Santé : l’ONG WINS, un acteur majeur dans la lutte contre les Maladies Tropicales Négligées

Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) a animé, le 21 août 2024, un webinaire consacré aux Maladies Tropicales Négligées (MTN), sous la houlette du Professeur Émilienne Épée, fondatrice et directrice de l’organisation Women in Neglected Tropical Diseases (WINS), dont le siège est au Cameroun. Cette rencontre en ligne réunissant des journalistes de différents pays africains, membres du REMAPSEN, et la Professeure Emilienne Epée a contribué à informer l’opinion publique sur l’importance majeure de WINS dans la lutte contre les MTN. Dans ses propos, le Professeur Emilienne Épée a insisté sur le fait que les MTN sont souvent qualifiées de « négligées » en raison du déficit d’attention, de financement et de recherche qui leur sont dédiés, comparativement à d’autres pathologies plus mises en avant dans les médias. Ces maladies infectieuses, qui touchent principalement les populations résidant dans des régions démunies en infrastructures sanitaires, constituent un enjeu de santé publique majeur, trop souvent relégué au second plan. Les activités de l’organisation WINS sont principalement axées sur la prévention des MTN en milieu scolaire, avec deux objectifs prioritaires. Le premier consiste à former les enseignants aux dangers que représentent ces maladies, par le biais de questionnaires éducatifs. Ces outils pédagogiques permettent aux élèves de comprendre l’importance des pratiques d’hygiène, telles que le lavage régulier des mains et du visage, pour prévenir la contraction de ces infections. Le second objectif vise à encourager les élèves formés à sensibiliser à leur tour leurs communautés, en diffusant des messages de prévention avec une précision accrue, là où les systèmes de santé, souvent surchargés, peinent à répondre aux besoins. À l’échelle communautaire, des capsules éducatives, traduites en diverses langues locales, seront également diffusées pour assurer une compréhension approfondie des dangers que posent les maladies tropicales. Le Professeur Épée Émilienne a tenu à rappeler que l’union fait la force, avant d’appeler à une mobilisation collective pour construire un avenir où la santé est un droit accessible à tous, sans distinction. Rappelant que WINS est une organisation à but non lucratif et apolitique, est régie par la loi du 19 décembre 1990 relative aux libertés d’association au Cameroun, avec un récépissé datant du 5 mars 2024. L’organisation a pour mission de mettre à profit l’expertise multidisciplinaire et transversale de femmes éminentes dans leurs domaines respectifs, incluant des médecins, chercheurs, enseignants, éducateurs, anthropologues, et communicantes. Ces professionnelles s’engagent à sensibiliser les populations à travers divers canaux de communication, avec pour objectif ambitieux d’éradiquer les maladies tropicales d’ici 2030. WINS s’emploie ainsi à promouvoir activement la participation des femmes dans cette lutte sanitaire cruciale. Wilfrid Lawilla D.
Cameroun/Marc Brys vide son sac : Samuel Eto’o, Rigobert Song et André Onana dans la tourmente

Le sélectionneur du Cameroun, Marc Brys, a récemment accordé une interview explosive dans laquelle il n’a pas hésité à critiquer vertement Samuel Eto’o, actuel président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot). Durant cet entretien, Brys est revenu sur ses premières interactions avec Eto’o, révélant une relation tendue, marquée par des affrontements verbaux et des divergences profondes sur la gestion de l’équipe nationale. Dès les premières minutes de l’interview, Marc Brys ne mâche pas ses mots : « Samuel Eto’o n’a réussi que comme footballeur ! Dans les autres domaines, il a échoué : comme entraîneur, entrepreneur, et manifestement comme dirigeant, si l’on en juge par sa gestion de la Fecafoot. » Cette déclaration percutante résume le mécontentement du sélectionneur, qui critique ouvertement la manière dont Eto’o dirige l’institution, le jugeant déconnecté des réalités du management sportif. « Rigobert Song était sa marionnette » Brys dénonce particulièrement les manœuvres de la Fédération pour, selon lui, déstabiliser l’équipe nationale et compromettre ses chances de succès. « Comment peut-on agir contre son propre pays ? » s’interroge-t-il, soulignant l’absurdité de la situation. Il accuse également Eto’o d’avoir transformé l’ancien sélectionneur, Rigobert Song, en une simple marionnette sans aucun pouvoir décisionnel. « Eto’o entrait dans le vestiaire avant et pendant les matchs, modifiant l’équipe de fond en comble. Les joueurs se sentaient opprimés ; c’était une véritable farce. Dans de telles conditions, il était illusoire d’espérer de bonnes performances de la part du Cameroun. » Une altercation marquante avec Eto’o L’entraîneur relate également un incident particulièrement tendu survenu à la Fecafoot le 28 mai 2024. Convoqué à une réunion « sans ordre du jour », Brys raconte qu’Eto’o l’a d’abord ignoré avant de lui adresser la parole de manière agressive. « Je l’ai ignoré en retour, et c’est là que la situation a dégénéré. Il s’est senti humilié par mon attitude et a commencé à crier et à me menacer », relate Brys. Cet accrochage a marqué un tournant décisif dans leur relation déjà fragile. Ce conflit, loin d’être isolé, semble symptomatique d’une série de dysfonctionnements dans la gestion de la sélection camerounaise. Brys évoque également des épisodes chaotiques, comme celui où l’équipe, la veille d’un match contre le Cap-Vert (victoire 4-1), n’avait ni bus, ni ballons, ni équipements. « C’était intentionnel. J’ai donc transformé l’entraînement en simple promenade pour montrer que la situation était inacceptable. » « André Onana a dû s’échauffer seul » La nuit précédant un autre match, Brys reçoit des courriels à des heures indues exigeant que les passeports des joueurs et la composition de l’équipe soient remis à un commissaire de la FIFA logeant à une heure et demie de là. « À 7 h du matin, j’ai loué une voiture pour tout lui apporter moi-même, craignant que la Fecafoot n’intervienne dans ma sélection. Comme si cela ne suffisait pas, mon staff n’était pas accrédité pour ce match, obligeant André Onana, gardien de Manchester United, à s’échauffer seul, sans entraîneur des gardiens ! Du jamais-vu. Voilà le triste bilan de Samuel Eto’o à la tête de la Fecafoot. » Malgré ces tensions, Marc Brys reste déterminé à accomplir sa mission avec les Lions Indomptables. Interrogé sur l’avenir de sa collaboration avec Eto’o, il répond avec pragmatisme : « La balle est dans son camp. S’il veut une relation cordiale et apaisée, je suis prêt. S’il préfère une relation hostile et brutale, elle le restera jusqu’à la fin de ma mission. » Ya Willy.
Cameroun : Samuel Eto’o au Qatar pour renforcer le football camerounais

Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), a effectué une visite importante au Qatar ce mercredi. L’ancien attaquant légendaire du FC Barcelone, confronté à un mandat présidentiel exigeant, a été reçu par Cheikh Hamad bin Khalifa bin Ahmed Al Thani, ministre qatari du Sport et de la Jeunesse. Au cours de cette rencontre, plusieurs sujets d’intérêt commun ont été abordés, avec un accent particulier sur le développement global du football camerounais. Eto’o, déterminé à renforcer les infrastructures sportives au Cameroun et à soutenir les jeunes talents, cherche à mobiliser des fonds pour ces projets ambitieux. Le Qatar, reconnu pour ses investissements massifs dans le sport, pourrait jouer un rôle clé dans cette dynamique. Cette visite visait également à consolider les relations sportives entre les deux nations, ouvrant la voie à des partenariats potentiels. Toutefois, les détails des discussions restent pour l’instant confidentiels, et il faudra attendre pour voir les retombées concrètes de ce déplacement au Golfe. Ya Willy.
Cameroun. Il était une fois….Issa Hayatou, figure emblématique du football africain

A la veille de ses 78 ans, Issa Hayatou, ancien président de la Confédération africaine de football (CAF), s’est éteint le jeudi 8 août 2024 à Paris, laissant derrière lui un héritage indélébile dans l’histoire du football africain. Né le 9 août 1946 à Garoua, au Cameroun, Hayatou a d’abord été athlète avant de se tourner vers l’administration sportive. Son ascension commence à la tête de la Fédération camerounaise de football, qu’il dirige de 1986 à 1988. Son leadership remarquable l’amène ensuite à présider la CAF, poste qu’il occupe pendant près de trois décennies, de 1988 à 2017, marquant une période sans précédent. Son mandat, bien que jalonné de moments de gloire, n’a pas été exempt de controverses. Sous sa présidence, le football africain a connu une expansion inédite. Hayatou a été un acteur clé dans l’augmentation des places réservées aux équipes africaines en Coupe du monde, passant de trois à cinq, un exploit qui a renforcé la présence de l’Afrique sur la scène mondiale et accéléré le développement du football sur le continent. L’un des sommets de son mandat a été l’organisation réussie de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, première édition du tournoi sur le sol africain. Toutefois, sa gestion de la crise lors de l’attaque du bus togolais à Cabinda durant la CAN 2010 demeure une tache sombre sur son bilan. Le 8 janvier 2010, le bus transportant l’équipe nationale du Togo est pris pour cible par des séparatistes angolais, causant la mort de deux personnes et en blessant plusieurs autres. Malgré la tragédie, Hayatou et le comité exécutif de la CAF décident de maintenir la compétition, une décision largement critiquée. De surcroît, le Togo est sanctionné pour avoir refusé de poursuivre le tournoi, ternissant l’image d’Hayatou et soulevant des questions sur sa gestion des crises. Sa suspension temporaire dans le cadre du contrat marketing avec Lagardère, avant d’être blanchi par le Tribunal arbitral du sport, a également alimenté les débats. En dehors de la CAF, Hayatou a brièvement servi comme président par intérim de la FIFA de 2015 à 2016, après la suspension de Sepp Blatter dans le sillage du scandale de corruption « Fifagate ». Bien que proche de Blatter, Hayatou a su préserver son intégrité, évitant toute accusation à son encontre. En 2017, contre toute attente, il perd la présidence de la CAF face au Malgache Ahmad, marquant ainsi la fin d’une ère. Malgré les controverses, Hayatou est resté un défenseur acharné du football africain, souvent en opposition avec la FIFA sur des questions comme le calendrier de la Coupe d’Afrique des nations. Son engagement à défendre les intérêts du football africain face aux pressions des clubs européens et de l’UEFA est largement salué, particulièrement après sa mandature, lorsque la CAN a subi de nombreux changements. Affaibli par des problèmes rénaux ces dernières années, Issa Hayatou s’était retiré de la vie publique après une opération. Ses contributions au développement du football africain resteront gravées dans les mémoires et continueront d’inspirer les générations futures. Ya Willy.
Samuel Eto’o rend un hommage vibrant à la Fédération nigérienne de football

Le légendaire footballeur camerounais Samuel Eto’o a exprimé sa profonde gratitude envers la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT), son président Djibrilla Hema Hamidou, ainsi que l’ensemble du peuple nigérien, à la suite de sa récente visite au Niger samedi 10 août. Cette visite, qu’il décrit comme un privilège, lui a permis de découvrir le « beau pays frère » qu’est le Niger, répondant ainsi à l’invitation de son « estimé aîné », le président de la Fédération Nigérienne de Football. Dans un témoignage émouvant publié sur sa page Facebook, Eto’o a chaleureusement salué l’accueil qui lui a été réservé par le peuple nigérien et la FENIFOOT et indiqué avoir été particulièrement impressionné par les avancées infrastructurelles et le niveau d’organisation de la fédération sœur nigérienne, soulignant la qualité des équipements de haut standard qui témoignent des efforts concertés des autorités et de la fédération pour le développement du football au Niger. Dans son message, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) n’a pas manqué de féliciter son homologue et son administration pour leur travail remarquable, formulant le vœu que ces efforts soient couronnés de succès sportifs susceptibles de rehausser le prestige du drapeau nigérien. Il a également exprimé sa satisfaction quant aux efforts de développement en matière de sport, et plus particulièrement du football, entrepris au Niger. Selon lui, ces progrès sont une source de fierté légitime pour le peuple nigérien. Un moment particulièrement marquant de son séjour fut l’audience accordée par le Général de brigade Abdourahame Tchiani, Président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie de la république du Niger, à Niamey. Eto’o a exprimé sa profonde gratitude envers ce dernier pour l’avoir honoré de cette rencontre, renforçant ainsi sa conviction de l’importance d’une collaboration étroite entre les fédérations nationales de football africaines. Pour Samuel Eto’o, cette collaboration est essentielle pour rendre le football africain mieux représenté, plus attractif, et surtout plus influent sur la scène internationale. Ce séjour au Niger n’a fait que renforcer son engagement en faveur de cette cause, soulignant ainsi l’importance de l’unité et de la coopération au sein du football africain. Ce témoignage vibrant de Samuel Eto’o illustre non seulement son respect et son admiration pour le Niger et ses institutions, mais également sa vision d’un football africain uni et prospère, capable de rivaliser avec les plus grandes nations du monde. Patricia Engali
Des réformes budgétaires audacieuses peuvent libérer le plein potentiel du Cameroun

La Banque mondiale a présenté aujourd’hui deux rapports économiques phares : la Note de conjoncture économique du Cameroun 2024 et la Revue des finances publiques du Cameroun. Intitulée Instruments fiscaux pour une foresterie durable, la Note de conjoncture économique analyse l’évolution récente de la situation économique et présente les perspectives à moyen terme du pays. La croissance économique du Cameroun a ralenti en 2023, passant à 3,3 % contre 3,6 % en 2022, affectant tous les secteurs de l’économie en raison d’investissements publics plus faibles que prévu, de la hausse des prix et de conflits internes persistants. L’inflation est passée de 6,3 % en 2022 à 7,4 % en 2023, sous l’effet de la hausse des prix alimentaires et des coûts de transport. La croissance du PIB réel du Cameroun est estimée à 4 % pour 2024 et devrait atteindre en moyenne 4,5 % sur la période 2025-2027, grâce à l’amélioration de l’approvisionnement énergétique et à l’augmentation des investissements publics. L’inflation devrait ralentir et s’établir à 3 % d’ici 2027, tandis que le déficit budgétaire devrait se maintenir autour de 1 % du PIB à moyen terme, la dette publique reculant à 36,3 % du PIB d’ici 2027. Le rapport aborde l’importance des réformes budgétaires pour relever les défis du secteur forestier, considérés comme essentiels à la trajectoire de croissance durable du Cameroun. Le secteur forestier camerounais, bien qu’important, n’a pas atteint son plein potentiel : il ne contribue actuellement qu’à hauteur de 3,8 % au PIB et ne représente que 45 000 emplois. Malgré l’abondance de ressources forestières, le Cameroun a eu du mal à maximiser les revenus du secteur. Le rapport met en évidence l’impact des réformes budgétaires visant à accroître les recettes issues du secteur forestier tout en promouvant des pratiques durables. « La promotion d’une meilleure gouvernance dans le secteur forestier en favorisant la certification forestière, des politiques budgétaires adaptées au changement climatique, l’augmentation de la valeur ajoutée dans l’industrie du bois et la participation des communautés locales permettra de générer des recettes publiques élevées, de contribuer à la préservation des forêts et de jeter les bases pour attirer davantage de financements climatiques », a déclaré Cheick F. Kanté, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun. Le second rapport, la Revue des finances publiques du Cameroun, formule des recommandations pour améliorer le recouvrement des impôts ainsi que les dépenses publiques, de manière à les rendre plus efficaces et plus équitables. Le système de recettes fiscales du Cameroun se caractérise par une assiette fiscale étroite et un recouvrement inadéquat, ce qui se traduit par une fraude et une évasion fiscales considérables. Alors qu’une importante allocation budgétaire est dédiée aux « dépenses communes », gérées avec peu de transparence et d’obligation de rendre des comptes, l’exécution du budget est marquée par le recours fréquent à des procédures budgétaires exceptionnelles, permettant des dépenses qui dépassent fréquemment les allocations approuvées. Pour résoudre ces problèmes, une réforme multidimensionnelle s’impose, par le biais d’une stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (MTRS) et d’une réforme globale des pratiques de gestion budgétaire. Le rapport note également que les dépenses d’éducation et de santé du Cameroun restent inférieures à 5 % du PIB et que les dépenses en matière d’assistance sociale demeurent insuffisantes. Avec des financements bien en deçà des niveaux de référence internationaux, ces secteurs méritent ainsi une attention et des ressources accrues. Malgré des cadres législatifs conçus pour faciliter la décentralisation du pouvoir au Cameroun, le transfert des compétences et des ressources des ministères centraux vers les communes et régions reste limité. Le rapport fait valoir que l’accélération de la décentralisation budgétaire pourrait améliorer la prestation de services publics par les collectivités territoriales, mais qu’elle exigera d’accroître les recettes, d’améliorer les services et de rationaliser les flux financiers vers les régions. « Malgré son potentiel, la performance économique du Cameroun a été systématiquement plus faible qu’attendu, ce qui se traduit par des progrès lents sur le plan du revenu par habitant et de la réduction de la pauvreté », a déclaré Robert Utz, économiste principal de la Banque mondiale pour le pays et l’un des auteurs du rapport. « Aujourd’hui plus que jamais, un programme de réforme budgétaire audacieux est impératif pour libérer tout son potentiel et assurer un avenir prospère. »
Cameroun/Eto’o : « Je vais l’abattre » !

Samuel Eto’o, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), fait à nouveau parler de lui dans son pays. Bien que combattu, Samuel Eto’o n’a jamais été vaincu au Cameroun. Cependant, il a une fois de plus donné matière à ses détracteurs de le critiquer. La star a été épinglée pour dérapage et menace de mort présumée lors d’un discours prononcé le weekend dernier, à l’occasion d’une messe d’action de grâce demandée par sa mère en son honneur. « Je suis numéro un », « Je vais l’abattre » « Je n’ai pas fait de grandes études, mais je suis numéro un, et ils le savent […] Je dis ce que je pense. Je leur ai donné du travail : parler de moi… Ils vont commenter », aurait déclaré le dirigeant de 43 ans, selon des propos relayés par Camfoot. « Quiconque vous touche, je vais l’abattre », aurait-il ajouté, cherchant à rassurer ses proches face à ses ennemis, visiblement sans se rendre compte que ce message pouvait être interprété comme une menace de mort. « Quand vous n’avez pas triché… ne vous cachez pas. Notre jeunesse a besoin de bons repères. » Ce n’est pas la première fois que l’ex numéro 9 des Lions Indomptables fait polémique en raison de propos perçus comme arrogants. Son dernier coup d’éclat remonte à fin mai, à l’orée du dernier rassemblement de l’équipe nationale, marqué par des tensions avec le ministère des Sports concernant le choix du staff. Lors de sa première rencontre avec le sélectionneur Marc Brys, le double vainqueur de la CAN avait lancé au technicien belge : « En tant que joueur, vous ne pouvez jamais me parler ! » Puis, il avait ajouté : « J’ai été un très grand joueur. » Suite à quoi, le technicien l’avait ironiquement congratulé avant de quitter le siège de la Fecafoot. Une chose est sûre : alors que la Confédération africaine de football (CAF) vient à peine de le blanchir des accusations de matchs truqués dans le championnat camerounais, Eto’o aurait bien voulu éviter cette nouvelle polémique. Ya Willy.
La dynamique du secteur pétrolier et gazier camerounais s’est-elle effectivement arrêtée ?

TRIBUNE. De l’avis général, il semble que le Cameroun ait décidé de faire une pause dans le domaine du pétrole et du gaz. Chevron est prêt à investir massivement pour faire avancer l’unitisation Yoyo Yolanda. Il s’agit d’un développement conjoint des champs gaziers Yoyo (dans le bassin de Douala, au large du Cameroun) et Yolanda (au large de la Guinée équatoriale), exploités par Chevron. Perenco a commencé à acquérir New Age Energy et à travailler avec Lukoil pour développer la licence Etinde et acheminer le gaz en Guinée équatoriale (EGLNG exploité par Marathon Oil Corp) ou au Cameroun, mais l’opération est restée lettre morte. Et nous avons vu son dernier cycle d’octroi de licences pétrolières tourner mal. Début 2018, par exemple, une seule entreprise a répondu à l’appel d’offres pour l’octroi de licences au Cameroun, dans le cadre duquel huit blocs étaient disponibles. La production a diminué et aucun puits d’exploration n’est foré. L’exploration est l’élément vital de l’industrie pétrolière et gazière et le développement en amont s’est heurté à des barrages routiers et à la bureaucratie. Comment cela se fait-il ? Je pense que la situation actuelle du pétrole et du gaz au Cameroun est le résultat d’une tempête parfaite de trois circonstances différentes : Les subventions sont réduites et les exonérations fiscales initialement adoptées en 2013 pour les nouvelles entreprises commencent à expirer. Les problèmes de gouvernance, combinés à la corruption de Glencore, nuisent à l’avenir énergétique du pays. Des politiques contre-productives compliquent la vie des investisseurs étrangers dans la région économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMA), qui comprend le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la République du Congo et la Guinée équatoriale. Subventions, taxes et augmentation des coûts La pandémie de COVID-19, ainsi que la guerre en Ukraine, ont perturbé l’approvisionnement en nourriture et en carburant dans le monde entier. Le Cameroun a durement ressenti ces pressions économiques et le gouvernement n’a eu d’autre choix que d’assouplir sa politique de subvention des carburants, appliquée de longue date. Cela a entraîné une hausse des prix des carburants. Cette mesure intervient en même temps qu’un certain nombre d’augmentations d’impôts sur les entreprises et les ménages destinées à soutenir le budget croissant du gouvernement, qui s’élevait à 10,1 milliards de dollars en 2023. Le Camerounais moyen ressent doublement les effets de ces hausses d’impôts, car le coût de la vie dans le pays augmente également de manière agressive. Cela ne veut pas dire que les entreprises ne ressentent pas la pression. En 2013, le Cameroun a adopté la loi n° 2013/004 dans le but exprès d’encourager l’investissement privé dans le pays. Cette loi prévoyait des avantages généreux pour toute entreprise, tels que l’exonération des droits de timbre et de diverses taxes par phases d’une durée maximale de 10 ans. Il s’agissait d’une bonne mesure, et la loi reste en vigueur à ce jour, mais bon nombre des premiers bénéficiaires approchent rapidement de la fin de leur période de prestations. Ceux dont les avantages ont déjà expiré sont maintenant confrontés à la perspective d’une facture fiscale nettement plus élevée, qui est sur le point de s’alourdir encore davantage. Les entreprises créées avant 2013 ont bien connu cet obstacle, puisque la période de bénéfice pour les nouveaux investissements était limitée à cinq ans au lieu de dix. L’étau qui les enserre va bientôt se resserrer davantage. Compte tenu de tous ces éléments, il devrait être facile d’envisager la situation du point de vue d’un investisseur. Pour eux, il semble que le Cameroun devienne rapidement un terrain moins accueillant pour concentrer leurs efforts dans le domaine du pétrole et du gaz. Les subventions se tarissent, comme le montre le fait que le Cameroun a dépensé 1,7 milliard USD pour les maintenir en 2022, mais qu’il a réduit ce montant à environ 1 milliard USD en 2023. Ils doivent maintenant payer des impôts de plus en plus exorbitants. Et en plus de ces deux problèmes, ils doivent également faire face à ce qui deviendra probablement un appel à l’augmentation des salaires face à la crise du coût de la vie. L’un ou l’autre de ces défis constituerait à lui seul un facteur de dissuasion important pour de nombreuses entreprises, mais les trois à la fois ? Il ne faut pas s’étonner de l’arrêt de la prospection pétrolière et gazière et de la baisse de la production ; peu d’entreprises souhaitent entrer sur un marché qui semble s’aigrir à la surface. Gouvernance des risques en surface Les taxes et l’augmentation des coûts sont un facteur important de la pause, mais pas la seule cause. À ce stade, la lutte que mène le Cameroun depuis des décennies contre la corruption politique est moins un secret de polichinelle qu’une réalité de la vie dans le pays. En 2022, le ministère américain de la justice a accepté que Glencore, la société d’exploitation minière diversifiée et de négoce de matières premières, plaide coupable d’avoir, pendant une décennie, versé plus de 100 millions de dollars de pots-de-vin à des fonctionnaires du Nigeria, de Côte d’Ivoire, de Guinée équatoriale, du Brésil, du Venezuela, de la République démocratique du Congo et du Cameroun. Glencore a admis avoir versé 11 millions USD de pots-de-vin à des fonctionnaires camerounais de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et de la Société nationale de raffinage (SONARA) entre 2011 et 2016, afin de s’assurer un accès préférentiel au pétrole dans le pays. La corruption est, bien entendu, une violation directe de la loi sur les pratiques de corruption à l’étranger (FCPA), et l’entreprise a accepté de payer des amendes d’un montant total de plus de 1,1 milliard d’USD pour contribuer à résoudre les enquêtes. Je suis surpris que l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), basée en Norvège, continue de compter Glencore dans son conseil d’administration. Glencore est une mauvaise nouvelle. Ce n’est pas de leur faute s’ils n’ont pas été bien élevés, je suppose. Cette histoire n’est ni unique, ni isolée. Le problème de la corruption au Cameroun est si