Les banques multilatérales de développement vont intensifier les efforts sur le financement climatique

Les banques multilatérales de développement vont intensifier les efforts sur le financement climatique

À l’occasion de la COP29, les banques multilatérales de développement (BMD) ont publié aujourd’hui une déclaration présentant les grandes orientations de leur soutien financier et autres initiatives destinées à aider les pays à atteindre des résultats climatiques ambitieux. Selon leurs estimations, les BMD porteront leurs financements climatiques en faveur des pays à revenu faible et intermédiaire à un montant total de 120 milliards de dollars par an d’ici 2030, dont 42 milliards de dollars consacrés à l’adaptation, tandis qu’elles prévoient de mobiliser 65 milliards de dollars auprès du secteur privé. Leur effort collectif en direction des pays à revenu élevé devrait atteindre 50 milliards de dollars par an, dont 7 milliards de dollars destinés à l’adaptation, auxquels devraient également s’ajouter 65 milliards de dollars mobilisés auprès du secteur privé. Les BMD ont largement dépassé les projections de financement climatique ambitieuses qu’elles avaient établies en 2019 pour l’horizon 2025, avec une augmentation de 25 % des financements directs en faveur de l’action climatique et une multiplication par deux des montants mobilisés au cours de l’année écoulée. « Si le volume des engagements financiers pris par les BMD joue un rôle essentiel, leur impact le plus significatif réside dans leur capacité à impulser des changements transformateurs », indique la déclaration. Et de poursuivre : « Comme l’ont souligné les dirigeants des BMD dans une récente note intitulée MDBs Working as a System for Impact and Scale, nous nous attachons à amplifier notre effet catalyseur en renforçant les résultats et l’impact de nos financements, en approfondissant notre collaboration avec les pays par le biais de plateformes, en soutenant les ambitions climatiques de nos clients et en augmentant la mobilisation du secteur privé. » « Faisant leur l’appel à une action urgente sur le climat, les BMD reconnaissent l’importance capitale de l’adoption d’un nouvel objectif collectif quantifié (NCQG) pour le financement climatique lors de la COP29 à Bakou », dit la déclaration. « Il est essentiel de définir un objectif solide et ambitieux pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, et nous exhortons les Parties à parvenir à un consensus fort sur cette question. » Reconnaissant que la qualité et l’impact systémique doivent se fonder sur les résultats, les BMD ont publié en marge de la COP29 un rapport consacré à l’état d’avancement des indicateurs sur lesquels repose leur nouvelle approche commune pour la mesure des résultats climatiques. Cette approche commune, rendue publique en avril, est le premier cadre commun permettant de définir, mesurer et relier les progrès mondiaux en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique aux résultats climatiques des activités des BMD. Les BMD ont également publié une déclaration relative au projet de plateformes nationales pour l’action climatique, dans laquelle elles réaffirment leur soutien conjoint aux efforts visant à promouvoir la collaboration entre les pays bénéficiaires, les BMD, les bailleurs de fonds et le secteur privé. Dans le cadre de cette démarche, axée sur la demande émanant des pays, les BMD soutiendront le lancement de nouvelles plateformes en s’inspirant d’expériences réussies et approfondiront leur collaboration avec des partenaires, dont notamment le Fonds monétaire international. Les signataires de la déclaration sont la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, la Banque de développement du Conseil de l’Europe, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque européenne d’investissement, la Banque interaméricaine de développement, la Banque islamique de développement, la Nouvelle Banque de développement et le Groupe de la Banque mondiale. BM

Les risques climatiques sévères menacent 1,2 milliard de personnes

Les risques climatiques sévères menacent 1,2 milliard de personnes

Les risques climatiques sévères, comme les vagues de chaleur, les inondations, les ouragans et les sécheresses, menacent 1,2 milliard d’habitants. Comme le montre aussi un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, un développement et une croissance économique plus rapides peuvent réduire les pertes économiques et de qualité de vie dues aux dérèglements du climat. Selon cette publication, intitulée en anglais Rising to the Challenge: Success Stories and Strategies for Achieving Climate Adaptation and Resilience, il est essentiel, pour mieux protéger les personnes et les communautés, d’accélérer et améliorer le développement tout en menant des interventions d’adaptation ciblées. Le rapport constate que croissance économique et renforcement de la résilience vont de pair. Une augmentation de 10 % du PIB par habitant pourrait réduire d’environ 100 millions le nombre de personnes menacées par les risques climatiques les plus sévères. S’il est par conséquent important d’augmenter les revenus, cela ne suffit pas et les pays doivent aussi adopter une série de politiques climatiques pour renforcer la résilience des populations. Le rapport met l’accent sur la nécessité d’adapter les politiques à la situation spécifique de chaque pays. Par exemple, les pays riches doivent donner la priorité à la modernisation et au renforcement de leurs infrastructures existantes, tandis que les pays à plus faible revenu, qui doivent encore se doter d’une grande partie de leurs infrastructures, ont la possibilité de les concevoir et de les construire de manière plus résiliente dès le départ. « La réalité, c’est que tous les pays peuvent être frappés par le changement climatique, mais que ce sont les plus pauvres qui sont les plus durement touchés, souligne Axel van Trotsenburg, directeur général senior de la Banque mondiale. C’est pourquoi le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à mieux préparer les populations aux chocs climatiques, en redoublant d’efforts dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture, de l’eau, de la préservation des écosystèmes et de la biodiversité, des infrastructures, des filets de protection sociale, de l’éradication de la pauvreté et des moyens de subsistance. » Les activités du Groupe de la Banque mondiale consistent notamment à protéger davantage de communautés contre les aléas climatiques, à aider les pays à créer des systèmes d’alerte précoce, à améliorer l’accès à des dispositifs d’assurance pour les populations et les entreprises à risque et à mettre en place des systèmes de santé capables de répondre rapidement aux crises. Le Groupe de la Banque mondiale mesure désormais les progrès accomplis grâce à ces interventions climatiques dans le cadre de sa nouvelle fiche de performance institutionnelle — cet outil lui permettra de rendre compte de son action et servira de référence pour mesurer ses résultats au regard de sa mission en faveur de l’élimination de l’extrême pauvreté et de la promotion d’une prospérité partagée sur une planète vivable. En outre, avec la production de rapports nationaux sur le climat et le développement (a), qui couvrent désormais plus de 60 pays, le Groupe de la Banque mondiale aide les pays à recenser les principaux risques climatiques et les solutions pour s’en protéger. Le nouveau rapport consacré à l’adaptation (a) met notamment en lumière des exemples d’initiatives qui, tant dans le secteur public que privé, se traduisent déjà par des progrès significatifs et tangibles en matière de résilience, contribuant ainsi à sauver des vies et améliorer la qualité de vie des populations. Ces exemples offrent des enseignements utiles qui peuvent être appliqués à plus grande échelle : Pour gérer les vagues de chaleur extrême, la ville d’Ahmedabad, en Inde, a mis en place un plan d’action qui combine un système d’alerte précoce et des campagnes de communication et la mobilisation des personnels de santé, permettant ainsi d’éviter plus de 2 000 décès au cours de ses deux premières années seulement. Pour aider les individus à faire face à la sécheresse, un nouveau système de protection sociale adaptative déployé au Niger a versé des allocations monétaires aux familles touchées, avec à la clé une amélioration de 8 % de leur sécurité alimentaire et une hausse de 18 % de leur consommation et de leur niveau de bien-être déclaré. Pour renforcer la préparation des communautés aux cyclones et à des tempêtes plus fréquentes, le Bangladesh a amélioré ses prévisions météorologiques et aidé les agriculteurs à les utiliser au quotidien, ce qui a permis de réduire de 75 % les pertes de récoltes dues aux intempéries. Pour assurer des services d’électricité fiables, du Brésil à l’Albanie, les compagnies privées intègrent de plus en plus les risques climatiques dans leurs décisions commerciales et investissent dans la résilience, notamment en recourant à des solutions fondées sur la nature.

Une offre surabondante de pétrole pourrait atténuer les effets sur les cours d’un conflit plus étendu au Moyen-Orient

Une offre surabondante de pétrole pourrait atténuer les effets sur les cours d’un conflit plus étendu au Moyen-Orient

Selon le dernier rapport Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale, les prix mondiaux des produits de base en 2025 devraient tomber à leur plus bas niveau depuis cinq ans, dans un contexte de surabondance de pétrole si importante qu’elle limitera probablement les effets sur les prix d’un conflit plus large au Moyen-Orient. Néanmoins, les prix globaux des matières premières resteront supérieurs de 30 % à ce qu’ils étaient au cours des cinq années précédant la pandémie de COVID-19. L’an prochain, l’offre mondiale de pétrole devrait excéder la demande de 1,2 million de barils par jour en moyenne, un chiffre qui n’a été surpassé que deux fois auparavant, lors des mesures de confinement liées à la pandémie de 2020 et de l’effondrement des cours en 1998. Cette nouvelle surabondance de l’offre reflète en partie un changement majeur en Chine, où la demande de pétrole a pratiquement stagné depuis 2023 en raison d’un ralentissement de la production industrielle et d’une augmentation des ventes de véhicules électriques et de camions fonctionnant au gaz naturel liquéfié. En outre, plusieurs pays qui ne font pas partie de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ou de ses alliés (OPEP+) devraient accroître leur production. L’OPEP+ elle-même maintient d’importantes réserves — 7 millions de barils par jour —, soit près du double du niveau constaté en 2019, à la veille de la pandémie. Entre 2024 et 2026, les cours mondiaux des produits de base devraient chuter de près de 10 %. Les prix des denrées alimentaires devraient reculer de 9 % cette année et de 4 % supplémentaires en 2025 avant de se stabiliser, mais ils resteront supérieurs de près de 25 % à leur niveau moyen sur la période 2015-2019. Pour les prix de l’énergie, les prévisions indiquent un fléchissement de 6 % en 2025 puis d’encore 2 % l’année suivante. Si cette double baisse devrait permettre aux banques centrales de maîtriser plus facilement l’inflation, une escalade des conflits armés risque de compromettre cet effort en perturbant l’approvisionnement en énergie et en faisant grimper ses prix ainsi que ceux des denrées alimentaires. « La chute des cours des matières premières et l’amélioration des conditions d’approvisionnement peuvent constituer un amortisseur contre les chocs géopolitiques, explique Indermit Gill, économiste en chef et vice-président senior du Groupe de la Banque mondiale. Cependant, ces facteurs ne contribueront guère à atténuer les difficultés liées au coût élevé des denrées alimentaires dans les pays en développement, où la hausse de ces prix est deux fois supérieure à celle observée dans les économies avancées. En raison des prix élevés, des conflits, des phénomènes météorologiques extrêmes et d’autres chocs, plus de 725 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire en 2024. » Au cours de l’année écoulée, le conflit au Moyen-Orient a entraîné une forte volatilité des cours du pétrole, en raison notamment de la crainte de dommages aux infrastructures pétrolières et gazières des principaux producteurs si le conflit venait à s’intensifier. En supposant que cela ne se produise pas, le prix moyen annuel du Brent devrait tomber à 73 dollars en 2025, son niveau le plus bas depuis quatre ans, contre 80 dollars le baril cette année. Toutefois, le rapport anticipe aussi ce qui pourrait arriver si le conflit s’intensifiait d’ici la fin de l’année : ainsi, une possible réduction de l’offre mondiale de pétrole de 2 %, soit 2 millions de barils par jour, entraînerait des perturbations d’une ampleur comparable à celles provoquées par la guerre civile en Libye en 2011 et la guerre en Iraq en 2003. Si une situation similaire devait se reproduire, les prix du Brent augmenteraient fortement dans un premier temps, pour atteindre un pic de 92 dollars le baril. En revanche, les producteurs de pétrole qui ne sont pas touchés par le conflit pourraient rapidement réagir à une telle hausse des cours en augmentant leur production. Par conséquent, la flambée des prix pourrait être relativement brève et le cours du pétrole s’établir en moyenne à 84 dollars le baril en 2025. Cela représenterait une hausse de 15 % par rapport à la prévision de base pour 2025, mais de seulement 5 % par rapport à la moyenne de 2024. « La bonne nouvelle, c’est que l’économie mondiale semble être en bien meilleure forme qu’auparavant pour faire face à un choc pétrolier important, déclare Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives. Cela offre de rares opportunités aux décideurs politiques des économies en développement : premièrement, la baisse des prix des matières premières peut constituer un complément utile à la politique monétaire pour ramener l’inflation vers les objectifs ; deuxièmement, ces responsables disposent là d’une occasion de réduire les subventions coûteuses allouées aux combustibles fossiles. » Le prix moyen de l’or, placement de choix pour les investisseurs en quête d’une « valeur refuge », devrait atteindre un niveau record cette année, avec une hausse de 21 % par rapport à la moyenne de 2023. L’or jouit d’un statut particulier parmi les actifs, son prix augmentant souvent en période d’incertitude géopolitique et politique, y compris en cas de conflit. Durant les deux prochaines années, son cours devrait rester 80 % plus élevé que la moyenne des cinq années précédant la pandémie de COVID-19, et ne diminuer que légèrement. Le prix des métaux industriels devrait rester stable en 2025-2026, car la faiblesse du secteur immobilier chinois est compensée par des conditions d’approvisionnement tendues et une demande croissante de certains métaux liés à la transition énergétique. Néanmoins, des résultats inattendus en ce qui concerne la croissance de la Chine pourraient entraîner une volatilité des marchés des métaux. Un dossier spécial du rapport analyse les raisons pour lesquelles les fluctuations des prix des produits de base ont été à tel point synchronisées pendant et après la pandémie. Il en ressort que ces prix ont évolué en parallèle au cours de la période 2020-2023 du fait des répercussions économiques mondiales de la pandémie et de chocs à grande échelle touchant spécifiquement les matières premières, tels que l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les hausses de prix simultanées ont tendance à entraîner une augmentation de l’inflation mondiale et un ralentissement de la croissance économique, mais depuis un an environ, les fluctuations des prix sont

Le Groupe de la Banque mondiale annonce une réorientation stratégique pour l’agro-industrie et le doublement de ses financements dans ce secteur

Le Groupe de la Banque mondiale annonce une réorientation stratégique pour l’agro-industrie et le doublement de ses financements dans ce secteur

Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé (mercredi 23 octobre, Dnr) un recentrage stratégique de son action dans l’agro-industrie, qui vise à mettre en place un écosystème complet autour de ce secteur. La réorientation du Groupe s’opérera à la fois par de nouvelles approches de travail et par une augmentation conséquente de ses niveaux d’investissement, l’objectif étant de doubler les engagements dans l’agro-finance et l’agro-industrie pour les porter à 9 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Cette démarche renouvelée intervient alors que le paysage de l’agro-industrie est traversé par quatre tendances de fond : le changement climatique, les innovations financières, les avancées du numérique et les solutions contre la fragmentation. Elle répond également à la nécessité de satisfaire une demande alimentaire qui devrait augmenter de 60 % dans les prochaines décennies et à un besoin crucial d’emplois dans les marchés émergents. « Nous sommes à la croisée des chemins, et l’avenir dépendra de la voie que nous choisissons aujourd’hui, a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga. Avec cette nouvelle approche écosystémique, il s’agit pour la Banque mondiale de passer d’actions fragmentées à une constellation de solutions qui vont de l’entreposage à la logistique en passnt par la production, mais avec le souci de toujours placer au centre les petits exploitants agricoles et les organisations de producteurs. » Cette approche est rendue possible grâce aux efforts déployés par le Groupe de la Banque mondiale au cours des 16 derniers mois pour « devenir meilleur » et être capable d’agir de manière plus simple et mieux coordonnée. À la faveur de cette démarche d’intégration accrue, toutes les ressources de l’institution seront réunies pour offrir un soutien complet et des solutions adaptées. La Banque déploie un continuum de compétences, où la BIRD et l’IDA apportent leur expérience dans le renforcement des capacités et des services du secteur public, et IFC et la MIGA leur expertise des financements et du secteur privé. Cette mutualisation des activités produira des effets tangibles tant pour les entreprises que pour les partenaires publics et devrait permettre de mobiliser 5 milliards de dollars supplémentaires auprès du secteur privé d’ici à 2030. Voici comment pourrait se décliner cette approche : Les branches du Groupe de la Banque mondiale dédiées au secteur public peuvent aider les pays à élaborer des réglementations et des normes, par exemple pour garantir que les produits satisfont aux exigences des marchés d’exportation. Elles peuvent apporter des conseils sur les questions foncières ou développer des réseaux nationaux d’irrigation. Dans le domaine du financement climatique, elles peuvent aider les pouvoirs publics à réaffecter une partie des 1 250 milliards de dollars de subventions allouées aux combustibles fossiles, à l’agriculture et à la pêche pour encourager des pratiques plus écologiques, débloquant ainsi une source importante de financement pour le secteur agricole. Les équipes du Groupe de la Banque mondiale dédiées au secteur privé peuvent actionner quant à elles tous les leviers de financement, des prêts et prises de participation à l’atténuation des risques au moyen de garanties, contribuant ainsi à remédier aux difficultés d’accès. Conçue dans un souci de simplification, la nouvelle plateforme de garanties du Groupe de la Banque mondiale marque une étape essentielle de cette transformation en facilitant la fourniture de solutions sur mesure qui répondent aux besoins divers de ses partenaires. L’ensemble des institutions du Groupe de la Banque mondiale peuvent travailler en synergie pour aider les petits exploitants agricoles à s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement. La BIRD peut œuvrer auprès des organisations de petits exploitants et producteurs pour améliorer leur productivité et leur résilience aux aléas climatiques, et les doter ainsi des capacités nécessaires pour fournir durablement de grandes entreprises et satisfaire leurs exigences en termes de quantité, de régularité et de normes. IFC peut intervenir à un stade ultérieur, non seulement pour fournir des financements pour l’achat d’équipements par exemple, mais aussi pour relier les coopératives à des entreprises qui sont à la recherche de sources de production fiables, dès lors qu’elles sont prêtes à recevoir des investissements privés. L’augmentation de la productivité et des recettes agricoles permettra de créer des emplois, d’accroître les revenus et d’améliorer la qualité de l’alimentation et de la nutrition. L’adoption de pratiques de production climato-intelligentes sera synonyme d’une réduction des émissions et de la pollution de l’air et d’une eau plus propre. Et tout cela contribuera à une meilleure qualité de vie.

Il est urgent de réformer l’éducation pour permettre une croissance plus rapide et inclusive en Afrique

Il est urgent de réformer l’éducation pour permettre une croissance plus rapide et inclusive en Afrique

Malgré les signes d’une reprise économique fragile, la croissance s’enlise en Afrique subsaharienne, menaçant de laisser de côté un grand nombre de jeunes. Selon la dernière édition du rapport Africa’s Pulse, qui paraît sous le titre « Transformer l’éducation pour une croissance inclusive », deux facteurs sont essentiels pour parvenir à relancer la croissance : il faut, d’une part, stabiliser les économies et, d’autre part, transformer l’éducation de manière à doter une main-d’œuvre en plein essor de bases de connaissances plus solides et de compétences en adéquation avec les attentes du marché du travail. D’après les prévisions de la 30e édition du rapport économique semestriel de la Banque mondiale sur l’Afrique subsaharienne, l’activité régionale devrait croître de 3 % en 2024, contre un point bas de 2,4 % en 2023, principalement grâce à la hausse de la consommation et de l’investissement privés. L’inflation devrait s’atténuer, pour passer de 7,1 % en 2023 à 4,8 % cette année, sous l’effet de politiques monétaires et budgétaires plus strictes, de la stabilisation des devises et d’une diminution des perturbations d’approvisionnement. Cette reprise est toutefois insuffisante pour sortir des millions de personnes de la pauvreté. La croissance du PIB par habitant reste atone, à 0,5 % seulement en 2024, contre une moyenne de 2,4 % sur la période 2000-2014. Les conflits, le changement climatique et l’explosion des coûts du service de la dette sont autant de freins aux progrès. En 2024, le service de la dette absorbera 34 % des recettes publiques dans la région, au détriment des investissements productifs. « Les gouvernements africains progressent dans leurs efforts de stabilisation des finances et de réduction des déficits budgétaires, » souligne Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique. « Mais le lourd fardeau de la dette limite leurs investissements dans des secteurs cruciaux comme l’éducation, la santé et les infrastructures, qui sont essentiels pour une croissance inclusive à long terme. » La population en âge de travailler augmente à un rythme plus rapide en Afrique que dans les autres régions, à la faveur des progrès de ces vingt dernières années dans la réduction de la mortalité infantile. Or, l’Afrique subsaharienne est aussi la région du monde qui consacre le moins de dépenses par habitant à l’éducation. Les auteurs d’Africa’s Pulse estiment que, pour parvenir à une éducation universelle d’ici 2030, les systèmes éducatifs devraient absorber environ 170 millions d’enfants et d’adolescents supplémentaires, ce qui nécessiterait la construction d’environ 9 millions de nouvelles salles de classe et le recrutement de 11 millions d’enseignants. Le défi est de taille, mais la région a déjà accompli des avancées importantes : à l’heure actuelle, 270 millions d’enfants sont scolarisés dans le primaire et le secondaire, et les taux d’achèvement des études primaires se sont considérablement améliorés depuis 2000. « À l’avenir, les jeunes Africains devront être bien instruits et correctement qualifiés pour avoir accès à des emplois de meilleure qualité et tirer parti des débouchés créés par l’économie numérique et la transition verte, » explique Dabalen. « Une planification fondée sur des données probantes et des dépenses intelligentes seront essentielles pour élargir l’accès à l’éducation tout en améliorant les résultats en matière d’apprentissage et d’emploi. » Actuellement, en Afrique subsaharienne, sept enfants sur dix n’ont pas accès à un enseignement préprimaire, et moins de 1,5 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans suivent une formation professionnelle, contre 10 % dans les pays à revenu élevé. Il est indispensable de combler ces lacunes pour permettre à l’Afrique subsaharienne de réaliser tout son potentiel économique et d’assurer une croissance durable et inclusive. Il est également essentiel de soutenir l’entrepreneuriat et les nouvelles startups, de permettre aux petites entreprises de se développer ainsi qu’attirer des entreprises établies, afin que les titulaires de diplômes qualifiés trouvent des opportunités d’emploi attractives lorsqu’ils entrent et progressent sur le marché du travail. BM

Des options de politiques pour promouvoir la conservation des forêts et optimiser les recettes fiscales du Gabon : rapport de la Banque mondiale

Des options de politiques pour promouvoir la conservation des forêts et optimiser les recettes fiscales du Gabon : rapport de la Banque mondiale

Publiée (lundi 14 octobre, Dnr) par la Banque mondiale, la Note de conjoncture économique du Gabon 2024 présente des réformes qui permettraient au pays d’optimiser les recettes fiscales tout en développant le potentiel de croissance verte de son industrie du bois. Intitulé ‘Concevoir des politiques fiscales pour une gestion durable des forêts’, ce rapport présente, une analyse de l’évolution économique récente et des perspectives pour l’économie gabonaise, suivie d’une exploration détaillée du rôle des instruments fiscaux dans la promotion de la gestion durable des forêts et de la croissance économique, le thème spécial choisi pour cette édition. Le Gabon a connu une croissance plus faible en 2023, estimée à 2,4 %, en raison de perturbations des transports qui ont impacté l’exploitation du bois et du manganèse. À la suite de résultats électoraux contestés à la fin du mois d’août, un changement de régime pacifique a inauguré une période de transition politique, les nouvelles autorités annonçant leur intention de s’engager sur la voie du renforcement des institutions, d’une meilleure gouvernance et de la transparence des finances publiques, afin de créer davantage d’emplois et d’améliorer les conditions de vie pour les populations. Le rapport note que la position fiscale du pays s’est légèrement détériorée en 2023. Pour répondre à des besoins sociaux élevés et combler les lacunes de longue date en matière d’infrastructures, le gouvernement a augmenté les dépenses publiques en renforçant les mesures de soutien social et les investissements dans les services publics. Dans le même temps, la collecte des recettes fiscales a augmenté, mais à un rythme plus lent. Combinées à la hausse des taux d’intérêt, ces pressions sur les dépenses ont entraîné une augmentation de la dette publique. Pour l’avenir, le rapport souligne l’importance d’accélérer les réformes et de mettre en place des contrôles pour assurer des dépenses publiques plus efficaces et un meilleur recouvrement des recettes, pour permettre au Gabon de continuer à améliorer les conditions de vie sans compromettre la viabilité de ses finances publiques. Cette quatrième édition de la Note de conjoncture économique du Gabon affirme que, bien que le Gabon doive recevoir un soutien international adéquat pour les services climatiques essentiels fournis par ses forêts, les politiques fiscales peuvent servir comme un outil complémentaire pour promouvoir les objectifs économiques et en matière de conservation des forêts. « Grâce à des efforts de conservation dévoués, le Gabon a réussi à développer une industrie du bois locale florissante qui respecte les normes de production et de certification durables. Cette réalisation positionne le Gabon comme un pionnier et un modèle d’inspiration pour toute la région. » a constaté Aissatou Diallo, représentante résidente de la Banque mondiale au Gabon. Le rapport indique qu’un fort potentiel de croissance existe encore dans le secteur forestier. L’industrie du bois est devenue un acteur majeur de l’économie. Elle est la première source d’emplois privés formels et représentait 3,2 % du PIB et 6 % des exportations en 2023. Le secteur forestier a également gagné en importance pour les finances publiques, contribuant à hauteur de 41,9 milliards de francs CFA au budget de l’Etat en 2023, soit l’équivalent de 0,3 % du PIB et près de quatre fois plus qu’en 2016. Le rapport souligne l’importance des réformes en cours telles que la révision du code forestier et la mise en place d’un système de traçabilité numérique du bois pour lutter contre l’exploitation illégale. Sonia Barbara Ondo Ndong, co-auteur du rapport, souligne que « ces réformes pourraient intégrer des politiques fiscales visant à générer davantage de recettes publiques tout en promouvant davantage les objectifs de conservation du pays. » Selon Erick Tjong, co-auteur du rapport, « les politiques fiscales pour le secteur forestier pourraient faire partie d’une stratégie plus large visant à aligner les objectifs économiques et environnementaux, en augmentant les recettes de l’État tout en promouvant la création d’emploi et une plus grande valeur ajoutée dans une industrie du bois durable. » BM

Les lacunes de mise en œuvre nuisent au climat des affaires dans 50 économies

Les lacunes de mise en œuvre nuisent au climat des affaires dans 50 économies

En matière d’environnement des affaires, les économies affichent de meilleures performances dans leurs efforts de réglementation qu’en ce qui concerne la fourniture des services publics nécessaires pour réaliser de véritables progrès. C’est ce que révèle le rapport Business Ready, une nouvelle publication du Groupe de la Banque mondiale. La première édition de ce rapport, qui évalue le climat des affaires dans 50 économies, fournit un vaste ensemble de données — 1 200 indicateurs pour chaque économie — permettant d’identifier les domaines à améliorer et d’encourager des réformes. Le rapport s’enrichira au cours des trois prochaines années, pour atteindre une couverture complète de 180 économies environ en 2026, offrant ainsi un outil de référence et de comparaison mondial. Dans la quasi-totalité des 50 économies évaluées cette année, la qualité du cadre réglementaire est supérieure à celle des services publics fournis pour favoriser le respect des dispositions par les entreprises. Ces failles dans la mise en œuvre empêchent les entreprises, les travailleurs et la société en général de tirer pleinement parti des avantages que procure un bon climat des affaires. Sur une échelle de 0 à 100, les économies obtiennent une note moyenne de 65,5 pour la qualité de leur cadre réglementaire, ce qui signifie qu’elles ont parcouru, dans cette catégorie, environ les deux tiers du chemin menant à un environnement des affaires pleinement opérant. En revanche, elles n’obtiennent qu’un score de 49,7 en ce qui concerne leurs services publics, soit seulement la moitié du niveau qu’elles devraient atteindre. Si cet écart peut s’observer à tous les niveaux de revenu et dans toutes les régions, c’est dans les économies à revenu élevé qu’il est le plus faible et en Afrique subsaharienne et dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord qu’il est le plus important. « Alors que la démographie, l’endettement et les conflits pèsent sur la croissance économique, on ne pourra progresser qu’en mobilisant toute l’ingéniosité de l’entreprise privée, affirme Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement. Et, pour cela, il faut des conditions propices, c’est-à-dire un climat d’investissement favorisant les miracles économiques que les entrepreneurs accomplissent si on leur en donne l’occasion et dont nous avons cruellement besoin aujourd’hui. Business Ready fournit aux pouvoirs publics les informations dont ils ont besoin pour créer les conditions qui permettent aux entreprises de générer de la prospérité au profit de leurs actionnaires, des consommateurs et des travailleurs tout en prenant soin de la planète. » Le rapport Business Ready, qui succède au projet Doing Business (a), rend compte d’une approche plus équilibrée et transparente de l’évaluation du climat des affaires et de l’investissement. Cette approche a bénéficié des recommandations d’experts du Groupe de la Banque mondiale et d’autres horizons : milieux gouvernementaux, secteur privé, organisations de la société civile et chercheurs universitaires, notamment. Dans le monde entier, le secteur privé est un puissant moteur de croissance économique, mais il a besoin d’un environnement favorable pour se développer et réussir. Le rapport Business Ready ne se contente pas d’évaluer les contraintes réglementaires qui entravent une entreprise quand elle entre sur le marché (combien de temps faut-il pour créer une entreprise, par exemple), innove et développe ses activités. Il mesure aussi la qualité des réglementations. Est-ce que la réglementation du travail comprend des exigences en matière de sécurité, par exemple ? Ou encore, la réglementation sur les start-up exige-t-elle de vérifier l’identité des entrepreneurs ? Outre les réglementations en place, Business Ready passe au crible les services publics nécessaires à leur mise en œuvre. Les pouvoirs publics facilitent-ils le paiement des impôts par les entreprises grâce à des systèmes en ligne et interconnectés ? Fournissent-ils des bases de données publiques qui favorisent la transparence et facilitent l’obtention de crédits pour les entreprises justifiant de bons antécédents ? Le rapport Business Ready jauge également les conditions réelles auxquelles les entreprises sont confrontées dans la pratique, et met en lumière des variations considérables entre les 50 économies étudiées. Il faut par exemple entre trois et 80 jours pour enregistrer une entreprise nationale et jusqu’à 106 jours pour une société étrangère. Les entreprises subissent en moyenne quatre coupures d’électricité par mois, mais ce chiffre peut grimper jusqu’à 22 dans certains pays. Et si le règlement judiciaire d’un différend commercial prend en moyenne un peu plus de deux ans, la fourchette va de 105 jours seulement à pas moins de cinq ans. En fournissant des données comparables d’une telle ampleur et qualité, le rapport permet aux entreprises de prendre des décisions importantes quant à la localisation et aux modalités de leurs activités. Et aux pouvoirs publics de mieux calibrer les mesures nécessaires à un développement du secteur privé porteur de prospérité pour les entreprises, les travailleurs et la société. « Les économies riches offrent en général un environnement plus propice à l’entreprise, mais ce n’est pas une condition indispensable pour créer un bon climat d’affaires, souligne Norman Loayza, directeur de la cellule Indicateurs de la Banque mondiale et responsable du projet Business Ready. Notre analyse montre que les économies à revenu faible ou intermédiaire peuvent aussi créer un environnement très favorable à l’entreprise. Le Rwanda, la Géorgie, la Colombie, le Viet Nam et le Népal, par exemple, obtiennent de bons résultats dans divers domaines, qu’il s’agisse de la qualité de la réglementation, de la solidité des services publics ou de l’efficacité globale du système. »   La transparence et l’intégrité des données sont au cœur du projet Business Ready. Toutes les informations recueillies par le projet — les données brutes, les notations ainsi que les modes de calcul — sont désormais accessibles au public sur le site web Business Ready. BM

Au Niger, l’économie devrait se redresser grâce aux recettes pétrolières

Au Niger, l’économie devrait se redresser grâce aux recettes pétrolières

La note de la Banque mondiale sur la situation économique du Niger anticipe un rebond de la croissance après une année 2023 marquée par une crise politique sans précédent. La reprise de l’économie nigérienne dépendra cependant de la situation sécuritaire et des conditions climatiques, ainsi que de la vigueur de la production de pétrole destinée à l’exportation. Le rapport publié aujourd’hui analyse l’évolution récente de la situation économique et de la pauvreté au Niger et présente des prévisions à trois ans. Dans un chapitre spécial, il se penche sur le coût de l’amélioration de l’accès à un enseignement primaire et secondaire de qualité et formule des recommandations sur l’action à mener dans ce domaine. La crise politique provoquée par le changement anticonstitutionnel de gouvernement du 26 juillet 2023 et les sanctions commerciales et financières de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) qui se sont ensuivies ont considérablement réduit l’activité économique. La croissance du PIB est tombée à 2 % en 2023, alors que les prévisions avant la crise tablaient sur un taux de 6,9 %, puis de 12 % en 2024, à la faveur des exportations de pétrole à grande échelle attendues avec la mise en service de l’oléoduc fin 2023. Les dépenses publiques ont chuté en raison du gel des avoirs, de la perte des financements régionaux et d’une réduction significative des financements extérieurs, estimée à environ 7,5 % du PIB. L’investissement privé a également fortement diminué en 2023 en raison du climat d’incertitude et d’une crise de liquidité dans le secteur bancaire imputable aux sanctions financières. « Malgré les lourdes sanctions imposées par la CEDEAO en 2023, l’économie nigérienne a fait preuve de résilience, en partie grâce à l’intervention proactive des autorités. Ces mesures ont permis au gouvernement de continuer à payer les salaires du secteur public et de gérer la crise énergétique causée par l’interruption des importations d’électricité en provenance du Nigéria. L’économie nigérienne reste toutefois fragile et largement tributaire de l’agriculture pluviale, ce qui la rend vulnérable aux chocs climatiques. Il est essentiel d’investir dans le capital humain, et en particulier dans l’éducation, pour parvenir à une croissance inclusive et durable », souligne Han Fraeters, responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Niger. Avec la levée des sanctions le 24 février 2024 et le rétablissement partiel des financements, la croissance pourrait remonter à 5,7 % cette année. Ce rebond serait tiré par les exportations de pétrole, tandis que les secteurs non pétroliers (industries et services), qui ont subi de lourdes pertes en 2023, peinent à se relever. Compte tenu des prévisions de croissance, le taux d’extrême pauvreté devrait diminuer à partir de cette année, pour s’établir à 42,5 % d’ici à la fin de 2026. Cette projection suppose que la production agricole progresse fortement et que la hausse des revenus pétroliers soit efficacement exploitée au profit de la population. « Alors que la production et les exportations de pétrole devraient augmenter les recettes publiques, elles vont également amplifier la volatilité de la croissance. Il s’agit en outre d’une ressource limitée et, en l’absence de la découverte de nouveaux gisements, les réserves pétrolières du Niger devraient commencer à décliner à partir du milieu des années 2030. C’est pourquoi il est crucial de se concentrer sur l’amélioration de la productivité en investissant notamment dans le domaine de l’éducation, souligne Mahama Samir Bandaogo, économiste senior à la Banque mondiale et coauteur du rapport. Ce secteur est aux prises avec de nombreuses difficultés, qui nécessitent des investissements considérables. Il existe cependant plusieurs options pour financer les dépenses supplémentaires nécessaires sans compromettre la viabilité des finances publiques. Ces mesures consistent notamment à améliorer l’efficacité des dépenses dans l’éducation et à renforcer la mobilisation des recettes intérieures (tant pétrolières que non pétrolières), pour disposer d’une marge de manœuvre budgétaire accrue de manière durable. »