Au nom de la liberté

TRIBUNE. Ouabari Mariotti, citoyen du monde, n’a pour conseiller que sa conscience d’homme libre, de par sa culture, sa formation et ses convictions personnelles. Nul, surtout pas la politique, ne peut lui interdire de pleurer ses parents, amis et autres Frères passés à l’Orient Éternel. C’est le dernier hommage qui leur rend pour consolider les souvenirs qu’il garde d’eux. Mme Emilienne Lekoundzou qui vient de nous quitter, à Neuilly, en région parisienne, était une femme de caractère, courageuse, très attachée aux valeurs auxquelles elle croyait. De la position au gouvernement où j’étais, sous le mandat du Président Pascal Lissouba, je l’ai vue se battre, avec force, sans complexe, les mains nues, pour la remise en liberté de son conjoint, le Ministre Justin Lekoundzou Ossetoumba, placé à la Maison d’Arrêt de Brazzaville, sous la Transition, au sortir de la Conférence Nationale, en 1991, en même temps que Mr Maurice Nguesso, frère du Président Sassou Nguesso. Le combat de Mme Emilienne Lekoundzou a porté. Pour des raisons de cohésion nationale et d’apaisement dans le pays, le Président Pascal Lissouba, a ordonné la remise en liberté des deux prisonniers. En ces moments d’intense douleur, j’adresse mes condoléances les plus attristées à la famille de Mme Emilienne Lekoundzou et à ses enfants. Des condoléances qui s’étendent au Ministre Justin Lekoundzou Ossetoumba, un de nos anciens au Collège Catholique Chaminade de Brazzaville où il se distinguait sur le banc de l’école et sur les aires de jeux. Que Mme Emilienne Lekoundzou repose en paix. Dieu a donné. Dieu a repris. Paris le 3 février 2020 Ouabari Mariotti Membre de l’UPADS.
Les fameuses complicités de Ntumi

TRIBUNE. Lors de son procès pour tentative de coup d’Etat, la ligne de défense du général Dabira était de nier son intention de vouloir renverser Sassou, jurant plutôt de sa fidélité à celui qui a fait de lui ce qu’il est devenu. Il tentait alors de retourner les accusations sur son principal accusateur, le général Nianga Mbouala Ngatsé, en disant qu’il aurait ouïe dire que ce dernier fournissait des armes à Ntumi, EN VUE D’ATTENTER AU POUVOIR DE SASSOU. Il discrédita donc l’idée que Sassou fournissait volontairement des armes à Ntumi pour entretenir un trouble dans le pays, mais qu’au contraire des hauts gradés pouvaient être complices de Ntumi CONTRE les intérêts de Sassou Nguesso. Je ne saurais le dire en français plus facile que celui de Dabira et ne comprends pas que certains l’aient compris comme une accusation contre Sassou, donné pour être en complicité avec Ntumi via Nianga Mbouala. Cela n’avait pour sa défense aucun intérêt, si non qu’à le clouer de plus bel pour offense au chef de l’Etat qu’il accuse de haute trahison par ouie dire. Ce qu’il souhaitait à tout prix éviter. A supposé que Dabira disait vrai, et que Ntumi avait réussi à tisser des complicités au sommet de la hiérarchie militaire pour se fournir et atteindre son but contre Sassou, il mériterait toutes mes félicitations. Sauf si on croit que tous les officiers mbochis ne forment qu’une seule personne et que, coopérer avec Nianga Mbouala contre Sassou, signifie coopérer avec Sassou lui même contre lui même. Des logiques débiles. En réalité, il faut avoir la médiocrité d’un mauvais scénariste de film de série B, pour aller s’imaginer que deux personnes vont aller s’entendre pour jouer à faire la guerre avec des vrais armes, l’un des d’eux acceptant de séjourner durant près de 10 ans dans la forêt, dans le dénuement le plus total, avec sa mère, épouse et enfants. Il faut également sous-estimer l’orgueil de Sassou (ce qui est un comble pour un type qui ne veut pas lâcher le pouvoir), ou de n’importe quel chef d’Etat à croire qu’il pourrait être satisfait que le monde dise qu’il ne maitrise pas tout son pays, et qu’il y existe des poches de résistance.Et si l’arrange, c’est lui qui niait partout entre 2016 et 2017 qu’il y a une crise dans le Pool. S’il voulait le faire en silence, il n’a pas besoin d’avoir un pion qui lui servirait de prétexte. Et comment Sassou peut-il fournir des armes à un mokongo, le peuple qu’il prend pour sa bête noire (j’y reviens sur un autre poste), et dormir calmement dans son lit à moins de 100 kilomètres de là? Les bakongo qu’il a dans son armée n’ont jamais commandé une bataillon équipée alors qu’ils sont avec lui depuis 40 ans pour certains, ils lui ont prouvé leur fidélité plus que de raison mais ca reste des bakongo, des porteurs d’eau, relégués à des sous postes. Mais voilà le super stratège anti bakongo qui va confier la mission la plus incroyable de l’histoire militaire humaine à un civil total, sans le simple service militaire à son actif, un jeune homme inconnu de 34 ans à l’époque qu’il n’a jamais vu, à qui il va donner des armes capables de mettre en déroutes ses propres bataillons composées de militaires professionnels, bien équipés, accompagnés au début des redoutables troupes angolaises notamment, surentraînées et expérimentées. Tous envoyés pour aller jouer à la guerre dans le Pool avec de vrais morts dans leurs rangs. C’est du délire de dingue! Mais bientôt il va parler. Heureusement. Hervé Mahicka
Détente avec Extra Musica Nouvel Horizon dans "Choc" (vidéo officielle)

Découvrez le tout premier clip du nouveau groupe Extra Musica Nouvel Horizon, « Choc ».
Evelyne Gombo Nzapot "Mère Eve" : Une des pionnières de la danse tradi-moderne congolaise

Elle doit être considérée comme l’une des premières et meilleures danseuses de la vogue de « Ballet moderne » dans la musique d’orchestre des années 60 et 70 à Brazzaville. Elle a surtout fait partie des précurseurs qui ont développé la liaison indissoluble de la danse tradi-moderne et de la musique de scène. Tout comme elle a été liée à la littérature orale. L’avènement des Semaines Culturelles à Brazzaville En effet, la tenue à Brazzaville des deux semaines culturelles aujourd’hui légendaires, précisément du 07 au 16 Août 1967 pour la première, et du 08 au 16 Août 1968 pour la deuxième, ont révélé non seulement les grands noms de la chanson congolaise issus des groupes vocaux ; comme Clotaire Kimbolo, Rigadin Mavoungou, Jacques Loubelo et autres, mais surtout des talentueuses et talentueux danseurs, parmi lesquels Evelyne Ngongolo qui s’est souvent distinguée pour l’adéquation de sa force d’expression. Elle compte parmi les meilleurs démonstrateurs de la « Danse des bouchers » en 1965 (aux Premiers jeux africains à Brazzaville), la danse « Kiri Kiri » en 1967(à la 1ère semaine culturelle, une invention d’Edo Ganga) et la danse « Soukous » (à la Cabane Bantoue en 1968, lieu où battait le cœur des brazzavillois et où résidait l’âme profonde de la musique congolaise, sous les auspices des Bantous de la capitale). Ils font des émules dans l’Afrisa de Tabu Ley avec ses « Rocherettes » Les artistes, Dominique Mbimi, Théophile Ndalla « Gouassa » Joseph Samba « Wello », Simon Siassia « Syathys », Germain Mombouolo…, excellents danseurs brazzavillois vont s’inspirés des danses traditionnelles congolaises pour créer un genre qui va se métisser d’elles et dont la différence avec son caractère s’établit par la gestuelle qui varie selon la forme chorégraphique réalisée, et les arrangements effectués par l’orchestre d’accompagnement. Ils attribuent à leur tout premier groupe créé en 1968 l’appellation Ballet moderne « Les Bouchers ». C’est l’une des premières tentatives du genre : un ballet moderne réunissant des talentueux danseurs et danseuses mondains qui se trémoussent sur les rythmes des Bantous de la capitale. Le Ballet moderne « Les Bouchers » fera d’ailleurs, des émules dans l’Afrisa qui avec ses « Rocherettes » passent brillamment en 1970 à l’Olympia sur le modèle Ballet moderne et sous la marque « Soum djoum ». Peu avant la tenue du Premier Festival Panafricain d’Alger Eveline Gombo Nzapot, intègre le groupe Ballet moderne « Les Bouchers » en Mai 1969, Elle rejoint ses collègues Félicité Clémence Yengo Bobot, Stella Clotilde Nzinga, Gisèle Bikouta et Angèle Moussounda. Ensemble elles se lancent en plein dans la fièvre des préparatifs du Premier Festival Culturel Panafricain d’Alger. Elles y participent avec beaucoup de brio, en compagnie de l’orchestre Les Bantous de la capitale, du 21 Juillet au 05 Août 1969 et obtiennent la médaille de bronze du festival. C’est l’année de la victoire définitive de la danse de ballet moderne sur scène. L’expression passe quasiment dans le langage populaire pour désigner l’indescriptible perfection plastique des danseurs et danseuses des Bantous de la capitale. Mère « EVE » à cheval sur les deux rives du fleuve Congo De retour au pays, et durant les premières années de sa carrière professionnelle, Evelyne Gombo Nzapot enregistre un succès considérable auprès du public avec le Ballet moderne « Les Bouchers » qui sont conviés presque à tous les voyages artistiques des Bantous à l’étranger, avant qu’elle ne soit découverte par les promoteurs des manifestations artistiques à Kinshasa, où elle s’y rend régulièrement après sa reconnaissance par le monde du spectacle. Les résultats, on le constate par la suite, sont divers. Ses interventions réalisées en compagnie de quelques formations au sein desquelles brillent les amateurs des danses tradi-modernes en pleine effervescence à Kinshasa et à Brazzaville, apparaissent d’un niveau remarquablement élevé. Comment « Mère EVE » est venue à la danse ? Evelyne Gombo Nzapot, n’est pas venue à la danse par hasard. Elle a suivi les pas de sa mère Germaine Ngongolo, ( qui est toujours en vie) grande danseuse de l’époque qui dans les années 40 a fait partie d’un groupe de jeunes filles « La Reine Politesse » qui en 1944 a accompagné l’orchestre « Vastoria » initié par le grand musicien et meilleur danseur de Kinshasa, François Ngombe « Maître Taureau ». Après Kinshasa, Germaine Ngongolo va fortement marquer la vie associative très intense au bar-dancing « chez Faignond » à Brazzaville, où les associations féminines « La violetta » et « La Pause », tiennent la vedette dans les années 50 et 60 grâce à des exubérants spectacles, entrainés par les plus grands stars kinois et brazzavillois de la musique. L’installation à Paris d’Evelyne Gombo Nzapot « Mère Eve » Basée à Paris depuis 1981, la sensibilité à fleur de peau d’Evelyne Gombo Nzapot l’a toujours tenu mêlée des manifestations annoncées à grands sons de trompe. Elle est demeurée très active dans tous les milieux de danse, passant joyeusement à la moulinette diverses musiques dont la salsa où son talent reste immense. Ces dernières années, « Mère Eve » s’est souvent retrouvée en compagnie de plusieurs groupes congolais de la diaspora. Animations, démonstration de danses en on résulté une très intéressante palette de ses possibilités au point d’être adulée par des dédicaces (ou « mabanga » en jargon musical congolais) à la nouvelle manière avec fidélité, et qui offrent une excellente occasion de mieux connaître « MERE EVE ». Enfin, soucieuse de transmettre toutes les valeurs et l’expérience acquise dans l’exercice sur scène des danses afro-congolaises tradi-modernes, elle se fixe un objectif : monter une troupe de danse de haut niveau, sous la forme de « Ballet moderne ». Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Clément OSSINONDE
Littérature : Jean Pierre Heyko-Lekoba dans la l’arène de la poésie

«Jean Pierre Heyko-Lekoba se donne la mission de redire les mots anciens, dans le dessein de reconstruire, restituer, perpétuer et faire connaître au plus grand nombre la mémoire des siens», écrit le professeur Mukala Kadima Nzuji dans la préface du recueil de poèmes, Ainsi faite, la vie, de Jean Pierre Heyko-Lekoba, sorti des ateliers des éditions Acoria, à Paris en France. L’auteur ouvre son premier de poèmes recueil par des remerciements à ses frères et sœurs et particulièrement à son grand-père Walangoye, qui lui a appris toute la richesse des traditions de ses origines mbéré. Pour le préfacier par contre, la poésie dans la production littéraire de Jean Pierre Heyko-Lekoba apparaît comme l’autre versant d’une passion vécue intensément. Il aborde également l’affection irrésistible du poète pour son pays. Cette affection qui l’amène à célébrer sa culture dans sa diversité, la passion, à retracer son histoire jalonnée de luttes, de défaites et de victoires et à engranger sa mémoire de légendes et de mythes de temps nouveaux. Mukala Kadima Nzuji estime que les poèmes d’Ainsi faite, la vie s’inscrivent dans les registres de la lamentation, de l’imprécation et de l’exhortation. Dans Liminaire, Heyko-Lekoba vient comme pour appuyer les affirmations du professeur Mukala Kadima Nzuji lorsqu’il parle de l’amour du poète pour son pays. L’auteur y avoue cet amour pour son pays. Il y affirme avoir foi en l’avenir de son pays. Cela l’aide à nommer les choses telle qu’elles sont. «Depuis, j’use les mots pour tenter d’écrire. Pour tenter de décrire les lieux que j’habite, les lieux qui m’habitent. Pour espérer témoigner de ce qui est, de ce qui n’est pas. J’use les mots tout en étant conscient de ma profonde ignorance, de mes lacunes et de mes faiblesses d’homme», souligne l’auteur à la fin de son liminaire. Le corps d’Ainsi faite, la vie Le recueil de poèmes de Heyko-Lekoba repose sur 58 pages et deux parties distinctes respectivement intitulées, L’épaisseur des jours et Dans les plis du temps. La première partie compte quatorze poèmes et la seconde en comprend huit. /Un jour comme un autre/occupations habituelles/jour de repos/jour de prières/matin ensoleillé/ruelles encombrées/Quand soudain : mindoki/cris déchirants/cris d’horreurs/cris de peurs : tokoufi, bokima/ sont quelques vers du premier poème, Jours d’avant. Dans ce poème, l’auteur revient sur la triste journée terriblement douloureuse et meurtrière du 4 mars 2012 avec cette déflagration qui avait précipité de centaines de personnes dans la mort. /Ce jour-là/Sans prévenir/Des vies se sont vêtues d’absurde/Et nos parcelles en habits de deuil/, écrit-t-il dans le second poème intitulé, Jours d’avant-II. La postface titrée «Lettre à Jean Pierre Heyko-Lekoba», porte la signature de Gabriel Mwéné Okoundji. «Jean Pierre Heyko-Lekoba ! Toute raison de vivre est dans ce nom. Toi, petit fils de Walangoye élevé dans l’olèbè. Tu vois le ciel tu me montres et tu le nommes au bout de tes doigts. Tel est le sentier des origines», dit-il. Gabriel Mwéné Okoundji rend ainsi un hommage très appuyé à son aîné Heyko-Lekoba à qui il dit encore : «Toi Lekoba, Heyko-Lekoba, souffle encore sur nous la flamme de Walangoye un éclair viendra en étincelle de promesses ! Il aura goût de l’okoula-nkala notre sel doux corsé ah ce ciel ! Combien d’entre nous désormais le savourent ?» Cette question de Gabriel Mwéné Okoundji reste ouverte. Combien d’entre nous désormais le savourent ? Jean Pierre Heyko-Lekoba est l’auteur de deux récits et de trois essais. Tous ses livres ont pour toile de fonds son pays, le Congo, qu’il n’a de cesse de convoquer et de plaider pour bâtir sa mémoire d’homme, infiniment mêlée à celle de sa patrie, la mémoire de l’âme congolaise, lit-on sur la quatrième de couverture. Toutefois, le recueil de poèmes de Heyko-Lekoba est un hymne à l’amour pour son pays, le Congo malgré les moments sombres. Florent Sogni Zaou
Le 29 Janvier 2012 nous rappelle le départ de Nino MALAPET pour un voyage au pays du bonheur éternel

Comme souvent avec le sens de l’humour qu’on lui connaissait, le Chef Nino aimait dire : « Mes amis, le jour de ma mort ne restez point à pleurer devant ma tombe. Je ne serais plus là, je ne dormirais point. Je serais déjà parti au pays du bonheur éternel ». C’est donc à 77 ans que Nino Malapet perdait son dernier combat contre la maladie. Mais toute sa vie il aura allongé les limites de l’existence et à se battre contre la fatalité. C’était à nouveau la mort pour un autre musicien légendaire des Bantous de la capitale. La génération “adulte” de la rumba et de la salsa possédait en Dieudonné Nino Malapet l’un de ses artistes les plus sûrs. Nino MALAPET le virtuose Pilier de la musique congolaise, avec une carrière qui a duré plus de cinquante ans, Nino Malapet est un des noms incontestables de la rumba et de la salsa. Son œuvre, d’environ une centaine de compositions, est l’une des plus belles de l’histoire de la musique congolaise et nombre de ses morceaux dans « Atomic Jazz » (1954), « Negro Jazz » (1954-1956), OK Jazz (Déc.1956 – Janv.1957), Rock-A-Mambo (1957-1961) et Les Bantous (1961-2012) sont considérés aujourd’hui comme des standards incontournables. On rencontre son nom sous celui d’une théorie de saxophonistes et de chefs d’orchestre. Doté d’une grande culture de la Rumba et de l’afro-caribéen (il faut être attentif aux citations dont il émaille certains arrangements). Nino Malapet doit une partie de la netteté et de l’ingéniosité de ses partitions à son admiration de toujours pour Fud CANDRIX, tandis qu’il tient sa virtuosité et son modernisme de la fréquentation des sites discographiques de la Nouvelle Orléans (USA) et de Cuba. 01– Dieudonné Nino MALAPET, avec ses attitudes désopilantes, son saxo coudée, ses onomatopées irrésistibles, conjuguant de la même façon la rigueur et l’indépendance parvient à s’intégrer fort bien au Rock’A-Mambo, laissant admirer un toucher d’une surprenante finesse. Beaucoup d’intelligence, beaucoup de technique, beaucoup d’idées : c’est bien, en effet ce qui caractérisait le virtuose du saxo Nino Malapet et dont s’émerveillaient ses admirateurs du Rock’A-Mambo, adeptes du cha cha cha. 02– Son enfance, ses études, sa première profession Né à Brazzaville le 8 Mars 1935. De bonnes études primaires conduisent Nino Malapet à Paris où il accompagne son oncle Emmanuel Damongo Dadet. Tous les deux s’embarquent le 30 Septembre 1948 à Pointe-Noire, sur le S/S « Canada » pour débarquer quinze jours plus tard à Marseille. Emmanuel Damongo Dadet est à l’époque conseiller territorial français et surtout grand saxophoniste du groupe Melo-Congo de Brazzaville dont il était le chef dans les années 40 et 50. A Paris, Nino Malapet ne prête qu’une oreille distraite aux mathématiques. C’est ainsi qu’il essaie d’apprendre à jouer au piano et à la guitare. A l’expiration du mandat de son oncle, Malapet revient à Brazzaville où il continue ses études au Collège Chaminade au sortir duquel il s’engage au P.T.T. – Mais la passion de la musique le brûlera toujours. Il se désintéresse de son emploi qui ne soulève en lui aucun enthousiasme. Il offre cependant un grand éventail de possibilités rationnellement exploitées. 03– Sa carrière musicale 1954, Nino Malapet, alors guitariste participe avec Joseph Kaba, Edo Ganga et Bienvenu Beniamino à l’enregistrement aux Editions « Ngoma » à Léopoldville de deux disques dont deux compositions de Nino Malapet « Wapi Gigi » et « Vivita ». C’est cet embryon du groupe de Joseph Kaba dénommé « Atomic Jazz », qui donne naissance au cours de la même année à l’orchestre Negro Jazz de Brazzaville. 1955, de la guitare, Nino Malapet embauche déjà le saxophone dans le style des grands. En 1956, c’est au tour des Editions « Loningisa » de faire appel à ses talents. Il accompagne plusieurs orchestres en studio en compagnie du saxophoniste français Henriot, particulièrement les groupes Watam, Lopadi et l’OK Jazz dont il est le premier saxophoniste en Décembre 1956. On lui doit des partitions inédites dans les titres comme « Aimé wa Bolingo » d’Edo Ganga, « Oyé oyé oyé » de Luambo Franco et bien d’autres. Mais c’est surtout dans l’orchestre Rock’A-Mambo, aux éditions « Esengo » que Nino Malapet va accorder au saxo le rôle primordial. 1957, Nino Malapet démissionne des Editions « Loningisa » et de l’OK Jazz, au moment où se disloque le Negro Jazz. Après quelques semaines Il retrouve ses vieilles connaissances : Essous – Lando « Rossignol » – Saturnin Pandi – Henri Bowane – Tshilumba Tino Baroza – Augustin Moniania « Roitelet » – Léon Nzambe « Sathan »… qui ont réussi à former aux nouvelles éditions « Esengo » du grec Dino Antonopoulos, un orchestre dont le succès va grandissant : Le Rock’A-Mambo.- Nino Malapet en devient facilement le chef d’orchestre. Comblant ainsi ses vœux, il insuffle à cette nouvelle formation musicale un sang nouveau. Comme en témoignent des titres à succès comme « Jalousie », « Panchita », « Micky mi quiero », « Mi cancion » « Tocami », Li duo Maravillas », etc. arrangés par Nino Malapet et rendus merveilleusement par le duo chant Joseph Kabaselle et Lando « Rossignol » Nino Malapet, il faut le reconnaître était passé maître dans l’art de composer les cha cha cha, et bien sûr de faire monter la tension. Avant tout, c’est donc le stratège qu’on apprécie en lui. Le Rock’A-Mambo fournissait une musique agréable, pour ne pas dire « swinguantes » dans laquelle on s’installe aisément en piste et l’on se plait à danser sans fin. Cohérence et cohésion tel était le point fort du Rock’A-Mambo dont chacune des ses apparitions était pour son chef Nino Malapet l’occasion d’une démonstration de son savoir faire au saxo et dans les arrangements. 1959 – Inspirateur du retour au bercail des musiciens brazzavillois évoluant à Léopoldville (Kinshasa), Nino Malapet, hélas ! Sera absent le 15 Août 1959 à Brazzaville lors de la première sortie de l’orchestre Bantou « Chez Faignond ». Il opte pour la continuation avec l’Orchestre Rock’A-Mambo. Avec Nedule « Papa Noël » comme l’un des plus intéressants guitaristes soliste de sa génération et Lando « Rossignol » comme chanteur remarquable, Nino Malapet a su combiner intelligemment les influences des partants (Essous-Pandi) pour se créer un style un peu versatile mais avec plus de complexité rythmique et harmonique. 1961,
Musique : Sauve Gérard Ngoma Malanda : «Je vous demande de vous procurer cet album»

«Ce que je vous demande, c’est de vous procurer et de vous approprier cet album qui nous parle à tous», a invité Sauve Gérard Ngoma Malanda, manager de ‘’Congo Voices’’et rédacteur des textes de l’opus, interprétés par des artistes-musiciens talentueux, le 22 janvier 2020 à Brazzaville. Lors de la présentation de son album « Empreintes », la scène de l’Institut français du Congo a rappelé aux amoureux de la bonne musique des moments fabuleux. L’ensemble des huit titres en langues Lingala et Kongo a été exécuté par des artistes de talent comme Kosmos Come Moutouari, Saint Patrick Azan’o, Romain Gardon, Sheryl Gambo et Kerson Sadam. Roga Roga, Zao et Oxygène, absents de la scène pour des raisons professionnelles pour les uns et de santé les autres ont pris le soin de faire parvenir des enregistrements vidéo pour présenter leurs excuses au public. Cet album est le premier produit sous le label musical ‘’Congo Voices’’ que gère celui que le ministre de la culture et des arts, Dieudonné Moyongo, a appelé parolier, avant d’ajouter qu’ «En tant que journaliste, nous espérons qu’il nous proposera toujours de beaux textes, éducatifs et inspirants ». La première pose de la voix sur la scène a été faite par le jeune Kerson Sadam. Chaque artiste a chanté selon son genre. C’est ainsi que Romain Gardon n’a pas lâché son Salsa, estimant que cet album donnait une belle réponse à de nombreuses critiques mal orientées qui tendaient à faire croire que les artistes, d’aujourd’hui, n’avaient plus de bons textes ou ne savaient plus faire de la bonne musique. Encore sous le coup de l’émotion, Shéryl Gambo a remercié le promoteur qui lui a donné l’occasion de chanter la rumba dans laquelle elle s’est sentie à l’aise. Pour Mpassi Mermans, c’est un début mais pas une fin. « Empreintes », est un opus d’hommage à la mère de l’auteur. Une pensée très forte pour cette femme qui lui a donné le jour. Il y chante sa mère d’abord et l’amour ensuite, sans oublier son père qu’il vient de mettre en terre. Il chante cet amour entre ses géniteurs. Devant le succès de cet homme qui arrive dans la musique par la grande porte, les baobabs de la musique congolaise n’ont pas pu se retenir. Ainsi a-t-on vu monter sur l’estrade, Michel Boyibanda et Mpassi Mermans qui ont déclaré que la relève était assurée. Le passage de Kosmos Come Mountouari, un artiste très expérimenté, n’est pas passé inaperçu. Sauve-Gérard Ngoma Malanda est écrivain, chroniqueur et producteur culturel à la Télévision nationale congolaise. Il a déjà publié deux recueils de poèmes : Rêves sur cendresetDanse des silhouettes et un recueil de nouvelles « Même les nuits denses ont leur lumière ». C’est donc un écrivain qui migre vers la chanson. Florent Sogni Zaou
CONGO – Une Maison de la Femme à Kintélé

Une Maison de la Femme sortira de terre à Kintélé dans l’Arrondissement 09 Djiri – Brazzaville. Le juriste-écrivain congolais, Richard Ossoma-Lesmois, en collaboration avec l’agence le Rocher Communication Paris et madame Wils Bérangine Bonghale, Directrice d’agence, a procédé le vendredi 17 janvier 2020, à l’ambassade de la République du Congo auprès de la République Française, au lancement officiel du Projet MAISON DE LA FEMME à Kintélé. Un projet d’envergure qui intègre la politique du Gouvernement congolais axée sur les réductions des inégalités entre les hommes et les femmes à diverses sphères de la vie ainsi que d’autres discriminations liées au problème du genre. Fixant l’auditoire sur les motivations de ce projet d’importance, projet inspiré de son ouvrage : Bannir la polygamie au Congo, combat de la députée-maire Stella Mensah Sassou Nguesso, l’auteur Richard Ossoma-Lesmois a évoqué le mérite des formes nouvelles de la cause des femmes dans l’optique de l’intégration de la femme congolaise et africaine à l’émergence sociale et économique. La somptueuse salle verte de l’ambassade du Congo qui a abrité l’événement a affiché complet. Les échanges avec le public ont été fructueux. Les questions brûlantes des femmes ont été abordées sans tabou. La délégation de la Commune de Kintélé, représentée par madame Doris Adampot, Conseillère municipal et Guy Mpiaka. Ce dernier a donné lecture du message enthousiasmant et chaleureux adressé par madame Stella Mensah Sassou Nguesso. Tous les regards se tournent à présent vers la prochaine étape : la pose de la première pierre de construction de la Maison de la Femme à Kintele qui servira de balise au début des travaux de cette bâtisse du futur dont la beauté architecturale est remarquable, à la vue de sa maquette dévoilée à l’ambassade du Congo en France. Par ailleurs, sur le statut de cette batisse du futur, l’auteur du projet a indiqué : « la Maison de la Femme est un établissement public à caractère social et culturel. » La Maison de la Femme à Kintélé qui comprend trois structures : le Musée de la Femme, la Médiathèque, le Pôle associatif, enrichit le patrimoine culturel national en valorisant la femme dans sa place de facteur de paix au Congo-Brazzaville. « La femme, c’est tout un symbole: la femme, c’est la famille, la douceur, le succès; la femme, c’est le pouvoir », ajoute l’auteur avec anaphore. Pour mener à bien ce magnifique projet, Richard Ossoma-Lesmois travaille en partenariats avec le Département français des Yvelines, notamment, la section Développement & Coopération Internationale décentralisée. Puis, la société JFD Numérique Paris Opéra, dirigée par Thierry Bérard. Au niveau local, l’initiateur du projet bénéficie du concours de la Direction de l’intégration de la femme au développement affiliée au ministère congolais de Promotion de la femme. Clément Ossinondé