Scandar. « Elles reflètent l’élargissement de notre réseau de collaborations formelles, notamment à travers un protocole d’accord portant sur un centre d’excellence dédié aux maladies rares avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, ainsi qu’un partenariat avec la Fondation Lalla Salma dans le domaine de l’oncologie. Ces collaborations montrent comment l’innovation peut être intégrée aux priorités de santé publique du Maroc afin de générer un impact mesurable pour les patients. » MedLabs, groupe de référence dans le diagnostic, participera également à l’événement, marquant ainsi sa première présence en tant qu’exposant sur le continent africain. L’entreprise mettra en avant son modèle de solutions de santé intégrées, notamment le séquençage clinique du génome entier, porté par plusieurs plateformes de séquençage de nouvelle génération (NGS). Il s’agit du premier et unique service commercial de ce type disponible en Jordanie, désormais proposé aux marchés africains. « L’accès à des diagnostics de haute qualité est une condition essentielle à l’efficacité des soins de santé. Notre participation à GITEX Future Health Africa constitue une étape importante dans l’exploration de nouvelles opportunités pour contribuer au développement des systèmes de santé à travers le continent », a souligné le Dr George Sahyoun, COO de MedLabs. De son côté, SEDCO, fournisseur de solutions intelligentes pour la santé, présentera sa plateforme « Phygital Patient Journey », conçue pour répondre à l’un des défis les plus persistants du secteur : l’expérience fragmentée et discontinue que vivent les patients, depuis le premier contact avec le système de santé jusqu’au traitement. Son système unifié permet de gérer l’ensemble du parcours patient au sein d’un environnement intelligent unique. « L’avenir de la santé repose sur la création d’expériences fluides, intelligentes et centrées sur le patient. Notre participation à GITEX Future Health Africa reflète
Maroc. L’appel implicite de la Banque mondiale à des réformes profondes

Des fragilités structurelles qui freinent le potentiel économique Entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a progressé près de 2,5 fois plus vite que l’emploi ECONOMIE. « Le Maroc pourrait générer 1,7 million d’emplois de plus d’ici 2035 et augmenter son PIB réel de près de 20 % au-dessus du niveau de référence », révèle la Banque mondiale dans deux rapports analytiques rendus publics mardi 28 avril. L’institution internationale financière estime cependant que « ce potentiel ne se concrétisera que si un programme de réformes ambitieux est mis en œuvre ». Si ces deux rapports, produits en étroite collaboration avec le gouvernement marocain, fournissent à la fois des données probantes et une feuille de route pour faire de cette transformation une réalité, ils envoient surtout plusieurs messages implicites très clairs. Le principal message de ces documents, « Rapport sur la croissance et l’emploi au Maroc » et le « Diagnostic du secteur privé au Maroc » est sans doute un appel explicite à des réformes structurelles profondes. Les réformes actuelles jugées insuffisantes ou incomplètes Bien que dit dans un ton diplomatique, il apparaît que l’organisme juge clairement les réformes actuelles insuffisantes ou incomplètes et suggère d’accélérer sur des chantiers sensibles tels que ceux du marché du travail, de l’éducation, de la concurrence, du rôle de l’Etat, du climat des affaires, entre autres. Pour bien comprendre la signification réelle de ce message, il suffit de se référer à celui délivré sur le même sujet par son alter ego : le Fonds monétaire international (FMI) qui avait dégainé cette même observation en mars dernier. A ce propos, on se souvient que l’organisme avait appelé le Maroc à accélérer les réformes du marché du travail pour stimuler l’emploi durable. Dans un ton tout aussi diplomatique, le FMI avait alors réitéré des recommandations sur ce sujet adressées au terme d’une mission conduite par Laura Jaramillo, du 29 janvier au 11 février au Maroc, lesquelles appelaient à davantage de réformes liées au marché du travail. Le deuxième message implicite est que l’économie marocaine a des marges importantes de progression, mais qu’elle n’exploite pas encore pleinement ses capacités actuelles en termes de productivité, d’emploi et d’investissement. Pour les auteurs desdits rapports, bien que l’économie marocaine ait accompli de véritables avancées, « la croissance ne s’est pas encore traduite par une création d’emplois à la hauteur des besoins, en particulier pour les femmes et les jeunes ». Pour mieux apprécier l’ampleur de la situation, la Banque mondiale rappelle qu’« entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a progressé près de 2,5 fois plus vite que l’emploi. Alors que 40 % des industries évoluent dans un environnement peu concurrentiel, les entreprises peinent à se développer et à accroître leur productivité. Le taux d’activité des femmes demeure parmi les plus faibles au monde, malgré la progression de leur niveau d’études, et continue en outre de s’éroder ». Le troisième message juge insuffisante la croissance actuelle. Selon l’organisme international, le scénario actuel (sans réformes majeures) mènerait à une croissance plus faible, ce qui signifie que la trajectoire actuelle est perçue comme perfectible, voire limitée. Dans son Rapport sur la croissance et l’emploi, l’institution met en lumière les contraintes structurelles et formule des recommandations stratégiques articulées autour de quatre axes. Il s’agit des marchés plus efficaces et plus compétitifs, des entreprises plus dynamiques, des investissements publics à plus fort impact et des marchés du travail plus inclusifs qui se renforcent mutuellement, selon la Banque mondiale. De l’avis des experts de l’organisme, la création d’emplois supplémentaires à l’horizon 2035 et 2050 ainsi que la hausse du PIB réel au-dessus du niveau de référence permettront de concrétiser ainsi « les ambitions du Nouveau modèle de développement en une trajectoire atteignable ». Pour Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la BIRD pour le Maghreb et Malte, « le Maroc a construit des bases solides et, grâce aux recommandations du Rapport sur la croissance et l’emploi, le Royaume peut aller encore plus loin, créer des millions d’emplois, approfondir les investissements privés et créer de réelles opportunités pour les femmes et les jeunes. Le Groupe de la Banque mondiale s’engage pleinement dans cette entreprise aux côtés du Maroc ». Au final, le message réel n’est pas seulement « le Maroc peut réussir », mais plutôt qu’il pourrait faire beaucoup mieux qu’aujourd’hui, et que cela dépendra de décisions politiques difficiles et rapides. Alain Bouithy
Maroc. La production de phosphates et dérivés ralentit

Début d’année sous pression pour le secteur extractif L’activité du secteur extractif montre des signes d’essoufflement, selon les statistiques publiées par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances. L’orientation observée début 2026 prolonge une dynamique amorcée au quatrième trimestre de l’année 2025. En effet, après une consolidation de 6,7% au premier trimestre, de 10,9% au deuxième trimestre et de 5,2% au troisième trimestre 2025, la performance de la valeur ajoutée du secteur extractif s’était repliée de 3,4% au quatrième trimestre 2025. Rappelons qu’au terme de l’année écoulée, la valeur ajoutée du secteur extractif s’était accrue en moyenne de 4,9%, après une augmentation de 13,6% un an plus tôt, comme l’a relevé la DEPF dans sa note de conjoncture du mois d’avril 2026 (N°350). La tendance observée au dernier trimestre 2025 s’est confirmée en début d’année en cours, ressort-il de cette note qui fait état de la baisse de la production de phosphates et dérivés à fin février 2026. Selon la même source, « au cours des deux premiers mois de 2026, la production de phosphate roche, principal baromètre de l’activité du secteur extractif, a accusé une baisse de 9,9%, après une hausse de 13,6% un an auparavant, indique ce département. Cette tendance est également observée du côté de la production des dérivés de phosphates, les données montrant un repli de 7,8% au cours de la même période, après une augmentation de 10,8% il y a une année, indique la DEPF. En parallèle, la valeur des exportations de phosphates et dérivés « a repris une évolution positive au cours du mois de février 2026, enregistrant une hausse de 8,9%, après un retrait de 43,4% un mois plus tôt et une hausse de 5,2% un an auparavant », a-t-elle fait savoir, précisant que cette évolution a été portée, plus particulièrement, par le renforcement de la valeur des exportations des engrais naturels et chimiques (+17,7%), tirée par la hausse du volume (+9,3%) et du prix (+7,8%). En ce qui concerne les ventes à l’étranger de l’acide phosphorique, les chiffres montrent qu’elles se sont aussi accrues, en valeur, bien que dans une moindre mesure (+1,1%) en février 2026. Suite au repli de la valeur des expéditions des dérivés de phosphates de 17,1% et de celle du phosphate brut de 10,8%, la valeur des ventes à l’étranger de phosphates et dérivés a baissé de 16,5% au terme des deux premiers mois de 2026, après une hausse de 6,1% à fin février 2025. Quant à la valeur des exportations des autres extractions minières, les statistiques montrent qu’elle s’est raffermie de 35,8% au terme des deux premiers mois de 2026, après une amélioration de 13,2% un an auparavant. Pour rappel, lors de la première réunion trimestrielle de l’année de son Conseil, tenu mardi 17 mars, Bank Al-Maghrib avait indiqué que les perspectives d’évolution des cours des matières premières sur les marchés internationaux restent très incertaines et soumises à des pressions haussières. Selon le scénario central retenu par la Banque centrale, en ce qui concerne le phosphate et ses dérivés, « les cours du DAP d’origine marocaine devraient, selon les estimations de la Commodities Research Unit (CRU), augmenter à 816 dollars la tonne en 2026, portés par, outre la poursuite des restrictions sur les exportations chinoises, les perturbations du commerce mondial des engrais et des intrants essentiels à leur production, avant de revenir à 703 dollars en 2027 ». L’institution publique prévoyait, en revanche, que les prix du phosphate brut s’inscriraient en légère baisse sur l’horizon de prévision. Poursuivant ses prévisions sur le volet des comptes extérieurs, BAM avait estimé que « les ventes de phosphates et dérivés devraient poursuivre leur tendance haussière en 2026, avec une augmentation de 19,4%, suivie d’une diminution de 8,7% en 2027 à 108,8 milliards de dirhams ». Alain Bouithy